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Publié le 03/04/2006
Par iikhouane

Je t'aime ma douce beauté orientale; Je ne puis t offrir ni palais ni fontaines de miel ni satin ni velours ni émeraudes ni chargements de navire

Je ne te promettrais non plus des trésors que contiendrais mon cœur ni mon âme que je prétendrais plus élevée que la brise sur les cimes

 

Ma belle, mon joli cœur, ma sœur, fille arabe

 

Qui enfant tu grandis avec les histoires de dou yazane de  Abla d'Antara et de l'astucieux jouha

Qui aima comme on aime sous le soleil de nos cieux qui aima nos couleurs et nos parfums Rouge et or, saphran, henné, Le musc dont nous parfumons nos morts

 

Dans les rues de Paris de Québec ou de Lausanne Chaque fois que  le noir de ton sourcil me croise

Je veux  me prosterner à te pieds et te demander pardon pour la barbarie du monde

Je ne puis t'offrir les joyaux de nos princes d'antan Ni les têtes d'un millier d'ennemis car vois tu Nous sommes les ennemis, c'est ce que m'ont appris mes périples

Les argument sont tellement justes qu'à la fin j'y cru

Ma mère a enfanté d'un ennemi, elle-même, Dieu me la garde, Car vois tu, même les ennemis sentent les choses Elle-même en fut une ainsi que mon père

 

Chérissons nous tout ennemis que nous soyons

Mon joli cœur, ma petite chose, ma martyre, mes yeux

Je ne peux t'offrir les trésors d'ali baba Ni les mille dromadaires que pour sa dote Kais apporta à Leyla Je ne peux t'offrir que des dattes sucrées comme ton cœur

Que du lait frais blanc comme ton sein

Que du miel doux comme ta langue

Et que du henné plus rouge et or que l'or

Je ne peux rien t'offrir que tu ne possèdes déjà

Mon amour que vaut-il,  il n'est pas côté en bourse Et ne rapporterait vendu au marché de quoi faire tes courses Tout entier de par le monde je suis un  paria

Ma culture est haine et haine ma charia Je suis la menace qui plane sur ce monde

Un arriéré notoire et un bandit immonde

 Alors quand je te regarde et quand tes yeux me sourient C'est la justice que je vois et la bonté qui manque au monde

On a souvent dit que les femmes se vendaient aux vainqueurs

Moi je suis vaincu, brisé, et sur mes lambeaux ils s'acharnent Sur l'ombre de moi-même, ils aiguisent les couteaux Et voilà que de ta peau fragile, de ton bras de beurre En me protégeant d'eux à toi tu me serres et la défaite recule

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