Aujourd'hui ,un petit mot sur les"lettrés chinois".
Quand on parle de civilisation chinoise, on parle souvent des « lettrés » mais le sens de ce mot n’est pas exactement celui que nous connaissons et mérite quelques éclaircissements.
Dans la Chine impériale , on parle du « règne des lettrés »et celui-ci dure quelques deux millénaires ! Ceux-ci sont fonctionnaires sans avoir de réelles fonctions si ce n’est conseiller l’empereur en suivant et faisant respecter la doctrine de Confucius : en effet, Confucius était, comme Platon, partisan d’un gouvernement de « sages » : (Je me permets de dire en passant que moi aussi.)
Le lettré –le « shi »enseigne la sagesse : pour ce faire, il se doit de cultiver tous les arts : la poésie, la philosophie, la calligraphie, la peinture.
C’est un érudit qui connaît bien les textes anciens, est honoré respecté et puissant, même si- généralement- il recherche une vie simple et proche de la nature ,se réfugie loin du bruit et de la poussière des foules et des villes , médite dans son jardin en jouant du qin (prononcé t ’sin) cithare à sept cordes.
Il se réunit avec ses semblables, d’autres lettrés, des gens de qualité ( réunions de lettrés : « yagis » ) pour échanger, écouter de la musique ou de la poésie.
Il aime à collectionner les antiquités. Homme raffiné, il cultive la subtilité dans le dépouillement. Il est connaisseur d’art militaire ou de techniques de longue vie
Il possède des objets pour écrire, dessiner, orner que le peuple ne connaît guère et qui ont été regroupés en plusieurs expositions au musée de Shanghai :
chef-d’œuvres d’art chinois .
On voit sur le catalogue d’une exposition des écrans de table en jade ou des jades rituels, des éventails (qui servaient à la fois pour se donner de la fraîcheur et d’écran de politesse :je ne vous ai pas vu, vous non plus !)du mobilier, des bronzes ,des céramiques, des sceaux, cloches, trépieds , peintures…
A travers les lettrés, c’est la culture la plus brillante qui est transmise ; on a pu apprécier leur rigueur morale mais parfois leur conservatisme et leur intolérance aux courants occidentaux ont empêché des contacts et des échanges qui auraient été utiles et intéressants. Pas de noir sans blanc ni de blanc sans noir!
MF
