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Publié le 13/05/2008 à 10:19
Par Josiane
à méditer: "Où que j aille, quelle que soit la personne que je rencontre, je lui donnerai quelque chose. Ce présent peut être un compliment, une fleur, une prière. Aujourd'hui, j'offrirai quelque chose à tous ceux avec qui j 'entrerai en contact, et ainsi je mettrai en oeuvre, dans ma vie et dans celle des autres, le processus de circulation de la joie, de la richesse et de l 'affluence ."
Deepak Choppra
Publié le 17/04/2008 à 10:32
Par Josiane
Je vais aussi bientôt transférer ici, sur ce blog plus spécialement dédié à mes lectures, les articles précédemment écrits sur la page lectures de mon site Musardises …la clé des champs ; en attendant, vous pouvez les trouver en cliquant sur les liens ci-dessous. Effroyables Jardins de Michel Quint Une rivière verte et silencieuse d'Hubert Mingarelli Geai de Ch. Bobin Ceux d'Arasolé de F.Masala
Publié le 17/04/2008 à 09:16
Par Josiane
Humeur : Souriante
Trois Chevaux auteur : Erri de Luca « ce n’est pas le jour qui vient, c’est la nuit qui se retire. »
Un narrateur-personnage silencieux, solitaire ; il a 50 ans, il est jardinier ; signe particulier ? Lit en mangeant ; il aime , en effet, se plonger dans la lecture d'un livre, acheté d'occasion parce que ses pages se tournent alors facilement , "comme ça, il mâche et il lit".Ainsi, chaque midi, il va dans le même bistrot, s'assied sur la même chaise, demande de la soupe et du vin, et il lit....jusqu'au jour où une jeune femme s'approche de sa table et lui donne son numéro de téléphone ; le soir, il se décide à lui téléphoner ; elle est call-girl, s'appelle Laîla . Il décide d'accepter son invitation . ..Et tout peut à nouveau commencer : une deuxième vie pour le jardinier dont, peu à peu, on apprend à connaître la première : c'était en Argentine où il avait suivi Dvora, la femme qu'il aimait ; mais la dictature militaire qu'ils combattaient a fini par arrêter sa femme , l'a jetée en pleine mer, les mains ligotées dans le dos, du haut d'un hélicoptère ; lui, absent à ce moment-là, a échappé par miracle à la rafle et a dû fuir, se cacher jusqu'à ce qu'il réussisse à s'embarquer sur un bateau ; débarqué aux Malouines bientôt en guerre, il a dû fuir à nouveau .Il revient en Italie, son pays d'origine, où on lui propose un emploi de jardinier ; sans attentes, sans illusions, il n'est plus que le reste d'une autre vie , celle de la tragédie vécue en Argentine qu'il ne révèle que par bribes, comme les pièces d'un puzzle . Le passé et le présent se mêlent sans cesse ; il tombe amoureux de Laîla et c'est comme si il croyait pouvoir revivre vraiment après sa "première mort" ; il se concentre alors totalement sur l'instant présent, sur Laîla ; la vie reprend ses droits. "Demain, et que sais-je de demain ? Ici, il y a tout l'aujourd'hui qu'il faut." La mort rôde cependant à nouveau ; Laîla ne peut "se libérer" de ses souteneurs : elle leur échappe , elle "en sait trop" sur eux... Mais avant de quitter l'Argentine, quelqu'un ne lui a-t-il pas dit que la vie d'un homme dure autant que celle de trois chevaux ? Alors ....
Mon avis : C'est un livre un peu déroutant d'abord, mais dont le charme opère très vite ; la poésie baigne le texte de ce récit dépouillé et en chasse tout pessimisme ; ce long poème en prose rédigé exclusivement au présent est un murmure pudique, poignant, qui se révéle un hymne à la vie : - d'abord à travers le symbolisme du personnage : un jardinier plante des jeunes pousses et les soigne pour qu'elles se développent, pour qu'elles vivent ; l'arbre s'enracine pour s'élancer vers le ciel ; - ensuite par l'amour qui s'impose à l'être, le pousse à renaître ; par l'amitié qui apporte son aide ( le personnage de Selim) sans qu'elle soit demandée.
Ce livre ne tiendrait-il pas le rôle que le narrateur attribue à ceux qu'il lit, ces livres qu'il emporte partout, dans sa poche, près du coeur, poche où ils remplacent l'arme qu'il portait autrefois ? Ces livres dont il dit qu'il "n'y a qu'eux pour changer un homme, pour apprendre la respiration d'un autre".
Premières lignes « Je lis seulement des livres d'occasion. Je les pose contre la corbeille à pain, je tourne une page d'un doigt et elle reste immobile. Comme ça je mâche et je lis. Les livres neufs sont impertinents, les feuilles ne se laissent pas tourner sagement, elles résistent et il faut appuyer pour qu'elles restent à plat. Les livres d'occasion ont le dos détendu, les pages, une fois lues, passent sans se soulever. Ainsi, à midi, au bistrot, je m'assieds sur la même chaise, je demande de la soupe et du vin et je lis. Ce sont des romans de mer, des aventures de montagne, pas des histoires de ville, je les ai déjà autour de moi. Je lève les yeux, attiré par le reflet du soleil sur la vitre de la porte d'entrée par laquelle ils entrent tous les deux, elle dans un air de vent, lui dans un air de cendre. Je reviens à mon livre de mer … » ---------------------------------------------------------------------------------------- Extraits « Les jours se passent comme ça. Le soir, chez moi, j'écrase des tomates crues et de l'origan sur des pâtes égouttées et je grignote des gousses d'ail devant un livre russe. il rend mon corps plus léger."
« C'est ce que doivent faire les livres, porter une personne et non pas se faire porter par elle, décharger la journée de son dos, ne pas ajouter leurs propres grammes de papier sur les vertèbres. »
« Je prends le livre ouvert à la pliure, je me remets à son rythme, à la respiration d'un autre qui raconte. Si moi aussi je suis un autre, c'est parce que les livres, plus que les années et les voyages, changent les hommes. »
« Un clignement de paupières et je suis repris par une ombre d'Argentine, de coups d'oeil rapides, de veste lourde, et un souffle chaud passe dans mon nez. Ma main va vers un geste oublié, je m'aperçois qu'elle est à l'endroit laissé vide par l'arme des années du Sud, et avant de reprendre la maîtrise de mes nerfs je sens son tâtonnement qui cherche l'objet disparu. Et je mets un moment avant de prendre une profonde respiration, de détachement. »
« Attendre. C’est mon verbe à vingt ans, un infinitif sec sans trace d’angoisse, sans bavure d’espérance. J’attends à vide. » |
Publié le 08/04/2008 à 19:31
Par Josiane
Humeur : Souriante
«Lire, c'est débroussailler dans son âme un chemin que les ronces et les arbres effondrés ont depuis longtemps recouvert, puis avancer jusqu'à découvrir un château en ruine dont les fougères sont les princesses et les liserons les sentinelles.» Christian Bobin
Ch.Bobin est un de mes auteurs préférés. Ma lecture en cours ? Prisonnier au berceau
Publié le 08/04/2008 à 00:12
Par Josiane
Humeur : Souriante
Même la Pluie (auteur: Yves Hughes ) Le sujet: La pluie, une rencontre...puis l'amour , la complicité et bientôt une vie partagée......et le désir d'enfant ; l'enfant nait, grandit ; le déménagement de Paris pour s'installer près d'un lac....la vie continue, légère, heureuse : ils aiment toujours la pluie; le lac est beau ; l'enfant l'aime comme elle aime les cygnes qui y évoluent ; un jour, elle se noie ....Le couple sombre, se défait : la femme s'en va pour ne plus voir ce lac; l'homme reste, "incapable de détacher sa vie du lac" . Ils doivent vivre avec l'absence
Mon commentaire: Court roman ,écrit par juxtaposition de phrases courtes comme se succèdent les instants simples du quotidien heureux ...De temps en temps,à la fin d'un chapitre, comme une épée de Damoclès, une phrase anticipe l'avenir où se profile le drame . La vie avance ainsi insouciante, jusqu'au moment où tout bascule d'un coup. ..
Quelques passages: " ...Faire un enfant, c'est additionner l'amour" " Après Paris, ce serait là. L'apaisante et calme sécurité d'un lac au pied des montagnes pour éloigner Nadège de ses crises d'asthme. Un lac où tomberait la pluie. Ils ignoraient encore tout et ils riaient. Leur atout. L'insolence de leur jeunesse et de leur amour." " Nadège aima tout de suite aller nager dans le lac. Son corps s'enfonçait et l'eau ne lui opposait pas de résistance. Le lac l'acceptait. La petite fille s'y lovait, s'y blotissait. Elle s'abandonnait à lui sans peur jamais, avec passion toujours. Nadège nageait loin pour comprendre ses silences de lac et lui confier ses secrets d'enfant." " Ils marchaient au bord du lac. Elle avait mis sa main dans la sienne. Ils ne le savaient pas. Il lui souriait. Ils ne le savaient pas encore et ils allaient faire chagrin à part."
En savoir plus sur l'auteur ? http://auteurs.arald.org/pages/Hughes1960.html
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