Je suis à la recherche d’une vie idéale, à la recherche d’un amour idéal. CA N’EXISTE PAS ; Zut, zut et re-zut !
Pourquoi devrais-je pleurer encore et encore sur une vie inutile, sur une vie dont peu de gens se souviendront, dont j’ai déjà commencé le deuil. Je ne fais pas ou peu de photos, car n’ayant pas d’enfant, il est inutile de montrer la fille ronde que je suis devenue, je garde avec une attention particulière celles de mes 20 ans. Celles où mon 38/40 m’allait comme un gant, celles où je commençais à n’être plus innocente car la maladie m’avait déjà « sauvagement » attaquée.
Je fais le deuil, d’une vie rêvée : celle d’être une grand-mère « indigne », celle qui apprend à ses petits enfants pleins de gros mots, mais aussi comment se maquiller, comment faire une gâteau, comment se protéger en cas de maladies sexuellement transmissibles. Une grand-mère qui eut été un heureux mélange des deux miennes. Respect OUI, Bêtises OUI, Apprentissage OUI, Amour SURTOUT.
Je fais le deuil d’une vie que je pourrais laisser aujourd’hui, car je n’ai rien à perdre. Pas d’emploi, pas de stages de formation, pas de possibilité aujourd’hui de laver mon cerveau de mon ancien métier.
L’homme que j’aime, ignore ma souffrance, trop occupé à gérer la sienne.
Et moi, je suis trop fatiguée aujourd’hui.
Je l’assiste depuis environ deux ans, je souffle le chaud et le froid, pour le débarrasser d’une dépression qu’il noie dans l’alcool. J’ai mal de n’être pas médecin, mal de ne pouvoir le convaincre, il a essayé, puis abandonné.Je ne puis plus le voir se détruire, car loin de ne faire du mal qu’à lui, il fout ma vie en l’air.
Il joue sur la corde de mon cœur, celle qui dit je t’aime, celle qui pardonne. Mais ma rancœur commence à dépasser l’amour.
Le quitterais-je pour ma santé, le quitterais-je par amour pour que sa douleur soit plus forte et le pousse au fond du gouffre, là où le seul geste utile soit de remonter.
Je fais le deuil d’un amour, d’un métier, que me reste t-il en ce jour ?
Un mouchoir rempli de larmes, une seule assiette sur la table, et une vie inutile.
