
LE PELICAN (R. Desnos), ET LE FOU DE BASSAN
« Le Capitaine Jonathan,
Étant âgé de dix-huit ans
Capture un jour un pélican
Dans une île d'Extrême-orient.
Le pélican de Jonathan,
Au matin, pond un oeuf tout blanc;
Et il en sort un pélican
Lui ressemblant étonnamment.
Et ce deuxième pélican Pond, à son tour, un oeuf tout blanc
D'où sort, inévitablement
Un autre, qui en fait autant.
Cela peut durer pendant très longtemps,
Si l'on ne fait pas d'omelette avant »
(Robert Desnos)

Point de pélican
Sur nos côtes océanes, mais du Fou de Bassan,
Son proche parent,
On pourrait en dire tout autant…
Il y a peu de temps,
Ce pélagique, de notre océan
A faillit disparaître de notre présent.
Nos côtes bétonnées ne laissant
Plus de place à ses descendants.
Heureusement
Quelques hommes conscients
De ses tourments
Ont su intervenir avant,
Pour que cet admirable fou volant,
Kamikaze plongeant,
Puisse trouver refuge en des terroirs bretonnants.
Brun juvénile, dès trois ans
Il devient tout blanc,
Vit plus de vingt ans
Et reste fidèle toute sa vie durant
A son premier soupirant.
Souvent,
Nous le voyons au dessus de nos voiliers blancs,
Repérant
Les poissons en banc,
De trente mètres prenant son élan,
Comme une flèche de Mohican,
Percer l’air et l’eau en suivant,
Ressortir au bout de quelques instants
Pour reprendre son vol dans le vent.








