Les trois jeunes comédiens n’ont jamais failli à la tâche
Sun Media
«C’est quelque chose de remarquable, affirme David Yates, réalisateur de Harry Potter et l’Ordre du Phénix, qui sera lancé en DVD le 11 décembre, ainsi que de Harry Potter et le Prince de demi-sang, actuellement en tournage aux studios Leavesden, une ancienne usine aéronautique de moteurs Rolls Royce.
On a vu chaque enfant vedette - Daniel Radcliffe, Emma Watson et Rupert Grint - grandir et vieillir sur l’écran. Yates en parle maintenant comme de professionnels aguerris.
Tous sont restés pour chaque épisode, même si Watson a momentanément douté de son engagement (ce qui n’est plus le cas, assure-t-elle).
Aucun des trois n’a créé le moindre scandale public par son comportement et tous se sont tenus loin des problèmes de drogue et d’alcool. Contrairement à une Drew Barrymore, devenue alcoolique à 9 ans après avoir été la vedette de E.T., ou une Lindsay Lohan, qui semble en réhabilitation après chaque tournage.
Les trois jeunes ont évité les soirées bien arrosées d’Hollywood et sont demeurés sans tache en Angleterre, où une presse à scandales vorace est à l’affût du moindre dérapage. Ils doivent donc s’être sagement conduits!
«Chris Columbus (le cinéaste américain qui a réalisé les deux premiers films de la série) a beaucoup de mérite pour les avoir choisis», le vante le producteur David Hayman, pour qui cela est dû à son instinct sûr et aussi un peu à sa bonne fortune.
«Ils n’étaient sûrement pas les seuls choix. Ce furent ses choix à lui et je lui en serai reconnaissant pour toujours.»
Yates n’a que des éloges pour ses jeunes vedettes: «Ce sont vraiment des enfants remarquables, très terre-à-terre et très doués. Ce sont des jeunes charmants. Il a fallu un talent très spécial pour être capable de les découvrir. C’est pourquoi je vais lui payer une pinte... ou deux (de bière, à Columbus).»
Devenus adolescents, les trois jeunes ont continué de faire la preuve de leur professionnalisme en s’impliquant dans la promotion du DVD à paraître. Ils en ont fait plus que ce qui est normalement exigé en rappelant l’histoire de la série à succès.
«Je ne pense pas que la série ait besoin de quelque justification, a déclaré Radcliffe, lors d’une entrevue accordée à Sun Media en compagnie des deux autres. Une affaire ne devient pas aussi importante sans un grand mérite.
«Mais je suppose que ce surplus de travail sert en quelque sorte à prouver que nous prenons tout ça très au sérieux. Plus qu’on serait porté à le croire. J’ai pris mon rôle très au sérieux quand j’avais 11 ans et encore plus par la suite.
«Dans mon cas, il s’agit essentiellement de laisser savoir aux gens que je suis extrêmement sérieux, et passionné (par cette série), et à quel point c’est important pour moi. Si vous êtes impliqué dans une aventure depuis plus de sept ans maintenant, il faut s’attendre à ce que vous soyez en mesure d’en parler de façon structurée et d’expliquer pourquoi vous avez tellement aimé ça.»
Vieillir à l’écran dans le rôle d’Hermione Granger a paru étrange à Emma Watson, rendue à 17 ans, née à Paris mais élevée en Angleterre. «C’est amusant parce que tout a commencé quand j’étais tellement jeune, dit-elle. On remarque à peine qu’on vieillit quand ça nous arrive, mais j’imagine que c’est vraiment arrivé! C’est très spécial de revivre le passé et de voir à quel point j’ai changé et ce à quoi je ressemblais auparavant.
«Mais, d’une certaine façon, c’est justement ce à quoi les gens s’identifient. Ça devient un véritable voyage (dans le temps) - et un très vrai - parce que nous avons littéralement grandi avec nos rôles.»
Watson a beaucoup de respect pour les thèmes profonds que l’écrivaine J. K. Rowling a développés dans ses sept livres de la série d’Harry Potter, thèmes qui ont été transportés dans les films.
«Il y a tellement de profondeur et de complexité pour un produit destiné à un aussi grand public, dit-elle. C’est pourquoi je ne les vois pas uniquement comme des livres pour enfants. Je dirais que ce sont autant des livres pour adultes parce qu’ils peuvent être appréciés à tout âge.
«Tout dans les livres, tout dans l’univers de J.K. Rowling est pensé jusqu’au moindre détail. Tous les noms sont si intéressants, ils sont uniques et différents, et chacun a sa propre histoire. Comment elle peut trouver tout ça est tout simplement remarquable.
«Chaque livre se termine presque comme une fable d’Esope. À chaque fois, chaque année, Harry apprend une leçon, que le lecteur apprend à son tour.» Et sans avoir à subir un cours. «Exactement! Alors ça n’est pas ennuyeux.»
Watson a retrouvé son enthousiasme pour le métier d’actrice: «J’ai joué dans un film, Ballet Shoes, pour la BBC (télévision britannique) cet été et je crois que cette expérience étrangère à Harry Potter m’a vraiment aidée. Je pense que ça m’a convaincue de ce que je veux faire: je veux être une actrice.
«Mais je pense que j’avais besoin de cette expérience loin d’Harry Potter, parce qu’on m’avait vraiment tiré de l’obscurité en me donnant ce rôle. Je le voulais vraiment, mais ce n’était pas comme si j’avais pris une décision. C’est juste arrivé. J’avais l’impression d’avoir gagné à la loterie. C’est pourquoi je m’étais toujours interrogée un peu.»
À 19 ans, Grint, qui vient de la petite ville de Stevenage dans le Hertfordshire, n’a jamais connu de doute semblable depuis qu’il joue le rôle de Ron Weasley. Quoiqu’en entrevue, il utilise constamment des expressions comme «en quelque sorte» ou «en réalité». Et lui aussi adore Harry Potter.
«Ce fut tout simplement une expérience extraordinaire, dit-il. J’en ai apprécié chaque moment en quelque sorte. C’est triste, en réalité, parce qu’il semble bien qu’on en arrive à la fin avec le septième, prévu pour 2010. Je crois que ça va me manquer. Mais je vais bouger après ça, en quelque sorte.»
Chacun des trois jeunes a fait autre chose, et particulièrement des films, en plus de jouer dans la série d’Harry Potter. Radcliffe est aussi monté sur une scène londonienne (et nu) dans une reprise de la pièce «Equus», qui arrivera sur Broadway en septembre 2008. Et chacun d’entre eux peut envisager une carrière prolifique.
«Je crois que beaucoup de mérite revient à leurs parents et aux producteurs», affirme Imelda Staunton, qui a été mise en nomination pour un Oscar pour son interprétation de Vera Drake et qui fait sa première présence dans la série dans Harry Potter et l’Ordre du Phénix. La comédienne reconnaît aussi les efforts des jeunes eux-mêmes.
«Ces enfants là ont travaillé très fort toutes ces années, pendant les tournages et à l’école. C’était beaucoup d’ouvrage pour eux et je crois qu’ils ont réussi avec grâce et habileté. Ils sont très professionnels, et c’est ce qu’il faut. Il n’y a pas de temps à perdre.»







