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Anne-Marie : propositions pour le nom du local APPO, l'Escale, le Phare, l'Abri aux Potes, l'Abri-Côtier
Anne-Marie : propositions pour le nom du local APPO, l'Escale, le Phare, l'Abri aux Potes, l'Abri-Côtier
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Publié le 31 octobre 2007 à 22:41
Par jjjberland





Le déclin quotidien du soleil, le mercure plus bas chaque matin, les ombres qui s’allongent à la lumière oblique des jours plus brefs, annoncent l’hiver.
N’est-ce pas propice à se souvenir que 2007/2008 est la quatrième année polaire de tous les temps?.

1882-1883 fût la première.
La deuxième fut organisée en 1932-1933.
En 1957-1958, la troisième API se fit dans le cadre de l’Année Géophysique Internationale.

125 ans après la première, la communauté scientifique internationale organise la 4ème Année Polaire Internationale.

C’est l’occasion de se souvenir des efforts consentis par les hommes qui nous ont permis la connaissance encore imparfaite de ces espaces de notre planète.





De Pythéas « le Marseillais » en 330 av JC, à Tara l’ancien bateau du regretté Peter Blake actuellement en dérive arctique, il aura fallu beaucoup de courage, de folie, de peine, et de chagrin, pour s’aventurer dans ces lieux hostiles.

Arctique « la terre de l’ours » ,
Antarctique « la terre où il n’y a pas d’ours »,
doivent leur nom à une légende:
la Grande Ourse et la Petite Ourse sont prisonnières de l’étoile Polaire;

elles sont condamnées à tourner autour d’elle, car un jour, Callisto, la Nymphe a croisé Zeus.
Le croisement fut si bien réussi qu’il en naquit un fils, Arcas.
L’adultère est un crime odieux, chez les Dieux et mérite un châtiment exemplaire! Héra,l’épouse de Zeus, pour se venger changea Callisto et Arcas en ours.
Zeus pour les mettre à l’abri de la fureur d’Héra, les envoya se réfugier dans le ciel, très loin dans le nord.
C’est depuis ce jour qu’elles tournent perpétuellement autour de Polaris!



Mais revenons à Pythéas.

C’était un astronome, un mathématicien, élève d’Eudoxe initié lui-même par Platon. Ces hommes savaient déjà que la terre était ronde.

Pythéas naviguait sans doute sur des bateaux d’une quarantaine de mètres propulsés par des rameurs et des voiles.
Appareillant de Marseille, il remonte vers le nord jusqu’en Grande Bretagne.

2000 ans avant Newton il observe les puissantes marées du canal de Bristol et en attribue la cause à l’action de la Lune.
Il atteint ensuite une terre « où le soleil ne se couche pas » qu’il nomme Thulé; peut-être la Norvège, plus sûrement l’Islande.
Il parle de ces parages « comme des lieux dans lesquels il n’existe plus de terre proprement dite, ni de mer, ni d’air, mais un mélange de ces choses semblable à un poumon marin… »

Faisant prudemment demi-tour, il s’en retourne à Marseille où son récit, tellement fantastique, sera systématiquement dénigré par les historiens qui feront de Pythéas le plus « menteur des hommes ».


2337 ans se sont écoulés, et sans doute à peine plus de 250 navigateurs ont tenté des expéditions polaires.
C’est fort peu!!

Nos cartes actuelles portent les stigmates de ces découvreurs,
Baffin,
Béring,
Barents,
Davis,
Melville,
Amundsen,…

ou de leurs bateaux,
Erébus and Terror Gulf,
Gjoa Haven,
Resolute bay ,…

Anglais, Belges, Hollandais, Norvègiens, Américains, Russes, Allemands, Français, Canadiens, Danois, Portugais, Ecossais, Irlandais,…les pays d’origine des chefs de ces expéditions…
Cosmopolites et pluridisciplinaires les équipages embarqués qui regroupaient sur une même unité des géographes, des médecins, des astronomes, des botanistes, des alpinistes, des charpentiers, des maîtres chiens,… tous marins bien sûr.
Beaucoup revinrent, beaucoup se perdirent corps et bien.



Le plus célèbre d’entre tous est Roald Amundsen.

Marin Norvégien, il est le premier à avoir réussit le passage du Nord-Ouest à bord d’un modeste sloop, la Gjoa, à peine aidée d’un moteur de 13 chevaux, manœuvrée par un équipage de 6 hommes.
Trois hivernages dans les glaces canadiennes seront nécessaires pour joindre l’Atlantique au Pacifique.
Ironie de la situation, Amundsen n’hésitera pas, au cours du troisième hivernage, à parcourir 2000 km en traîneau pour se rendre vers la station postale de Fort Yukon et envoyer… un télégramme!

Il rejoindra la Gjoa 5 mois plus tard pour finir le périple.

Il sera aussi le premier à conquérir le pôle Sud, en compétition avec Scott qui réussira également un mois plus tard, mais ne reviendra jamais.

Premier également à la conquête du pôle nord, il lui aura fallu 6 tentatives pour enfin arriver à ses fins à bord du dirigeable le Norge, mis au point par le colonel italien Nobile.




Le plus étonnant, Sir Ernest Shackelton et son Endurance.

Déçu de ne pouvoir être le premier au pôle sud, puisque Amundsen l’a précédé, il ambitionne la traversée du continent antarctique.

L’Endurance et ses 56 hommes, bien avant d’atteindre le continent, sont immobilisés par les glaces.
Ils deviennent le jouet de la dérive et la proie de la compression de la banquise.

La coque ne résiste pas, l’Endurance coule, laissant son équipage sur la banquise!
Les hommes établissent des camps sur la glace dont la dérive contrarie leur projet, échappent aux pièges mortels des fractures qui menacent de les engloutir, tractent leurs canots de sauvetages et à bout de force au bout de 5 mois, atteignent enfin un lieu sûr de l’Ile de L’Éléphant.
La situation est désespérée.
Shackleton d’une audace incroyable, décide avec 5 hommes de rallier à la voile, sur un canot non ponté, la Géorgie du Sud, distante de presque 1000 milles.

Ils ont réussi, ont abordé du mauvais coté de la Géorgie du Sud, ont dû la traverser à pied pour atteindre la station baleinière, mobiliser l’aide nécessaire et retourner chercher leur compagnons.
Incroyable mais vrai, ils sont tous revenus!

Le plus mystérieux, John Franklin parti en 1845 à la recherche du passage du Nord-Ouest.

Le Terror, l’Erebus et leur 135 hommes partent vers le détroit de Lancaster.
Ils seront aperçus le 28 juillet dans la baie de Melville par le baleinier l’Entreprise, faisant voile vers l’inconnu.
Puis c’est le silence complet.
Un silence de mort…

Des dizaines d’expéditions se succéderont à leur recherche dans les glaces du Grand Nord canadien.
A la voile, au moteur, en traîneau, motivés par des récompenses fabuleuses offertes par la marine britannique et la veuve de Franklin, de prestigieux chefs d’expédition sont partis, dont beaucoup ont laissé leur nom à des îles, des détroits, des péninsules:
Mac Clure,
Ross,
Forsyth,
Bellot,
Rae le trappeur,…

Petit à petit les indices se sont livrés, la glace est un témoin à la mémoire fidèle.

Mais ce n’est qu’en 1984(!) que le mystère fut totalement levé.

Après avoir abandonné les bateaux écrasés par les glaces, les 135 hommes sont partis à pied vers le sud, chaloupe et traîneaux chargés de ravitaillement parmi lequel une montagne de boites de conserves, invention récente de l’époque.

L’exhumation et l’autopsie des corps trouvés sur l’Ile de Beechey ont abouti à la découverte de saturnisme massif.
Les boites de conserves, serties au plomb, ont infecté la nourriture et le plomb ajouté au ravage du scorbut et du froid a précipité la fin des malheureux marins.

Puissent ces quelques évocations vous donner envie de plonger dans les eaux glaciales de l’abondante prose qui relate ces fabuleuses expéditions.



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