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Publié le 01 janvier 2009
Par jjjberland



« Ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent » disait Edgar Faure.

Cette affirmation est pleinement vérifiée par la girouette traditionnelle qui domine la célèbre tour d’Arundel.
En effet, comme «certains politiques vieillis » qui décident enfin de se fixer à une opinion définitive, la rouille l’a faite immobile.
Obstinément elle montre l’ouest et contredit sans vergogne nos instruments sophistiqués!

                                      
 

Inutile comme on le fait pour les girouettes de nos bords de surveiller ses oscillations!
Inutile, comme on le fait quand on reste à terre d’attendre d’elle qu’elle nous informe des rotations de vent, signes précurseurs de la succession des fronts.


Présentes sur tous les bateaux, les girouettes sont multiples et font appel à des technologies ou des prouesses créatives diverses et variées.

De la bande magnétique délicatement nouée dans les haubans, à la discrète électronique dominant le pont en passant par la célèbre « Windex », elles ont, comme les humains, leurs qualités et leurs faiblesses.
De l’approximation, de la fragilité technologique, de la précision mécanique, de la position élevée cause de cervicalgies récurrentes,…

Elle ne mentent pas! «si elles pouvaient parler elles diraient qu’elles dirigent le vent » écrivait Jules Renard;
mais elles ne parlent pas!
Elles informent sur une réalité subtile pour beaucoup de «bipèdes» intelligents;

c‘est sans doute la raison pour laquelle on se sert de leur image pour définir des penchants plutôt négatifs chez nos congénères: caméléon, marionnette, pantin, polichinelle, de même que Voltaire assimilait leur soumission aux caprices du vent, au comportement des femmes qui ne se fixent que lorsqu’elles sont rouillées!

Non seulement elles ne mentent pas, non seulement elles indiquent d’où vient le vent et non pas où il va, la nuance est importante, mais souvent elles renseignent sur les centres d’intérêt des propriétaires des lieux.



L’histoire nous apprend qu’une des premières girouettes ornait la Tour des Vents à Athènes et que c’est sans doute Léonard de Vinci qui voulant savoir d’où venait le vent, transforma les panonceaux fixes ornant les clochers d’églises, les donjons des châteaux ou les beffrois.
Il les monta donc sur un axe mobil.

Il fallut attendre le XVIII éme siècle pour qu’une amélioration technique dote la girouette d’une pointe en avant de l’axe et d’un repère orthonormé qui permirent plus de précision dans la lecture du gisement du vent.

Dans les années 1800, la girouette se démocratise, et sa mission informative se complète en renseignant l’étranger sur l’activité professionnelle de la demeure qu’elle surplombe.



Dans sa grande vulgarité, la girouette n'est pas ce symbole frivole d'inconstance imprévisible, mais un témoin d'une rare fiabilité, d'une subtilité accessible seulement aux initiés, doublée d'une grâce qui retient l'oeil.

                              


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