

"Voilà bientôt cinq heures que je cuis aux rayons de ce soleil d’été, qui frappent violement mon chapeau pointu transformé en hammam.
Heureusement que j’ai soigné la construction de ma coquille lorsque je me suis installé ici; je ne constate pas une seule fuite d‘eau!
Les pêcheurs qui piétinent autour de moi m’appellent, « chapeau de chinois, patelle, bernique, gastéropode », ce sont de drôles de noms!
Gastéropodes ou pas, depuis toutes ces heures que je n’ai rien mangé je commence à avoir l’estomac dans les talons moi!
Vivement que l’eau revienne, que je puisse me rafraîchir, partir à la recherche de succulents champs d’algues à brouter goulûment, protégée par quelques décimètres d‘eau fraîche.
Le repas reste pour moi une aventure: partir à la recherche de quelque subsistance, en rampant sur le rocher, trouver quelques végétaux ou quelques minuscules animaux; et surtout être sûr de retrouver exactement ma place, garante de l’étanchéité de ma situation, car de nouveau dans quelques heures je vais me retrouver au sec, et au soleil."
La patelle est très facile à pêcher, puisqu'elle est visible à marée basse sur les rochers. Il faut cependant se munir d'un bon couteau.
Malgré tout, elle est très peu pêchée, car sa chair est assez coriace.
Elle peut tout de même être utilisée hachée, par exemple dans une sauce « bolognaise » aux patelles.
C'est un fruit de mer particulièrement savoureux lorsqu'il est poëlé dans du beurre.
En Bretagne , elle est consommée depuis très longtemps et on la prépare souvent au four avec une persillade. Il est important de retirer les antennes et la tête avant de cuire les patelles, sans quoi elles auront un goût amer et seront dures. Pour ce faire, on presse le centre du mollusque de manière à faire sortir les antennes et la tête, on peut alors les extraire facilement à l'aide d'un couteau.
La cuisson est ensuite réalisée en une dizaine de minutes au four.







