Mais serais-je heureuse de ne pas être moi-même.Sans maux je serais dans une certaine normalité, mais ne me manquerait il pas ce qui fait ma personnalité, ce grain de folie, cette douleur au fond de moi qui me fait mieux apprécier les autres, ces êtres normaux et ces êtres en marge de notre civilisation du perfectionnisme.
Je me rappelle une dissertation de philosophie sur « y a-t-il une normalité ? »
Incapable de me souvenir de mon étude d’alors, aujourd’hui je pense pouvoir dire que la norme n’existe que dans le cœur. Si la pureté du cœur (de l’âme, du plus intime de soi) existe alors nous sommes tous normaux.
Et pourtant, malgré cette pureté il nous est difficile d’accepter ces différences. Il est tellement plus facile de se comprendre en groupe de même ethnie (les handicapés physiques, les handicapés psychiques, les criminels, les mères de famille ..) car nous développons un gène de la compassion, un gène semblable, un effet miroir.
Alors, la normalité dans la différence, la normalité dans la ressemblance …
Je n’ai pas répondu à la question, une chose est sûre évitons l’indifférence. Celle qui nous protège, qui sert de carapace à la vie, celle qui nous évite les meurtrissures et les questions sur soi.
Je voudrais être un être parfait, que l’on admire, un être robot, sans cœur et sans cerveau. Un être que la souffrance d’autrui ne blesserait pas. Une belle carapace vide me satisferait elle ? Que nenni dirais-je les jours soleil, oui oui oui dirais je les jours nuit. Je ne saurais dire ce que je veux, je sais seulement que je souffre d’être celle que je suis.
Se succèdent en cascades, les nuits et les soleils, se succèdent en cascades les larmes sur mes joues, se succèdent en cascades les saignements de mon cœur.
Etres disparus vous me manquez, êtres présents vous me faites souffrir car de par ce que je suis, je ne sais pas être heureuse au milieu de vous. Je m’exile et je m’ennuie quand je vous fuis. Et votre présence me rappelle à mes ignorances, à mes différences, à mes envies jamais assouvies.Je suis soumise alors que mon âme est rebelle, je ne suis pas celle qu’on croit. Je rêve d’absolu, de liberté et de soleil, je suis un oiseau dans mes rêves oniriques, et regardez moi, petite boule tremblante, n’osant plus rien de part sa peur de faire souffrir, de par sa peur de se tromper, peur de vivre et de mourir, où es tu l’oiseau ! Je m’enfonce dans les sables mouvants.
Que dois je faire pour être une autre, dire merde autour de moi, vivre égoïstement, refroidir mon cerveau par un sourire béat, disparaître un moment.Je n’ai pas de solution, alors je continue la bataille de cette maladie insidieuse, je ne la vaincrais pas, mais les jours soleil seront peut-être plus nombreux et plus forts que les jours nuit.
