Publié le 08/09/2007 à 13:00
Par GRDT
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Voilà ce qui reste d'un texte écrit par Marie-France. Il y a donc une personne qui rentre dans notre blog pour faire son ménage et qui se permet d'effacer un texte. Si c'est un fils à Sarko, on lui pardonne... mais
JE TROUVE QUE CE N'EST PAS SYMPA D'AGIR DE CETTE MANIÈRE.
POURQUOI NE PAS METTRE TOUS NOS TEXTES EN L'AIR ET BOUSILLER CE BLOG?
JE NE CHANGE PAS POUR L'INSTANT LES CODES, JE FAIS ENCORE CONFIANCE À L'INTELLIGENCE QUI SAURA RESPECTER LE TRAVAIL D'AUTRUI QUI PREND LE TEMPS DE FAIRE CONNAITRE DES OUVRAGES. NE SERAIT-IL PAS MIEUX DE METTRE UN COMMENTAIRE?
CLAUDY
Publié le 08/09/2007 à 07:27
Par GRDT
Oui , c'est la reprise, et avec ces premiers cours se pose toujours le problème de l'accueil des nouveaux, des débutants.
Peut-être que pour vous cela ne pose aucun souci, mais pour moi à chaque fois, cela m'installe dans un profond embarras gachant souvent le plaisir que j'éprouve à retrouver ma pratique.
Je reconnais qu'en qualité "d'ancien" , et membre du bureau de l'association, qui plus est, nous avons notre rôle à jouer, notre part de responsabilité dans ce fait, mais nous avons beau ouvrir en grand les portes, laissant apparaître un paysage aux couleurs chatoyantes, plein de vie, riche en échanges et en découvertes personnelles, il reste toujours difficile d'en faire passé le seuil au débutant timide.
Généralement, nous leur faisons partager quelques exercices de base avec l'ensemble du groupe et ensuite nous leur faisons "goûter" tout de suite au Taiji, en les plaçant devant l'apprentissage d'un tout premier geste, l'ouverture, même parfois juste devant la première partie de cette ouverture. Et "boum", le premier choc arrive à cet instant ! Nous voyons bien que soudain, leur visage change, le sourire glisse, les sourcils se froncent, les oeillades vont bon train vers la droite, vers la gauche, les comparaisons s'installent dans leur tête, dès qu'ils entament le placement de ce geste qui au premier abord leur semble si .... simple!
Comment leur faire oublier le miroir qui se place devant nous dès que nous pratiquons, laissant apparaître sans artifice, ni sans aucune opacité ce qui nous semble être nos faiblesses, nos manques, nos résistances, nos incapacités?
Tout est clair dans cette première claque. Comment leur faire comprendre à ces jeunes "modernes" qu'ils leur faut apposer sur cette surface brillante, un voile, qui brouillera cette vision, critique, faite de jugements et de références installées, et qu'ils doivent au contraire accueillir toutes les nouvelles sensations en eux, avec un oeil intérieur chaleureux, rassurant et bienveillant. Comment leur faire comprendre que la comparaison extérieure n'a pas de sens au Taiji?
Et puis vient ensuite le moment où nous leur offrons une petite démonstration et si ce jour là le groupe dont les membres se connaissent bien, s'écoute, c'est une mer ondulante et harmonieuse, c'est un flux et un reflux apaisant qui les innonde et les laisse sans voix à la fin de la prestation!
Et "boum": deuxième claque!
Car c'est alors qu'arrive la "fameuse" question, celle qui immanquablement me coupe le souffle!
"Combien de temps, combien faut-il de temps pour arriver à cela? Quand? En combien de temps peut-on apprendre la forme?........
Je ne sais quoi leur répondre! Que devons-nous dire? Faut-il citer le "moderne" de l'année précédente qui s'est enfilé comme de rien, le shi san shi, la première séquence et peut-être le début de la deuxième, mais qui ne reviendra pas aux cours cette année? Ou, autre exemple, mon cas personnel, qui après bientôt 20 ans de pratique n'a pas encore abordé la fin de la troisième séqence! Comment leur faire comprendre que le temps au Taiji perd sa forme de pendule, que tout est distorsion, que le chronomètre qui gère nos vies, tout comme dans l'oeuvre de Dali, fond, se déforme et se disloque pour laisser apparaître un monde différent, parallèle et irrationnel?
J'avoue que chaque année je me trouve devant ce même véritable cas de conscience!
Peut-être faudrait-il leur raconter cette fable que j'ai trouvé dans le livre (sympa) de Robin S. Sharma "Le moine qui vendit sa ferrari" qui dit:
"Mais pour atteindre cette destination, tu ne dois pas être obsédé par le résultat. Au lieu de cela, apprécie le processus de l'expansion personnelle et de la croissance. Ironiquement, moins tu te concentres sur le résultat final, plus tu l'atteins rapidement.
- Comment cela?
- C'est commel'histoire classique de ce jeune garçon qui voyagea très loin de chez lui pour aller étudier auprès d'un grand maître. Lorsqu'il eut rencontré le sage, la première question qu'il lui posa fut: "combien de temps me faudra-t-il pour être aussi sage que vous?"
La réponse lui fut donnée rapidement: "cinq ans".
"C'est très long" répliqua le jeune homme; "Et si je faisais deux fois plus d'efforts?"
"Alors il te faudra dix ans ", dit le maître.
"Dix ans! c'est beaucoup trop long. Et si je travaillais toute la journée et tard dans la nuit, chaque nuit?"
"Quinze ans", dit le sage.
"Je ne comprends pas", répliqua le jeune homme. "Chaque fois que je promets de consacrer plus d'énergie pour atteindre mon but, vous me dites que cela prendra plus de temps. Pourquoi?"
"La réponse est simple, avec un oeil fixé sur ta destination, il ne te restera qu'un seul oeil pour te guider durant le voyage."
Qu'en pensez-vous? Les "anciens" c'est à vous que je m'adresse, comment pouvons nous accueillir ces "modernes" pour les rassurer et les faire rester dans nos groupes de pratique?
Nous pensons toujours qu'il faut dorlotter les nouveaux mais ne faut-il pas aussi aider les "anciens"?
MAD en peine!
PS: Lisez ce livre, il est très drôle:
"Le moine qui vendit sa ferrari" de Robin S. Sharma au ed. J'ai lu. 6€