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Mon bloc perso.
Bienvenue sur Percnoptère Ethologie.

V ous êtes curieux de nature et d'observations, vous vous intéressez à l'ornithologie, vous aurez l'occasion dans ce blog de mieux vous informer sur le comportement du Vautour Percnoptère en pèriode de reproduction.
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Publié le 29/12/2006 à 18:12
Par percno64
Humeur : Tendre
Lâcher dortoir 2005.jpg
                                                LACHAGE  PAR YANN TOUTAIN  (SAIAK) 
                                                              
                                                                     photo Philippe Constantin (DIREN)

Comme vous pouvez le remarquer, le juvénile est marron trés foncé par rapport aux adultes noirs et blancs.
 Le geste est magnifique.
050907-lachers percno-PHC-42.JPG
 

VAUTOURS PERCNOPTERES

                                                                              (Neophron percnopterus) 

JUVENILES RESCAPES

 

Cette année, deux juvéniles qui avaient réussi leur envol, ont été récupérés par les agents  du Parc National des Pyrénées.

 

Le 20/08/05 : un jeune est repéré par un technicien du PNP (Parc National des Pyrénées) sur un rocher au bord du gave d’Aspe. Cet oiseau très amaigri et trempé, ne pouvait voler. La veille, je l’avais vu revenir à l’aire. Un exploit car depuis 1993, je n’ai observé qu’un seul juvénile y revenir, c’était en 2002. Il faut dire que cette aire est très difficile d’accès, les parents étant obligés de se casser les ailes pour y accéder. C’est sur ce site que déjà en 2003 un jeune a été sauvé par ses parents après une semaine passée au pied de la falaise empêtré dans les ronces (voir article page n°….).

 

Le 24/08/08 : même problème pour un autre juvénile récupéré sur un chemin de randonnée par nos amis du PNP, lui aussi était revenu plusieurs fois à l’aire sans problème.

Ces deux jeunes s’étaient envolés le même jour (le 12/08/05) et ils maîtrisaient déjà bien le vol libre. Il aura suffi d’un peu d’intempéries accompagnées d’une chute importante de la température pour les voir en difficulté et ne plus pouvoir continuer leur apprentissage convenablement. Nous pouvons y ajouter une perméabilité de leur jeune plumage et peut-être un manque de nourriture.

Auparavant, un autre jeune des Hautes Pyrénées dont les parents avaient disparu connut le même sort.

 

Récupérés avec délicatesse, ils ont été confiés au Centre de Soins de Beaucens et la   coordination entre les professionnels et les associations de bénévoles a fonctionné à merveille. Soignés et ré-entraînés au vol, ils ont pu être relâchés dans de bonnes conditions, la migration post nuptiale étant très proche et même commencée pour certains couples. Le lâcher exécuté le 07/09/05 sur un site comprenant d’autres congénères fut l’objet d’une surveillance assidue de la part de l’ONCFS, SAIAK, et moi même du GEOB. Les rapaces se sont très vite adaptés à leur nouvel environnement et aux adultes qui les entouraient, aussi bien sur les reposoirs qu’en prospection pour leur nourriture quotidienne. J’ai même observé un des juvéniles constamment en compagnie d’un adulte à qui il manquait deux rémiges, une primaire et une secondaire à l’aile droite.

Sur le même site, il a été remarqué un juvénile bagué en migration (bagues de couleur), après vérification, il s’est avéré que ce jeune avait été bagué dans le Sud/Est de la France le 13/07/05.

 

Le Lundi 12/09/05, le site était déserté de tout individu adulte, immature ou juvénile.

Un sauvetage qui fera date dans le suivi de la reproduction de ces petits vautours migrateurs considérés comme des clowns par les enfants lors de nos expositions sur cet oiseau encore  mystérieux.

                                                                                                                                                    2002-2005. Etrange coïncidence :

Sur une aire de la vallée d’Ossau comportant deux juvéniles, l’un fut retrouvé au pied de la falaise et remis au centre de soins de Beaucens(65) puis relâché avec succès un an après sur la  même zone que les trois de cette année. Serge Raoult

Publié le 24/12/2006 à 17:56
Par percno64
Luc Dupouy 2.jpgNotes de terrain «extraits» (II)Elevage et péripétie chez des jeunes Vautours percnoptères
Neophron percnopterus (photo Luc Dupouy)

Serge Raoult

  Photo d'un Percnoptère de retour de migration, sale et fatigué.

I - Nourrissage :

A l'éclosion : la femelle reste en permanence avec le jeune et le nourrit, elle ne sort que très rarement et uniquement pour se dégourdir. Le mâle recherche la nourriture, et ceci, pendant une quinzaine de jours.C'est après ce délai que les premières relèves commencent, elles durent de trois à quatre semaines suivant les couples et l'état d'avancement du poussin.J'ai remarqué dans différentes aires que le mâle pendant sa relève ne nourrissait pas le poussin mais servait de gardien. J'ai vu par exemple la femelle arriver à l'aire sans provende, nourrir le poussin avec de la nourriture déjà sur place, alors que le mâle envolé, n'a jamais sollicité le jeune. La cinquième ou sixième semaine d'élevage (cette année, un couple a laissé le jeune seul à la troisième semaine pour un envol après 62 jours d'élevage), le poussin étant suffisamment grand pour se défendre des prédateurs (ex : Grand Corbeau Corvus corax), les deux adultes vont en recherche de nourriture et viennent à tour de rôle, soit déposer les provendes soit nourrir le poussin. Dans la plupart des cas, le mâle apporte la nourriture et repart aussitôt. La femelle par contre, reste une dizaine de minutes avec le poussin. Elle dissèque la nourriture en infimes morceaux et les offre délicatement du bout de son bec à son petit vorace.C'est à cette période, que j'ai constaté la propreté du poussin qui rejette ses excréments à l'extérieur du nid en faisant une marche arrière savante. Un peu plus âgé, il se recule au bord de la plate-forme d'atterrissage ou de la grotte pour fienter.A propos des fientes, au nid, il y a beaucoup de ménage exercé par les parents afin de laisser ce lieu propre. J'ai même aperçu un adulte reprendre une fiente que le poussin venait de rejeter à l'extérieur et l'offrir à son rejeton (bon appétit !!!). Au début de la saison de reproduction, le bord de l'aire est rarement fienté à contrario des reposoirs. Près de l'envol, le ou les juvéniles fientant toujours au même endroit, offrent une autre vision de leur logis...Entre deux nourrissages, le poussin s'entraîne déjà au vol en battant des ailes, même si celles-ci ont encore beaucoup de duvet.

Police au nourrissage

Le 07/08/05 : Un couple du Pays Basque avait deux juvéniles à élever, l'aîné envolé la veille étant revenu à l'aire s'est fait chasser par l'adulte lors du nourrissage du cadet.J'ai encore noté ce même cas deux jours après sur une aire de la vallée d'Aspe, à la différence qu'il n'y avait pas eu d'envol, mais l'aîné était prêt pour le grand saut. L'adulte s'est interposé et a fait écran entre les deux juvéniles. Le jeune que je suppose être l'aîné a ouvert grand son bec en direction de son parent et fait le dos rond, même comportement que lors de l'agression d'un prédateur pour se défendre. L'adulte n'a pas bronché et deux minutes plus tard s'est envolé laissant le juvénile lésé ramasser les miettes que l'autre a bien voulu lui laisser. Autre observation intéressante cette saison. Sur trois sites différents et le même jour, j'ai remarqué après l'envol du juvénile, qu'un adulte placé à l'aire pour attirer son jeune vers celle-ci, déplaçait les brindilles supérieures du nid et les posait en petit tas à côté. Pourquoi ? 
Publié le 21/12/2006 à 11:16
Par percno64
               photo Luc Dupouy.jpg  
             Photo Luc Dupouy

Vautour Percnoptère
(Neophron percnopterus)
                                                                                      

Comportements.
 COUVAISON :

                                                                  Les relèves sont assurées plus ou moins régulièrement, le mâle s’absentant plus longtemps que la femelle. Il arrive même que celui ci dépose de la nourriture auprés de la femelle et qu’il reparte aussitôt. Dans ce cas, elle se restaure, quelquefois, elle s’envole pour se détendre, puis se remet en position de couveuse.

J’ai remarqué que lorsque c’est le mâle qui couve, après un certain temps, il se lève arrange l’aire puis s’envole et se pose sur le perchoir habituel, scrute le ciel, regarde si sa partenaire arrive et dans le cas contraire, il revient à l’aire et reprend sa place de couveuse.Lorsque la femelle arrive, bien souvent, il s’envole avant qu’elle ne se pose à l’aire, décrit des orbes et part en recherche de nourriture. 
 
ELEVAGE :                   
                    Le poussin né, les parents le nourrissent à tour de rôle et ne le laissent seul qu’à partir de la quatrième semaine, rarement avant.
Le mâle se contente d’apporter de la nourriture alors que la femelle dissèque minutieusement les morceaux de viande et les dépose dans le bec grand ouvert du poussin.J’ai eu l’occasion d’observer un poussin de trois à quatre jours avaler un morceau de boyau(supposé)d’une trentaine de centimètres en une seule fois.Régurgitation : j’ai pu constater au cours d’un bec à bec un liquide glisser le long des commissures du bec de l’adulte et ce, après avoir nourri normalement et à six jours de l’envol.

Le juvénile prenant de l’assurance, si la place le permet, il peut se promener dans le cas d’une vire abritée, mais quand l’adulte arrive avec une  provende, il la dépose à l’aire et pas n’importe où, c’est le jeune qui se déplace pour se restaurer en toute sécurité sous sa surveillance.

 PREPARATION A L’ENVOL:                   
                                                    Le juvénile fait des essais d’envol en battant des ailes et  les étend au soleil.
Il se lisse les plumes régulièrement.Quand il est prêt pour l’envol, les parents sont présents, ils l’incitent par plusieurs passages devant l’aire. Si cela s’éternise, ils le privent de nourriture et vont même jusqu’à le narguer en déposant une provende sur un perchoir près de l’aire. 

ENVOL:
            
Lorsque le jeune s’est envolé, avec un premier atterrissage plus ou moins catastrophique, les parents l’accompagnent, le nourrissent, et l’incitent à recommencer. Il restera huit à dix jours sur le site avant de suivre les parents sur les lieux de nourrissage.Les premiers jours, il n’a apparemment pas le droit de s’éloigner du site car j’ai pu constater sur deux sites différents, un retour « manu militari » avec accrochage de serres. Un des adultes chassait le jeune vers le site de reproduction, l’autre surveillant la manœuvre. Ils ne l’ont laissé tranquille qu’une fois arrivés sur place.
  
REMARQUES PERTINENTES :

                                                       A l’aide de ma lunette, sur chaque couple observé, j’ai pu remarquer qu’un des deux individus avait un trait noir sous les yeux, et que chez certains, le vertex était plus ou moins emplumé.

Cette année, j’ai assisté à un accouplement sur la neige !!! Etonnant pour des oiseaux qui craignent le froid.
Envol précoce : premier envol, le 06/08/04
Envol tardif : dernier envol, le 14/09/04
Le juvénile envolé le 14/09/04, avait contrairement aux autres le dessus des ailes beaucoup plus claires, la tête emplumée différemment (plumes du vertex plus rases, très serrées, et marrons tirant sur le roux foncé), en bref plus beau. .Serge Raoult .
Publié le 21/12/2006 à 11:09
Par percno64

falaise type avec grotte.BMP 

                Aire trés connue des ornithos d'où est tombé ce jeune Percnoptère (neophron percnopterus) 



Le suivi de cet envol a été effectué par mon ami Jean et moi-même par alternance, et, à la conclusion, Didier, nouveau venu au PNP dans la région. Site bien connu des ornithos professionnels et amateurs sur lequel nous avons constaté le crash d’un jeune à l’envol.

 Le 01/08/03 :
                      Arrivés sur le site à 9h10, heure un peu tardive, mais nous étions auparavant sur une autre aire sans problème. Nous avons pu observer une incitation à l’envol de la part des parents avec plusieurs passages devant l’aire pour en fin de compte se poser sur l’arbuste séché au-dessus de l’aire qui leur sert de perchoir. A leur grand désespoir car le juvénile n’était pas, apparemment près de s’envoler malgré de gros efforts à s’entraîner au battement des ailes à l’intérieur de l’aire car au bord, il n’a pas l’espace nécessaire pour les détendre au maximum de leur envergure. Connaissant ce couple depuis quelques années, nous ne nous sommes pas inquiétés. 

Le 07/08/03 : 
                     Je viens par curiosité, pensant que le jeune s’est envolé sans problème, et dans l’espoir de le voir sur le site car après l’envol, le ou les juvéniles restent près de l’aire. Rien !!! Ni jeune, ni adulte, je pense donc qu’il est parti avec ses parents.
 

Le 11/08/03 : 
                     Je repasse au hasard car j’avais un doute et j’espérais observer ce jeune sur son site. A peine arrivé, un adulte va à l’aire et l’autre se pose sur la roche à l’ombre des arbustes, à l’aplomb de l’aire, il regarde vers le bas puis s’envole et va se poser au pied de la falaise. Caché par les arbres, je pouvais deviner ce qui s’était passé (le jeune s’était crashé). L’adulte en ressortit 30 mn plus tard, et, simultanément l’autre individu qui était à l’aire en fit autant. Pourquoi était-il resté aussi longtemps à l’aire ? peut-être un deuxième jeune ? peu probable, car la visibilité à l’intérieur de l’aire est bonne. De 12h à 12h45, ils passent et repassent devant la falaise et s’envolent vers Bedous. 
 

Le 12/08/03 :
 
                     
Je demande la veille à mon ami Jean de bien vouloir me rejoindre sur ce site, car nous ne serons pas trop de deux pour tirer une conclusion. Le rendez-vous était pour 8h15. A l’heure prévue, un adulte est présent à l’aire et l’autre est perché sur un arbre au pied de la falaise.
 9h : l’individu de l’aire s’envole et va se poser sur un perchoir en bas et à gauche, près des vautours fauves. Quand nous avons observé l’adulte qui surveillait le jeune « crashé » s’envoler et se poser à l’aire, nous avons de suite compris que le couple y avait déposé la nourriture, et qu’il pouvait se ravitailler normalement pour nourrir leur juvénile sans problème. 12h : même manège, le couple s’envole dans la même direction que la veille. 15h : un adulte arrive à l’aire, dépose de la nourriture et repart vers la vallée.16h : nous prévenons nos amis du P.N.P. que ce jeune s’était crashé et qu’il serait peut-être nécessaire d’intervenir.
 
 
Le 13/08/03 : 
                     Même scénario, un adulte présent à l’aire.
9h27 : il s’envole avec de la nourriture dans le bec et va directement vers l’extrême droite de la falaise rejoint l’autre adulte, et se pose derrière un arbuste. J’en conclu que depuis ces jours, ce juvénile encouragé par ses parents a réussi à parcourir plusieurs centaines de mètres au pied de la falaise, malgré les ronces et autres obstacles pour trouver un endroit plus confortable et s’envoler définitivement.
10h10 : cette fois il a bien réussi son envol, car en compagnie du couple, il a exécuté un vol d’une centaine de mètres. J’ai pu l’observer à loisir et j’étais soulagé, car très inquiet. Je ne sais s’il poussait de longs cris où s’il avait du mal à respirer, mais les parents rassurés se sont envolés vers la vallée. Je crois qu’il était très fatigué car son front était rose, sûrement dû à ses efforts répétés. De nouveau, il a fait un petit bond afin de se tirer de ce rocher glissant et inconfortable pour se poser sur de l’herbe sèche. Je le trouve très clair et plus maladroit que son voisin qui n’a pas connu les mêmes problèmes. Il a quelques plumes de la poitrine qui pendent et bougent au vent. Serait-il blessé ?
10h25 : il me tourne le dos et étend ses ailes au soleil pour mieux les sécher, puis se retourne, et c’est alors que je remarque son front redevenu gris, sa couleur normale.J’ai prévenu les agents du P.N.P. que tout allait bien, Didier s’est aussitôt déplacé, quand au jeune, il s’est fait un malin plaisir de s’envoler pour se percher sur un arbre mort, et nous prouver ainsi qu’il était en pleine forme.  

CONCLUSION :
Ce juvénile est resté coincé pendant un minimum d’une semaine, et s’en est tiré royalement, grâce à la persévérance de ses parents et à son envie de vivre.  Serge RAOULT    (GEOB)

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