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Publié le 25/08/2006 à 20:40
Par iikhouane

Chez Azzouz, l'atmosphère était à l'ennui

Hatim était allongé boudant les gens le ciel et la terre, la tempête durait depuis trois jours

Loubna était songeuse

- j'ai tellement envie de poisson dit elle je n'ai presque rien mangé depuis hier

- Que feras tu si je t'apporte du poisson?

- Tu ferais ça?

- Oui répondit-il

- Je ferais tout ce que tu me demandes, tu peux ordonner que je reste toute la journée avec Hatim et je le ferais lui dit elle dans l'oreille en étouffant un rire, mais je suis sérieuse, je ferais ce que tu me demanderas de faire



Le spectateur courageux qui aurait été à minuit sur la berge malgré les bourrasques de vents qui pliaient les arbres aurait assisté à un spectacle fantomatique.

Dans la mer noire sous le ciel clair, de monstrueuses vagues s’abattaient, roulant furieusement, se fracassant avec une fureur toujours renouvelée.

Dans le ciel, quelques nuages noirs et bleus et la lune pleine
Le vent et la mer laissaient éclater leur puissance

Ce spectateur imaginaire se serait frotté les yeux en croyant distinguer une petite barque grise dans la lumière de la lune, en perdition, tantôt dans le creux d'une vague, tantôt jetée par une vague dans le ciel, fétu de paille, ridicule de faiblesse


Un homme tantôt à genoux tantôt à plat ventre semblait conduire la
barque


Notre spectateur, s'il avait des doutes sur la réalité de ce qu'il voyait, n'en aurait plus eu quand il aurait remarqué que la barque au lieu de se diriger vers la berge allait chercher le large.
Il n'en aurait pas parlé, car il aurait été pris pour un fou et lui même au bout de quelques heures se serait cru victime d'une hallucination.

A chaque vague, des tonnes d'eau que la vélocité du courant a traîné, masse vivante, débauche de puissance, viennent se jeter sur le morceau de bois sec, affolé et tenu fermement par les bras fragiles de Sallam.

Sallam se cramponnait à sa barque, il ne faisait qu'un avec elle, son poids devait venir en appui à la barque à chaque coup de lame

- Ne pense à rien se disait-il juste à la vague prochaine

Ne jamais attaquer la lame par le flanc se répétait-il, la barque serait aussitôt renversée, na jamais être dans le creux de la vague sinon les trombes d'eau rempliront la felouque et je serais coulé

Au haut de chaque vague, il veillait à s'allonger à plat ventre, le poids du corps ne doit pas être supporté par l'arriere de la barque sinon elle renverserait

- Je n'ai jamais fais une chose aussi folle de ma vie, je ne crois pas que quelqu'un l'aie fait avant moi,

- Jack London l'aurait il fait lui ?se demanda t il


Bien sûr qu'il l'aurait fait, sans sourciller, lui c'est une autre pâte d'hommes

-Tais-toi se dit il pense à la vague prochaine, tu as cinquante pour

cents de chance de vaincre chaque vague, mais avec tout ce que tu sais, tu peux augmenter tes chances

- à condition de rester concentré se répéta-t-il

La vague arriva

- Heureux que j'aie ce clair de lune se dit il

il sentit la barque glisser attirée par le creux de la vague. De tout son poids il l'empêcha de se retourner sur le flanc et au moment ou le devant de la barque touchai le creux de la vague, il s'allongea se relevant avec ses bras et poussant de toute la force de ses pieds en mettant son poids sur l'arrière de la barque

La barque se leva conne un fétu de paille, Sallam changea aussitôt de

position en mettant son poids au devant de la barque, la lame le fouetta en plein village, le faisant suffoquer

Aussitôt il se sentit glisser sur le dos de la vague, le danger était écarté pour une minute,

Il y avait un demi mille entre chaque vague

Sallam se mit à ramer de toutes ses forces avant l'arrivée de la prochaine vague


Celle ci avait l'air d'une montagne noire, Sallam la contempla avec un frisson mystique


- Fais de ton mieux c'est tout ce qu'on te demande

Il cessa de regarder la crête de la vague, se concentrant sur sa barque, il passa celle-là comme les précédentes mais la barque avait pris de l'eau, il écopa rapidement, une barque lourde n'a pas de chance de passer des vagues de la taille de celles de cette nuit se dit-il

Les habitants de la terre avaient tendance à penser que dans le large les vagues s'écrasaient moins lourdement, il sourit à lui-même de tant d’ignorance, la barque n'avait pas pris beaucoup d'eau, cela lui gardait ses chances, mais surtout ne pas prendre encore de l'eau

L'intervalle entre chaque vague devait lui servir à ramer vers l'ouest

En temps de tempête les poisson allaient en profondeur, ce n'est pas un temps pour la pêche, mais Sallam connaissait une sorte de crique protégée du vent, les vieux poissons, les plus intelligents, les plus gros aussi s'y rendraient


C'est vers cette crique qu'il se dirigeait
Cette crique était entourée de récifs, aucune chance de pouvoir s'y reconnaître la nuit, même avec un clair de lune

Même si la crique sera calme, le courant y serait plus fort que d'habitude, mais Sallam avait un moyen pour s'orienter

Il avait remarqué par le passé qu'en mettant des fanions sur la terre en deux endroits différents, il pouvait s'orienter

Qu'il ne perde jamais en vue les deux lumières et il évitera les récifs

En temps houleux, la distance vers la crique, il la faisait en cinq heures, mais en ce temps de tempête il ne savait pas, cela devrait prendre beaucoup moins de temps, peut être trois heures se dit-il

Il avait l'épaule gauche qui lui faisait mal, elle était tendue depuis prés de deux heures

Pas le moment de lâcher dit il à l'intention de son épaule

La première lumière du fanion improvisé devait apparaître bientôt se dit-il en lançant un regard vers l'ouest

La barque se souleva sur la crête de la vague et les muscles de Sallam se tendirent, une poignée de secondes plus tard, il ramait ferment

- respire n'oublie pas de respirer

Publié le 25/08/2006 à 20:39
Par iikhouane

Il remis les rames le long du cerceau de fer pour qu'elles ne soient pas balayées par les flots et se jeta avec sa barque sur la masse d'eau, tout au haut de la crête dans la lumière lunaire, distingua la baie, il rama de plus en plus fort, les vagues se faisaient déjà moins grandes, il pouvait maintenant ramer au dessus d'elles et puis un point de lumière lui apparût

C'est maintenant se dit-il

Il cessa de ramer vers l'ouest, le danger des récifs avait remplacé

celui des vagues et il se mit à la recherche de la torche

Pourvu qu'elle ne se soit pas éteinte se dit-il

Mon Dieu faites qu'elle ne se soit pas éteinte

La deuxième lumière apparut aussitôt

Merci mon Dieu Oh merci se dit-il intérieurement

Arrête de faire l'imbécile lui dit une voix, fais de ton mieux, si tu veux la plus belle fille que tout le monde convoite, il faut faire d plus grandes choses que les autres

- Reste prudent, les deux lumières et la barque doivent faire un triangle isocèle

Il suivit son trajet cherchant le rocher nommée lhajjala, la veuve, car

il était seul à émerger, grand récif, mais dont l'approche n'était pas dangereuse, du moins en mer relativement agitée

Bientôt, il vit la veuve, il était en milieu connu, l'eau était beaucoup moins agité et le courant moins fort,

Il contourna le rocher avec de petits coups de rames puis l'aborda par l'arrière

Sur ce rocher il avait fixé, il y a des années un rivet solide pour attacher de l’embarcation légère

Il attacha sa barque sur le rocher

- Maintenant tu dois te reposer, la barque a remplit son contrat, c'est à

moi maintenant de jouer

La seule manière de ne pas périr était de faire le kilomètre qui séparait du banc de récifs qui formait la troisième barrière de protection de la crique à la nage

Sallam prit sa bouteille d'eau, il avait besoin de nourriture salée, il pris depuis un sac plastiques des croquettes de sardines, elles étaient froids mais il ne pensait pas au goût

Tout ce qu'il avait à faire était de reprendre ses forces, de détendre ses muscles et de veiller à ce que le froid ne les raidisse pas

Il plongea dans l,eau, à ce niveau il y a avait trois mètres d profondeur, ses bras se mirent en marche, un kilomètre d e nage ce n'était pas une affaire, mais gare aux récifs

Sallam avait sous estimé la force du courant, i le poussait à chaque moment vers les récifs, et l’éloignait de son point d'approche, après une heure il était exténué et avait parcouru à peine al moitié d la distance Il se laissa dériver par le courant réservant ses ultimes efforts pour les derniers cents mètres

Suivant le courant Sallam évaluait le danger

En s'écrasant sur les récifs il sera déchiqueté

Si j'arrive dans les cents derniers mètres à m'en sortir je serais sauvé, je ferais le retour à marée basse et j'aurais moins à nager

De temps en temps le courant se faisait moins fort car les brisants de l’est arrêtaient les vagues et Sallam en profitait pour gagner quelques mètres vers l'est

Dans les derniers cents mètres il mit toute se force, toute sa rage à fuir les brisants, il gagnait sur le courant mais progressait trop vite à cause du courant pour arriver à son endroit d'approche

Il était à trente mètres des récifs, il devrait être à quinze mètre plus à l'est à cet endroit alors son instinct lui dit de plonger

Le courant est moins fort au fond de l'eau, il prit une longue inspiration, et plongea, il ressentit un choc , son visage avait heurté un récif, il sentit sa pommette déchirée

Il devait avoir une entaille sous l'oeil droit

Il poussa de ses pieds et continua sa nage de forcené, il ne sortit de l'eau que deux minutes plus tard

Il s'était éloigné des brisants et rapproché de son point d'approche à peines distant de quelque mètres

Une vague le poussa à gauche et il hurla de douleur, sa jambe venait d'être sauvagement écorchée par un récif, il pouvait maintenant marcher à pied ce qu'il fit avec prudence malgré une douleur lancinante dans la jambe

- Elle n'est pas cassée se dit-il sinon je ne pourrais pas marcher

Il arrive sur l'énorme rocher qu'il avait baptisé son point d'approche, le sien en propriété exclusive

Il ramena sa jambe vers lui

La lumière de la lune était faible, mais il vit une vilaine blessure

Heureusement que le mollet n'est pas fortement touché, car il faudra penser au retour aussi

Derrière le rocher, une eau calme, un oasis de paix dans cette férocité des éléments attendait l'homme assez fou pour venir y pêcher

Dans le rocher, d'une crevasse, il retrouva sa ligne qu'il laissait toujours là avec des poissons métalliques, meilleurs que l'appât vivant

Toute la nuit, Sallam attrapa des poissons pour les rejeter à la mer

Sa main était écorchée à force de tirer sur le fil

Quand il s'arrêta pour se reposer, il avait ce qu'il voulait, une énorme dorade d'une dizaine de kilos

Vers le coup de neuf heures, el village était rassemblé sur la plage

Sallam revenait avec son embarcation

Le temps avait fléchi mais jamais de mémoire de pêcheur, une barque n'avait pris le large par ce temps

Houman courait comme un fou:

Allez les jeunes, faites quelque chose, le garçon va se noyer

Pensez, il a passé toute la nuit au large, il doit être mort de froid et de fatigue

Les têtes se baissaient Arbi se contenta de marmonner: J'ai une femme et des enfants Houman, ce que Sallam n'arrivera pas à faire personne ne le fera

Azzouz regardai intensément: - Quel homme répétait-il, Pauvre homme

Mais Sallam arriva sur le port

On s'empressa de prendre son embarcation et de l'attacher solidement

Il avait une belle dorade dans le bras, ses pieds étaient ensanglantés, une profonde entaille marquait sa joue et il était fantastique, sale, beau

Il marcha dans le silence des villageois et marcha vers le restaurant de

Azzouz

Celui-là fut seul à l’accompagner

Sallam avait dans les oreilles le bruit des vagues, il n'entendit même pas les pplaudissements qui fusaient derrière lui

Azzouz parlai rapidement

- Doucement Sallam, ne marche pas aussi vite, cette fille ne te mérite pas

Dans le restaurant, enlacés, Hatim et Loubna, regardaient cette apparition repoussante d'un homme ensanglanté avec une dorade sur le bras

Sallam regarda le couple sans comprendre

- est-il bête celui-là demanda Hatim, va-t-en tu salis le plancher

La daurade tomba des mains de Sallam, soudain il eut honte de son aspect,

de sa bêtise à rester là devant le regard grave de Loubna

Il leur tourna le dos, il était fatigué

Il entendit Loubna dire dans un rire étouffé: - il est un peu bête, ce

n'est qu'un villageois

Azzouz suivait Sallam:

- cette fille, a fait de toi son esclave pendant deux moi, tu as fais toutes ses commissions, tu étais très amoureux pour t'en rendre compte, elle s'est joué de toi, et maintenant elle a eu ce qu,elle voulait elle s,est joué de l'enfant qui est maintenant là, ils vont se marier,

 

Il est riche et elle n'est qu'une salope

Sallam s'arrêta

- Laisse moi dit-il

Azzouz s'écarta

Sallam ne sortit pas ce jour là, la nuit, il alluma un feu à côté de sa baraque

Livre par livre, les oeuvre de Jack London brûlèrent

Ce fut ensuite le tour de sa barque, lambeau par lambeau, la fidèle barque brûla, toute la nuit.

Au matin à leur retour, les pêcheurs virent Sallam avec les Bayaas

Il acheta le poisson dans le silence des pêcheurs, ne prit pas les meilleurs morceaux que tout le monde lui proposait et s'en fut les vider

Le soir après dîner, les pêcheurs réunis discutaient de ce grave évènement

Personne ne songea à reprocher à Sallam de les avoir laissé tomber

Dans un hochement de tête Arbi dit:

- il a du voir quelque chose dans cette terrible nuit, un démon lui aurait interdit de s'embarquer sur la mer

Houman souriait:

- Vous n'y êtes pas, je lui ai demandé ce qu'il en était

Je lui ai dit si c'était son trésor qui le rendait ainsi, l'avait il perdu

et il m'a répondu qu'un Bayae le lui avait pris

Je vous le disais, il continue de chercher son trésor

Zineb se retourna vers son père

- Arrête de dire des bêtises père

Elle se leva dans la confusion générale et entra précipitamment dans la maison


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