Sous un titre en forme de révérence au MoDem, parti dont je respecte l'intelligence et les leaders, je souhaitais réagir brièvement aux deux tours des élections législatives, qui ont représenté successivement une mode (la mode sarkoziste, comme une marque de fabrique qui est clairement identifiée et respectée) puis une modulation (ou modération, si l'on veut, d'une tendance qui reste en faveur de l'UMP).Le premier tour avait déjà indiqué que l'UMP serait majoritaire, et que les Français donnaient mandat à Sarkozy pour engager une action de réforme du pays. Le second tour ne pouvait donc pas être une surprise de victoire. Les partisans de la gauche et du Modem craignaient même un résultat aussi catastrophique que la gifle de 1993, celle qui avait fait naître le premier débat Royal Sarkozy, avec exactement le même ton et le même résultat que le 2 mai dernier.
Finalement, le second tour, en montrant un recul de l'UMP, tendrait à souligner que les Français sont sarkozistes, mais aussi, en même temps, ségolénistes (à 50-56 % début mai, sans doute dans les mêmes proportions actuellement). La vague bleue est donc si modérée qu'elle est finalement faible par rapport aux efforts déployés pour la mettre en place. Sarkozy pourrait presque regretter l'assemblée de 2002, qui lui était plus favorable...
La faute certainement à une maladresse que les instabilités inhérentes au projet présidentiel de Nicolas Sarkozy impliquait nécessairement. Certes Jean-Louis Borloo aurait du être moins honnête et botter en touche le ballon lancé par ce vieux roublard de Fabius. Mais le problème serait sans doute intervenu plus tard, avec plus de dangerosité pour la stabilité de la vie politique et des institutions. En effet, cet élargissement de l'assiette de perception de la TVA n'est sans doute qu'à l'étude, le fait de l'étudier comme on aurait pu étudier la Cotisation sur la Valeur Ajoutée (CVA) n'est pas absurde. MAIS évoquer l'apparition de nouveaux impôts, visant tout le monde, quelques jours ou quelques semaines après avoir supprimé des anciens impôts visant surtout les plus riches, cela ne peut que faire sursauter les électeurs modestes ou des classes moyennes.
Ces élections législatives, en deux temps, me semblent marquer un très très violent retour de la vie politique dans le désenchantement d'avant 2002. Et je ne vais pas me faire tous les amis du monde mais selon moi, le fait que Nicolas Sarkozy ait été élu à la place de Ségolène Royal n'y est pas pour rien.
Le projet qui se prétendait clair reposait en effet sur une architecture approximative et bancale, alors que le projet qui souhaitait embrasser la complexité du monde et de la France collait très correctement aux problèmes sensibles et clairs de nos concitoyens.
Fort heureusement, c'est la note d'espoir par laquelle j'achève cet billet, la nouvelle façon de faire de la politique gagne du terrain, ce positionnement à la fois réaliste, humaniste et ancré dans des idéaux indéniables. A des degrés divers, j'ai retrouvé cela aussi bien chez Vincent Peillon, Najat Vallaud-Belkacem, Arnaud Montebourg, Manuel Valls, Corinne Lepage, Dominique Voynet, Patrick Braouezec, que chez Roselyne Bachelot, Jean-Louis Borloo, Bernard Kouchner, Jean-Christophe Lagarde ou Laurent Wauquiez (excellent ce soir sur France 2).
PS : C'est vrai, je ne parle pas d'Arno Klarsfeld, de Razzye Hammadi, d'Olivier Besancenot, de Marine Le Pen, de Louis Alliot ou de Rama Yade. En effet. Voilà voilà.... Certaines personnes apprennent plus vite que les autres et différemment des autres, dit-on souvent. Pas d'autre commentaire
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