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Publié le 07 janvier 2009
Par jjjberland

Dans son article original sur Willy De Ross, Guy cite le nom de son bateau, Williwaw, en référence à ces bourrasques soudaines, d'air glacial qui descendent avec brutalité des sommets de Patagonie.

Elles sont redoutables notemment dans le détroit de Le Maire (pas Guy mais Jacob), qui en cherchant un passage de l'Atlantique vers le Pacfique découvrit (1616) cette route entre le continent et l'Ile des Etats, théâtre du célèbre roman de Jules Verne, "Le phare du bout du monde". Ce phare, retrouvé et reconstruit par André Bronner en 1994, a une réplique à l'entrée du chenal du port des Minimes.
 



Pour vous rappeler vos jeunesses, pleines de rêves aventureux, vous trouverez à la suite un résumé du roman de J.Verne.


L’ILE DES ETATS




 A moins de sept degrés du cercle polaire antarctique, c’est la terre la plus australe de l’Amérique du sud.

Baignée par les eaux des deux Océans, Atlantique et Pacifique, elle est recherchée par les navires qui passent de l’un dans l’autre, qu’ils viennent du nord-est ou du sud-ouest, avant ou après avoir doublé le cap Horn.

Cette terre est séparée du continent Sud-Américain par un bras de mer, large de 15 milles nautiques, qui porte le nom de détroit de Le Maire.
De l’autre coté c’est la Terre de Feu, patrie des Patagons.

Ce détroit est très avantageux car il raccourcit considérablement la route et permet de se mettre à l’abri des formidables houles qui battent le littoral est de cette île.
Les côtes de l’île sont extrêmement déchiquetées.
C’est une succession de baies et de criques dont les entrées périlleuses sont défendues par des cordons d’îlots et de récifs insoupçonnés.
Aussi, de très nombreux naufrages s’y sont produits.
Cette terre se nomme l’Iles des Etats.


De nombreux navires, cherchant l’entrée du détroit de Le Maire, surpris par des vents puissants contre lesquels ils ne pouvaient lutter, se sont précipités sur les falaises à pic, ou les récifs sournois, sur lesquels la mer brise avec fureur, même les jours de grand calme.
 
La belle saison commence sur cette terre au mois de novembre et se prolonge jusqu’en février.
Pendant ces quelques mois l’épaisse couche de neige, qui recouvre les vastes plaines fond, et le timide soleil antarctique réchauffe suffisamment le sol pour que les prairies reverdissent.
Mais cette courte période de clémence climatique ne permet à aucune espèce animale de vi
vre sur cette terre de désolation.
Le vent, toujours puissant ne laisse aucune chance à la végétation, et les arbustes les plus hauts ne dépassent pas quarante centimètres.
Cependant on y trouve quelques couples de guanaques, sortes de daims très rustiques, dont la chair est assez bonne si elle est rôtie convenablement.



De part et d’autre de ces plaines s’étendent des plateaux rocheux, coupés de gorges profondes, sillonnés de longs cortèges de blocs erratiques où se dressent des pics à l’altitude considérable qui terminent la chaîne andine.
Ni rivière, ni ruisseau, ne sourdent de ce sol pierreux, et la seule eau douce qu’on y trouve est celle qui résulte de la fonte des neiges, piégée par le relief, sous forme de petits lacs.
Si la faune et la flore sont à peine représentées sur cette île, en revanche sur le littoral le poisson abonde, les coquillages prolifèrent, les crustacés pullulent, et la gent volatile est très présente.



Malgré ceci, cette île reste totalement inhabitable et ni l’Argentine ni le Chili, les pays les plus proches, ne revendiquent sa propriété.






LE PIRATE ET SA BANDE



 L’hostilité de cette terre est aussi sa richesse…. Une bande d’une douzaine de malfaiteurs a élu domicile sur la côte est où ils ont découvert une profonde caverne creusée dans la falaise qui leur procura un abri sûr.

Ces hommes au tempérament violent et énergique ne reculaient devant aucun crime.
En fuite de l’Argentine toute proche, poursuivis pour leurs crimes odieux, ils avaient échappé à la pendaison en se réfugiant en Terre de Feu.
Là, ils apprirent que les naufrages étaient fréquents sur l’Ile des Etats…..



Nul doute que ses rivages étaient couverts des innombrables richesses que transportaient les navires qui s’y perdaient.
Ils décidèrent donc, à l’aide d’une embarcation légère d’aller écumer les rives de l’île pour y confisquer les richesses qui devaient s’y trouver.
Malgré leur connaissance de la navigation ils ne purent éviter le naufrage en arrivant aux abords de la côte ouest de l’île. Surpris par un coup de vent, leur embarcation se brisa sur les falaises abruptes.

C’est alors qu’ils gagnèrent à pied la côte est de l’île. Leur long et pénible voyage à travers le terrain quasi impraticable fût récompensé par la découverte fabuleuse des restes des naufrages: lingots d’or et d’argent, armes, munitions, poudre, étoffes, caisse de vêtements, bois exotiques, caisses de nourriture, fût d’eau de vie et de vin et pas un seul survivant de ces sinistres fortunes de mer….

Toutes ces richesses furent mises en sûreté dans leur grotte.

Installés sur la pointe nord-ouest ils bénéficiaient d’un point de vue idéal pour surveiller l’approche des navires cherchant le détroit.

Maintenant qu’ils étaient riches, ils ne leur restaient plus qu’à s’emparer d’un navire attiré vers la baie, pour charger leur butin et partir couler des jours tranquilles dans les îles du Pacifique où personne ne les retrouverait plus jamais.

Deux années s’écoulèrent sans qu’ils ne puissent s’emparer d’aucun navire.

Il est vrai que ce temps fût mis à profit pour augmenter leurs richesses, grâce aux naufrages qu’ils provoquèrent, tuant les quelques membres des équipages qui survivaient à la catastrophe.
Mais, la bande était toujours prisonnière de cette terre désolée car tous les navires qui s’y perdirent furent irrémédiablement détruits.

Le temps leur devenait insupportable et les hivers si durs que le groupe perdait le moral.

Brusquement la situation fût bouleversée.

LE PHARE




Un steamer battant pavillon argentin paru en vue de l’île.

Il avait l’air de faire route directe sur elle, et quelques heures après, il manœuvra pour donner dans la baie occupée par la bande de pirates.
Il s’agissait d’un bateau militaire de la Marine Argentine, le Santa Fe, bien trop armé pour que la bande puisse espérer s’en emparer.

Le chef de la bande pris la sage décision d’effacer toute trace de présence et de se replier vers la côte ouest qu’il connaissait déjà pour y avoir débarqué après leur naufrage.

Les richesses furent laissées dans la caverne.

Kongre comprit, en voyant les ouvriers débarquer que la construction d’un phare se préparait.

Il prit donc le parti d’attendre patiemment que le phare fût construit et que le steamer reparte vers l’Argentine.
La construction dura quinze mois.

Kongre et sa bande de pirates attendaient patiemment que le steamer s’en aille et que les gardiens restent seuls à la veille et à l’entretien du phare.

Dans la nuit du 9 au 10 décembre 1884 une lumière jailli sur la côte est de l’île : le phare venait de s’allumer, la construction était terminée, le steamer allait repartir….




 Moriz, Felipe et Vasquez allaient rester seuls sur l’île pour veiller sur elle, sur l’océan qui la ceint et le phare qui protège désormais les navires.

Le jour était proche ou les bandits allaient quitter leur refuge, revenir vers l’autre extrémité de l’île, en redevenir les maîtres et les seuls occupants.

Ils auraient alors du temps devant eux, jusqu’à la prochaine relève des gardiens, pour attirer un bateau dans la baie, avec l’aide du phare, s’en rendre maître, charger leurs richesses et se sauver dans les îles du Pacifique.



LA GOELETTE « LA MAULE ».




Tandis que Kongre et ses hommes échangeaient sur leur plan, un des hommes aperçu un navire par le travers de la côte.
Pas de doute, cette goélette cherche à embouquer le détroit.
Elle s’y engagea en effet mais dès qu’elle fût entre l’île et le continent, le vent tomba, et la malheureuse goélette, prise par le courrant s’échoua sur un haut fond.

Dès lors, il ne restait plus aux pillards qu’à accomplir leur funeste projet : attendre la nuit, se rendre à bord du navire échoué, exterminer l’équipage surpris, attendre la prochaine marée haute pour déséchouer le navire.

Ils sont enfin, en possession du bateau qui leur permettra de récupérer leurs richesses et de quitter cette île maudite.
La Maule avait subit quelques avaries lors de son échouage.
Il fallut donc réparer avant de prendre la mer pour contourner l’île et revenir dans la baie d’Elgor.
Objectif, neutraliser les gardiens du phare, embarquer le butin sur la goélette et se sauver dans les îles de l’Océan Pacifique pour y vivre de leurs richesses si mal acquises.

Dans la soirée du deuxième jour de navigation, la Maule et son équipage de bandits se présentèrent à l’ouvert de la baie….

Du haut du phare, Vasquez, le troisième gardien vit avec plaisir le navire visiteur venir relâcher dans ce havre de tranquillité ; comme il vit, avec joie, ses deux compagnons mettre leur chaloupe à l’eau pour aller accueillir les nouveaux venus…

Mais il vit aussi ses compagnons monter à bord et aussitôt les pieds sur le pont se faire massacrer par les pirates de la Maule.

Vasquez compris que sa vie était en danger.

Il jeta rapidement quelques provisions dans un sac et se sauva à toute jambes vers l’intérieur de l’île pour échapper au sort funeste qui l’attendait s’il tombait aux mains de ces assassins.
La nuit s’annonçait longue pour Vasquez…

Nul doute que les bandits allaient investir le phare, éteindre sa lampe pour ne pas risquer d’être importunés par un autre navire désirant relâcher dans la baie.
Alors, consultant les documents du phare, ils découvriraient l’existence d’un troisième gardien et se mettraient à sa recherche pour l’éliminer comme ses infortunés compagnons.
Vasquez devait donc trouver un lieu sûr, où il pourrait se cacher et survivre jusqu’au départ de ces brigands.
Il suivit la rive nord en longeant le pied de la falaise et ne trouva d’autre abri qu’une étroite anfractuosité dans laquelle il passa la nuit.

Bien avant le lever du jour, Vasquez partit en reconnaissance pour observer ce qui se passait du coté de la baie.
Le phare éteint, la navigation était devenue dangereuse pour les bateaux comptant sur sa présence.
Ils le chercheraient en vain, et ne le trouvant pas, seraient trompés sur leur position et se jetteraient à coup sûr sur ces côtes redoutables.

Du coté du phare, il n’y avait aucune animation particulière, tout semblait calme et paisible.

Vasquez assis sur un rocher réfléchissait à son sort : sans doute les pirates pensaient-ils qu’un homme seul sur cette île désolée, sans nourriture suffisante et sans abri, ne pourrait survivre bien longtemps.
Il décida donc de chercher un abri qu’il trouva dans la falaise, situé suffisamment haut pour être hors de portée des plus hautes marées.
On y pénétrait par un orifice très étroit mais une fois à l’intérieur l’espace s’élargissait de façon à former une salle assez grande pour y faire un feu.
Il y déposa les quelques provisions qu’il avait eu le temps d’emporter dans sa fuite, se désaltéra au ruissellement de l’eau sur la paroi de la grotte.

Il se disposait à sortir quand un bruit éveilla sa prudence….

couché sur le sol, il aperçu une chaloupe montée par quatre hommes faisant route le long de la falaise.
A la manière dont elle naviguait, Vasquez compris que ces hommes ne le cherchaient pas, et n’étaient pas non plus en exploration de cette partie de la baie qu’ils avaient l’air de bien connaître.
Soudain les avirons se levèrent et la chaloupe, sur son erre, vint accoster sur la grève, à quelques pas sous la cachette de Vasquez.
Les hommes en descendirent, et trois d’entre eux se dirigèrent vers la falaise pendant que le quatrième assurait la veille.

Les trois hommes s’engagèrent dans une anfractuosité à peine visible de la falaise.
Vasquez les observait…

Il comprit que ces brigands n’étaient pas tombés par hasard sur l’Île des Etats.

Sans doute y étaient-ils depuis longtemps, dérangés par la construction du phare, ils souhaitaient en reprendre la maîtrise.

Sans doute avaient-ils caché par ici leur butin….

Après une bonne heure, les bandits ressortirent de la caverne, et Vasquez pu les voir embarquant des outils, des pièces de bois, des provisions, des vêtements…

L’embarcation appareilla et disparue rapidement derrière la falaise.
Ne craignant plus d’être vu, Vasquez sortit de sa grotte et se rendit dans la cachette des pirates.

Il constata qu’il y avait là des richesses fabuleuses, or, pierres précieuses, étoffes fines, épices, bois précieux, vêtements en quantité et provisions abondantes. Vasquez su alors qu’il pourrait sans crainte profiter de ces vivres.

Il savait maintenant que les pirates souhaitaient quitter l’île avec leurs richesses.
 Sans doute seront-ils prêts avant le retour du Santa Fé, le bateau militaire qui doit amener les gardiens pour la relève.

Vasquez n’eut plus qu’une idée en tête : retarder coûte que coûte le départ des pirates et les faire tomber aux mains de la justice Argentine.

Avançant prudemment vers la baie où était ancrée la Maule, Vasquez pu se rendre compte que des réparations importantes étaient entreprises.

 Il avait fallu échouer la goélette, la délester de sa cargaison et la coucher sur le coté pour intervenir sur sa coque. Réparer les avaries en vue d’une longue navigation, transporter la cargaison des richesses, allait prendre du temps !


De son coté, Kongre savait par le livre de bord du phare, qu’il avait assez de temps avant l’arrivée de la relève.
Il savait aussi qu’il y avait un troisième gardien en fuite, mais ne s’en souciait guère, pensant qu’un homme sans vivre ne peut tenir longtemps sur cette terre hostile.
Seul le très mauvais temps qui régna pendant une semaine sur la baie en retardant le travail de réparation du navire, inquiétait Kongre.

Plusieurs bateaux passèrent tout près de l’île.
Vasquez tenta chaque fois en vain, d’attirer leur attention, en allumant des feux ou en faisant des signaux.

Pendant ce temps les pirates commencèrent à transporter leurs richesses de la grotte vers la baie.
Dès lors Vasquez devait redoubler de prudence quand il se rendait dans la grotte pour y prendre les provisions dont il avait besoin.
Surveillant les travaux, il s’aperçut que la Maule était presque en état de prendre la mer.
Il restait à embarquer le lest et le chargement.
Ce serait chose faite dans quelques jours.

Vasquez enrageait à la pensée de voir cette bande de gredins, échapper à la justice.
Plus grave, la caverne vidée, les pirates partis auraient aussi pillé les réserves du phare : comment ferait-il pour survivre jusqu’à l’arrivée de la relève ?

Le ciel devenait menaçant, la tempête s’annonçait qui allait retarder le départ de la Maule.
Les rapides risées qui courraient sur la surface de l’eau ne tardèrent pas à se changer en écume blanche coiffant le sommet des puissantes lames qui se précipitaient sur le pied des falaises.
Sur l’Île des Etats, les tempêtes ne sont pas de simples coup de vent comme sous nos latitudes, elles durent...
Le soir tombant, Vasquez sur la grèves regardait la mer en furie quand dans la pénombre il aperçut une voile qui faisait route vers l’île.
Sans doute un bateau cherchant le phare et voulant s’abriter dans la baie !

Mais les gredins se gardaient bien d’allumer le phare !

Le navire allait le chercher, ne l’apercevant pas il va se croire loin de l’île et se fracasser sur ses côtes !

 Alors Vasquez décida, au risque de se faire découvrir d’allumer un feu pour alerter le navire d’une côte toute proche.
Mais le temps qu’il rassemble bois et varech sur la pointe du cap, une masse imposante se souleva sur les lames, au beau milieu de récifs.
Dans un fracas épouvantable il perçut les cris de détresse et en quelques minutes plus rien d’autre que le hurlement de la mer et le sifflement des rafales.

Le lendemain la tempête faisait toujours rage.

Avec le jour, il put distinguer le navire éventré, la mâture ravagée.
Vasquez se rendit près de l’épave.
Il devait redoubler de prudence car les pirates savaient bien sûr qu’un navire avait fait naufrage, et ils ne tarderaient pas à venir le dépouiller.
C’était un navire américain, le Century.
Le bateau étant au sec, Vasquez put y pénétrer.
Le carnage était total, la dévastation complète.
Pas un survivant ne répondit à ses appels !
De retour sur la grève, surveillant l’arrivée des pirates, Vasquez récupéra quelques vivres, quelques armes, un baril de poudre qu’il transporta en lieu sûr.

 Remontant dans sa cachette, dans une accalmie passagère, il crut entendre un cri, un appel.
 Marchant vers cette voix, il aperçut un homme étendu contre une roche.
Vite le mettre en sûreté avant que la bande n’arrive !
Il le porta jusqu’à la caverne et  entreprit les premiers soins.
L’homme respirait, n’avait aucune blessure apparente.
Il lui donna à boire et le réchauffant, il vit avec joie que le naufragé reprenait ses esprits.
Qui êtes vous ?
John Davis, le second du Century.

Il fut atterré d’apprendre qu’il était le seul survivant de la terrible nuit.
-Où sommes nous ?
-Sur l’Île des Etats !
-Mais le phare ?
-Pourquoi n’avons-nous pas vu le phare?

Alors Vasquez raconta…
la construction du phare, le départ du Santa-Fé laissant les trois gardiens seuls, l’arrivée de la Maule, l’assassina de Felipe et Moriz,… sa volonté farouche de ne pas laisser les pirates partir indemnes…


Vasquez venait de trouver dans ce vaillant marin américain, un compagnon solidaire, tout aussi déterminé à venger les crimes de ces odieux pirates.

Pour le moment la tempête était leur alliée en empêchant la Maule de quitter son mouillage.
Mais combien de temps avant que le calme ne revienne?
Sans doute assez peu, et les pirates quitteront alors l’île avec leur butin, disparaîtront dans l’ouest et iront couler des jours tranquilles dans un quelconque havre du Pacifique, sans aucune probabilité d’être découverts et inquiétés.

Les deux hommes ne pouvaient accepter cette issue!

Ils décidèrent donc de récupérer un des canons du Century et de le mettre en batterie dans un lieu stratégique devant lequel la Maule passerait obligatoirement pour sortir de la baie.
La couler?
Peu probable !
Mais lui infliger des dommages tels qu’elle ne puisse envisager un long voyage à travers l’Océan, l’obliger à regagner son mouillage pour effectuer les réparations nécessaires, et ainsi lui faire ainsi perdre le temps indispensable à l’arrivée du Santa Fé.
On était le 25 février et l’aviso devait amener la relève dans les premiers jours de mars.
Ainsi fut fait.
Alors que la Maule rebaptisée Le Carcante venait d’appareiller, au sortir de la baie, longeant la rive nord, un sifflement aigu déchira l’air suivi d’un choc qui fit tressaillir la coque de la goélette, immédiatement suivi d’une détonation!



 Se penchant au dessus du bordé, Kongre aperçut un trou un demi pied plus haut que la ligne de flottaison.
Une seconde fois la caronade fit feu une seconde fois atteignant de nouveau la coque du Carcante.
Dès lors il n’était plus possible d’envisager le voyage !

La goélette à grand peine dut regagner son mouillage et entreprendre les réparations.

Ces dommages la retarderaient-elle suffisamment ?

De leur coté les pirates avaient bien compris que l’agression n’avait d’autre but que de les retarder et qu’elle ne pouvait être due qu’au gardien échappé et à quelques survivants du dernier naufrage.
 

Il fallait réparer vite et sortir de nouveau de la baie en restant très éloigné des rives, et tout cela était possible avant l’arrivée de l’aviso.

Après examen des dégâts, le charpentier estima à soixante heures le temps nécessaire aux réparations.
Après quoi la goélette pourrait de nouveau prendre la mer et appareiller avant l’arrivée des renforts.

Les avaries réparées, la cargaison réembarquée plus rien n’empêchait les pirates de quitter ces lieux sinistres.

Vasquez et son compagnon ne pouvaient accepter cette issue.

Dans la nuit ils résolurent donc de se rendre dans la baie, de nager en silence jusqu’au mouillage du bateau et à l’aide de poudre, saboter le gouvernail du bateau.
Mais les faibles moyens dont ils disposaient n’infligèrent que peu de dommages au gouvernail et en une douzaine d’heures les dégâts furent réparés.

Ainsi auraient pu s’échapper les brigands.

Mais les choses ne se produisent jamais réellement comme on les a imaginées.

Leur départ une fois de plus fut contrarié, très contrarié !

Ceux qui connaissent le roman de Jules Verne savent le dénouement ; laissons le plaisir aux autres de le découvrir.
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