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Tribune libre
than : bonjour anjinsan, ça faisait bien longtemps que je n'étais pas venue ici. c'est toujours aussi passionnant.
zineb : la peine de mort a ton avis
Ysondre : salut, j'espère que tu vas bien, c'est juste pour te passer le bonjour =D
pirate : salut mon grand
bazin : vipere au poing
B pascal : pensée
LA NOICHE : JAI REVER KE JE TOMBER DANS UNE FAUSSE AVEC PLEINS DE SE DIR C VOUS ME REPONDRE SVP MERCIJAI REVER POUVERRPENTS KE VEUT
Jeudi noir : Merci ! J'espère que mes poème vous ont plu !
Courrier-n : Je voulais dire Agonia,
Courrier-n : J'ai lu vos poèmes sur agionia, curieuse je suis venue voir votre site
Publié le 08/08/2007 à 17:18
Par jeudinoir


L'Empire des Dragons ("L'impero dei Draghi" - 2005)

MANFREDI
Valerio
Editions "Pocket"
461 pages
Prix 7€10
Reçu en cadeau
Commencé le 5 août 2007
Terminé le 8 août 2007


L'Histoire

En 260 après JC, l'Empereur romain Valérien veut stabiliser les frontières de son empire en Orient en négociant un traité avec l'empereur perse Chahpour 1er. Les deux délégations de 50 cavaliers doivent se rencontrer non loin de Édesse, ville du sud-est de l'Asie mineure, mais quand Marcus Metellus Aquila s'aperçoit que ceux qui viennent aux devant de son groupe sont des Perses revêtus d'uniformes romains, il comprend qu'ils ont été trahis ! Derrière eux, la garnison de Édesse ne vient pas les secourir car le chef des gardes prétoriens fait partie du complot et la femme de Metellus perd la vie en tentant d'avertir son mari.
Valérien est fait prisonnier et amené avec Metellus et dix soldats dans la mine de Turquoise de Aud Daiwa, au cœur de la Perse.
Sans égard pour les grades ou les rangs, les Romains doivent extraire la pierre sous les coups et les humiliations de leurs gardiens. Les prisonniers attendent avec espoir une proposition de rançon qui ne vient pas. Ils font la connaissance de Uxal, le plus vieux des prisonniers qui leur apprend les usages du lieu et leur sert d'interprète. Il admire la civilisation romaine et Valérien le fait citoyen romain pour ses services.
Un des légionnaires, un chrétien du nom de Aemilius, meurt de désespoir au bout de quelques mois. Son corps est jeté dans un gouffre jouxtant la mine. Mais bientôt Valérien est lui aussi mourrant. Il fait promettre à Metellus de restaurer l'Empire en le préservant notamment de l'influence néfaste des chrétiens dont la doctrine met à mal les bases mêmes de l'État !
Alors que les honneurs sont rendus à Valérien en l'incinérant, cette entorse à la règle déclenche des représailles de la part des Perses qui veulent brûler les yeux des prisonniers au fer rouge. Les légionnaires ne se laissent pas faire et se battent avec l'énergie du désespoir. Ils parviennent à s'enfermer dans l'armurerie du camp où ils retrouvent leurs armures et armes qui ont été conservées. Ainsi équipés, ils trucident leurs geôliers.
Mais autour de la mine une garnison entière monte la garde et se rendra bientôt compte qu'il se passe quelque chose d'anormal. Il faut fuir !
Uxal se rappelle que quelques années auparavant il avait rencontré des traces d'humidité dans une des galeries les plus profondes de la mine ; elle devait être proche du lit d'un torrent le plus souvent à sec. Après avoir pris des vivres, le groupe s'enfuit dans la mine et parvient à creuser jusqu'au lit du torrent dans lequel ils se cachent pendant plusieurs jours, laissant les Perses les chercher loin du camp.
Ils suivent alors de nuit le cours du torrent asséché en direction d'un fleuve. Ils pensent arriver bientôt dans des oasis où font étape des caravanes. Les romains s'aperçoivent qu'un cavalier les suit à bonne distance depuis leur évasion...
Arrivés dans une oasis ils trouvent un marchant Indien, Darouma, qui les engage pour sa protection personnelle ; il a très bien compris à qui il avait affaire.
Darouma attend quelques jours un visiteur qui ne vient pas. Metellus et ses hommes ont pour projet de rejoindre l'océan afin de trouver un navire qui les ramènera chez eux. L'argent de l'Indien viendra à pic pour payer le voyage !

La nouvelle du décès de Valérien arrive au palais de Chahpour 1er en même temps que celle de l'évasion de ses hommes. Le Vizir Artaban lui demande s'il avait reçu une proposition de rançon de la part de Rome. Chahpour acquiesce et justifie son absence de réponse par sa volonté de laisser mourir son ennemi en croyant à la trahison de son propre fils. Les bruits de couloir que récolte Artaban sont tout autres ; Chahpour se serait entiché de la femme d'un général romain qui lui tient la dragée haute. Il aurait négocié en secret la femme contre l'empereur et se serait heurté à un refus humiliant..

Pendant ce temps, à Milan, le fils de Metellus, le jeune Titus, reçoit une bonne éducation et espère toujours le retour de son père.

Personne ne se présentant à son rendez-vous, Darouma quitte l'oasis avec sa suite pour un autre lieu convenu ; un port fluvial. Sa troupe embarque sur un petit navire et attend plusieurs jours encore son mystérieux invité. Celui-ci se présente alors, chevauchant à brides abattues pour échapper aux traits mortels décochés par les cavaliers perses lancés à ses trousses. Il saute sur le pont du navire de Darouma qui prend rapidement le large en direction de l'océan.
Metellus reconnaît dans le nouvel arrivant le cavalier qui les suivait à distance. Cet homme étrange, tant au physique que dans ses vêtements et manières, est un prince chinois du nom de Dan Qing venu en ambassadeur à la cour de Chahpour 1er, lequel refuse de le laisser renter chez lui. Metellus qui avait caché à tous qu'il parlait parfaitement le persique, s'entretient dans cette langue avec ce prince des contrées lointaines.
Échappant de justesse à un navire de guerre grâce aux vents de la mousson débutante, le groupe fait voile vers la haute mer. Metellus comprend avec effroi que Darouma ramène le Prince chinois dans son pays. Les dix Romains vont l'accompagner en Chine ! L'Indien promet de les ramener chez eux une fois le Prince rentré dans son royaume.
Un peu avant d'atteindre l'Inde, une tempête se lève durant laquelle le vieil Uxal passe par-dessus bord et Metellus ne doit sa survie qu'aux réflexes du Chinois.
Revenus à terre, l'équipe traverse l'Inde et l'Himalaya. Les occidentaux s'émerveillent de ces paysages qui font paraître si petit l'empire qu'ils ont quitté.
Dans un caravansérail, les romains utilisent la forge pour fabriquer de nouveaux casques et remettre à neuf leur équipement. Ce ne sera pas inutile ; arrivés aux frontières de la Chine, ils sont attaqués par les "renards volants", des mercenaires qui ont pour but de tuer Dan Qing. Ils sont issus d'une secte ancienne qui avait pour objet de rendre une justice expéditive et violente afin d'extirper le l'idée même du mal de la société. Mais leurs buts se dévoyèrent avec le temps et ils se changèrent en  mercenaires. Une faction fit sécession en gardant son idéal premier ; le "Lotus Rouge".
Metellus et ses hommes lui sauvent la vie, et pour prouver sa gratitude, le Prince leur octroie le titre de garde personnelle, "démons rouges" et donne à Marcus Metellus Aquila un nom chinois, "Aigle Superbe" à savoir "Xiong Ying".
La Chine est divisée en trois royaumes avec trois souverains qui ont le même souhait ; Réunifier le pays sous leur unique bannière. Dan Qing a été envoyé en Perse et Chahpour 1er a été payé pour ne pas le laisser rentrer. Mais nul ne sait pour l'heure qui a commandité cet enlèvement déguisé.
Le groupe arrive dans le village natal du Prince qui retrouve ses fidèles. Mais les manières à priori irrespectueuses des Romains vis à vis de Dan Qing en émeuvent plus d'un, malgré la proposition que celui-ci leur fait pour rester à ses côtés afin de reconquérir son royaume...
Dan Qing se prépare à rejoindre maître Wangzi, un sage retiré dans un monastère. C'est celui qui, fidèle parmi les fidèles, a mis au point avec l'aide Darouma le plan d'évasion dont le Prince a bénéficié.
Darouma se met en route pour Luoyang, la capitale, où il doit acheter la soie qu'il revendra en occident. Quant à eux le Prince et sa suite se rendent au monastère où ils tombent dans une embuscade et sont capturés. Maître Wangzi comme la plupart des moines a subi un sort funeste.
Le nouveau maître du pays se nomme Wei. Il faisait partie de l'entourage du père de Dan Qing dans sa jeunesse et est tombé amoureux de sa sœur, la princesse Yun Shan. Mal lui en pris ! Il fut castré à l'âge de 16 ans pour avoir osé l’aimer  et sa haine s'est tourné contre son frère. Depuis lors il n'a eu de cesse d'éliminer la dynastie régnante pour se venger. Aujourd'hui il a réussi mais le peuple ne l'aime pas. Pour se concilier ses grâces, il projette de faire combattre ensemble les étrangers d'occident avec les "Renards Volants" le jour du nouvel an.
La Princesse Yun Shan, un temps réfugiée auprès de maître Wangzi, est une guerrière émérite recrutée par le "Lotus Rouge" avec qui elle tente de libérer son frère. L'action est un échec. Elle prend alors contact avec Darouma dans une taverne de la capitale.
Le jour du nouvel an arrive. Dans l'arène, Wei vient combattre lui-même aux côtés des "Renards Volants" et massacre les Romains sous les yeux de Yun Shan qui s'est éprise de Metellus. Elle viendra récupérer le corps de son aimé au moment où il est jeté dans une fosse commune, mais contre toute attente, Metellus respire encore !
Les festivités ont permis de détourner l'attention du Prince Dan Qing qui est libéré par Darouma, lequel se réfugie dans la citadelle secrète des "Lotus Rouge", Likien. C'est abrité en ce lieu que Metellus récupérera de ses blessures pendant plusieurs mois et apprendra la manière de se battre des Chinois.
Un autre secret lui est révélé quand il croise des paysans aux traits proches des siens. Plus de trois cents ans auparavant une légion romaine s'est installée en Chine. D'abord combattue par l'Empereur du moment, celui-ci est parvenu à dialoguer avec ces Romains et les a pris à son service, leur donnant le droit de fonder une colonie ; Likien ! Dans un ancien mausolée, Metellus lit avec émotion un message en latin qu'il est le seul à avoir déchiffré depuis trois siècles. Son ami Dan Qing l'emmène dans le tombeau de l'Empereur Houang-Ti dans lequel il découvre trois cents statues grandeur nature équipées des armes et armures de ses compatriotes disparus. Une légende dit que cette légion se réveillera pour défendre à nouveau la descendance de l'Empereur si elle est en danger. Aux côtés des statues se trouve un coffret renfermant les secrets de fabrication des machines de guerre romaines. En construire se révèle impérieux ; Wei a découvert l'emplacement de la citadelle et s'en approche accompagné de milliers d'hommes.
La bataille s'engage ; elle est d'une violence extrême et Likien va bientôt tomber. Quand tout d'un coup trois cent statues d'argile sortent armées de la montagne et se placent aux côtés des troupes de Dan Qing. Les assaillants s'enfuient devant la réalisation de la prophétie des trois cents démons tandis que Wei est tué des mains de Metellus.
Les "démons d'argile" n'étaient que des paysans sélectionnés et entraînés en secret par le commandant romain pour leurs traits occidentaux et badigeonnés de boue.
Dan Qing retrouve le trône qui lui revient mais malgré son insistance pour qu'il reste à ses côtés, Metellus prend le chemin du retour en emmenant avec lui la belle Yun Shan.
En Perse, il récupère les cendres cachées de Valérien avant de se présenter plus tard aux postes avancés de l'Empire romain.
Les sentinelles de la ville d'Édesse lui apprennent que Gallien a été tué pour n'avoir pas secouru son père ; c'est Lucius Domitius Aurelianus, un de ses compagnons d'armes qui est à présent sur le trône !
Metellus entre dans la ville à la rencontre de son fils...

Mon Avis

Voici une histoire qui dépoussière les vieux péplums ! Un beau roman historique qui part de faits réels et développe une théorie des plus intéressantes. L'auteur ne se perd pas dans des tours et détours ; les chapitres s'enchaînent sans longueurs ni temps morts pour nous donner une histoire pleine de surprises mais parfaitement cohérente. Du beau travail ! J'adore !
Publié le 05/08/2007 à 23:30
Par jeudinoir


Dark Lord - L'ascension de Dark Vador ("Dark Lord - The rise of Darth Vader" - 2003)

LUCENO
James
Editions "Fleuve Noir"
344 pages
Prix 7€10
Acheté Neuf 7€10
Commencé le 2 août 2007
Terminé le 5 août 2007


L'Histoire

Murkhana, planète de la bordure extérieure, est un important centre de communication pour les séparatistes. Les forces républicaines y donnent l'assaut ; ce sera la dernière bataille de la Guerre des Clones.
Le chevalier Jedi Roan Shryne, avec son amie Bol Chatâk et sa padawan Olee Starstone, est aux côtés d'un groupe de Clone-troopers commandé par "Grimpeur" avec qui il se bat depuis des années. Leur mission est de détruire au sol les générateurs du champ de force qui protègent la planète. C'est au moment de leur explosion que "Grimpeur" reçoit l'ordre de son supérieur d'abattre les Jedi suivant l'Ordre 66 venant directement du Chancelier Palpatine. Mais cet ordre semble si improbable à "Grimpeur" qu'il demande confirmation et laisse ainsi volontairement s'échapper les trois Jedi, lesquels s'enfuient pour se dissimuler dans la ville.
Roan essaye de contacter les trois autres chevaliers qui les accompagnaient mais ceux-ci ont été tués et le temple Jedi sur Coruscant leur envoi un message demandant de rentrer immédiatement sur la planète capitale. Quelques heures plus tard un ordre inverse leur parviendra, les engageant à fuir et à se cacher.
Murkhana tombe. La guerre est terminée et c'est dissimulés au sein des prisonniers de l’Empire que les Jedi voient atterrir une navette transportant un personnage inconnu appelé "Dark Vador".
A la vue des corps de ses camarades Jedi trucidés présentés à ce "seigneur" en armure noire, Bol Chatâk perd sont calme et se rue sur le nouvel arrivant qui la tue après un combat au sabre laser. Olee et Roan assistent à la scène sans bouger car ils savent que toute action est suicidaire. Dark Vador fait amener "Grimpeur" ainsi que les autres clones de son commando qui ont désobéi. "Grimpeur" accepte de payer pour son insubordination mais refuse d'être exécuté par Vador. Il parvient à s'enfuir avec son groupe après un échange de tirs mais sera rattrapé.
Les deux derniers Jedi parviennent à s'échapper du convoi de prisonniers en employant leurs pouvoirs sur un garde Clone.
Murkhana n'est pas inconnue à Roan qui y a enquêté à plusieurs reprises sur les implantations locales de l'organisation mafieuse du "Soleil Noir". Il y a même lié des amitiés un peu "contre-nature" et c'est chez un Twi'lek du nom de Cash Garrulan qu'il se réfugie. Il le trouve en train de plier bagages, les temps de paix étant moins propices aux affaires que les temps troublés... Garrulan accepte de leur faire quitter la planète. Mais Dark Vador a accès aux informations du temple Jedi de Coruscant ce qui lui permet d’identifier facilement les deux Jedi fugitifs. Le dossier de Roan comporte ses activités antérieures sur Murkhana, avec le nom de Garrulan en bonne place.
Vador se rend auprès du contrebandier qui lui indique le nom d'un vaisseau en partance dans lesquels se cacheraient Roan et Olee. Le temps de l'arraisonner, de le fouiller pour découvrir que ceux qui y étaient dissimulés n'étaient que des hommes de paille, les deux Jedi ont rejoint un autre vaisseau contrebandier et fait trois sauts hyper-spatiaux...

Dans son armure noire, Dark Vador alterne les phases de rage et de désespoir. Anakin Skywalker est bien mort pour lui quand il a massacré les Jedi du Temple de Coruscant. Quant à l'Élu de la Force qu'il devait être, ce dernier est mort sur Mustafar où il a été vaincu par Obi-Wan Kenobi.
Il se sent diminué physiquement car son armure le gène et le limite. Il regrette sa liberté, le fait de pouvoir se déplacer sans douleur, de respirer sans assistance, d'entendre sans avoir la sensation d'être sous l'eau et de voir sans le filtre vidéo qui protège ses rétines endommagées. Lors de son combat, Bol Chatâk est parvenue à l'atteindre alors que seul Obi-Wan avait pu l'approcher avant son accident ! De plus, il n'a pas réussi à rattraper ses deux complices... Il ne sent plus la puissance de la force comme avant ; les palliatifs qui sont proposés le rabaissent et le vexent. Anakin Skywalker était tout puissant mais Dark Vador n'est qu'un handicapé en comparaison !
Le trouble de son élève perturbe Dark Sidious, son maître Sith. Vador ne comprend pas encore que c'est de sa volonté qu'un Sith tire sa puissance. Pour l'heure, sa haine est mal dirigée, peu puissante. Il doit continuer le travail sur lui-même pour achever son passage vers le côté obscur qui n'est pas terminé, la preuve en étant qu'il n'a pas eu encore envie de tuer son propre maître !
Sur le plan politique, le chancelier Palpatine vient de se proclamer Empereur. Peu de gens savent qu'il est Dark Sidious, seigneur Sith, et ceux qui le savent ne comprennent pas ce que cela implique.
Le nouvel Empereur rencontre les principaux représentants du Sénat, leur promet que celui-ci ne sera pas dissout et aura toujours son mot à dire sur les affaires de l'Empire. Mais cet avis sera consultatif, les décisions finales étant à la discrétion de Palpatine. Il n'y aura pas de délai ni d'appel pour leur application.
2000 sénateurs ont signé une pétition pour protester, mais cela n'a d'effet que de les désigner comme ennemis potentiels. Bail Organa qui a adopté secrètement la fille de Padme Amidala, la petite Leïa Skywalker, est du nombre avec son amie Mon Motma.

A bord du vaisseau contrebandier "Danseuse Ivre", Roan fait la connaissance de la Capitaine Jula Shryne qui lui apprend qu'elle est sa mère. Ses propres parents avaient su que la Force était présente en elle mais avaient refusé qu'elle rejoigne le Temple Jedi de Coruscant. Quand elle eut Roan, Jen, son père, le remit aux Jedi car la Force était avec l'enfant aussi. Roan a été soustrait à sa mère sans son consentement et depuis lors elle arpente la galaxie pour le retrouver.
Olee ne reste pas inactive ; elle branche son communicateur sur la radio de bord afin d'envoyer un message d'urgence pour essayer de rallier d'autres Jedi. Elle reçoit une réponse et un vaisseau se présente bientôt avec à ses trousses un croiseur impérial et plusieurs chasseurs. Après une brève bataille, le "Danseuse Ivre" parvient en catastrophe à charger dans sa cale le vaisseau ami dans lequel se trouvent 6 Jedi, pour la plupart blessés, et un décédé.
Quelques temps plus tard, les 8 Jedi décident de se brancher sur la base de données du Temple de Coruscant afin de savoir où se trouvaient les Jedi en mission quand l'Ordre 66 a été donné, et ce dans le but de leur porter secours. Une telle manœuvre informatique demande un matériel adapté et les informaticiens contrebandiers emmènent la troupe sur une petite planète éloignée, Jaguarna, dans une ancienne base séparatiste désactivée où se trouvent encore en place les droïds, alarmes et système de défense en stand by. Le téléchargement des données peut commencer. Hélas Sidious avait demandé à Vador de se rendre au Temple Jedi afin de récupérer des informations sur les Sith ; il se trouve donc présent quand les contrebandiers accomplissent leur oeuvre et repère le signal.
Une garnison de clone-troopers se trouve sur Jaguarna et reçoit l'ordre de les arrêter. Mais juste avant de s'échapper, les contrebandiers rebranchent les générateurs de la base séparatiste ; les impériaux se font massacrer par des centaines de droïds.
Les données téléchargés sont partielles. Jula parvient à convaincre son fils d'abandonner l'Ordre Jedi qui n'existe plus pour se joindre à son équipe. Les 7 autres Jedi partent donc de leur côté tandis que Roan reçoit sa première mission ; son groupe a été payé pour se rendre sur Alderaan afin de récupérer le sénateur Zar qui veut retourner discrètement sur sa planète. Il fait partie des 2000 signataires de la pétition contre Palpatine et a déjà été interrogé par les services de la sécurité impériale. Sa vie pourrait bien être en danger.
Alderaan est la patrie de Bail Organa qui est averti que Dark Vador va venir alors que des manifestations contre le nouveau gouvernement impérial ont lieu dans la capitale. Même s'il n'en a pas la certitude, Organa pense que Dark Vador n'est autre qu'Anakin Skywalker et adjoint à sa femme ainsi qu'aux droïds C3PO et R2D2, à présent propriétés du capitaine Antilles, de rester cachés.

Le groupe de contrebandiers ne parvient pas à atteindre le sénateur Zar ; la manifestation est en train de dégénérer et des policiers bloquent l'accès au lieu de rendez-vous alors que Vador est déjà en train de demander à Organa de lui livrer le sénateur. Ils parviennent enfin à s'introduire dans le palais et à en extraire le sénateur Zar. Mais l'alarme est donnée et quand un hologramme des fuyard est montré à Bail Organa en présence de Vador, celui-ci reconnaît Shryne et se porte à sa rencontre. La bataille fait rage entre les deux hommes. Vador parvient à blesser mortellement le sénateur Zar mais les autres lui glissent entre les doigts.

Pendant ce temps les 7 autres Jedi arrivent sur la planète Kashyyyk à la recherche de leurs semblables. Ils y apprennent que Yoda a échappé au massacre et s'est enfui à bord d'une capsule de survie. Le groupe d'Olee a été repéré par l'Empire et Vador débarque bientôt chez les Wookies accompagné de plusieurs contingents de soldats. Même si pour Dark Sidious les Jedi sont finis, même si certains ont survécu, son apprenti n'en pense pas de même et veut les pourchasser pour les éliminer.
Un terrible combat s'engage ; Vador tue deux Jedi et en blesse plusieurs avant que Roan ne vienne à leur secours en affrontant l'âme damnée de Palpatine en combat singulier. Cet affrontement révèle complètement les pouvoirs du seigneur Sith qui se sent au mieux de sa capacité de destruction et parvient à tuer Roan alors que les amis de ce dernier, avec une cargaison de combattants wookies, parvient à s'enfuir grâce aux talents d'un pilote autochtone nommé Chewbacca !
C'était là le prétexte qu'attendait l'Empire pour asservir les Wookies. Kashyyyk tombe bientôt et 200000 de ses habitants sont emportés dans les soutes des croiseurs impériaux pour être réduits en esclavage.

Les contrebandiers et les Jedi comprennent que leur lutte ne peut se traduire par un affrontement direct mais que tous doivent se disperser pour semer dans la galaxie les germes de la résistance en attendant l'occasion de frapper un coup décisif.

Après son succès, Dark Vador est installé officiellement comme bras droit de l'empereur Palpatine et la galaxie entière, comme les troupes impériales, apprennent son nom et sa puissance.
Dark Sidious est ravi que son apprenti ait témoigné de son potentiel de destruction et donc d'apprentissage, même s'il espère toujours trouver meilleur élèv. Il compte se consacrer à la recherche du secret perdu des Sith ; la possibilité de rappeler les morts à la vie et ainsi d'être immortel. Ce secret retrouvé, il n'aura plus besoin d'aucun apprenti.
Dark Vador est à présent un vrai Sith ; il ne rêve plus que de pouvoir et compte prendre à terme la place de Palpatine.

Sur Tatooïne, Obi-Wan Kenobi surveille de loin la vie du petit Luke Skywalker. Quand les informations parviennent dans ce coin reculé de la galaxie, il comprend que Dark Vador n'est autre que son ancien padawan. Le fait d'avoir confié Luke à son oncle Lars et sa tante Beru lui semble alors une très mauvaise idée. Mais il se dit que Vador ne mettra plus jamais les pieds sur cette planète car il aurait trop peur que les souvenirs qui y sont attachés ne réveillent en lui l'être de lumière qu'il a cessé d'être.

Mon Avis

Plusieurs surprises dans ce livre. En premier lieu un Clone-Trooper qui désobéit ! Et puis le fait que Palpatine n'ait pas eu une confiance inébranlable en son nouvel apprenti et que ce dernier ait du mal à s'adapter à sa nouvelle condition de "cyborg".
Peu à peu les pièces se mettent en place. Le côté obscur monte doucement en puissance, l'Empire s'arme et se fortifie. La tragédie ne fait que commencer. Livre à lire !

Publié le 02/08/2007 à 12:40
Par jeudinoir

Samouraï William ("Samuraï William" - 2002)

MILTON
Giles
Editions "Noir sur Blanc"
354 pages
Prix 23€
Acheté d'occasion 14.31€
Commencé le 30 juillet 2007
Terminé le 2 août 2007


L'Histoire

En 1544 un petit groupe trois marchands portugais est entraîné si loin par une tempête en mer de Chine qu'il finit par aborder le Japon, plus précisément sur l'île de Kyushu. Ils touchent terre sur le fief de Bungo où règne le seigneur Otomo Yoshiaki. Le gouverneur de la ville de Bungo manque de les faire exécuter car il pressentait que ces hommes étranges allaient être une source d'ennuis. Il s'en abstient pourtant et les mène auprès de son seigneur.
Otomo Yoshiaki est un indolent qui se plaint sans cesse de problèmes de santé. Il demande à Fernao Mendes Pinto, un aventurier loquace mais noble de le soigner. Celui-ci lui fait boire une décoction qui soulage le seigneur.
Ces étrangers au grand nez, avec de longues moustaches sont vêtus de soie mais pourtant montrent de très mauvaises manières qui en font la risée de la société japonaise. Ils sentent la sueur, ne savent pas se tenir proprement à table et sont d'une vulgarité incroyable en montrant leurs sentiments sans chercher à les maîtriser.
Les Portugais ont apporté avec eux des armes telles que des arquebuses, inconnues des japonais. Le fils du seigneur, Otomo Yoshishige, en vole une et se blesse gravement en tentant de la faire fonctionner. Pinto manque de se faire exécuter à cette occasion, la justice japonaise étant des plus expéditive et cruelle... Il quittera le japon et écrira un livre narrant ses aventures extraordinaires avec beaucoup d'exagérations. Il visitera une seconde fois la cour d'Otomo en 1546.
Le Japon du XVIème siècle est une société féodale qui ne compte pas moins de 66 seigneurs de guerre qui se battent en permanence. L'Empereur est une marionnette sans pouvoir et complètement désargentée, mais on lui marque toujours une grande déférence.
Durant l'hiver 1547 un autre aventurier arrive au Japon ; le Capitaine Jorge Alvarez qui se déclare plus impressionné par ce pays et ses habitants que par la Chine. Il fait le récit de son voyage et fascine un jeune jésuite du nom de François Xavier. Par l'intermédiaire du Capitaine Alvarez, celui-ci fait la connaissance d'Anjiro, un japonais converti au catholicisme.
Le 15 août 1549 ils débarquent à Kagoshima, capitale du fief de Satsuma.
Xavier tente d'apprendre la langue du pays afin de convertir le plus de monde possible. C'est un échec. Il tente alors de rencontrer l'Empereur afin de lui demander l'autorisation officielle de prêcher sa religion. Rendu auprès de lui en août 1550, il comprend que cet homme est un fantoche et qu'il lui faudra traiter au cas par cas avec chaque seigneur de guerre.
Il change alors de tactique. Plutôt que de se comporter en ascète miséreux ce qui le discrédite complètement, il se pare de ses plus beaux habits et en la ville de Yamaguchi, demande audience au seigneur Ouchi Yoshitaka. Il fait montre à la cour de ses connaissances et de son érudition. Il obtient alors près de 500 conversions. Il quitte l'île en novembre 1551.
Pendant ce temps les marchands portugais ne sont pas restés inactifs. Ils ont appris que les Japonais étaient interdits de séjour en Chine sous peine de mort. Ils organisent donc le commerce de la soie à partir de l'île de Macao qu'ils occupent depuis 1550.
En 1555, un navire plein à ras bord de soieries, commandé par le capitaine Duarte da Gama revient chargé d’une quantité invraisemblable de lingots d'argent. Même les jésuites n'en ont jamais vu autant. Du coup, tout le monde veut aller au Japon ! De nouveaux navires sont construits à cet effet, certains pouvant contenir 325 mètres cubes d'argent !
Le commerce s'organise et les règles se mettent en place. Il n'est autorisé qu'un seul voyage par an au Japon et les droits en sont vendus au plus offrant.
Même si les Japonais considèrent toujours les Portugais comme des barbares, le commerce adoucit les mœurs des uns et des autres.
Le premier à comprendre que commerce et religion allaient de pair pour les Européens est le nouveau seigneur de Bungo, Otomo Yoshishige, dont le père avait accueilli Pinto. Mais les Portugais préfèrent s'installer dans le port de Nagasaki sur l'île de Kyushu où vont aborder les grands navires à partir de 1571. Le seigneur du lieu, Omura Sumitada, s'est convertit par intérêt au catholicisme en 1562. Il va même au devant des désirs des jésuites, offrant Nagasaki aux portugais le 9 juin 1580 et instaurant la nouvelle religion comme "religion d'état" ! 20000 de ses sujets deviennent chrétiens en 7 mois, moines bouddhistes et shintoïstes compris !
Mais à l'insu de tous, en Angleterre se prépare une expédition qui vise à profiter aussi la prospérité de ce commerce. Deux minuscules navires affrétés par Sir George Barne, un vieux loup de mer habitué des explorations, sont prêts à appareiller de Londres le 20 mai 1580. Il a préparé avec minutie l'expédition avec son associé Sir Rowland Heyward, rassemblant le peu d'écrits et de témoignages disponibles, tant sur la route à prendre que sur les asiatiques. Ils prennent l'avis du "spécialiste" en expédition élisabéthain Richard Hakluyt et du célèbre cartographe flamand Gerhard Mercator.
A des fins de commerce, les marchandises de la meilleure qualité possible sont chargées à bord du "George" et du "William" dont les commandements sont confiés à deux capitaines émérites ; Arthur Pet et Charles Jackman. Hélas, recruter des équipages pour un tel périple est des plus délicat, et c'est avec peu de marins à bord que les deux navires prennent le large au printemps 1580.Deux itinéraires étaient possibles ; passer le long de l'Afrique puis des Indes, route aux mains des Portugais, ou la route de l'Amérique du Sud avec le franchissement du Cap Horn. Jugeant les dangers des deux options trop importants, ils optèrent pour une route inhabituelle ; celle qui passait au nord de la Grande Russie, par les glaces de l'Arctique. Le plan consistait dans un premier temps à établir un camp de base sur une île, certainement Vaïgatch.
L'expédition se met en route mais se trouve vite bloquée par les glaces. Le camp de base ne se trouve pas à 600 kilomètres de la Chine comme ils le croyaient mais à plus de 3000... Avec les avaries et les difficultés dues au froid, les deux capitaines renoncent. C'est l'échec. Sur le chemin du retour, le "William" disparaît sans laisser de trace alors que son capitaine voulait faire voile vers l'Islande, et Arthur Pet rallie Londres le 25 décembre 1580. Ironie du sort, en septembre de la même année était revenu Francis Drake, le premier anglais à avoir bouclé un tour du monde !
Fêté comme un héros à son retour, les cales de ses navires regorgeant des richesses pillées sur les possessions espagnoles et portugaises, la reine Élisabeth l'anoblit lors d'une grande cérémonie a bord du navire de Drake, le Golden Hind.
Ces fastes et ces exploits vont impressionner un jeune homme de 17 ans, William Adams, issu d'une humble famille et vivant dans les faubourgs de la capitale. D'un caractère ferme allié à une franchise et une simplicité désarmante, il parle sans détours quelle que soit la personne qui lui fait face. Il est parfois jugé arrogant.
Adams a été l'élève de Nicholas Diggins qui lui apprit le métier de pilote ainsi que celui de charpentier de marine. Mais c'est la navigation qui l'intéresse le plus. Il est d'ailleurs initié aux nouvelles méthodes de pilotage, nécessitant des connaissances en mathématiques, géométrie et astronomie. Jusqu'alors, les Anglais s'étaient plutôt fiés à la tradition orale.. Les cartes et les instruments de navigation changent la donne...
Adams se marie et a une petite fille , ce qui ne l'empêche pas de partir pour Rotterdam, en Hollande, où il a eu vent d'une expédition secrète qui va partir sur la route des Indes. A 34 ans, le commerce avec l'Afrique l'ennuie et rallier comme pilote une flottille de cinq navires hollandais qui pourrait faire un peu de pillage et dont l'équipage est constitué de racailles sortie des bas-fonds et des prisons a de quoi le ravir ! Il quitte l'Angleterre en 1598 accompagné de son frère Thomas.
Le 24 juin 1598, le Hoop, le Geloof, le Liefde, le Trouw et le Blijde Boodschop s'engagent dans la manche. L'option est prise de passer par l'Amérique du Sud et de doubler le Cap Horn. La flottille arrive au Cap Vert, possession portugaise où le ravitaillement leur est refusé. Après un coup de main qui fait tomber la citadelle de l'île de Praya aux mains des marins, ceux-ci doivent l'abandonner sans pour autant avoir trouvé du ravitaillement. Il faudra en trouver sur une île plus lointaine, celle de Buono Anno mais qui se révèlera infestée de Portugais. Tenter sa chance auprès d'une tribu de la côte africaine sera aussi infructueux. Il faut donc partir pour le Cap Horn en affrontant la famine, les maladies dues aux privations, le froid et les populations indigènes hostiles.
Ce passage fut si rude que les navires en sortirent séparés. Le Blijde  Boodschop, gravement endommagé dériva plusieurs semaines avant d'être capturé par les Espagnols, le Geloof abandonna et parvint à Rotterdam en juillet 1600, le Trouw qui mit le cap sur les Indes Orientales fut pris par les Portugais. Quant au Liefde et au Hoop, ils firent jonction à un point de rendez-vous sur la côte du Pérou.
Au cours d'une expédition de ravitaillement, plusieurs marins dont le frère de Adams ainsi que le capitaine du navire furent massacrés par des tribus sauvages. Quelques marins désespérés quittèrent le Liefde à bord d'une chaloupe. On pense qu'ils prirent pied à Hawaii, cent cinquante ans avant James Cook.
Ne sachant que faire, les capitaines des deux navires restant décidèrent de rallier la Chine ou le Japon où la cargaison de lainages pourrait être mieux écoulée qu'en zone tropicale. Hélas, au cours d'une tempête, le Hoop chavira et fut perdu corps et biens.
C'est le 12 avril 1600, presque 60 ans après Pinto, que William Adams se présenta à bord du seul navire rescapé de son expédition devant le port de Bungo. Il n'avait plus comme équipage qu'une petite vingtaine d'hommes dont seulement 6 tenaient sur les jambes, si bien que lorsqu'une barque remplie de japonais accosta le navire et vola tout ce qu'il présentait de valeur, nul ne fit un geste pour les en empêcher.
Depuis un demi-siècle les jésuites avaient commencé leur oeuvre d'évangélisation. C'est véritablement sous la conduite d'Alessandro Valignano que les choses avaient évolué. En effet, les premiers missionnaires avaient gardé leurs mœurs et coutumes, ce qui choquait les autochtones, et s'intéressaient aux pauvres et aux malades, ce qui était incompréhensible dans la société japonaise de l'époque.
Valignano avait compris que pour faire des émules, il fallait se mettre au diapason de leurs hôtes. Ainsi les jésuites copièrent les us et coutumes japonais dans les moindres détails, dans leurs actes, dans leurs vêtements, dans leur façon de se nourrir, de se comporter. Les hôpitaux occidentaux ne furent plus ouverts qu'aux nantis. Ce fut le prix de 150000 conversions !
Les jésuites avaient eu tout loisir d'apprendre la langue locale et de présenter le monde occidental à leur convenance.
L'arrivée d'un navire sous pavillon Hollandais, avec un pilote Anglais, rempli de protestants, fut un coup de tonnerre dans un ciel bleu.
Les jésuites insistèrent auprès du seigneur des lieux, Tokugawa Ieyasu, pour que l'équipage du Liefde soit crucifié comme pirate.
Ieyasu était un homme puissant, obèse, excellent stratège et membre du conseil des régents. L'Empereur du Japon n'avait aucun pouvoir mais tel n'était pas le cas de son premier ministre Toyotomi Hideyoshi qui laissa à sa mort un fils de cinq ans. 5 régents, dont Ieyasu, furent désignés afin de pourvoir aux affaires de l'empire jusqu'à la majorité du fils de Hideyoshi.
Adams fut choisi pour parler au nom de tout l'équipage et emmené à Osaka, devant le régent Ieyasu, lequel le pressa de questions. L'anglais lui apprit que le monde occidental n'était pas fait d'une seule pièce et encore moins sur le plan de la foi que sur le plan politique, contredisant les affirmations des jésuites.
Adams connut la prison. Mais Ieyasu résista aux pressions et rappela le pilote à ses côtés. Il fut très intéressé par les armes et surtout les 18 canons du bord du Liefde. Et quand les 4 autres régents décidèrent de l'anéantir, les canons hollandais tonnèrent dans la bataille de Sekigahara.
Sorti vainqueur d'un affrontement qui avait regroupé 150000 hommes, Ieyasu devint le maître incontesté de l'île et se para, aux côtés de l'Empereur, de l'ancien titre de "Shogoun", c'est-à-dire chef de guerre de l’Empire.
Le navire Liefde devait alors sombrer, vermoulu, n'étant plus entretenu et ayant subit de multiples dommages durant son périple. Les occidentaux devaient donc attendre qu'un navire anglais ou hollandais aborde ces terres reculées s'ils voulaient être secourus.
D'un commun accord, les hommes se séparèrent en partageant les maigres fonds dont ils disposaient.
William Adams resta auprès du Shogoun, apprit la langue et construisit pour le compte de son seigneur deux navires sur le modèle du Liefde. Il épousera une japonaise, Oyuki dont il aura deux enfants et un troisième lui naîtra d'une servante sur l'île d'Hirado.
Les Portugais vont essayer de se débarrasser de cet encombrant hérétique, notamment en tentant de le convertir et de le soudoyer. Rien n'y fait.
Les honneurs pleuvent sur William Adams à présent très intime avec le shogoun dont il devient le conseiller et l'interprète officiel, évinçant les jésuites qui lui vouent une haine d'autant plus féroce que leur influence est sur le déclin.
En effet, le grand vaisseau de commerce portugais de 1609 en provenance de Macao arrive comme chaque fois dans le port de Nagasaki. Or le capitaine du "Nossa Senhora de Graça", André Pessoa a eu en Malaisie de graves différents avec des japonais qui réclament réparation. L'affaire s'envenime tant que Ieyasu donna l'ordre au seigneur dont dépendait Nagasaki de confisquer le vaisseau et de tuer Pessoa.  Pendant l'assaut le navire explosera et coulera corps et bien, avec son capitaine et ses matelots.
Quelques temps plus tard, une délégation espagnole menée par Sebastian Vizciano, ambassadeur de la Nouvelle-Espagne sera reçu par le Shogoun. Mais l'outrecuidance et l'orgueil de Vizciano ainsi que ses exigences démesurées finiront de ternir l'étoile des ibériques au pays du soleil levant.
Adams reçoit le titre de Hatamoto, ce qui le fait entrer de plein pied dans l'élite des guerriers japonais, dépendant directement du Shogoun.
Il reçoit en outre le fief de « Hemi » sur la côte et une maison à Edo. Bien qu'il atteigne un niveau de revenus et de respectabilité qu'il n'aurait jamais pu approcher en Angleterre, sa terre natale et sa famille lui manquent.
Il confie lettres sur lettres aux Hollandais qui accostent au pays du soleil levant, mais ceux-ci ne font pas suivre le courrier, trop heureux d'avoir un homme aussi bien introduit dans les milieux du pouvoir...
Adams aidera même à la création d'un comptoir Hollandais mais qui prospère très mal. C'est seulement en 1611 qu'il apprendra que des anglais ont établi un comptoir en Malaisie, à Bantam sur l'île de Java, distant de 2 mois de mer de Edo au plus... La duplicité des Hollandais l’écœure.
Les Anglais essayent de s'implanter mais l'air et les dangers de la Malaisie leurs sont peu profitables. Le "Globe" sous pavillon britannique veut faire voile vers le Japon, incité à venir commercer par un courrier de Adams. Le capitaine tente de trouver des marchandises intéressantes pour cette destination mais devant les ennuis qui s'amoncellent, renonce au voyage.
C'est un capitaine du nom de John Saris qui sera à nouveau mandaté par la Compagnie des Indes Orientales pour ouvrir un comptoir au Japon. Il reçoit des lettres du Roi Jacques 1er pour le Shogoun. Il doit en outre prendre contact avec William adams.
Après deux ans de mer, le "Clove" aborde l'île de Hirado dont le seigneur local fait envoyer des messagers auprès du samouraï anglais, lequel arrive au plus vite, quelques semaines plus tard.
La rencontre est de plus froides. Adams est imprégné des mœurs japonaises et ses compatriotes ne le comprennent pas. De plus, les choix de cargaison de Saris sont très discutables et les amitiés hollandaises d'Adams sont d'autant mal prises qu'un comptoir concurrent est présent sur cette île même.
Saris doit porter la lettre du roi d'Angleterre au Shogun. Lors de son périple jusqu'à la capitale, il a le temps de s'émerveiller de la beauté du pays, de la bonne tenue des villes et des routes. Mais à la cour de Ieyasu, il se montre d'une grave impolitesse mais le Shogoun ne s'en émeut pas. Avant de regagner Hirado, Adams demande encore une fois à son suzerain de retourner chez lui. Il n'a pas vu sa famille depuis quinze ans... Contre toute attente, sa requête est acceptée. Il est autorisé à repartir avec le "Clove".
Mais la perspective de passer plusieurs années auprès du capitaine Saris ne le satisfait guère. Il laisse donc partir le navire, mais auparavant s'est fait officiellement embaucher par la Compagnie de Indes Occidentales pour un salaire énorme. Salis a décidé, contre son avis, de bâtir un comptoir à Hirado et laissé avec lui sept hommes qui ont donc pour mission d'établir une "factorerie" et d'initier des relations commerciales avec les partenaires locaux dans l'attente des navires de la Compagnie devant rapporter les marchandises d'Angleterre.
Les occidentaux s'acclimatent peu à peu aux mœurs japonaises. Ils disposent de locaux, de gens de maison et certains prennent femme. Des relations amicales se nouent non seulement avec les seigneurs, marchands et paysans japonais mais aussi avec les Hollandais de la "factorerie" concurrente !
Sir Thomas Smyrthe, patron de la Compagnie des Indes Orientales organise une rencontre avec ses investisseurs et Salis dès son arrivée en septembre 1614 afin de juger le potentiel commercial du Japon. Dans le but de plaire, Salis désignera des marchandises invendables comme très demandées, ce qui aura pour effet d'envoyer à Hirado une cargaison complètement inadaptée.
Soupçonneux devant les faibles bénéfices des factoreries, les investisseurs de la CIO enverront sur place un "gouverneur" qui dressera un portait affligeant des comptoirs anglais. Les "facteurs" ont le plus grand mal à faire des affaires ; leurs hommes meurent soit de maladie, soit en se battant entre-eux ou avec les indigènes. Et puis des fonds sont effectivement détournés...
Sur le plan politique, Ieyasu doit faire face à des refus d'obéissance de certains seigneurs chrétiens, ce qui le met si en colère contre cette religion qui sape son autorité qu'il promulgue en 1614 un édit chassant les chrétiens occidentaux de son Empire et exigeant des autochtones qu'ils rentrent dans le rang sous peine de mort ! Les Anglais et les Hollandais ne sont pas touchés par cette mesure car Adams a bien différencié auprès de son seigneur le protestantisme du catholicisme...
Mais le problème vient du fils de l'ancien premier ministre, Hideyori, qui a à présent 22 ans. Bien qu'ayant épousé une fille de Ieyasu, il sait que son beau-père ne voudra jamais lui laisser le pouvoir. Il cristallise autour de lui le mécontentement envers le Shogoun et, sachant qu'ils n'ont pas d'autre alternative, les seigneurs chrétiens se rangent derrière lui. L'affrontement est inévitable.

C'est plus de 270000 hommes qui vont s'affronter devant la citadelle d'Osaka en décembre 1614 . 100000 y laisseront la vie. Les seigneurs chrétiens feront flotter des bannières aux couleurs des saints occidentaux ce qui décuplera l'ardeur au combat de Ieyasu. Finalement vaincu, Hideyori se suicide.
Tokugawa Ieyasu meurt le 17 juillet 1616 et son fils, Tokugawa Hidetada lui succède. Les anglais et les Hollandais doivent faire confirmer par le nouveau Shogoun leurs droits et titres, mais Hidetada les fait languir pour finalement accéder à leur demande avec une restriction de taille ; le commerce des occidentaux ne peut avoir lieu que dans l'île de Hirado, ce qui porte un coup énorme à la factorerie.
Bien que n'étant plus sous contrat avec la CIO, Adams continue à aider les anglais en organisant des expéditions au Siam et au Tonkin ce qui permet de rapporter quelques revenus et évite la faillite de la factorerie.
Mais bientôt les relations entre Anglais et Hollandais se détériorent, ces derniers évinçant manu militari leurs anciens partenaires de certaines factoreries de Malaisie et se livrant à des attaques sur certains navires de leurs anciens alliés.
A Hirado, les chefs des factoreries Anglaises et Hollandaises, Richard Cocks et Jacques Specx entretiennent de très bonnes relations jusqu'à ce que, le 8 août 1618 un navire anglais capturé par les Hollandais soit mené dans la baie de l'île. Dès lors, les anglais ne devront leur survie qu'à la protection des japonais.
Mais le Shogoun est las de ces disputes qui ne le concernent pas, d'autant qu'il doit faire face à des problèmes internes car les jésuites reviennent dans le plus grand secret reprendre leur mission. Hidetada procèdera a des exécutions en masse.
Les Anglais et les Hollandais mettent fin à leur conflit sur le dos des Espagnols et des Portugais dont ils veulent piller les richesses.
Le 16 mai 1620, après avoir dicté son testament, William Adams rend l'âme. C'est véritablement la fin d'une époque. En effet, les marchands de la CIO envoient Richard Fursland pour mettre fin aux activités de la factorerie de Hirado dont les dirigeants et employés sont sommés de rentrer au pays, laissant derrière eux des femmes, des enfants, des amis.
Les descendants du Samouraï William sont confirmés par le Shogoun dans toutes leurs possessions et titres. Mais son fils, Tokugawa Iemitsu, fermera en 1637 le pays à tous les étrangers, sous peine de mort.
Lorsque le Japon rompra cet isolement 200 ans plus tard, les Anglais qui débarquèrent furent étonnés de voir un de leurs compatriotes mort deux siècles plus tôt, un certain William Adams, toujours dans les mémoires et encore fêté avec respect et dévotion...

Mon Avis

J'avais adoré la série "Shogun" avec Richard Chamberlain dans le rôle du pilote John Blackthorn. Ayant appris que cette histoire était inspirée de faits réels, trouver ce livre a été une aubaine. Nous voilà au cœur du Japon médiéval avec une histoire que l'on croirait romanesque tant elle est riche. Mais ce sont bien des faits réels, accomplis par des hommes de chair et de sang. C'est le temps de l'aventure, la vraie. Des quantités de peines et d'espoirs y côtoient la maladie, la mort, la fortune. L'Homme y est au sommet de sa grandeur comme au plus profond de sa médiocrité.
Dans ce livre, l'histoire fait l'Histoire. Laissez-vous emporter vers ces lointains rivages !


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