
Laurence, c’est un rayon de soleil. Elle est toute blonde, cheveux souples et mi-long. Quand je l’ai passée à la question et qu’elle m’a donné son âge, j’ai pris peur, elle paraît adolescente dans ses peurs et quadragénaire pour son physique, et pourtant elle a cinquante sept ans.Lisez l’histoire d’une femme ayant vécu l’époque mythique des années 60.La vie de Laurence commence bien. Une bonne fée s’est penchée sur son berceau, lui a attribuée un foyer dans le 6ème arrondissement de Paris. Famille aisée où papa est directeur technique des éditions du Reader Digest, maman sans emploi et un frère de 3 ans son cadet. Le divorce de ses parents à l’âge de 10 ans clôt le premier chapitre de cette vie.Quelques années plus tard, la cellule familiale explosée se compose de Laurence chez son père, et Maman avec son frère. Maman travaille maintenant dans des domaines aussi différents que : mannequin pour la Maison Balanciaga, journaliste pigiste et marchand de biens. Laurence va faire des études de lettres au lycée Molière. Le bac n’a pas été décroché, mais les semaines de vacances passées aux Etats-Unis laisseront des traces émotionnelles indélébiles. 1969 (année chère à Gainsbourg), New-York, Miami, Los Angeles, San Francisco, Denver, Salt Lake City, 19 ans, une vie de bohème, hippy, avec ce voyage Ground, en bus, en stop. Une escapade extrêmement forte en émotions, en souvenirs. Pas de bac : pas grave ! Faire quelque chose de sa vie : bien sûr ! Une année de prépa dans un atelier d’art graphique, préparant l’entrée à l’Ecole d’Art déco. Rien à dire, Laurence est une bonne élève, mais pour l’examen, gros soucis, la rougeole arrive au moment même du l’examen. Pas passé, donc pas réussi ! Oui mais le plus rigolo, c’est que personne dans la famille, ni Laurence, ni personne autour n’a pensé à l’inscrire pour le rattrapage de Septembre. Examen : NON ! Vacances : OUI ! De merveilleuses vacances dans la brocante que tient Maman dans l’Ain cette année là.Jeune, dans une époque où les tabous et les barrières tombaient les uns après les autres, Laurence décide de prendre sa vie en mains et trouve un travail d’appoint dans une galerie d’art. Une mauvaise rencontre sentimentale. Des délires, une hospitalisation à la Salpêtrière, et un diagnostique qui tombe : troubles dû à l’absorption de LSD (à son insu). On retrouve Laurence à 25 ans, mariée, la vie est belle mais quelques crises ponctuent cette période, l’impossibilité d’être Maman un jour laisse notre Laurence désorientée. Elle divorce après 5 ans de mariage. On retrouve Laurence pour son 2ème mariage. Elle a 30 ans. Cette union tiendra 10 ans, Laurence travaillera comme caissière au Printemps, puis au Bon Marché. Les crises délirantes ponctuant sa vie. Elle sera maman d’adoption pour la fille de son mari. De nouveau seule le jour de ses 40 ans, elle fait encore une « mauvaise rencontre ». Il est menteur, instable, sans emploi, sans toit. Elle va l’aimer, l’aider, l’héberger. Un petit tour par Saint Anne. Ils se retrouvent chômeurs, vendeurs du journal « La Rue » .Laurence encore hospitalisée, Maman prend les choses en mains, et ramène le poussin à la maison à Oléron, c’était il y a deux ans. Diagnostique 2005 : Bouffées délirantes (mais si l’histoire du LSD était vrai et qu’il était la cause de tout ça). L’Estran, l’activité marche de l’Estran avec Pierre et d’autres, puis Novembre 2006, La Maison de Pierre et l’activité marche de la Maison de Pierre. Et aujourd’hui une certaine stabilité.
