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Publié le 19/03/2007 à 17:57
Par iikhouane

Enfant, en face de notre maison, planté en carré de ciment dont la couleur blanc chaux virait au bleu sale m'apparaissait la maison du marrakechi.

Une demeure qui me faisait peur dont les volets ne s'ouvraient pas.

Le Marrakechi, l'homme que la porte de fer de sa maison engloutissait le soir est un homme violent, disgracieux et renfrogné.

Il ne frayait avec personne du quartier et battait ses enfants sous les hurlements de leur mère.

L'un d'eux, adolescent aux muscles développés par les travaux manuels avait un jour essayé de se battre avec lui à coup de couteaux.

Le couteau en question rappelait plus une dague ou une courte épée.

Tout le quartier évitait cette famille maudite, pour ma part je me battais fréquemment avec un de leurs fils de même âge que moi

Je me rappelle la facilité avec laquelle je le faisais plier et tomber par terre

J'essayais de lui faire le plus mal possible mais il ne se plaignait jamais.

Jamais un gémissement!

Cela me fascinait

Je revenais à la charge, il tombait comme un paquet sous mes mains mais se relevait aussitôt

Je me fatiguais, mais lui, tenace et morgne ne lâchait pas

Finalement je perdis goût à ce type d'affrontement.

Il faut dire que le fils du Marrakechi et moi ne nous détestions pas.

C'était une sorte de sport, un sport émoustillant où l'enfant que j'étais essayait de se persuader qu'il n'y avait pas de limite à sa force parmi les enfants du même âge.

Peu à peu cependant je su que je devenais moins enfant, à dix ans je ne me battais plus, de plus les bagarre commencèrent à me faire peur, je n'étais pas un lâche me répétais-je, seulement un garçon pacifique

Lorsque je revois ces années, je me rappelle qu'outre le marrakechi, on avait aussi le Tounsi et Dzairi ainsi que la bidawya

Notre quartier comme probablement la plus part des autres accueillait des familles d'autres villes et d'autres pays

Dans la pratique, ils n'étaient pas étrangers, mais le nom leur restait

Par la suite, je devais voyager, autant que rêvait de le faire l'enfant que j'étais

J'ai surtout voyagé pour lui faire plaisir, et pour réaliser ses rêves

Je pouvais mener une vie heureuse et fortunée au Maroc, je gagnais bien mieux ma vie au Maroc que la majorité des français la leur en France et pouvait me permettre bien plus vu la différence de la cherté de la vie entre les deux pays.

Mais le démon du voyage me prit.

J'accuse maintenant les romans de pirates et de matelots, des navires voguant vers l'inconnu, les récits des payx exotiques et d'héros infatiguables.

Jules Verne qui voyageait dans les atlas de géographie m'a dés le plus jeune âge donné le coup de pied au cul initial qui me projeta vers ce que j'appelle, en mémoire de cette époque idiote de livres grandiloquent, ma destinée.

J'ai grandis avec Dumas et Mérimée et des dizaines d'autres auteurs, et la France fur mon pays de cœur, il était mon pays rêvé, avec ses flibustiers, ses hommes d'esprit, son élégance, sa finesse et sa quête de grandeur. Plus tard je saurais que c'est ma propre beauté qui a fait de La France u si beau pays, mais enfant et adolescent je ne le savais pas, pas encore.

J'ai travaillé par la suite en Afrique noire, en Espagne et au Portugal au Canada et en Suisse et visité pour mon plaisir bien d'autres pays.

Et les pays que j'ai vus, je ne peux les raconter qu'en tant qu'étranger.

Les voyageurs qui racontent leurs voyages ne racontent que leur condition, quand ils racontent les autres c'est eux-mêmes qu'ils décrivent

Depuis ma plus tendre enfance, j'étais un observateur curieux et patient

J'ose dire que ce que j'ai vu dans les pays que j'ai visité a quelque valeur, je n'ai pas beaucoup d'autre talents, mais je sais voir, entendre et goûter.

Les considérations intellectuelles ne m'excitent pas

J'ai passé des années à me gaver de philosophie et à m'extasier devant le brillo d'un Kant, la profondeur d'un Hegel, par ailleurs le pire écrivain de la création, et je me suis perdu entre Nietzshe Schopenhauer et d'autres non moins éminents écrivains

Ma conclusion est sans appel, la table des philosophes est une table pleine de liqueurs et de mets salés. Elles donnent soif, gonflent le ventre et rendent soucieux.

Je suis devenu pour les choses que l'on touche.

Alors, par quelle merveille je vais commencer la description de mes pélégrinations?

Je n'ai en réalité que le choix!

Les nuits où ma voiture s'arrêtait dans des étendues africaines, parmi des huttes de jonc et où les africains apparaissaient on ne savait d'où pour m'observer et me sourire?

Par les étendues de forêts canadiennes reflets de l'éternité?

Par les doux villages en suisse? Les collines sauvages de Turquie ou d'Andalousie?

Tout cela et plus encore n'est qu'une collection de souvenirs, des instants où l'âme, cette notion bizarre, se confond en adoration, en transport ou en amour avec un environnement qui répond on ne sait trop pourquoi à une idée de beauté que nous avons déjà

Et alors, nous devenons un instrument de musique sur lequel la nature ou les gens font de la musique

Ainsi je définis maintenant le bonheur

Quand nous devenons à la fois instrument de musique et public et que les notes de l'un répondent à l'attente de jouissance de l'autre

Mais ces moments ne sont pas issus du voyage, tel qui voyageur infatigable parcours le monde pourrait collectionner les photos de ses voyages mais vivrait moins d'instant de bonheur qu'un berger illettré de l'atlas.

J'ai d'autres choses à raconter

Cela commencera par un lieu en France

Une tour dans un quartier grand comme une ville, laid comme certaines villes peuvent l'être,

Je ne saurais jamais ce qui se passe dans cette tour

Par contre je vivrais avec une rare intensité ce qui se passe dans le rez de chaussée de la Préfecture de Nanterre

J'y suis allé plusieurs fois et après des heures d'attente avec les ressortissant de la planète, à chaque fois il me semblait que l'enfer Kafka îen m'engloutissait et comme un poisson hors de l'eau j'attendais que mon tour arrive et que me rejette dans la vague humaines qui en sort, l'anus de préfecture

Je mis longtemps avant de voir quel endroit fabuleux c'était, combien est riche l'expérience qu'on en tire

Depuis, chaque fois que je peux, j'y vais, faisant pendant des heures les files d'attente

Attendant devant l'accueil avec une centaine de personnes, lisant l'anxiété, la fatigue des uns, la fermeture, le dédain, la froideur des autres

Récoltant des instants où ceux-ci se rapprochent de ceux là comme des instants de grâce

Apprenant sur la résignation mieux qu'en lisant des encyclopédies sur le sujet

A suivre

 

 

 

Publié le 31/12/2006 à 19:00
Par iikhouane

Chapitre1

Dans le confort de son fauteuil président, Zackaria Boumche regardait ses pieds posés sur l'autre fauteuil de son bureau, de larges pieds, presque enflés qui chaussaient du 45, il pensa à ses orteils, longs gros et poilus sous ses chaussures noires chacun y allant de sa fantaisie dans une direction sans tenir compte de celle prise par l'orteil voisin, il regarda le plafond d'un blanc immaculé et soupira, décidément, il s'ennuyait.

Dans la réception, à la pièce à côté, Elise parlait à quelqu'un.

Il ne se sentit pas l'envie de travailler, les dossiers pêle-mêle sur son bureau devraient être rangés se dit-il, il y avait des dossier dans des chemises jaunes, vertes et bleues, toutes portant à des degrés différents les marques de tasses de café, la bière laisse moins de trace pensa Zack les pires sont celles que laisse le vin conclut-il

Il ramena ses jambes à lui, et alla ouvrir le réfrigérateur, il prit une seize, la bouteille était fraîche, perlée de gouttes d'eau, il la déboucha, et but longuement, il sentit la bière froide lui brûler, la gorge, c'est ainsi qu'il aimait la bière, glacée et pas forte, les bières fortes ne valent rien se dit-il les bières amères rien non plus.

Il entendit les petits pas d'Elise, et vit apparaître sans frapper dans la porte à demi-ouverte une jolie brune de vingt-cinq ans qui travaillait pour lui depuis quatre années.

Elle ferma la porte derrière elle et fronçant légèrement ses sourcils s'approcha de lui

- Firmin demande à te voir dit Elise

- Firmin quoi ? Grognât-il

- Doucement, il va t'entendre, Firmin, l'immeuble du dix-huitième
- Et?
- Il veut te voir
- Je ne traite pas son affaire, tu lui diras de dégager
- Ecoute Zack, tu va traiter son affaire, la seule affaire honorable que tu auras traité depuis bien longtemps

- Que non, de plus je ne traite que des affaires honorables
- Tu parles certainement des photos clichées de l'épouse infidèle de ce ratatiné d'avocat qui va la plumer dans son procès de divorce

- Tu sais bien que ces affaires ce n'est pas moi qui les traite, je les outsource en quelque sorte

Zack prononça outsource avec délectation, cela faisait manager et ça lui plaisait

- C'est pareil, c'est même plus vilain, mais s'il te plaît fais le pour moi traite l'affaire de ce pauvre garçon
- Il n'a pas un rond
- Tu la traiteras pour rien cette fois, fais le comme un service que je te demande
- Tu perds la tête, depuis quand je fais dans le bénévolat?
- Si tu ne la traites pas je pars tout de suite
- Je ne te retiens pas, ça me fera faire des économies
- Zack, fais le et je te serais toujours reconnaissante

Zack réfléchit une seconde
- Et en échange?
- D'accord pour ne pas payer mes heures supplémentaires ce mois ci
- Ce mois ci? fit Zack avec une moue
- Pour l'année ça te va demanda t elle?
- Bien mauvaise affaire que je fais là dis Zack en souriant, il trouvait dans la bonté naturelle d'Elise une sorte de virginité, de confiance innocente, un peu bête mais désarmante qui lui plaisait
- De toute façon tu n'allais pas me les payer dit-elle dans un sourire
- Non répondit Zack mais tu m'as intrigué, je veux voir ce gars qui te fait tourner la tête

Elise poussa un soupir regarda le plafond puis regarda les petits yeux pétillants de malice de Zack, il réussissait toujours à l'excéder, en tirait plaisir et elle toujours aussi sotte s'y laissait prendre à chaque fois, quand elle quitta le bureau elle souriait.

Firmin, un homme noir dans la cinquantaine, le cheveu poivre sel, mince salua Zack en lui serrant la main, Zack hésita une seconde avant de le situer dans l Afrique noire, il avait la peau assez claire pour un africain et le nez fin, il devait descendre d'une tribu peule, issus d'un vieux métissage entre les touaregs et les africains noirs se l'expliqua-t-il.

Zack l'invita à s'asseoir et suivant une détestable et vieille habitude il regarda Firmin avec une importance affectée et l'invita à expliquer son cas


- Vous me dites dit Zack que la police vous accuse pour l'immeuble qui a brûlé et où vous avez un logement au huitième étage
- En effet
- L'enquête est formelle, le feu s'est déclaré depuis votre appartement, Zack marqua un temps d'arrêt et regarda Firmin qui hocha la tête, Zack poursuivit, le feu a rapidement gagné tout l'immeuble, Cet incident a causé la mort de trois personnes étrangères d'origine africaine

- Deux étaient des enfants
- Oui dit Zack qui n'aimait pas être interrompu quand il résumait une situation, il était toujours content de la façon dont il résumait en quelques mots une somme d'informations pour en extraire la version la plus concise et qui sera le cadre de travail, oui poursuivit-il et vous, vous persistez à croire que le feu ne pouvait venir de chez-vous parce que vous êtes maniaque et ce jour là vous êtes revenu exprès vérifier que le tuyau de gaz était bien fermé
- Oui
- L'enquête aurait révélé qu'aucune fuite ne venait d'un défaut d'installation et que manifestement si fuite il y a eu elle ne pouvait venir que d' un robinet mal fermé
- En effet
- Monsieur Firmin, j'ai le plus grand respect pour l'Afrique noire et pour les africains, comme vous voyez moi-même je suis d'origine étrangère, mais j'ai eu affaire à plusieurs de vos compatriotes, Zack se pencha en avant pour se rapprocher du visage de Firmin, et il continua sur le ton de la confidence je peux vous dire qu'ils ont le chic de pouvoir affirmer avec une vigueur incroyable des choses qu'ils savent pertinemment fausses

- Monsieur Boumche, je sais de quoi vous voulez parler, mais ce que je vous dis est aussi vrai que le Coran,

Zack balaya l'argument du revers de sa main
- Convainquez-moi
- Monsieur, j'ai cinquante deux ans, on m'accuse d'homicide involontaire, mais Dieu m'est témoin que si j'avais vraiment occasionné la mort décès personnes, surtout celle des enfants, jamais je ne me serais pardonné

Je ne suis pas responsable, je ne sais pas comment ça a pu se faire ni pourquoi, mais la conclusion de l'enquête sur la fuite de gaz ne pouvait être vraie

- Quelqu’un a-t- il un double de vos clefs? Demanda Zack

Firmin haussa ses sourcils intrigué par cette question
- Personne, et j'ai changé la serrure dés que j'ai emménagé dans cet appartement
- Vous avez emménagé quand
- Depuis six mois, Monsieur
- Donnez-moi votre adresse, j'irais faire un tour chez vous plus tard dans la journée
- Monsieur, on m'a dit que vous étiez l'un des plus grands spécialistes dans votre domaine
- De loin le plus grand, rectifia Zack
- Je peux vendre ce que j'ai mais c'est peu de choses, combien je dois vous payer
- S'il y a des dommages et intérêts, et il y en aura si on arrive à démontrer que vous n'y êtes pour rien, je prends ce qui restera après paiement de l'avocat
- Je ne sais comment vous remercier, mais je suis actuellement libéré sous caution, et le jugement aura lieu dans un mois
- On verra d'ici là faites-moi confiance
Zack se leva, Firmin se leva aussi et serra la main grassouillette de Zack

Zack trouvait l'affaire Firmin mal engagée, mais il sentait de la sincérité dans ses paroles, c'était assez pour le convaincre de pousser l'analyse un peu plus loin

Il résuma sur un papier blanc avec fortes abréviations la situation et mit Voir Caroline en bas de page.

Elise réapparut aussitôt
- Il y a Alain qui t'attend
- Alain ce cher ami tonna la voix de Zack et il vint donner l'accolade à un homme dans la trentaine

Alain, mal à l'aise entre les bras gras de Zack et contre son ventre essayait de se dégager

- Le seul flic de la ville qui loin de me fuir vient chercher ma compagnie dit Zack en le lâchant
- Et qui ne cesse de le regretter depuis dit Alain en souriant

Zack éclata de rire et poussant Alain dans son bureau il ferma la porte à double tour

Alain sourit à part lui, Zack n'avait aucun secret pour Elise il adorait se faire entourer de mystère

Alain regarda la tête énorme de Zack éclairée par un sourire rayonnant et se sentit plus léger, il avait besoin de rencontrer de véritables amis, et quand il y pensait, c était Zack, la personne de ses connaissances qui différa peut être le plus de lui, celle qui le faisait le plus sortir de ses gonds, dont il n approuvait le plus souvent ni les méthodes, ni la moralité ni les manières, c était de Zack seul dont il pouvait dire qu il était vraiment l'ami

- Mais quel honneur tu me fais a moi, à mon cabinet ! et tiens à Elise qui doit écouter derrière la porte

- Je n écoute pas derrière les portes, ce n est pas nécessaire, tu parles comme d autres hurlent cria de l'autre pièce la voix d Elise

- Tu bois une bière ? demanda Zack en ouvrant son réfrigérateur

- Non merci, je n ai pas beaucoup de temps répond Alain je viens aux nouvelles

- Tu parles du chauffard? prends donc une bière elles sont si fraîches

- Non Zack, tu me fais perdre mon temps

Zack ne parût pas offusqué le moins du monde, il se servit une bière qu il regarda amoureusement avant de la déboucher, s'affaissa dans son fauteuil, puis regarda fixement son ami en prenant un air important

- Ecoute mon cher, je t épargne les détails, je ne te parlerais ni du nombre de parking que j ai visité pour m assurer s'ils avaient des caméras de surveillance, tu vois ? notre chauffard a bien du se garer quelque part pour se saouler

Alain secoua la tête pour dire qu'il comprenait mais qu'il voulait connaître la conclusion plutôt que les détails

Zack faisant mine de ne pas comprendre poursuivit éloquemment

- ni des prodiges d imagination que j ai du déployer pour pouvoir les visionner, ni du nombre d'heures que j y ai passé, ni du payage autoroute dont j ai pu relever les numéros de cartes de crédit dans le cas où notre chauffard serait venu de l'extérieur de Paris ni des vérifications d identité que j ai faites en toute illégalité au mépris du secret bancaire

- Zack, abrége

- Tout cela pour retrouver une citroen C5 durant une plage horaire de six heures

- Je t en remercie mais au fait Zack, tu me raconteras tes prouesses plus tard

- C est ainsi que tu récompenses mon total dévouement ? dit Zack

Devant le geste d impatience d Alain, Zack éclata de rire

- De toute façon, je n ai jamais compté sur ta gratitude, je me feria crucifier pour toi que tu dirais que je fais trop de manières

- Zack, je n'ai pas beaucoup de temps

- Oui, donc les pistes que j ai se résument a quatorze automobilistes, bien sûr rien ne dit que l' un des quatorze soit notre client, cela personne ne peut l'assurer mais s il est parmi ces quatorze il est possible qu on arrive a le coincer

- Tu es magnifique Zack, quand est ce que tu pourras réduire le nombre des suspects

- Donne moi une semaine

- Merci Zack, je ne connais personne d'autre qui puisse faire moitié ce que tu as fais en deux fois plus de temps dit Alain en s'apprêtant à partir

- Dis Alain, tu crois que ça peut t aider ce que tu fais la ?

Le visage d Alain s assombrit, lui-même ne savait pas

- Crois moi continua Zack cela je ne le dirais pas a un client, mais je me dois de le dire a un ami, la vengeance n'apporte pas de réconfort

Devant le mutisme d Alain, Zack hésita puis décida de dire le fond de sa pensée, il connaissait depuis assez longtemps Alain pour comprendre ses motivations

- Pour elle non plus cela ne soulagera rien, et tu n'as rien à prouver, ne crois pas que tu as faillis dans sa protection, merde Alain, tu n est qu'un homme pas un Dieu

- Tu me dis s'il te semble que cette mission prend trop de ton temps rétorqua Alain, sa voix blanche, son propos agressif trahissait une fragilité que Zack ne lui connaissait pas, il eut un instant de remord puis d'une voix qu'il essaya de rendre lisse et douce il dit

- Tu sais bien que ce n est pas cela, s'il fallait rester sur ton affaire des années je ne m occuperais pas d'autre chose, mais j'aimerais que tu regardes de l'avant

- Désolé Zack, je suis bouleversé

- C est rien, au fait, invite ta femme, on fera un bon dîner bien arrosé, on rigolera comme des fous qu'en dis tu pour ce soir

Incrédule, Alain regarda la figure de son ami, rayonnante d'un large sourire, et secrètement lui envia cette insouciance à toute épreuve, cette bonhomie follement optimiste

- Ce n'est pas le moment Zack

- Mais si, c'est le moment, demande lui et appelle moi dans la soirée, je suis libre ce soir dit Zack en ouvrant la porte

- Pourquoi ? tu ne séduis pas une commerciale dans la banque, une policière ou la secrétaire d un procureur ? pour ce qui est de l'information, coucher rapporte plus que payer, ce sont tes propres mots

- Non, ce sont maintenant les procèdes de mes clients pour ne plus me payer répondit Zack en lançant un regard noir a Elise qui lui jeta un bloc-notes sur la tête, il esquiva et ajouta a l'intention d Alain : aujourd’hui c'est mon soir de congé, réservé pour les amis

- Je dois partir Zack, dit en souriant Alain qui se promettait de tirer au clair la boutade de Zack envers Elise et la réaction de celle-ci, je te rappelle ce soir

- Au fait, n'est ce pas Caroline qui a travaillé sur l'incendie de l'immeuble du dix-huitième? Il me semble que tu avais cité son nom sur cette affaire

- Oui, elle a travaillé dessus

- Cette chère Caroline, je devrais lui passer un coup de fil un de ces jours

- Tu as donc besoin d'elle pour une de tes enquêtes sourit Alain

- Méchante langue! Je veux seulement lui poser une ou deux questions

- Pas d'imprudence Zack, son mari est mon supérieur hiérarchique

- Je veux la voir en tout bien tout honneur se défendit Zack

- Au revoir Elise

- Au revoir et salue Alice de ma part

Ce n était un secret pour personne de son entourage, Elise était follement amoureuse de Zack, de ses vingt kilos de trop, de sa grosse tête et de son naturel hâbleur et intéressé, le seul qui semblait ne pas s'en rendre compte était Zack lui-même,

Alain inclinait a croire que Zack jouait les ignorants par calcul Elise est une secrétaire modèle, la fée qui mettait de l'ordre dans les affaires de Zack tant personnelles que professionnelles, elle lui arrangeait ses rendez vous avec ses clients ses rendez vous amoureux jamais inintéressés et gérait son emploi de temps avec une efficacité et une abnégation dignes de Mère Teresa

Elle savait ce qu aimait son patron, ceux qu il fuyait et ceux qu il recherchait

Zack disait toujours chaque fois qu il était fait mention d elle en sa présence ou en dehors, qu'elle pouvait s enorgueillir d'être l'indispensable auxiliaire d'un des plus talentueux détectives de France.

Alain partageait la haute opinion que Zack avait de lui-même

Les faits parlaient d'eux-mêmes, sur les crimes de sang non résolus par la police qui échouaient dans le bureau de Zack, la moitié trouvait leur dénouement avec l'identification des coupables.

Zack soutenait que pour l'autre moitie, c était plus le manque de moyens financiers de ses commanditaires que l impossibilité de la tâche qui laissait le crime impuni.

Le secret de Zack? Le talent se disait Alain, il était depuis assez longtemps à la criminelle pour savoir que ce qu'avait l'affreux comme il était surnommé par les flics de la criminelle était le talent pur

Zack n'avait pas beaucoup plus de moralité que les criminels qu'il retrouvait, il ne se sentait nullement investi par quelque mission que ce fut, pour lui, c'était juste amusant et profitable de faire son métier.

Son réseau, composé de plus de femmes que d'hommes était important, il l'entretenait attentivement et expliquait la rapidité par laquelle il prenait souvent à court la police dans ses enquêtes.


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