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Une fois de plus, je m'avançais, le long de ces couloirs où les tapis épais étouffaient les bruits de pas dirigés tantôt vers des miroirs, tantôt vers des fenêtres ouvrant des perspectives inconnues sur les statues impassibles des jardins de Marienbad.
(Li brement inspiré d'Alain Robbe-Grillet)
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Publié le 12/06/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Estimations législatives 2007 - 1

E
lle aurait pu être rose, orange et bleue, mais le rouge, le vert et l'orange semblent cette fois-ci noyés dans les grandes masses, le rose et le bleu.

Mais c'est aussi une "Lettre aux Hébreux" après la lettre. De nouveaux courants idéologiques apparaissent actuellement même s'ils ont toujours les habits des anciennes couleurs. Ou pour être plus exact, les germes de divergence étaient présents dans les anciens courants, mais les plantes sont désormais bien visibles dans le paysage politique français. Les gaullistes, les mitterandistes, les giscardiens n'ont plus de raison d'être, donc il s'agit de convertir les responsables, les militants et les électeurs à de nouvelles postures politiques. Le rapport aux médias, le rapport à la représentativité du corps électoral, le rapport avec les autres personnalités politiques amies ou ennemies change.

De façon générale, la simplification du système d'alliance des partis (de 6 à 4 unions de partis politiques dominants, de Trotskistes / Altermondialistes + PC + Verts + PS + UDF + RPR + FN à Altermondialistes + PS + MoDem + UMP + FN) répond à un besoin de structuration des réponses offertes aux problématiques actuelles, mais sont un masque sur des options politiques toujours aussi variées.

Pour donner un exemple caractéristique, Nicolas Sarkozy a pour l'instant englobé le conservatisme patriotique et la dérégulation libérale, l'activisme politique et le désengagement de l'état. De la même façon, au sein du PS et quelles que soient les orientations prises après le passage de l'inondation UMP à l'assemblée, cohabiteront toujours une tendance socialiste et une tendance socialisante, une volonté de redistribution avant contre une volonté de redistribution après. L'article paru en mars-avril dans le NouvelObs sur les nouvelles cohérences d'opinons politiques, transcendant le clivage gauche droite, me fait doucement rire maintenant, parce que les motivations derrière les options politiques sont très diverses. On peut être francophile comme Ségolène Royal, mais alors on n'est pas patriotique comme Nicolas Sarkozy, ni nationaliste comme Marine Le Pen. On peut être partisan de l'ingérence comme Kouchner, ou pas, comme Védrine, alors que sur le plan de la justice sociale ces deux personnalités ont à peu près les mêmes idées.

Pour revenir au bipartisme de fait de la dernière législative, que signale cette lettre rose et bleue, à François Fillon qui à Matignon se réjouissait de la carte blanche donnée à toutes les mesures présentes et à venir (je caricature, évidemment), on pourrait dire:
Dans ces meubles laqués, et rideaux et dais moroses,
Danse, aime, bleu laquais, et ris d'oser des mots roses,
Mais ne confond donc pas oppose avec compose,
Car toutes les banlieues n'ont fait qu'une courte pose.
Et si la rose te semble maintenant peu de choses,
Elle vivra tant que tu lui fournira des causes.
Tu gagnas certes sur ton nom des voix à Sablé
Mais, cornaqué, tu suis une voie très ensablée,
Car après "ses" multiples mouvements irrépressibles,
Tu vas devoir rendre l'union nationale crédible.

Je suis serein et déçu lorsque j'envisage l'assemblée nationale à venir. Tout d'abord, c'est le genre de victoire qui fait regretter (Roland Cayrol en attestait) de ne pas avoir la représentation nationale mais la représentation ultra-majoritaire nationale. Donc le gage donné aux députés sera difficile à tenir, la déception face aux résultats de la "pleine autorité" comme le disait aujourd'hui Claude Askolovitch sur LCP/Public Sénat. La déception vient du fait que des personnes de grande valeur politique ne seront pas élues, à cause du "bonus" attribué à toute personne se présentant sous l'étiquette de la majorité présidentielle. A Lyon par exemple, Anne-Marie Comparini ne sera pas réélue, Najat Vallaud-Belkacem n'aura fait que retarder le parachutage violent de Dominique Perben en vue de la bataille des municipales.

A l'inverse des personnes qui n'étaient pas plus légitimes que leurs concurrents ont profité de cette étrange alliance de la résignation et de la satisfaction : Georges Ginesta aurait du ruminer au calme ses propos xénophobes, M. Balkany aurait pu fumer le cigare pour fêter la future mise en application de la loi SRU dans sa circonscription, Charles de la Verpillère aurait du garder les nombreuses fonctions pour lesquelles il n'est pas encore incompétent...

A propos du cumul des mandats, si un jour on devait amener les candidats à être députés à plein temps, on pourrait envisager une mesure coercitive contre le zapping entre les mandats, tel que le pratique le gouvernement actuel, mais aussi des personnalités de droite comme de gauche. Cette mesure, ce serait que les candidats n'aient pas de suppléants, mais cèdent la place au candidat arrivé derrière eux en nombre de voix. Cela éviterait d'élire une personne (Valérie Pécresse par exemple) et d'être représenté par une autre (son suppléant, Yves Vandewalle, par exemple).
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