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Anne-Marie : propositions pour le nom du local APPO, l'Escale, le Phare, l'Abri aux Potes, l'Abri-Côtier
Anne-Marie : propositions pour le nom du local APPO, l'Escale, le Phare, l'Abri aux Potes, l'Abri-Côtier
Publié le 21 mai 2007
Par jjjberland
Humeur : Au secours !




Le départ des Sables intervient juste après avoir accompli notre devoir civique.

Direction Port Joinville dans des airs évanescents et un reste de houle qui vous secoue le gréement aussi bien que la belle antillaise de la pub « qu’est-ce que tu bois doudou didon »l’Oasis.
Tentative de spi..., pas d’entêtement. On rentre le linge et on sollicite la brise Volvo.
Ça «pue», ça fait du bruit, mais c’est le prix pour avancer.
Malgré une visibilité qui ne dépasse pas trois milles, au gré des informations livrées par les VHF des bords, nous finissons par repérer, sur le plan d’eau, nos compagnons de route:
- Sandaure, en route directe sur Port Haliguen accompagnant Escapade.
-Micodi, Kiruna et Athénaïs suivis par Gliss font, comme nous, route sur Yeu.
-Dans notre tableau arrière, Maeken trace sa route.
Déjà des bateaux sont à Port Joinville:
- Sous Le Vent, La Cigogne, Vincent-Myléne sont partis la veille.
D’autre ont fait route directe sur Port Haliguen:
- Jupiter, Jade.
Enfin un peu d’air rentre de l’ouest et nos voiles peuvent enfin se gonfler modestement et nous tirer, au plus près, vers l’île d’Yeu.
A ce jeu les bateaux se perdent de vue, car chacun fait avec les conditions qui sont les siennes pour tirer le meilleur parti de cette brise naissante.
Nous gardons en vue Athénaïs, qui a décidé de tirer très au large, pressentant que le vent y serai plus soutenu. Bien lui en prend, car sous les Corbeaux nous restons encalminés pendant qu’il avance à bonne vitesse et passe largement devant notre étrave.
Le vent revenant pour tout le monde sous Yeu, il n’en faut pas d’avantage pour réveiller le régatier qui sommeille en chacun de nous! Les bateaux se suivent, virent au moment stratégiques, les bords se croisent, et c’est l’occasion de constater la pertinence de son option.



Enfin tout le monde se retrouve à « Port Breton ».
Déjà les résultats des présidentielles sont connus par les réseaux d’information des pays voisins; Les journalistes de la presse française ont bonne mine qui essaient d’entretenir un suspens inexistant!

Le lendemain, à l’heure ou les bigotes rentrent chez elles, Sous Le Vent se glisse furtivement dans le chenal de Port Joinville, suivi immédiatement par l’ensemble de la flotte.
Gliss se fait prier, sans doute n’était-il pas au courant!
L’hostilité du « dehors» contraste avec le calme du «dedans».
Le vent puissant d’ouest lève une mer désordonnée sous l’île, et la route est longue jusqu’à Port Haliguen. Le changement d’ambiance est brutal, mais on s’habitue vite. Les voiliers taillent vaillamment leur route, pendant que les moteurs ayant retardé leur départ, sont encore sous la protection du port.



Au fil des milles, les liaisons VHF témoignent des hésitations de chacun: faut-il aller à Port Haliguen, avec le risque de ne pouvoir en ressortir le lendemain?
Ou bien ne faut-il pas mieux boire le calice jusqu’à la lie et prolonger la difficulté jusqu’à Étel?
Les deux options sont choisies:
- Les Trois Jo, Vincent-Myléne, Sous le vent et Armada font route directe sur la Ria; les conditions d’entrée seront « acceptables » selon le sémaphore d’Étel et notre vitesse doit nous permettre de nous présenter à l’heure.




- Les autres font route sur Port Haliguen. Ils seront plus tôt à l’abri mais sont incertains des conditions du lendemain, avec le passage délicat de La Teignouse par fort vent d’ouest et l’entrée de la Ria d’Étel dont on ne peut avoir de certitude sur la bienveillance des ses passes!
Aléa jacta est!
Nous cinglons vers Étel, la mer grossit, le vent forcit, les vagues s’invitent dans le bateau, la pluie s’insinue sous les cirés, le froid saisit les organismes, les estomacs chavirent, les trains de vagues défilent, quelques uns par-dessous, quelques uns par-dessus, les rafales bousculent nos gréements. Malgré une bonne vitesse, les milles passent lentement, les heures aussi.


 
Enfin voici les Pierres noires, l’entrée de la rivière,est proche.
C’est la dernière embûche avant le calme salvateur de la Ria.
Sous la haute surveillance et les consignes strictes de Josiane, les bateaux serpentent entre les bancs de sables erratiques, évitent les trains de houle déferlant , prennent des directions inattendues et finalement se retrouvent sur les eaux calmes de la rivière.

Les équipages arrivés à Étel se reposent. Ils sont à la recherche d’informations concernant leurs amis en escale à Port Haliguen.
Qui est exactement là bas?
Quelles sont les conditions météo des heures prochaines?
Vont-ils pouvoir sortir de La Teignouse et aborder les passes d’Étel dans de bonnes conditions?
Les portables sonnent. Les VHF grésillent les bulletins météo habituels dénués de toutes certitudes. Catherine Chabot est aussi en attente d’une autorisation de sortie qui ne lui est pas délivrée par le sémaphore. Comme tout le monde elle se soumet.
A la mi-journée les conditions s’améliorent et la flotte de Port Haliguen décide de se présenter devant Étel vers 19 heures.
Kiruna, Gliss, Athénaïs et Jade embouquent La Teignouse et cinglent vers la Rivière. Le reste de la flotte de la presque île de Quiberon décide un convoyage des équipages en voiture.
Le vent est bon, les bateaux marchent fort, et nos compères se présentent tôt devant les passes, trop tôt, surtout que la marée fainéante, retardée par les hautes pressions.
Ils attendent la « clearance » de Josiane, la magicienne du sémaphore.


Le temps est long quand on fait des ronds dans la brise, dans la houle, pendant que le flot se hâte lentement.




Enfin la porte s’ouvre, Josiane interpelle Jade et le guide au milieu des bancs de sable: « appuyez à droite, encore à droite, poursuivez comme ça, revenez sur votre gauche vous avez un banc de sable sur votre droite, c’est bon comme ça, vous y êtes, prenez l’axe de la rivière sur votre gauche et entrez! » …. Au suivant!
Le guidage dure 10 minutes, le passage critique quelques centaines de mètres, puis c’est l’eau plate de la rivière qui vient caresser la carène comme pour la consoler des brutalités qui lui ont été infligées les heures précédentes.
L’équipe à terre attend sur les pontons, attrape les amarres des arrivants dégoulinants, les mains se serrent, les impressions s’échangent, les bateaux sont remis en ordre et les équipages se retrouvent autour d’une bonne table.



Visite du CROSSA.
Souvent nous les entendons sur nos VHF.
La plupart du temps les voix son posées, calmes, chaleureuses, les propos sont clairs, net et précis,mais les visages sont absents.
C’est l’occasion de découvrir à qui appartiennent ces voix qui nous assistent et nous sécurisent 24 heures sur 24 au cours de nos navigations.
Elles disposent de tous les leviers pour agir pour notre bien, pour préserver notre vie, et atténuer notre vulnérabilité de plaisancier.
Je vous soumet une idée: quand vous entrerez en contact avec eux, pour quelque motif que ce soit, brièvement, chaleureusement, sincèrement, saluez-les donc au nom des plaisanciers de Port-Olona.



Le lycée des métiers de la mer a magistralement préparé la journée. Le matin dans ses locaux, de nombreuses manifestations sont organisées.
Les démonstrations de fusées de détresse,
la présentation du matériel des Marins Pompiers de Brest,
la preuve de leur savoir faire,
l’information sur les moyens de sauvetage et d’assistance en mer,
les reportages vidéo de la SNSM..
Les hélicoptères de secours venus, spécialement de leurs bases, atterrir au beau milieu des locaux du lycée, ont capté l’attention des nombreux visiteurs qui se sont retrouvés en fin de matinée autour du buffet préparé spécialement à leur intention.
Tout ceci ne fut que « mise en bouche » avant le point d’orgue de l’après-midi.
La rivière d’Étel, habituellement déserte quand les passes ne se livrent pas à l’entrée des bateaux, s’est soudain trouvée agitée.
Les « canots » de la SNSM,
les vedettes sécurité,
les Zodiacs des pompiers et de la gendarmerie,
les vedettes de l'APPO,
organisés pour délimiter un espace d’évolution, naviguent lentement.
Ils attendent, devant une foule de badauds impatients, l’arrivée des « hélicos » entrevus le matin.
Le volontaire est à l’eau, minuscule tête d’épingle livrée à l’hostilité des flots océans.
Le battement caractéristique des pales enfle rapidement jusqu’à l’assourdissement.
Quelques mètres au-dessus de l’eau, la masse imposante vole avec l’aisance d’une abeille cherchant l’entrée de sa fleur.
Son souffle trouble l’air, agite le plan d’eau, arrache des nuages d’embruns.
Son flanc libère un pendule palmé qui agite un bras à droite, puis à gauche.
Les palmes touchent l’eau à quelques centimètres du naufragé, les hommes se soudent l’un à l’autre et, en un éclair, dans une expiration puissante, la bête arrache les vies des abîmes de l’onde.
Saufs!





La machine, sûre de sa force, offre la protection de son sein, bascule doucement, et par son flanc ouvert, nous montre les hommes qui saluent, avant de vrombir vers sa base.
Bravo à ces hommes normaux qui accomplissent naturellement des actes exceptionnels.
Ils ont choisit de consacrer leur vie à sauver celles que nous donnons souvent sans conscience, et que nous exposons quelques fois trop légèrement.








Reçu à la base Aéro Navale de Lann-Bihoué, introduits magistralement par Jacques Le Brévelec, le patron du CROSSA, nous allons pouvoir voir de près le Falcon, aéronef capable d’intervenir en quelques minutes pour porter assistance à un navire en difficulté, de larguer une chaîne « S.A.R » avec une précision d’horloger suisse.


Qu’ils sont riches d’enseignement, les propos des sauveteurs opérant sur ces machines.
Qu’ils sont précieux les conseils qu’ils prodiguent, essentiels pour faciliter notre repérage et augmenter leurs probabilités de succès et nos chances de survie.
Leurs propos étaient d’autant mieux les bienvenus que nous venions de vivre des conditions de mer difficile et que les prévisions météo auguraient un retour vers les Sables «sportif».





Invités sur l’ancien canot de sauvetage Patron Emile-Daniel,
conviés à un barbecue géant dans le parc du Crossa,
reçus au musée des Thoniers par un café/Barre d'Etel,
il semble que le sens de l’accueil des Etelois soit directement proportionnel à la difficulté du chemin qui mène à leur rencontre.

En tout cas merci à eux tous et très particulièrement à Jacques Le Brévelec et son épouse pour leurs attentions spontanées.





La météo est le centre de nos préoccupations.
Elle ne semble pas concernée par l’arrivée du printemps et s’entête dans ses penchants hivernaux.
Il faut attendre.




Les passes ne délivrent pas le bon de sortie.
Alors il faut s’occuper utilement.
Initiation aux logiciels de navigations, merci Christian,
séances de matelotage, merci Michel,
pêche à pied, bravo Vincent-Mylène,
soins des blessures, merci docteur Jean-Paul,
réparation des menues avaries n’est-ce pas Les Trois Jo, Kiruna et Gliss…


Enfin la fenêtre (météo) est en vue.
En fait il s’agit plutôt d’une lucarne!
Athénais, Jade et Les Trois Jo s’y jettent. Kiruna, Gliss, Vincent-Mylène et Armada patientent jusqu’au lendemain. Sous Le Vent attend le retour d’un équipage de renfort.
Ceux de Port Haliguen se sont repliés les uns sur la Trinité, les autres sur le Crouesty avant d’envisager leur retour. .



Les commentaires
Publié le 24 mai 2007
Par LEBREVELEC MURIEL
Très joli article sur Etel . L APPO sera toujours la bienvenue à Etel, malgré la difficulté, pour certains de passer la barre.Merci pour vos photos et vos commentaires. Amitiés. Muriel Lebrevelec du CROSSA
Publié le 06 juin 2007
Par EVA COUTANT
Merci le, la ou les auteur(s) (Jean-Jacques, Jean-Paul, Gilbert ... ?) pour cet excellent compte-rendu si bien écrit. Je n’avais pas pris le temps de le lire entièrement avant.
Pour la lisibilité, le texte centré n'est pas la meilleure solution (nos yeux n'ont pas l'habitude de lire "au milieu") mais c'est tellement joli qu’on n'a rien contre de lire certains phrases plusieurs fois. Bravo !
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