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Publié le 02 février 2009 à 07:54
Par jjjberland





Assemblée Générale pigmentée,
couleurs tropicales
 ambiance insulaire.
Même les sociètaires de l'Ile de Ré, de l'Ile d'Yeu étaient représentés!
Tout ce beau monde et ces belles couleurs réunis à l'Ile d'Olonne!

Une centaine de personnes présentes sur les 120 sociètaires de l'APPO montre l'intensité de la vie de notre association.
Les candidats ont été élus.
Le punch, les boudins antillais, les accras, le colombo appréciés.

Un grand merci à Gérard, Liliane et à l'équipe dont ils ont su s'entourer pour assumer avec talent la charge de cette organisation bordée avec autant de soin et d'efficacité que le code zéro de Foncia!

Bravo à notre président, lui aussi réélu, qui a su utiliser toute sa force de persuasion pour que Michel Desjoyeaux retarde son arrivée au lendemain afin de ne pas perturber notre AG !!






Publié le 01 février 2009 à 12:05
Par jjjberland
Humeur : Souriante
Voici quelques photos montrant une autre face de la France.....


La Savoie en janvier


La solitude en montagne.


La haut, on trouve la mer ...    de nuages...


     J et G
Sous le Vent
Publié le 19 janvier 2009 à 13:33
Par jjjberland
El Sol de Oro




C’est le nom d’un trois mâts espagnol armé pour la piraterie par une bande de galériens évadés.

Son aventure se déroule au début du XVIII éme siècle.
La légende raconte que ce trois mâts disparût à jamais dans les îles du pacifique.
Son équipage, séduit par le charme de femmes uniquement vêtues de colliers de fleurs, s’était perdu dans les délices de cette vie insulaire.





Ne restait d’eux, que le souvenir d’une chanson qui se fredonne toujours dans les milieux traditionnels de la marine ibère.

En una isla de putas   
(Sur une île de putains)
El Sol de Oro paro  
(le Soleil d’Or a mouillé)
Y olvidamos a Christo
   (Nous avons oublié le Christ)
La nave allà quedo    
(le navire resta là bas)



Le souvenir populaire a, comme souvent, simplifié et édulcoré une réalité un peu différente!


Le 19 septembre 1729, le Sol de Oro naviguait à huit cent milles dans l’est des Lucayes (c’est ainsi qu’étaient nommées les Bahamas en ce temps).
                  Au petit jour, un cri tomba de la vigie:
                               -« une voile sur tribord avant! ».

La chasse était donnée.

Toute la toile envoyée, les écoutes raidies, le trois mats, enlevé par une petite bise favorable, gagnait nettement sur sa proie.

 S’apercevant de la chasse, le gibier à son tour, envoya toute sa toile pour s’enfuir le plus vite possible.

Le Sol de Oro, plus fin voilier et mieux mené par son équipage aguerri, gagnait lentement et régulièrement si bien qu’à la fin de la journée il était pratiquement à portée de canon.

Il y avait déjà quelques heures que le capitaine des pirates, Gomez Carrito, avait identifié son gibier comme étant le Stella Maris, un marchand du Havre de Grâce, qu’il savait armé au plus de six pièces de douze et de deux de seize, soit trois fois moins de puissance que lui-même.



Escomptant une riche cargaison, il ordonna le branle bas.
Lorsque chacun fut à son poste, il fit tirer un coup de semonce.
Le boulet plongea sans force à près de cinquante brasses du château arrière du Stella Maris.

A ce moment, le soleil se couchait et la brise déjà évanescente, mollit. L’assaillant savait combien la nuit était propice au défenseur.

Il ordonna de choquer les écoutes et les étais, fit porter les ancres sur l’arrière et regroupa l’équipage sur la poupe, chacun portant deux boulets…

 Rien n’y fit!

La brise faiblit encore jusqu’à disparaître complètement.
Les deux navires, immobiles, se balançaient en cadence à une dizaine d’encablures.
L’aube trouva les deux bateaux encalminés dans la même situation que la veille.
Sur la mer lisse chacun attendait un vent qui ne venait pas!
Dans le milieu de l’après midi, la vigie signala une chaloupe débarquée du Stella Maris qui nageait vers eux.
Les bouches à feu furent pointées, mais les rameurs, prudents, donnèrent un large tour au Sol de Oro pour l’approcher par la poupe et s’arrêtèrent hors de portée des mousquets.

Un des rameurs fit comprendre qu’il était porteur d’un message.

Le canot vint donc contre la muraille du trois mâts et le message fut hissé à bord.
L’embarcation s’éloigna sans attendre la réponse.

Le message fut traduit:

 « Monsieur, nous ne nous rendrons pas. Je connais votre bateau et sais ce qu’on peut attendre de gens de votre espèce. Sans doute êtes vous plus rapide que moi et aussi mieux armé, mais je le suis assez bien moi-même, et si vous me contraignez à un engagement, un coup heureux peut vous envoyer par le fond.
En tout cas vous ne vous en tirerez pas sans dommage.

D’autre part la nuit n’a pas de lune en ce moment et si le vent vient à rentrer pendant l’obscurité je ferai route dans une direction que vous ne pourrez prévoir.
 Sur dix chances, j’en ai donc quatre de mon coté, mais six sont du vôtre et c’est trop à mon goût.

Je vous propose donc de vous livrer la cargaison, plus deux barils de malvoisie et une caisse de cinq mille pistoles destinées au gouverneur de la Nouvelle Orléans, sous condition que vous me laissiez librement continuer ma route.

Si vous acceptez, hissez un signal blanc et envoyez vos chaloupes menées par des rameurs sans armes.
Ils pourront emporter le butin.
Si vous refusez et que nous n’ayons d’autre issue, nous combattrons et à la dernière extrémité, ferons sauter notre navire dans l’espoir de vous envoyer en enfer."
Ronan, Benoît, Marie de Kervarech.


Ce message fit éclater de rire la bande de pirates: une souris qui offre son fromage au chat pour se tirer d‘affaire!

Après le rire vint la réflexion.

Tout compte fait, pourquoi se battre pour obtenir une fortune offerte?
Et puis qui empêchera les pirates, la transaction effectuée et le vent revenu, d’attaquer le Stella Maris?

Un pavillon blanc fut envoyé.

Les canots mis à l’eau, bientôt arrivèrent sous la muraille du marchand.

Lorsque les canots en retour se furent suffisamment rapprochés, le capitaine des pirates fut surpris de constater que ceux-ci ramenaient une quarantaine de jeunes femmes joyeuses et souriantes bien qu’enchaînées.

La surprise laissa place à l’opportunisme.
Après tout l’Amérique manque cruellement de femmes et nous pourrons les négocier un bon prix..., après nous en être repu .

Une vague d’enthousiasme envahit soudain le bateau.
Les femmes, les pistoles, et les tonneaux furent transbordés et la ripaille commença sans plus attendre.

Au milieu de la nuit le vaisseau ressemblait à un bateau fantôme au pont jonché de corps endormis et entrelacés.

Des têtes apparurent au dessus des lisses.

Les hommes du Stella Maris l’envahirent, récupérèrent les pistoles, les femmes faussement endormies, puis s’éloignèrent prestement du Sol de Oro avant que celui-ci, miné, n’explose dans un tonnerre lumineux perçant le calme de la nuit.



" Mesdemoiselles,"  dit Kervarech en s’adressant aux femmes, "pardonnez moi de vous avoir fait enchaîner, vous avez réussi à renverser sur vous sans boire la malvoisie additionnée de narcotique, je vous félicite de votre acte de bravoure, vous ne vouliez plus de votre métier alors vous l’avez exercé pour la dernière fois; nous ne débarquerons pas à la Nouvelle Orléans. Avec l’accord de M le Gouverneur, je vous ramènerai en France et vous ferai récompenser afin que vous puissiez mener sans entrave une vie que la misère vous a toujours refusée."





Publié le 12 janvier 2009 à 16:21
Par jjjberland
 

Un  auditoire attentif...Enfin presque!



Photo Mireille

       Un intervenant inhabituel: l'auteur d'un roman sur le Vendée Globe!


Photo Mireille

Un roman original déjà présenté par Patrick Brunet sur ce blog...


Photo Patrick

Des invités Rétais...


Photo Mireille

Des galettes aussi abondantes que succulentes...et toujours des bonnes volontés.


Photo Mireille
Ainsi va la vie à l'APPO en ces temps de Rois Mages!
Publié le 07 janvier 2009 à 20:49
Par jjjberland

Dans son article original sur Willy De Ross, Guy cite le nom de son bateau, Williwaw, en référence à ces bourrasques soudaines, d'air glacial qui descendent avec brutalité des sommets de Patagonie.

Elles sont redoutables notemment dans le détroit de Le Maire (pas Guy mais Jacob), qui en cherchant un passage de l'Atlantique vers le Pacfique découvrit (1616) cette route entre le continent et l'Ile des Etats, théâtre du célèbre roman de Jules Verne, "Le phare du bout du monde". Ce phare, retrouvé et reconstruit par André Bronner en 1994, a une réplique à l'entrée du chenal du port des Minimes.
 



Pour vous rappeler vos jeunesses, pleines de rêves aventureux, vous trouverez à la suite un résumé du roman de J.Verne.


L’ILE DES ETATS




 A moins de sept degrés du cercle polaire antarctique, c’est la terre la plus australe de l’Amérique du sud.

Baignée par les eaux des deux Océans, Atlantique et Pacifique, elle est recherchée par les navires qui passent de l’un dans l’autre, qu’ils viennent du nord-est ou du sud-ouest, avant ou après avoir doublé le cap Horn.

Cette terre est séparée du continent Sud-Américain par un bras de mer, large de 15 milles nautiques, qui porte le nom de détroit de Le Maire.
De l’autre coté c’est la Terre de Feu, patrie des Patagons.

Ce détroit est très avantageux car il raccourcit considérablement la route et permet de se mettre à l’abri des formidables houles qui battent le littoral est de cette île.
Les côtes de l’île sont extrêmement déchiquetées.
C’est une succession de baies et de criques dont les entrées périlleuses sont défendues par des cordons d’îlots et de récifs insoupçonnés.
Aussi, de très nombreux naufrages s’y sont produits.
Cette terre se nomme l’Iles des Etats.


De nombreux navires, cherchant l’entrée du détroit de Le Maire, surpris par des vents puissants contre lesquels ils ne pouvaient lutter, se sont précipités sur les falaises à pic, ou les récifs sournois, sur lesquels la mer brise avec fureur, même les jours de grand calme.
 
La belle saison commence sur cette terre au mois de novembre et se prolonge jusqu’en février.
Pendant ces quelques mois l’épaisse couche de neige, qui recouvre les vastes plaines fond, et le timide soleil antarctique réchauffe suffisamment le sol pour que les prairies reverdissent.
Mais cette courte période de clémence climatique ne permet à aucune espèce animale de vi
vre sur cette terre de désolation.
Le vent, toujours puissant ne laisse aucune chance à la végétation, et les arbustes les plus hauts ne dépassent pas quarante centimètres.
Cependant on y trouve quelques couples de guanaques, sortes de daims très rustiques, dont la chair est assez bonne si elle est rôtie convenablement.



De part et d’autre de ces plaines s’étendent des plateaux rocheux, coupés de gorges profondes, sillonnés de longs cortèges de blocs erratiques où se dressent des pics à l’altitude considérable qui terminent la chaîne andine.
Ni rivière, ni ruisseau, ne sourdent de ce sol pierreux, et la seule eau douce qu’on y trouve est celle qui résulte de la fonte des neiges, piégée par le relief, sous forme de petits lacs.
Si la faune et la flore sont à peine représentées sur cette île, en revanche sur le littoral le poisson abonde, les coquillages prolifèrent, les crustacés pullulent, et la gent volatile est très présente.



Malgré ceci, cette île reste totalement inhabitable et ni l’Argentine ni le Chili, les pays les plus proches, ne revendiquent sa propriété.






LE PIRATE ET SA BANDE



 L’hostilité de cette terre est aussi sa richesse…. Une bande d’une douzaine de malfaiteurs a élu domicile sur la côte est où ils ont découvert une profonde caverne creusée dans la falaise qui leur procura un abri sûr.

Ces hommes au tempérament violent et énergique ne reculaient devant aucun crime.
En fuite de l’Argentine toute proche, poursuivis pour leurs crimes odieux, ils avaient échappé à la pendaison en se réfugiant en Terre de Feu.
Là, ils apprirent que les naufrages étaient fréquents sur l’Ile des Etats…..



Nul doute que ses rivages étaient couverts des innombrables richesses que transportaient les navires qui s’y perdaient.
Ils décidèrent donc, à l’aide d’une embarcation légère d’aller écumer les rives de l’île pour y confisquer les richesses qui devaient s’y trouver.
Malgré leur connaissance de la navigation ils ne purent éviter le naufrage en arrivant aux abords de la côte ouest de l’île. Surpris par un coup de vent, leur embarcation se brisa sur les falaises abruptes.

C’est alors qu’ils gagnèrent à pied la côte est de l’île. Leur long et pénible voyage à travers le terrain quasi impraticable fût récompensé par la découverte fabuleuse des restes des naufrages: lingots d’or et d’argent, armes, munitions, poudre, étoffes, caisse de vêtements, bois exotiques, caisses de nourriture, fût d’eau de vie et de vin et pas un seul survivant de ces sinistres fortunes de mer….

Toutes ces richesses furent mises en sûreté dans leur grotte.

Installés sur la pointe nord-ouest ils bénéficiaient d’un point de vue idéal pour surveiller l’approche des navires cherchant le détroit.

Maintenant qu’ils étaient riches, ils ne leur restaient plus qu’à s’emparer d’un navire attiré vers la baie, pour charger leur butin et partir couler des jours tranquilles dans les îles du Pacifique où personne ne les retrouverait plus jamais.

Deux années s’écoulèrent sans qu’ils ne puissent s’emparer d’aucun navire.

Il est vrai que ce temps fût mis à profit pour augmenter leurs richesses, grâce aux naufrages qu’ils provoquèrent, tuant les quelques membres des équipages qui survivaient à la catastrophe.
Mais, la bande était toujours prisonnière de cette terre désolée car tous les navires qui s’y perdirent furent irrémédiablement détruits.

Le temps leur devenait insupportable et les hivers si durs que le groupe perdait le moral.

Brusquement la situation fût bouleversée.

LE PHARE




Un steamer battant pavillon argentin paru en vue de l’île.

Il avait l’air de faire route directe sur elle, et quelques heures après, il manœuvra pour donner dans la baie occupée par la bande de pirates.
Il s’agissait d’un bateau militaire de la Marine Argentine, le Santa Fe, bien trop armé pour que la bande puisse espérer s’en emparer.

Le chef de la bande pris la sage décision d’effacer toute trace de présence et de se replier vers la côte ouest qu’il connaissait déjà pour y avoir débarqué après leur naufrage.

Les richesses furent laissées dans la caverne.

Kongre comprit, en voyant les ouvriers débarquer que la construction d’un phare se préparait.

Il prit donc le parti d’attendre patiemment que le phare fût construit et que le steamer reparte vers l’Argentine.
La construction dura quinze mois.

Kongre et sa bande de pirates attendaient patiemment que le steamer s’en aille et que les gardiens restent seuls à la veille et à l’entretien du phare.

Dans la nuit du 9 au 10 décembre 1884 une lumière jailli sur la côte est de l’île : le phare venait de s’allumer, la construction était terminée, le steamer allait repartir….




 Moriz, Felipe et Vasquez allaient rester seuls sur l’île pour veiller sur elle, sur l’océan qui la ceint et le phare qui protège désormais les navires.

Le jour était proche ou les bandits allaient quitter leur refuge, revenir vers l’autre extrémité de l’île, en redevenir les maîtres et les seuls occupants.

Ils auraient alors du temps devant eux, jusqu’à la prochaine relève des gardiens, pour attirer un bateau dans la baie, avec l’aide du phare, s’en rendre maître, charger leurs richesses et se sauver dans les îles du Pacifique.



LA GOELETTE « LA MAULE ».




Tandis que Kongre et ses hommes échangeaient sur leur plan, un des hommes aperçu un navire par le travers de la côte.
Pas de doute, cette goélette cherche à embouquer le détroit.
Elle s’y engagea en effet mais dès qu’elle fût entre l’île et le continent, le vent tomba, et la malheureuse goélette, prise par le courrant s’échoua sur un haut fond.

Dès lors, il ne restait plus aux pillards qu’à accomplir leur funeste projet : attendre la nuit, se rendre à bord du navire échoué, exterminer l’équipage surpris, attendre la prochaine marée haute pour déséchouer le navire.

Ils sont enfin, en possession du bateau qui leur permettra de récupérer leurs richesses et de quitter cette île maudite.
La Maule avait subit quelques avaries lors de son échouage.
Il fallut donc réparer avant de prendre la mer pour contourner l’île et revenir dans la baie d’Elgor.
Objectif, neutraliser les gardiens du phare, embarquer le butin sur la goélette et se sauver dans les îles de l’Océan Pacifique pour y vivre de leurs richesses si mal acquises.

Dans la soirée du deuxième jour de navigation, la Maule et son équipage de bandits se présentèrent à l’ouvert de la baie….

Du haut du phare, Vasquez, le troisième gardien vit avec plaisir le navire visiteur venir relâcher dans ce havre de tranquillité ; comme il vit, avec joie, ses deux compagnons mettre leur chaloupe à l’eau pour aller accueillir les nouveaux venus…

Mais il vit aussi ses compagnons monter à bord et aussitôt les pieds sur le pont se faire massacrer par les pirates de la Maule.

Vasquez compris que sa vie était en danger.

Il jeta rapidement quelques provisions dans un sac et se sauva à toute jambes vers l’intérieur de l’île pour échapper au sort funeste qui l’attendait s’il tombait aux mains de ces assassins.
La nuit s’annonçait longue pour Vasquez…

Nul doute que les bandits allaient investir le phare, éteindre sa lampe pour ne pas risquer d’être importunés par un autre navire désirant relâcher dans la baie.
Alors, consultant les documents du phare, ils découvriraient l’existence d’un troisième gardien et se mettraient à sa recherche pour l’éliminer comme ses infortunés compagnons.
Vasquez devait donc trouver un lieu sûr, où il pourrait se cacher et survivre jusqu’au départ de ces brigands.
Il suivit la rive nord en longeant le pied de la falaise et ne trouva d’autre abri qu’une étroite anfractuosité dans laquelle il passa la nuit.

Bien avant le lever du jour, Vasquez partit en reconnaissance pour observer ce qui se passait du coté de la baie.
Le phare éteint, la navigation était devenue dangereuse pour les bateaux comptant sur sa présence.
Ils le chercheraient en vain, et ne le trouvant pas, seraient trompés sur leur position et se jetteraient à coup sûr sur ces côtes redoutables.

Du coté du phare, il n’y avait aucune animation particulière, tout semblait calme et paisible.

Vasquez assis sur un rocher réfléchissait à son sort : sans doute les pirates pensaient-ils qu’un homme seul sur cette île désolée, sans nourriture suffisante et sans abri, ne pourrait survivre bien longtemps.
Il décida donc de chercher un abri qu’il trouva dans la falaise, situé suffisamment haut pour être hors de portée des plus hautes marées.
On y pénétrait par un orifice très étroit mais une fois à l’intérieur l’espace s’élargissait de façon à former une salle assez grande pour y faire un feu.
Il y déposa les quelques provisions qu’il avait eu le temps d’emporter dans sa fuite, se désaltéra au ruissellement de l’eau sur la paroi de la grotte.

Il se disposait à sortir quand un bruit éveilla sa prudence….

couché sur le sol, il aperçu une chaloupe montée par quatre hommes faisant route le long de la falaise.
A la manière dont elle naviguait, Vasquez compris que ces hommes ne le cherchaient pas, et n’étaient pas non plus en exploration de cette partie de la baie qu’ils avaient l’air de bien connaître.
Soudain les avirons se levèrent et la chaloupe, sur son erre, vint accoster sur la grève, à quelques pas sous la cachette de Vasquez.
Les hommes en descendirent, et trois d’entre eux se dirigèrent vers la falaise pendant que le quatrième assurait la veille.

Les trois hommes s’engagèrent dans une anfractuosité à peine visible de la falaise.
Vasquez les observait…

Il comprit que ces brigands n’étaient pas tombés par hasard sur l’Île des Etats.

Sans doute y étaient-ils depuis longtemps, dérangés par la construction du phare, ils souhaitaient en reprendre la maîtrise.

Sans doute avaient-ils caché par ici leur butin….

Après une bonne heure, les bandits ressortirent de la caverne, et Vasquez pu les voir embarquant des outils, des pièces de bois, des provisions, des vêtements…

L’embarcation appareilla et disparue rapidement derrière la falaise.
Ne craignant plus d’être vu, Vasquez sortit de sa grotte et se rendit dans la cachette des pirates.

Il constata qu’il y avait là des richesses fabuleuses, or, pierres précieuses, étoffes fines, épices, bois précieux, vêtements en quantité et provisions abondantes. Vasquez su alors qu’il pourrait sans crainte profiter de ces vivres.

Il savait maintenant que les pirates souhaitaient quitter l’île avec leurs richesses.
 Sans doute seront-ils prêts avant le retour du Santa Fé, le bateau militaire qui doit amener les gardiens pour la relève.

Vasquez n’eut plus qu’une idée en tête : retarder coûte que coûte le départ des pirates et les faire tomber aux mains de la justice Argentine.

Avançant prudemment vers la baie où était ancrée la Maule, Vasquez pu se rendre compte que des réparations importantes étaient entreprises.

 Il avait fallu échouer la goélette, la délester de sa cargaison et la coucher sur le coté pour intervenir sur sa coque. Réparer les avaries en vue d’une longue navigation, transporter la cargaison des richesses, allait prendre du temps !


De son coté, Kongre savait par le livre de bord du phare, qu’il avait assez de temps avant l’arrivée de la relève.
Il savait aussi qu’il y avait un troisième gardien en fuite, mais ne s’en souciait guère, pensant qu’un homme sans vivre ne peut tenir longtemps sur cette terre hostile.
Seul le très mauvais temps qui régna pendant une semaine sur la baie en retardant le travail de réparation du navire, inquiétait Kongre.

Plusieurs bateaux passèrent tout près de l’île.
Vasquez tenta chaque fois en vain, d’attirer leur attention, en allumant des feux ou en faisant des signaux.

Pendant ce temps les pirates commencèrent à transporter leurs richesses de la grotte vers la baie.
Dès lors Vasquez devait redoubler de prudence quand il se rendait dans la grotte pour y prendre les provisions dont il avait besoin.
Surveillant les travaux, il s’aperçut que la Maule était presque en état de prendre la mer.
Il restait à embarquer le lest et le chargement.
Ce serait chose faite dans quelques jours.

Vasquez enrageait à la pensée de voir cette bande de gredins, échapper à la justice.
Plus grave, la caverne vidée, les pirates partis auraient aussi pillé les réserves du phare : comment ferait-il pour survivre jusqu’à l’arrivée de la relève ?

Le ciel devenait menaçant, la tempête s’annonçait qui allait retarder le départ de la Maule.
Les rapides risées qui courraient sur la surface de l’eau ne tardèrent pas à se changer en écume blanche coiffant le sommet des puissantes lames qui se précipitaient sur le pied des falaises.
Sur l’Île des Etats, les tempêtes ne sont pas de simples coup de vent comme sous nos latitudes, elles durent...
Le soir tombant, Vasquez sur la grèves regardait la mer en furie quand dans la pénombre il aperçut une voile qui faisait route vers l’île.
Sans doute un bateau cherchant le phare et voulant s’abriter dans la baie !

Mais les gredins se gardaient bien d’allumer le phare !

Le navire allait le chercher, ne l’apercevant pas il va se croire loin de l’île et se fracasser sur ses côtes !

 Alors Vasquez décida, au risque de se faire découvrir d’allumer un feu pour alerter le navire d’une côte toute proche.
Mais le temps qu’il rassemble bois et varech sur la pointe du cap, une masse imposante se souleva sur les lames, au beau milieu de récifs.
Dans un fracas épouvantable il perçut les cris de détresse et en quelques minutes plus rien d’autre que le hurlement de la mer et le sifflement des rafales.

Le lendemain la tempête faisait toujours rage.

Avec le jour, il put distinguer le navire éventré, la mâture ravagée.
Vasquez se rendit près de l’épave.
Il devait redoubler de prudence car les pirates savaient bien sûr qu’un navire avait fait naufrage, et ils ne tarderaient pas à venir le dépouiller.
C’était un navire américain, le Century.
Le bateau étant au sec, Vasquez put y pénétrer.
Le carnage était total, la dévastation complète.
Pas un survivant ne répondit à ses appels !
De retour sur la grève, surveillant l’arrivée des pirates, Vasquez récupéra quelques vivres, quelques armes, un baril de poudre qu’il transporta en lieu sûr.

 Remontant dans sa cachette, dans une accalmie passagère, il crut entendre un cri, un appel.
 Marchant vers cette voix, il aperçut un homme étendu contre une roche.
Vite le mettre en sûreté avant que la bande n’arrive !
Il le porta jusqu’à la caverne et  entreprit les premiers soins.
L’homme respirait, n’avait aucune blessure apparente.
Il lui donna à boire et le réchauffant, il vit avec joie que le naufragé reprenait ses esprits.
Qui êtes vous ?
John Davis, le second du Century.

Il fut atterré d’apprendre qu’il était le seul survivant de la terrible nuit.
-Où sommes nous ?
-Sur l’Île des Etats !
-Mais le phare ?
-Pourquoi n’avons-nous pas vu le phare?

Alors Vasquez raconta…
la construction du phare, le départ du Santa-Fé laissant les trois gardiens seuls, l’arrivée de la Maule, l’assassina de Felipe et Moriz,… sa volonté farouche de ne pas laisser les pirates partir indemnes…


Vasquez venait de trouver dans ce vaillant marin américain, un compagnon solidaire, tout aussi déterminé à venger les crimes de ces odieux pirates.

Pour le moment la tempête était leur alliée en empêchant la Maule de quitter son mouillage.
Mais combien de temps avant que le calme ne revienne?
Sans doute assez peu, et les pirates quitteront alors l’île avec leur butin, disparaîtront dans l’ouest et iront couler des jours tranquilles dans un quelconque havre du Pacifique, sans aucune probabilité d’être découverts et inquiétés.

Les deux hommes ne pouvaient accepter cette issue!

Ils décidèrent donc de récupérer un des canons du Century et de le mettre en batterie dans un lieu stratégique devant lequel la Maule passerait obligatoirement pour sortir de la baie.
La couler?
Peu probable !
Mais lui infliger des dommages tels qu’elle ne puisse envisager un long voyage à travers l’Océan, l’obliger à regagner son mouillage pour effectuer les réparations nécessaires, et ainsi lui faire ainsi perdre le temps indispensable à l’arrivée du Santa Fé.
On était le 25 février et l’aviso devait amener la relève dans les premiers jours de mars.
Ainsi fut fait.
Alors que la Maule rebaptisée Le Carcante venait d’appareiller, au sortir de la baie, longeant la rive nord, un sifflement aigu déchira l’air suivi d’un choc qui fit tressaillir la coque de la goélette, immédiatement suivi d’une détonation!



 Se penchant au dessus du bordé, Kongre aperçut un trou un demi pied plus haut que la ligne de flottaison.
Une seconde fois la caronade fit feu une seconde fois atteignant de nouveau la coque du Carcante.
Dès lors il n’était plus possible d’envisager le voyage !

La goélette à grand peine dut regagner son mouillage et entreprendre les réparations.

Ces dommages la retarderaient-elle suffisamment ?

De leur coté les pirates avaient bien compris que l’agression n’avait d’autre but que de les retarder et qu’elle ne pouvait être due qu’au gardien échappé et à quelques survivants du dernier naufrage.
 

Il fallait réparer vite et sortir de nouveau de la baie en restant très éloigné des rives, et tout cela était possible avant l’arrivée de l’aviso.

Après examen des dégâts, le charpentier estima à soixante heures le temps nécessaire aux réparations.
Après quoi la goélette pourrait de nouveau prendre la mer et appareiller avant l’arrivée des renforts.

Les avaries réparées, la cargaison réembarquée plus rien n’empêchait les pirates de quitter ces lieux sinistres.

Vasquez et son compagnon ne pouvaient accepter cette issue.

Dans la nuit ils résolurent donc de se rendre dans la baie, de nager en silence jusqu’au mouillage du bateau et à l’aide de poudre, saboter le gouvernail du bateau.
Mais les faibles moyens dont ils disposaient n’infligèrent que peu de dommages au gouvernail et en une douzaine d’heures les dégâts furent réparés.

Ainsi auraient pu s’échapper les brigands.

Mais les choses ne se produisent jamais réellement comme on les a imaginées.

Leur départ une fois de plus fut contrarié, très contrarié !

Ceux qui connaissent le roman de Jules Verne savent le dénouement ; laissons le plaisir aux autres de le découvrir.
Publié le 04 janvier 2009 à 16:11
Par jjjberland
Willy de Roos

 


Willy de Roos
est né en 1923 en Belgique d’un père néerlandais.
 

Homme discret il est arrivé tardivement à la navigation après une carrière professionnelle bien remplie.
Décidé à faire le tour du monde,  il fait construire un voilier en 1968 – 1970 

Son voilier :
le Williwaw 
( Williwaw est le nom d’un vent créé par les courants d’air froids descendant du flanc des montagnes dans certaines régions froides.)



 
Le Williwaw est un ketch en acier construit à Thuin (Belgique). Longueur 14.6 m et largeur 3.8 m
En 1977, il a ete adapté pour la navigation polaire.  

Ce yacht a parcouru environ 360 000 milles sans avarie majeure.
En septembre 1996 il est entré au musée de la navigation d’ Anvers.  

Ses navigations :
 
Entre 1972 et 1975 Willy effectue un tour du monde à la voile d’est en ouest en passant par le cap Horn et Bonne Espérance, pour la plupart en solitaire.
Apres une étude approfondie des spécificités de la navigation polaire,Willy a  modifié Williwaw pour l adapter a la navigation polaire




 
 Willy réussit en 1977 la traversée du passage du nord-ouest en suivant les traces de Roald Amudsen.
Passage du Groenland au détroit de Bering avec arrivée à Vancouver (Canada)
C’est la première étape de l’objectif final : réaliser la première circumnavigation du continent Américain.
La deuxième étape sera réalisée en 1979 avec une incursion en Antarctique dans le sillage de la Belgica.

Willy est donc devenu le premier navigateur à réussir le tour des Amériques avec son voilier .
 

En 1982 il retourne en Antarctique pour rendre hommage à l’explorateur français J-B Charcot. Il accomplit un travail scientifique pour l’Université Catholique de Louvain ( Belgique).
 
En 1986 il tourne un documentaire sur la découverte maritime de l’Argentine et du Chili .
Navigation réalisée en solitaire.
 

Aujourd’hui les traversées des banquises sont incomparablement plus faciles et les exploits ne sont pas comparables avec ceux de Willy.
Toutes ses navigations ont été effectuées sans sponsor et donc à ses frais.
Pas de sponsor = peu de diffusion médiatique et oubli rapide !
 


Le 4 aout 2008, Willy est parti discrètement, mettant le cap sur l’éternité.
 

Ses œuvres 
: 
Pour le retrouver :
-Le passage du Nord-Ouest
-Inaccessible horizon
-Seul, dans le sillage des caravelles 

Ces livres ont ete publiés chez Arthaud, mais sont épuisés. Il ne reste plus qu’à les trouver chez les bouquinistes ou sur  Ebay.
   


     J et G
Sous le Vent



PS Un week end de Rêves , vous vous souvenez........
Un DVD a été créé, renseignements chez le Président
Publié le 01 janvier 2009 à 14:09
Par jjjberland



« Ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent » disait Edgar Faure.

Cette affirmation est pleinement vérifiée par la girouette traditionnelle qui domine la célèbre tour d’Arundel.
En effet, comme «certains politiques vieillis » qui décident enfin de se fixer à une opinion définitive, la rouille l’a faite immobile.
Obstinément elle montre l’ouest et contredit sans vergogne nos instruments sophistiqués!

                                      
 

Inutile comme on le fait pour les girouettes de nos bords de surveiller ses oscillations!
Inutile, comme on le fait quand on reste à terre d’attendre d’elle qu’elle nous informe des rotations de vent, signes précurseurs de la succession des fronts.


Présentes sur tous les bateaux, les girouettes sont multiples et font appel à des technologies ou des prouesses créatives diverses et variées.

De la bande magnétique délicatement nouée dans les haubans, à la discrète électronique dominant le pont en passant par la célèbre « Windex », elles ont, comme les humains, leurs qualités et leurs faiblesses.
De l’approximation, de la fragilité technologique, de la précision mécanique, de la position élevée cause de cervicalgies récurrentes,…

Elle ne mentent pas! «si elles pouvaient parler elles diraient qu’elles dirigent le vent » écrivait Jules Renard;
mais elles ne parlent pas!
Elles informent sur une réalité subtile pour beaucoup de «bipèdes» intelligents;

c‘est sans doute la raison pour laquelle on se sert de leur image pour définir des penchants plutôt négatifs chez nos congénères: caméléon, marionnette, pantin, polichinelle, de même que Voltaire assimilait leur soumission aux caprices du vent, au comportement des femmes qui ne se fixent que lorsqu’elles sont rouillées!

Non seulement elles ne mentent pas, non seulement elles indiquent d’où vient le vent et non pas où il va, la nuance est importante, mais souvent elles renseignent sur les centres d’intérêt des propriétaires des lieux.



L’histoire nous apprend qu’une des premières girouettes ornait la Tour des Vents à Athènes et que c’est sans doute Léonard de Vinci qui voulant savoir d’où venait le vent, transforma les panonceaux fixes ornant les clochers d’églises, les donjons des châteaux ou les beffrois.
Il les monta donc sur un axe mobil.

Il fallut attendre le XVIII éme siècle pour qu’une amélioration technique dote la girouette d’une pointe en avant de l’axe et d’un repère orthonormé qui permirent plus de précision dans la lecture du gisement du vent.

Dans les années 1800, la girouette se démocratise, et sa mission informative se complète en renseignant l’étranger sur l’activité professionnelle de la demeure qu’elle surplombe.



Dans sa grande vulgarité, la girouette n'est pas ce symbole frivole d'inconstance imprévisible, mais un témoin d'une rare fiabilité, d'une subtilité accessible seulement aux initiés, doublée d'une grâce qui retient l'oeil.

                              


Publié le 11 décembre 2008 à 19:51
Par jjjberland

Le skipper:

« Voyez-vous, Monsieur, ce que j’aime chez un équipier c’est qu’il aime autant que moi, mon cher, mon très cher navire; que dans sa cabine il se sente chez lui et qu’il se fonde sans bruit, dans l’ordre établi du bord.

Il doit posséder des qualités exceptionnelles de rareté dans notre monde d’individualistes et être adepte d’une philosophie altruiste: le bateau et les autres sont plus importants que lui-même!

Son sens de l’observation, aigu, et sa mémoire, infaillible, lui permettront d’enregistrer immédiatement comment sont tournées les amarres, comment sont frappés les pare battages, comment sont ferlées les voiles et comment sont stockées les drisses et les écoutes, au port.

 Il devra aussi être doublé d’un esprit de fin psychologue pour percevoir rapidement si le skipper aime naviguer au mieux des performances de son unité ou si la température du muscadet est plus importante que la chute du génois qui bat et les penons qui « folleyent » . »

 L’équipier:

« Voyez-vous Capitaine, ce que j’aime chez un skipper, c’est qu’il ne fasse rien et que rien ne lui échappe.

 C’est qu’il parle avec le yeux, observe avec les oreilles et sache que les paroles inutiles sont emportées par la brise.

J’aime qu’il suggère plus qu’il n’ordonne, que son bord, à l’image de celui du grand Amundsen, soit un lieu d’interdépendance, de liberté , d’égalité de discipline librement consentie, dont les effets sont infiniment plus puissants que ceux produit par les meilleurs règlements ou hiérarchies. »

Le skipper:

« Voyez-vous, Monsieur, tout comme il ne suffit pas d’avoir été un automobiliste moyen pour être un bon piéton, il ne suffit pas d’avoir été un skipper honnête pour être bon équipier,... encore faut-il en avoir la mémoire.
Beaucoup de patrons ont oublié qu’ils ont été ouvrier , de prof qu’ils ont été potache.

Une manœuvre ratée n’est pas rare, en revendiquer sa propre part de responsabilité, a des vertus inestimables et des effets spectaculaires sur la qualité de la vie du bord.

Néanmoins je ne crois pas qu’un skipper digne de ce nom supporterait à son bord des « passagers ». Avez-vous remarqué comme les « passagers » ont du géni pour se mettre juste à l’endroit où ils gênent le plus. La plupart du temps ils s’ennuient, car le bateau est une école de lenteur et de patience où tout peut s’accélérer brutalement et brièvement avant de retrouver un rythme de sénateur.

Il est aussi nécessaire que la communication soit efficace et que chacun parle le langage des bords où tout à un nom , et , comme dans tout corps de métier il faut en posséder le jargon.
Non pas qu’il s’agisse de plaisir fait à l’auteur qui épate le bourgeois, mais parce que c’est nécessaire.
Quelquefois il faut faire vite!
Il est alors plus simple de dire « choque » que «  relâche la corde verte enroulée sur le moulin , qui tient tendu la voile triangulaire la plus en avant du bateau ».

 A ce sujet je vais vous conter une anecdote que l’on trouve dans le petit livre, « Recettes pour ne pas être un cafouilleux »:

 le président du club nautique arrivant un jour club house pour courir une régate dominicale, trouve un mot de son équipier habituel lui disant qu’il serait absent ce dimanche.

Le président avise un jeune homme accoudé au bar et lui demande s’il veut bien servir d’équipier. Le jeune homme accepte tout en précisant honnêtement qu’il n’a jamais mis les pieds sur un bateau.

« Qu’ à cela ne tienne, il n’aura qu’ à faire ce qu’on lui dira! »

La régate s’engage.

Sur le bord de portant, l’équipier est sagement assis au pied du mat et le président, à la barre, s’aperçoit que la balancine trop raidie coupe la grand voile en deux.

Il dit aimablement à l’équipier: « cher ami, s’il vous plait, veuillez larguer la balancine .»

L’équipier ouvre un œil rond et reste ébahi, donnant tous les signes de la perplexité.

Le président, plus ferme: « Larguez la balancine, mon vieux !»

L’équipier : « ??! »

Le président voyant qu'il se fait doubler par d’autre concurrents : «  la balancine, bon dieu!, larguez la balancine!! »

Le novice affolé regarde autour de lui mais ne voit rien de nature à l’éclairer sur le sens de ce message; il regarde alors le barreur tout rouge au bord du malaise, et comprend enfin que ce pauvre homme est en train de s’étouffer: soulagé d’avoir compris, il se précipite sur le yachtman et prestement lui desserre la cravate avec l’effet qu’on imagine sur le moral du président.

Publié le 04 décembre 2008 à 10:18
Par jjjberland



Christophe Colomb notait dans la relation de son voyage:« Des hommes qui avaient un seul œil, et d'autres qui avaient des museaux de chien et qui se nourrissaient de chair humaine : sitôt qu'ils en capturaient un, ils le décapitaient et buvaient son sang, et ils lui coupaient la nature. »!!

Ca fait peur!!!

C’est ainsi qu’il décrivait les « naturels » des îles qu’il avait découvertes, les Caraïbes, du nom d’une ethnie originaire du Venezuela ayant émigré vers les Antilles.

Leur nom viendrait du mot « caniba » aux déclinations sanguinaires!


Mais, CARAÏBE, c’est aussi le nom choisi par René pour son nouveau et magnifique DUFOUR 325 Grand Large,…tout un programme!




Bienvenu au nouveau né de la flotte de l’APPO et à bientôt pour l’intronisation!


Publié le 02 décembre 2008 à 22:03
Par jjjberland
"En 1865, la société centrale des naufragés est fondée en France et des stations sont créées tout au long de nos côtes. Cependant, aux Sables d'Olonne, une société de sauvetage est créée le 1er novembre 1863. Le matériel doit être fourni par l'État. Le 4 février 1865, le Conseil Municipal en séance alloue un crédit de 500 francs à la société pour parfaire son installation.



Le 21 janvier 1867, le bâtiment Bayard de la marine impériale débarque aux Sables un canot de sauvetage. Il s'agit d'un canot insubmersible à redressement spontané de 9,78 m de long de construction anglaise, construit à Londres par Forrest & Son, n° de chantier portant le chiffre 5. Le premier patron de ce canot est Anselme Maraud. Ce canot ne devait pas rester longtemps à la station. Une maison abri avait été construite à la Chaume au pied de la tour d'Arundel. De là existaient deux moyens de mettre le canot à l'eau: soit directement sur un petit plan d'eau praticable à mi-marée, donnant accès au chenal en passant sous une voûte, soit en amenant le canot directement dans le chenal par une cale, située un peu en amont de la voûte lorsque la marée ne laissait pas un tirant d'eau suffisant pour permettre au canot de passer sous la voûte.



 Le 24 avril 1868,vers 14 heures, une chaloupe prise dans une violente tempête d’ouest était en détresse, le canot mis à l’eau devant l’abri devait passer sous une voûte, le patron Maraud était à la barre. Au passage sous la voûte le tambour arrière du canot heurta violemment à trois reprises. Sur le moment personne ne se rendit compte des avaries subies par le canot. Rapidement le canot se porta au secours de la chaloupe en détresse et les 5 hommes de son équipage furent recueillis. Pour rentrer au port, le canot mit la voile ;c’est alors qu’il arrivait presque dans les passes qu’une énorme déferlante le pris par l’arrière et le chavira. Le tableau arrière, disloqué au passage sous la voûte fut arraché et le canot resta la quille en l’air. Les hommes tentèrent de regagner la côte à la nage, seul trois hommes dont le patron Maraud qui avaient conservé leur brassière de sauvetage purent se sauver. Les canotiers dont les noms suivent périr : Emmanuel Masse, Etienne Clergeot, Charles Maudret, Louis beneteau, Joseph Cotonée, Charles Glénersan, Louis Garandeau. Le patron Maraud reçut la croix de légion d’honneur. Après le naufrage du canot, un autre équipage fut recruté, mais les hommes n’avaient plus confiance dans les canot à redressement spontané. Un autre canot fut attribué aux Sables d’olonne, nous retrouvons trace de sorties de sauvetage le 5 décembre 1868, le 17 mars 1869, le 30décembre 1868, le17 mars 1869 où un canot de la station serait intervenu. Devenant à peu près impossible d’obtenir le concours des marins, la station fut mise en sommeil puis fermée par décision du comité de direction de la société du 4mars 1873. C’était mal connaître les habitants du pays des olonnes que de leur enlever leur canot de sauvetage. Un Sablais, Pierre Crouzillat réagit vivement et fit construire à ses frais un canot de 6 mètres, insubmersible et inchavirable selon ses propres plans. Ce canot fut baptisé « secours ».




 Le 3 décembre 1877, le ministre de la marine adressait à Pierre Crouzillat par dépêche, un témoignage de satisfaction attestant les louables efforts faits pour remplacer le canot de sauvetage dont la station était dépourvue. Il semble que ce canot ait été, lors de réouverture de la station, installé dans un abri construit aux Sables, à l’emplacement occupé par la suite par la base des dériveurs.

 En 1879, un nouveau canot fut accepté par les marins, C’était un canot insubmersible à redressement spontané, L’amiral Jacquinot, de 9.78m de long, n° 29 d’Augustin Normand, en tous points semblable au canot précédent.

En 1881, le canot sortit plusieurs fois.
Le 8 septembre 1881, le canot se porta au secours de la goélette Jeanne Aniy et de 5 bateaux de pêche .

Le 11 novembre 1891, le canot sortit à 10 heures par coup de vent de sud- ouest et mer forte pour porter secours à la chaloupe «Reine des cieux » qui était complètement désemparée à l’entrée du port. Il réussit à recueillir les 6 hommes d’équipage. Mais au moment de faire route pour rentrer, il fut roulè par une déferlante qui balaya le canot en brisant la moitié des avirons. Moins manœuvrant avec 5 avirons intacts, le canot va alors chaviré, se redressé et chaviré deux autre fois. Tous vont s’accrocher à la ligne de sauvetage puis tenter de rembarquer dans le canot secoué comme un bouchon. Des 6 marins récupérés sur le navire en détresse, quatre devaient perdre la vie dans ce chavirage, ainsi que l’un des canotiers. Le 8 octobre 1896, nouvelle intervention au secours de divers bateaux de pêche venant chercher l’entrée du port par mer démontée. Le canot restera durant toute la marée à l’entrée du port pour protéger l’entrée des bateaux.



Le 29 septembre 1898, nouvelle sortie du canot, pour se porter au secours du vapeur « Daniel Fricaud » qui se trouvait dans une situation périlleuse au milieu des rochers des Barges. Sur les vingt heures, les 14 personnes présentes à bord du vapeur étaient recueillis à bord du canot et après une pénible et dangereuse traversée le canot de sauvetage rentrait au port. A la suite de sauvetage, L’amiral préfet maritime de Rochefort adressa à l’équipage du canot de sauvetage « Amiral Jacquinot » ses plus vives félicitations pour ce louable empressement avec lequel s’était porté au secours de l’équipage et des passagers du vapeur Daniel Fricaud.

En 1900, un autre canot, le « Sainte Reine » était attribué aux Sables. C’était un canot de 10,10 m en bois, redressable, n° 76 d’Augustin Normand, que la station conserva jusqu’en 1930.
En 1920, un second canot,  le « Duc et Duchesse Decrés » n° 138 d’Augustin Normand est attribué aux Sables d’olonne pour les secours rapprochés. Il est entreposé aux Sables. Il a sans doute remplacé le « secours » construit par Pierre Crouzillat. Ce canot est avec le canot de Trouville « Antoinette Parmentier » le dernier  canot à avirons construit en France.

Le 9 mars 1927, par tempête de sud-ouest, Le « Silencieux », patron Victorien Héraud s’échouait devant l’entrée du port. Le « Duc et Duchesse Decrés » se portait rapidement au secours du navire échoué mais il était retourné par une lame énorme et drossé sur la plage. Le « Sainte Reine » intervenait également pour porter assistance mais, à son tour, drossé sur la plage et tous les efforts de la population pour mettre les canots à l’eau furent vains tant les éléments étaient en furie. Un va et vient fut établi entre le « Silencieux » et le canon lance amarre grâce au concours de la population et l’équipage du « Silencieux » fut ramené à terre et sauvé. Dans le même temps,  un autre bateau des Sables, le dundee « Petite Pierrette » vint s’échoué sur la Roche Pie, devant le remblai. Toujours avec le canon lance-amarre et le concours de la population un « va et vient » fut établi avec ce navire et tout son équipage fut ramené à terre et sauvé. Il semble que ce fut là la dernière intervention de la « sainte reine » qui devait être déclassée et vendue en 1930.

Le 23 mars 1927, à la suite de cette tempête, une souscription fut décidée aux Sables et à Olonne pour l’achat d’un canot à moteur par un comité désigné par le conseil municipal. Le 3 avril 1927, dans les archives municipales nous retrouvons « suite à la tempête du 9mars 1927, un comité de sauvetage s’est constitué pou l’acquisition d’un canot de sauvetage bimoteur d »un coût total 300.000 francs dont 100.000 francs à la charge de la station locale » . le principe de la demande fut accepté.

Le 31 janvier 1928, la somme de 100.000 francs est réunie.

Le 30 septembre 1928 à 18 heures, arrive le canot bimoteur construit à Sartrouville. C’était un canot de 12,50 m de long de 12 tonnes de déplacement, équipé de 2 moteurs de 50 chevaux unitaires entièrement indépendants l’un de l’autre. Ce canot prit le nom de la station « Les Sables d’Olonne ».

En 1950 le canot à aviron » Duc et Duchesse Decrés » fut déclassé et vendu. Dans ces mêmes années, le canot tous temps « Amiral Touchard » fit un séjour aux Sables avant d’être refondu à Sartrouville. Rebaptisé « Léon Marie Bourgeois » il est attribué à la station de la Pallice.

Le1er décembre 1954, le canot « Docteur Paul le Dien » fut affecté aux Sables, il avait été mis en service le 4 avril 1948 au Conquet. Son architecture est tout à fait typique, de même que sa construction en bois dont le principe remonte au début du siècle : deux couches de bois croisées à 45° séparées par une toile imperméable. Du contre- plaqué pour les roofs, et un dôme arrière qui rappelle les canots à avirons. Ce gros canot pour l’époque était assisté par une vedette de sauvetage plus moderne, la Belle Olonnaise. La vedette Belle Olonnaise HSB 59 est mise en service en 1965. Construite par le chantier Dubernet, elle mesure 9,60m et a une puissance de 200 cv diesel, elle accepte relativement bien les creux de 4 à 5 mètres.

Au 30 août 1967, année de la création de la SNSM, elle totalisait 110 interventions.

Le 22 décembre 1967, la vedette la « Belle Olonnaise », Patron Mornet, étant sortie pour aller secourir un caseyeur, fut pris à son retour dans les rouleaux, est drossée à la côte en opération de sauvetage par visibilité nulle. Le patron est blessé et le mécanicien Morisseau sauveteur chevronné depuis une quinzaine d’années se noya, enlevé par une lame. La vedette est définitivement perdue.

En 1970, le canot « Docteur Paul Le Dien » sort pour prêter assistance à plusieurs chalutiers qui rentrent en catastrophe pour s’abriter tandis que la tempête se déchaîne. Le dernier d’entre eux, le « Marie-Christine » est littéralement engloutit par une lame gigantesque avant que le canot n’ait pu le rejoindre. Aucun survivant !

En 1978, durant la refonte du « Docteur Paul Le Dien » le canot « Vice Amiral Lacaze » fut affecté aux Sables. Le « Vice Amiral Lacaze » immatriculé SNS 014 a été construit en 1956 par les chantiers Augustin Normand.Il quitte la station en 1980 pour être modernisé. Ce canot mesure 13,60m de long sur 3,96m de large pour un déplacement de 13,60 tonnes. Le tirant d’eau est de 1,12m, deux moteurs Renault marine de 140cv lui permettent d’atteindre la vitesse de 9,5 nœuds.

Une vedette de 3e classe « La Belle Olonnaise » deuxième du nom immatriculée SNS 321 du constructeur Beneteau, mesurant 8m de long est mise en service en 1980.

Le « Docteur Paul Le Dien », en service dans la station depuis 1954 et refondu en 1980 sur le plan des équipements et des moteurs(2 moteurs de 140 cv qui lui permette d’atteindre une vitesse de 10 nœuds), était en 1985 une embarcation déjà ancienne. Un événement hâta les choses qui décide de son remplacement. Une intervention difficile qui montre que les fonds n’avaient plus la solidité d’antan.

 Le « Docteur Paul Le Dien » étant hors d’usage, il fut déclassé et remplacé provisoirement par un autre vieux canot, le »Patron Dubarre et Corvic ». Immatriculé SNS 018, il provient de la station de Groix. Affecté aux Sables en 1985, il quitte la station l’année suivante pour être mis en réserve au CERO en attendant d’être affecté en 1988 à Honfleur. Construit en 1959 par Jouet, il mesure 13,60m de long sur 3,80m de large, déplacement de 14 tonnes, pour un tirant d’eau de 1,07m. Deux moteurs de 75cv lui permettent d’atteindre une vitesse de 9,6 nœuds.

IL était donc urgent, de construire une embarcation nouvelle. Or, le siége ne pouvait sur le plan financier, alors que les subventions officielles diminuaient et que des engagements antérieurs étaient pris auxquels il allait faire face, dégager les sommes nécessaires. C’est ainsi que le comité de la station des Sables, sous la présidence intelligente et active de Robert Girault, décida de faire face et accomplit une tâche que l’on peut bien, étant donné les moyens dont on disposait, qualifier d’exceptionnelle  .

Il commença par créer une association spéciale, parallèle à la SNSM, ce qui au départ ne devait point être très bien vu par le siége : »SOS Mer 85». Cette raison sociale fort bien choisie avait le mérite d’attirer immédiatement l’attention des interlocuteurs. Son but était au départ de réunir une somme de 5,5 millions pour aboutir à la construction du plus beau canot que possédait la S.N.S.M. décida finalement de participer à la dépense à concurrence d’un tiers de son montant. Le comité de « S.O.S.Mer » s ‘engagea alors dans une série de manifestations qui, très rapidement, connurent le succès, artistique, folklorique et…financier. Il ne serait même point inexact de dire que c’est toute la population du département de la Vendée qui se mobilise pour son canot. Le plus grand show étant réalisé par une course de baleinières, le 2 juin 1985, dont un des moments les plus forts fut le duel que se livrèrent devant quelque 20.000 personnes, la baleinière de la ville des Sables d’Olonne, barrée par son Maire, M.Guedon, et celle de la cité allemande qui lui est jumelée de Schwabach, dont le Maire, M.Reiman, lui donna la réplique.

Les efforts du comité du siége et des collectivités locales combinés aboutirent à la construction par les chantiers Bernard, de Lorient, du « Jack Morisseau ».   
Le « Jack Morisseau » construit à Locmiquélic a été affecté aux Sables d’Olonne le 13 juillet 1986, sous le matricule SNS 061. Comme la plupart des bateaux de cette catégorie, sa coque mesure 17,60m de long pour 4,40m de large avec un déplacement de 21 tonnes. Ses deux moteurs diesel propulsent à 15 nœuds. Tirant d’eau 1,30m Le canot Patron « Jack Morisseau ", porte le nom de la victime de l’un des premiers sauvetages de la SNSM, cet homme fut emporté par une lame de fond au cours d' une intervention à bord de la vedette snsm Belle Olonnaise .

Après avoir été désarmé, le canot Docteur Paul LE Dien est restauré par la ville des Sables, qui l’installe sur un ber en ciment à quelques mètres de la capitainerie de Port Olonna ou est amarré à son ponton le nouveau canot.

 La vedette de 3e classe « La Belle Olonnaise » immatriculée SNS 321 de Bénéteau type antarès en plastique mesure 8m de long. Mise en service en 1980 elle quitte la station des Sables en 1993 pour être affecté a la station de st Briac ou elle sera rebaptisée « Notre Dame de l’Epine » en 1994.

La première maison abri construite à la Chaume au pied de la tour d’Arundel est démolie au début de l’année 1996 par un permis en date du 17 novembre 1995." 

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