Souvent vous les voyez devant votre étrave.
Ils semblent ne pas prêter garde à votre route qui menace leur intégrité physique.
Petites taches noires soulignées de blanc, ils flottent, ballottés par les vagues, capeyant comme des flibustiers en rupture de proie.
L’inquiétude vous gagne! Ma coque va en percuter quelques uns!
Et puis d’un coup, tout le monde disparaît, des têtes plongent sous la surface, rapidement suivies par leur croupions fuselés.
D’autres choisissent une technique pour laquelle il ne semblent pas fait, frappent l’eau de leurs pattes palmées, battent l’air de leurs ailes atrophiées, et à bout d’effort, finissent par s’affranchir de la loi de la gravité.

Ils vivent là!
Où ne nous faisons que passer! La haute mer est leur havre.
Ils ne la quittent que pour nicher, très inconfortablement sur des corniches pierreuses. Ils posent leur unique œuf à même le rocher. Ils ont l’ingéniosité de le pondre très conique, afin qu’en roulant il ne tombe point. Le couple se partage la couvaison et 10 semaines plus tard, leur progéniture fait le grand plongeon.

Il sera désormais en sécurité, quelques soient les conditions climatiques.
Bien plus que les éléments, l’activité humaine le menace.
Quand il plonge pour trouver sa pitance, quelques fois jusqu’à 150 mètres de fond, la rencontre avec un filet est fatale. Quand il amerrit et sans y prendre garde se pose dans une nappe d’hydrocarbure.








