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Publié le 25/08/2006 à 20:42
Par iikhouane

Chapitre 18  

Le silence régnait dans l'open space de la DTI , Division des technologies de l'Information,  dans le silence du soir on prenait conscience des bruits inaudibles de la journée, le soupir soudain des ventilateurs des serveurs faisait tourner la tête de Zack, le bruit avait la sonorité des voix humaines

 

Un bruit strident continu et désagréable venait de la pièce à côté

Tous ces bruits parmi lesquels les informaticiens travaillent le long des journées sans s'en rendre compte

 

Alain regardait Malek qui pianotait sur le clavier et regardait un code barbare bourré de select, insert, union, de noms de colonnes de tables et de vues.

 

L informatique est une langue logique, il serait inutile pour le néophyte d'essayer de démêler le sens des commandes, autant essayer de comprendre le chinois se dit Alain

Zack pourtant écarquillait les yeux devant l'écran

 

Leyla le regardait en souriant

 

Malek essayait pourtant d'expliquer avec un grand effort pédagogique

- Regardez dit-il, ici, c'est un bloc du code qui répond à une spécification de sécurité

- Qu'est ce qu'une spécification demanda Zack

- Disons une demande, une demande dont les règles de gestion sont définies, l'objectif de cette demande est de s'assurer qu'aucun utilisateur autre que ce programme n'accède aux données des autres bases de données

- Tu veux dire que ce programme est lui-même un utilisateur, qui va voir des données stockées quelque part mais qui empêche quiconque d'autre de le faire

- C'est tout à fait cela Zack, et ce programme en tant qu'utilisateur a identifiant qui est toujours le même et il est le seul habilité à faire des opérations de connexion sur les autres bases de données, ce bloc de programme me semble correct

- Tu veux dire que personne d'autre n'a pu lancer une commande

- Oui

- Voilà ce qui ne nous avance pas, ça veut simplement dire que notre hypothèse que quelqu'un ait utilisé ce programme pour lancer ses attaques est fausse

Le DSI semblait respirer mieux, une faille de sécurité qui aurait été responsable des attentats aurait simplement brisé sa carrière

- En effet, mais il y a peut être autre chose

- Comme quoi? Demanda Zack

- J'ai regardé les spécifications et certaines parties du code m'ont paru étonnantes, ça va prendre encore quelques heures, cela ne débouchera peut être sur rien, mais nous aurons  au moins la certitude que ce n'est pas par des procédures stockées que les bombes ont été activées

 

Ivan dormait lorsque la sonnerie de son téléphone portable le tira violemment de son sommeil

Il regarda l'heure, quatre heures du matin

Il prit son téléphone, il avait reçu un sms

Son cœur fit de violents bonds dans sa poitrine: Code d'Alerte 1 disait le message

Quelqu'un était entrain de fureter dans son code

Il avait programmé des alertes de façon à ce que l'accès à son code génère un envoi de sms

La politique de sécurité du gouvernement ne permettait pas aux consultant de se connecter depuis leur domicile au réseau interne, ça devait donc être quelqu'un sur place; à cette heure, ça voulait dire que c'était très sérieux

 

Calmement, il commença à ouvrir ses valises, il avait déjà planifié ses actions dans les cas où il serait découvert.

Un code d'Alerte1 lui laisserait six heures dans la plus mauvaise des hypothèses

 

Il alluma la lumière, et regarda autour de lui, toute sa vie il avait été organisé, pour des évènements tels que ceux  qu'il allait probablement affronter cette journée.

Il respira lentement, son cœur commença à battre moins vite, et il récapitula ce qu'il devait faire

Il s'habilla sans précipitation

Il ouvrit le tiroir de gauche de son armoire et en retira des gants fins et une combinaison en plastic qui recouvrait ses cheveux, tout son corps et ses chaussures.

 

Il mit dans un sac à dos, trois chemises soigneusement pliés deux jeans et des sous vêtements, prit une enveloppe qui contenait sept mille euros. Il pourra retirer de l'argent avec sa carte bancaire, il aura le temps de le faire

 

Il mit le reste des vêtements dans ses valises, plia le tapis persan, il était content de lui-même, pas de rideaux en tissus, rien qui puisse porter ses empreintes ou une trace de son ADN une fois qu'il aura fini son nettoyage

L'appartement était maintenant vide sauf de meubles en bois, dans les toilettes, il prit son Kärcher mélangea l'eau avec de l'eau de javel; il ne devait plus rester un cheveu de lui dans l'appartement, il décida de commencer par les toilettes

 

Il était sept  heures du matin, la tête de Malek était entourée de ceux d'Alain de Zack et de Leyla

- Tu es sûr?

- Oui

- Explique moi encore

- Ce bloc contient une partie de programme tout à fait étrangère à l'information demandée, il collecte des statistiques sur le taux de fréquentation

- Mais en quoi ces statistiques peuvent nous concerner? Demanda Leyla

- Je ne sais pas mais cela nous donne une piste, ce bloc de programme fait appel à trois procédures stockées, il suffit que j'aille les voir pour savoir ce dont il s'agit, ça y est, cette procédure est simple, elle déclenche deux autres procédures depuis la statistique collecté, attendez, elle déclenche les deux autres procédures quand la colonne A est à son maximum, soit le taux de fréquentation maximum sur une période lissée de douze moi

- Je ne comprends pas en quoi …disait le DSI

- Le salaud ! cria Zack

- Qu'est ce qu'il y a?

- Les attentats ont eu lieu à des jours de fréquentation peu ordinaire

 

Tous le regardèrent sans voix

 

Ivan regarda l'alerte rouge: Il avait mal évalué. L'informaticien qui épluchait son code était sûr de lui et ne tâtonnait pas, il n'y avait plus aucune minute à perdre, pourtant, il lui restait encore les couloir à nettoyer.

Il décida de continuer son nettoyage ensuite, il se débarrassera de ses valises

 

Il avait beau essayer de maîtriser sa respiration son cœur battait très fort

 

Zack regarda Malek

- Peux tu connaître qui a fait ces bouts de programmes

- Oui mais on ne sait rien encore de ce que font les deux autres procédures, donne moi deux heures encore et nous saurons

- Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre plus de temps tu me rappelleras sur mon portable pour me dire ce qu'il en est

- OK

 

Malek écrivait vite:

Select a.user_name from fnd_user a, gov_sec_nett_001

Where a.user_id=b.user_id

 

Le résultat fut Sysadmin

- Merde dit Malek

- Qu'y a t il? Demanda Zack

- Il a utilisé une responsabilité générique

- On ne peut pas trouver qui c'est?

- Non, c'est impossible

- A quelle heure il a pondu ce code ? demanda Alain

- Toujours pendant les heures ouvrables répondit Malek mais laissez- moi un peu de temps, peut être qu'on pourra trouver quelque chose

- A quoi penses tu demanda Zack

- A quelque chose de vague, une sorte de signature, j'ai cru voir quelque chose tout à l'heure, je dois la retrouver, ça y est c'est ça

- Alors?

- Regardez cette commande, et il sélectionna une ligne

Zack lit à haute voix

 

And b.REQUEST_GROUP_code = substr(a.PARAMETERS,21,INSTR(a.PARAMETERS,'"',21,1)-21)

 

- C'est quoi ce machin, c'est ça la signature?

 

- INSTR est une commande trés peu utilisée expliqua Malek, surtout dans le corps d'un programme
Disons que ce serait comme prononcer dans la conversation courante un mot inusité
S'il a utilisé cette commande dans une autre branche de programme on arrivera peut être
 à le coincer, il n' pas pu toujours utiliser SYSADMIN

- Il doit avoir livré de la documentation pour ce programme remarqua le DSI, obligatoirement, ila mis son nom

- J'ai vérifié dit Malek, l'auteur est Gouvernement et la boîte à lettre depuis laquelle elle est envoyée est ERP Livraison

 

 

Les pages des programmes défilaient Leyla se disait qu'ils y avait là plus de ligne
que pour faire une encyclopédie
- je vais créer une table comprenant les code de tous les programmes en une seule colonne
et je chercherais s'il y a une autre occurrence

 

Voilà c'est fait ça risque de pendre quelques minutes

 

Quatre minutes plus tard, il trouva trois occurrences, Malek hurla un cri de triomphe
Leyla le regardait en souriant, Malek prenait la chose comme un jeu

Une commande plus tard

Et Malek se tourna en les regardant avec un grand sourire

Sur l'écran un nom d'utilisateur s'afficga

YCORNEC

- Tu les connais demanda Zack au DSI

- C'est bien ce que je me disais, Lamine vient rarement et pour des interventions de moins de trois jours,et ce jour là il n'a pas travaillé pour nous

- L'autre c'est qui?

- C'et un garçon d'une trentaine d'année, assez quelconque, un peu réservé, il s'appelle Yvan, Yvan Cornec

- Tu as ses coordonnées?

- Je vais regarder, il est consultant indépendant, et nous devons avoir la copie de son attestation URSSAF, attendez, la voilà, son adresse est dessus

Zack arracha le papier des mains du DSI et suivit d'Alain et de Leyla se lancèrent dans une course haletante jusqu'au parking

Le périphérique intérieur est souvent dégagé le samedi matin,, Ila  atteignirent le pont de Neuilly en dix minutes, la voix neutre dans le GPS disait à la prochaine intersection tournez à gauche

Zack faillit renverser, un passant qui allait mettre un pied pour traverser, et qui se reprit à temps en faisant tomber une de ses valises

 

L'appartement était au troisième étage

Personne ne pensa à appeler l'ascenseur, Alain monta les marches par quatre  flingue à la main, il tapa dans la porte en hurlant: Police Ouvrez

 

Ils attendirent une minute, mais il n'y eut aucune réponse

 

D'un coup de pied, Alain fracassa la serrure la porte s'ouvrit brutalement, doucement son bras tendu tenant le flingue s'abaissa

L'appartement était vide

- Il s'est enfui dit Leyla

- Vous ne sentez rien dit Alain, il y a une forte odeur de Javel, et le sol est encore humide

- Le gars aux valises hurla Zack, celui qu'on a faillit renverser, vite!

 

Leyla pesta contre ses talons hauts, et essaya tant bien que mal de ne pas perdre ses deux compagnons de vue

 

Alain et Zack se regardèrent, il n'y avait personne

Alain prit son téléphone et appela Jack

Jack décrocha à la quatrième sonnerie

- Jack, nous cherchons un homme qui aprit un taxi depuis Pont de Neuilly avec des valises depuis deux minutes, contacte toutes les compagnies, je veux savoir où il a été déposé

- C'est notre homme

- Oui

- Je m'en charge

De son côté Zack appelait le Ministre de l'intérieur, il l'informait de l'idendité du suspect

- Monsieur le Ministre, il faut que son compte bancaire soit bloqué, le plus tôt sera le mieux

- Je m'en charge

- Il faudra aussi surveiller chaque tentative de retrait qu'il fera et avoir des hommes prêts dans toutes le bouches de métro et de RER, il choisira probablement de tirer de l'argent d'un guichet et de changer d'endroit avant que nous arrivions

- Comptez sur moi dit la voix du Ministre, il y aura des centaines d'hommes à ses trousses

- Son signalement aussi devra être diffusé auprès des aéroports et des gares

- Ceci est la routine , Beau travail Monsieur Boumche, vous êtes un homme précieux

- Et cher murmura Zack alors qu'il mettait son portable dans sa poche, il évalua les conséquence pour lui et se sourit

La police coopérera mieux avec lui dans l'avenir, mais il ne faudrait pas que la majorité aux prochaines élections change sinon ce sera le retour du bâton, décidément il savait pour qui il allait voter

- On peut dire ce qu'on veut, la droite fait du bon travail en matière de sécurité dit Zack

- Tu dis ça dans mon reportage et je te descends sans pitié dit Leyla

- Je ne suis pas fou pour le dire à la télé, de plus je ne me vois pas passer à la télé, pourquoi faire?

- Mais tu es mon invité spécial, dans une heure, je m'arrangerais pour passer dans le journal de treize heures, ce sera fracassant

- Tu ne vas quand même pas informer ta chaîne d ce qui s'est passé ! Explosa Zack

- Oh que si?

- Mais ce sera informer l'assassin qu'il est débusqué dit Alain

- Je comprends ce que tu dis, mais l'information n'a pas à tenir compte de vos considérations sécuritaires

- Leyla! Il y a plus que la carrière dans la vie, ce salaud a tué ma femme

- Désolé pour toi, mais mon rôle est d'informer

Elle les laissa planté là

- Je n'arrive pas à croire qu'elle nous ait fait ça dit Alain

Zack sourit:

- J'aime de plus en plus cette fille, dommage qu'elle se sente investie d'une  mission! Tout de même je suis désolé pour le Ministre de l'Intérieur, il va avoir tout le monde à dos si on n'arrive pas à retrouver Ivan

Le portable de Zack sonna, il décrocha

- Tu étais dans le mille cria la voix enthousiaste de Malek

- Alors c'est lui

- Oui, les attentas du centre des handicapés et de France2 c'était lui et j'ai une liste de soixante dix bâtiments publics qui étaient concernés

- Rejoins moi au commissariat principal avec tous tes documents

 

Zack s'éloigna d'Alain et appela au téléphone, Alain sourit, il était sûr qu'il allait voir la tronche de son ami dans le journal du treize heures, Zack n'aurais jamais laissé passer une occasion pareille.

 

 

 

 

 

Chapitre 19  

 

Il avait réservé son taxi à une adresse sur l'avenue. Il s'en félicita lorsqu'il faillit être renversé par le chauffeur qu'il reconnu du premier coup d'œil.

Le détective l'a raté de peu

Le taxi prenait le chemin de la Gare de Lyon, Ivan calcula mentalement qu'il lui faudrait quarante minute environ pour y arriver, Quarante minutes pendant lesquels, toute la police sera sur à ses trousses.

Il fallait décider, vite.

Il avait encore quelques minutes encore.

Il réfléchit calmement

- Je dois me débarrasser de la valise, le détective pourrait faire le lien entre l'homme qu'il cherchait et celui qu'il a faillit renverser.

- Il faudra descendre du Taxi se dit-il, il est probablement entrain de demander aux Taxis bleus si un taxi a été envoyé tout à l'heure pour Neuilly

Il se sourit intérieurement, la compagnie à laquelle il avait demandé le taxi est bien trop petite, il faudra au moins une demi-heure avant qu'elle ne soit jointe, mais autant prendre ses précautions.

 

- Arrêtez vous ici, s'il vous plaît

- Vous n'allez plus à la Gare de Lyon

- Avec le trafic ce sera plus rapide en RER, j'essaie de ne pas rater mon train

- C'est vous qui voyez, vous ne souhaitez pas que je vous rapproche de la station RER

- Non merci, ici ça fera l'affaire

Il sortit quinze euros de ses poches et les tendit au chauffeur

- gardez la monnaie

- Merci Monsieur et bonne journée

 

Ivan sortit du taxi et traînant sa valise en  pressant le pas, prit une petite rue pavillonnaire.

 

Il se dirigea vers le seul immeuble dan cette rue.

Il entra par la porte, il n'y avait personne

Il posa sa valise par terre, ouvrit la poubelle. Elle débordait

Avec une grimace de dégoût il prit à main nue plusieurs sac malodorants, mit ses vêtements dans la poubelle, puis remit les sacs par-dessus

Il s'assit par terre, et regarda les escaliers, il n'y avait personne

D'un mouvement latéral sec, il cassa la valise en deux morceaux

Il ne garda que son sac à dos, prit la valise déformé et sortit de l'immeuble

Une rue plus loin, il déposa la valise cassée prés des poubelles d'une maison et descendit en marche rapide

Il repéra une station de bus, et respirant lentement pour freiner son agitation, il s'y dirigea

 

Il descendit au septième arrêt, il n'était pas loin d'Odéan, il pensa à prendre un ticket pour le cinéma puis jugea que c'était une perte de temps

Il y avait une station de taxi  qu'il repéra et décida de courir sa chance

Il se dirigea vers le distributeur de billet d'une agence bancaire et introduisit sa carte, il demanda mille euros, retira l'argent et se hâta vers un café à deux cents mètres.

 

Il n'avait pas encore commandé quand il vit une voiture de police s'arrêter prés du distributeur alors qu'une autre patrouillait

Il prit un café, lu le journal, compta deux euros quarante qu'il mit sur la table

 

Il devait prendre de quoi teindre ses cheveux.

 

Désormais, il avait retrouvé son autre identité, Marcel, développeur de jeux freelance travaillant à domicile, tout l'attestait sauf la couleur des cheveux

 

Le seul risque qu'il encourait était d'être reconnu par une connaissance même avec des cheveux teints

Je dois limiter mes sorties se dit-il, qui sait, je changerais de ville peut être prochainement, en tout cas, je dois me constituer une nouvelle identité de secours pour la prochaine fois

 

Il se remit à penser, quelle a été mon erreur? Comment ont-il pu arriver jusqu'au code? Pourquoi la mort de David ne les a-t- elle pas convaincue?

Une indiscrétion de la part de David conclut-il

Pourtant je croyais que le secret a été bien gardé se dit-il

Il fronça ses sourcils :ne jamais plus se fier à quelqu'un même en pensant l'utiliser au mieux

 

Maintenant, sa photo doit être affichée partout, peut être même montrée dans les médias

Il sourit en pensant à sa photo, qui ne lui ressemblait guère, qui n'était pas la sienne, personne ne pourrait le reconnaître à travers ce seul signalement

Mais il faut qu'il évite de rencontrer des gens qui le connaissent se répéta-t-il comme un leitmotiv.

Il décida qu'il devait changer de ville mais résolu d'attendre quelque semaines

Le temps se dit-il de trouver un pied à terre quelque part

Annecy pensa-t-il, est un bon coin, un coin beau, tranquille proche de la Suisse

Le logement y est cher mais il avait de quoi voir venir

De plus il pourrait trouver un boulot en tant que développeur de jeu, ou auditeur ou contrôleur de gestion, maintenant, il ne devait plus toucher aux ERP, le marché est petit et il y aurait plus de risque de rencontrer des gens qui l'avaient connus

Il pensa au détective et sentit de la haine monter dans son cœur

- Les mêmes ennemis toujours les mêmes se dit-il ils deviennent de plus en plus retors et malins

 

Ils étaient tous là autour d'un grand couscous aux sept légumes,  Alain en face de Caroline et Zack regardant amoureusement tantôt Leyla tantôt, le méchoui fumant

- Tu as été excellent au journal de treize heures dit Caroline

Zack rit avec fatuité

- On aurait dit un phoque tellement tu suais continua Caroline

- Il était excellent répondit Leyla, je crois que tu deviendras un bon client de la chaîne si tu continues comme ça

- N'empêche, Ivan court toujours dit Alain je vais d'ailleurs retourner tout à l'heure au boulot, tout le monde est au pied de guerre, les ordres sont de l'attraper avant deux jours, tu viens avec nous Zack?

- Non, je crois que nous avons assez de données pour le coincer sans le chercher à l'aveuglette

- Dommage dit Caroline que les hôtels ne demandent plus de carte d'identité à leurs clients

- Dans notre cas répondit Alain, cela n'aurait servi à rien, Ivan est une identité montée de toute pièce, il dit avoir d'autres papiers, celles de son véritable identité

- Pourquoi utilise-t-il donc une fausse identité demanda Leyla

- Probablement qu'il a déjà été condamné pour quelque chose d'autre, qu'en pense-tu Zack?

- Oui, je trouve que c'est une bonne explication, il y a aussi le fait que quand il a su qu'il était traqué il ait quand même prit le temps d'effacer toute empreinte et toute trace dans son appartement

- A-t-il vraiment réussi

- Au labo, ils semblaient dubitatifs quant à trouver quelque chose d'exploitable dit Alain

- Avec son signalement, on pourrait peut être trouver dans les fiches de la Police de quoi le retrouver dit Alain, n'est ce pas Zack

Après une large bouchée, Zack sourit

- Je ne pense pas qu'il soit fiché

- Comment expliques-tu qu'il ait fonctionné sous une fausse identité

- Eh bien dit Zack, je crois qu'il avait prévu le cas où il serait découvert et il avait anticipé

- Ce qui veut dire demanda Leyla

- Ce qui veut dire qu'il entend continuer

- Mais c'est horrible Zack

- La vie n'est pas toujours rose dit Zack

 

Il prit son dîner dans un restaurant, il regarda avec effroi, la viande grillée, qu'il a demandé bien cuite et qui était rouge au milieu

- S'il vous plaît, j'ai demandé une viande bien cuite

Avec mauvaise grâce le garçon prit son assiette

Dix minutes plus tard, il avait en face de lui une viande brûlé sur laquelle dégoulinait une sauce poivre

Il réprima un hoquet de dégoût, mangea le morceau de tomates qui l'accompagnait, mir de l'argent sur la table et s'en fut

- Vous n'aimez pas la viande, Monsieur

Il n'en répondit pas, mit son sac à dos et se dirigea vers Colombes

Il détestait Colombes, on aurait dit Casablanca

Cheminant lentement il récapitulait son identité mentalement

 

A u  paté de rue de sa maison, il s'arrêta soudainement et eut un sourire amer

- Comment a-t-il pu oublier? Sa nouvelle identité ne ferait plus l'affaire

Il se sentit seul

La nuit n'était pas froide mais ses dents claquaient

 

La souricière continua pendant une semaine, ensuite la partie fut abandonnée

Au cours du dîner qu'ils avaient eu, Alain vit Zack se contracter comme par une commotion électrique

- Je connais le meurtrier avait il hurlé

- Comment? Cria Leyla

- La vie n'est pas rose vous comprenez?

Ils continuèrent à le regarder

- Rose, la partie du puzzle non expliquée!

- La nigériane? Demanda Leyla

- Oui, Ivan était son copain, et c'est son portrait qu'on a trouvé dans son appartement

- Comment sais tu ça?

- Tout concorde cria Zack

- La personne qui lui a envoyé de l'argent n'était autre qu'Ivan mais dans son autre identité, il s'est moqué de nous, je lui ai parlé et c'est cette identité qu'il va reprendre

- On y va ? demanda Alain

- Non, peut être qu'il 'est pas encore rentré chez lui, peut être aussi qu'il attend de voir si cette identité n'est pas surveillée, il faut que l'on en discute avec la police

 

Cela n'avait rien donné, Zack pensait qu'Yvan-Michel ne faisait pas confiance à cette identité, peut-être soutenait-il en a-t-il une autre de réserve

Alain pensait aussi que cette le criminel ne faisait pas confiance à l'identité Michel

Zack invita ce soir Alain et Caroline pour un dîner

- Je te parie que c'est ça dit Caroline

- Tu es folle! Dit Alain c'est un célibataire endurci

- Tu verras

Dans le restaurant marocain, l'étoile de Marrakech, les serveurs était aux petits souhaits avec Zack, un vieil habitué

- Votre meilleur champagne dit Zack

Caroline du pied appuya sur le pied d'Alain qui comprima un sourire

- Mes amis dit Zack avec grandiloquence, croyez-moi, dans la vie, ce n'est ni la richesse ni la gloire qui comptent, ni les amours volages

Alain hocha de la tête Caroline prit un air songeur faisant mine de méditer la grande sagesse de ses paroles

- Depuis des années vous m'avez reproché d'être un coureur de jupons dit Zack, alors qu'au fond de moi..

Leyla l'interrompit: - Zack est moi on va se marier

- Félicitations dit Caroline en se levant en serrant à elle leyla qui débordait de bonheur

- Leyla tu viens de gâcher mon discours que j'avais préparé pour l'occasion protesta Zack

 

Cette nuit là, dans sa chambre minuscule d'un hôtel studio à mille euros la nuit, Yvan regardait les informations, on parlait maintenant de son autre identité, la journaliste se demandait s'il n'avait pas une autre identité

 

- en tout cas, je vais essayer d'en avoir une lui répondit-il

 

 

 

 

 

 

 

Publié le 25/08/2006 à 20:42
Par iikhouane

Les hommes et les femmes étaient repus. Les femmes après avoir discrètement emmené les tagines et les avoir lavés des restes de la nourriture auprès du puit dans l'enceinte même de la maison, rejoignirent leurs maris à l'extérieur.

Comme chaque vendredi, les douces conversations des nuits d'été avaient

commencées

Les habitants se connaissaient tous dans ce village de pêcheurs, sur la

côte Atlantique du Maroc, au sud d'Essaouira.

Une bonne partie parmi eux vivait de la pêche
Le village étant entouré par des vallons qui lui conférait un air doux attirait quelques touristes; certains villageois se sont adonnés à cette activité, guides et accompagnateurs pour la plupart, à part Azzouz.

Celui-là avait rapidement ouvert le seul restaurant du village avec trois chambres à louer et s'était encore enrichi. La richesse étant chose toute relative, il ne suffisait pas de beaucoup pour être considéré comme riche dans ce pays.


Assis par terre sur la grande Hsira, une natte de jonc à motifs, une lampe à propane diffusant sa chaude lumière, Arbi commença

- La journée a été bonne, mieux que celle d'hier

- Nous en avons attrapé des poissons, rien que de la dorade répondit un

autre pêcheur, grand avec une barbe grisonnante

- Il devait y avoir tout un banc dit Houman

Houman, le plus vieux de l'assemblée était aussi le sage du village,

Devant lui Zineb sa fille de seize ans, fraîche fille aux joues roses, le regard doux le regardait avec amour.

Zineb est une de ces beautés de la campagne à qui il ne manque que de mieux s'accoutrer et de se départir de cet air gauche que donne la compagne pour faire sensation.

- Dire que cela va surtout profiter aux Bayaas

Les hommes hochèrent gravement la tête


Deux races d'homme cohabitaient dans le petit village

La race des hommes qui se réveillent tôt, labourent la mer et risquent leur vies fragiles sur le grand océan, ce sont eux les Baharas

Puis la race des vendeurs les Bayaas, le nom est péjoratif et comprend Les vendeurs de poissons, ceux qui offrent le service de les vider et les nettoyer et depuis pas longtemps il comprend les propriétaires des restaurants dans le village

Car il faut dire que l'homme le plus riche du village, Azzouz, n'a jamais été un marin, il vidait le poisson, enlevant les écailles pour le revendre dans les villages agricoles avoisinants.

Le fait qu'il se soit reconverti dans le tourisme ne change pas l'opinion des pêcheurs sur Azzouz, c'est un bayae qui a toujours fuit la mer et préféré éviter la lutte

-C'est qui qui a eu la plus grosse pêche ?demanda Houman

- Qui veux tu que ce soit?

- Sallam?

- Oui, il a eu aussi la plus belle dorade de toute la pêche, six kilos à tout le moins, et il est allé la vendre à Azzouz

- ça ne lui ressemble pas

- C'est que Azzouz a des étrangers actuellement, une rabati, je crois que Sallam voulait donner bonne image du pays

- C'est un pêcheur qui a la baraka dit Allal

- Il est surtout très bon, personne n'ose se risquer là où il va et personne n'a jamais caressé les récifs comme il le fait chaque jour avec sa barque

- On sait tous pourquoi commenta Allal


Sallam avait en effet une faiblesse: il lisait.
Presque chaque jour, on le voyait lire des tas de livres, tournant lentement une page après l'autre

Dans le village on était convaincu qu'il s'agissait d'ouvrages de Sorcellerie

Mais Houman le sage avait un autre avis

- Vous n'y êtes pas, j'ai obsevé Sallam et tout ce qu'il fait en mer vient de ce qu'il connaît mieux que personne ce métier et qu'il est hardi

- Et les livres qu'il lit Objecta Allal

- Croyez moi, les livres qu'il lit, c'est pour trouver un trésor qui a été caché, ce n'est pas de la mauvaise sorcellerie, qui sait peut être qu'un de ces jours il rendra riche ce village


Les pêcheurs ne partageaient pas l'avis de Houman, Sallam était trop solitaire pour être vraiment aimé, cependant tous le respectaient car il était dur à la tâche et n'hésitait pas à rendre service dans les nombreux malheurs dont fut affligé le village

- Qu'importe dit Zineb en rougissant, lui aussi est un vrai Bahar

- Le jour où Sallam accepterai de devenir un Bayae ne se lèvera jamais

dit en riant son père

Sallam n'était pas sans se douter de la réputation que lui faisaient ses lectures, il savait aussi qu'il est inutile de vouloir changer une rumeur


Une rumeur est comme l'air, on ne peut pas le prendre à la main répétait il souvent


En fait Sallam était presque aussi ignorant que les autres pêcheurs, il savait lire et lisait des traductions de jack London en arabe, il aimait cet homme marin comme lui, ne le comprenait pas souvent mais cette lecture lui donnait du plaisir à vivre

Personne ne comprendra ce plaisir s'il ne l'a jamais essayé

Les seuls avec qui il pouvait en parler étaient quelques touristes venant des villes et encore pas tous

Sallam croyait au mérite: Un homme qui ne fait pas de son mieux pendant sa journée est un homme qui lui manquait quelque chose, dut il devenir plus riche, il aurait moins d'honorabilité intrinsèque

Sallam était convaincu que le mérite payait

Sinon, le monde n'aurait plus de signification et Dieu serait un imposteur

Mais Sallam croyait en la sagesse de Dieu et en le pouvoir de la mer, C'est en faisant de son mieux qu'il a exploré les rivages de la mer et était devenu le meilleur pêcheur de la région

C'est en faisant son métier et en apprenant comment traiter la mer, qu'il a pu sauver l'an dernier ces pêcheurs donnés pour morts et qui allaient s'écraser sur les récifs

Ce jour là, tout le village était fier de le compter parmi les leurs



La trentaine, la taille moyenne, le corps robuste et les muscles des épaules saillants, Sallam pouvait passer pour un assez bel homme même en dehors d'un village.
Il l'ignorait
Il se voyait les traits rudes et se demandait comment des traits aussi tranchés pouvaient lui appartenir

Sallam est un romantique, il aimait la mer alors que la plupart des autres pêcheurs ne faisaient que la redouter, il était sensible à sa beauté, passait de longues heures à l observer à s impregner de sa puissance et de sa douceur, il avait une sensibilité développée mais ne pouvait le montrer dans une existence aussi rude. Il avait refoulé cette sensibilité contre un air dur, presque farouche et un silence entier

Il préférait la solitude

Les filles ne lui plaisaient pas, il était encore célibataire dans un village où l'on se marie à vingt ans

Il était insensible à la beauté campagnarde des filles du village et à celle trop voyante des touristes qui venaient de temps en temps

Il ne se l'expliquait pas, il se disait que c'était ainsi, les femmes n'avaient pas sur lui l'impérieux pouvoir qu'elles ont sur les autres
Il se disait cela jusqu'à ce qu'il ait vu la Rbati, la touriste de rabat qui a pris une chambre chez Azzouz pour l'été

Elle s'appelait Loubna. Loubna répétait Sallam dans sa moustache

C’était au début de Juillet, Il était allé voir Azzouz qui lui devait deux semaines pour le poisson

- Mon ami Sallam dit celui-ci voici ce que je te dois au sou prés

- Bonne journée répondit Salam en prenant l'argent sans le compter et en

tournant le dos

- Quand est ce que tu me réserveras ton meilleur poisson?

- Tu te plains de mes poissons? demanda Sallam

- Tout le monde sait que tu ne me donnes pas ta meilleure pêche

- C'est que je la réserve à des personnes que j'aime

- Tu parles de ces Bayaas crève la faim? Je te paierais plus qu'eux

- Ce n'est pas une question d'argent

- Pourquoi, tu ne m'aimes pas Sallam?

- Tu n'as pas besoin de mon amour, eux si

- Ce n'est pas pour moi que je te demande ça mais pour mes invités

- Quels invités? demanda Sallam

- Moi répondit une voix enjouée

Sallam se tourna et faillit tomber à la renverse

Devant lui, une fille les cheveux au vent, les yeux noires rieurs, insistants, moqueurs

Sallam la regardait de tous ses yeux, incapable de penser, tout à cette

apparition, le visage de la fille le regardait et de plus en plus le rire s'accentuait dans ses yeux

Sallam comme ensorcelé avait arrêté de penser

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