Le prix Femina étranger a été attribué aujourd'hui à Edward St Aubyn pour son roman "Le goût de la mère", traduit de l'anglais par Anne Damour. Vous pouvez en découvrir un extrait ci-dessous.
Pourquoi avaient-ils feint de le tuer au moment de sa naissance ? Ils l’avaient tenu éveillé pendant des jours entiers, à se cogner le crâne contre le col fermé de l’utérus ; le cordon enroulé autour de sa gorge, au point de l’étrangler ; ils avaient farfouillé dans le ventre de sa mère avec des pinces glacées, lui agrippant la tête, tordant son cou d’un côté puis de l’autre ; ils l’avaient extrait de son refuge, frappé ; ébloui avec leurs lampes ; soumis à des expériences ; emmené loin de sa mère pendant qu’elle gisait sur la table, à moitié morte. Le but était peut-être d’anéantir sa nostalgie du monde d’avant. D’abord le garder enfermé pour lui donner soif d’espace, puis faire semblant ensuite de le tuer afin qu’il soit reconnaissant d’en disposer, même s’il s’agissait de ce désert bruyant, avec pour seuls bandages les bras enveloppants de sa mère, sans plus jamais toute cette chose, toute cette chose chaude autour de lui, qui était tout. Les rideaux laissaient sourdre le jour dans leur chambre d’hôpital. Ils se gonflaient dans la chaleur de l’après-midi, puis revenaient se plaquer contre les croisées, atténuant la lueur aveuglante de l’extérieur. Quelqu’un ouvrit la porte, les rideaux se soulevèrent, leurs bords ondulèrent ; des papiers épars frémirent ; la chambre s’éclaircit et les trépidations des travaux dans la rue devinrent soudain plus distinctes. Puis la porte claqua, les rideaux retombèrent avec un soupir et la chambre s’assombrit. « Oh, non, plus de fleurs », dit sa mère. Il voyait tout à travers les parois transparentes de son berceau-aquarium. Il était surveillé par l’œil moite d’un lis grand ouvert. De temps en temps la brise soufflait dans sa direction les effluves poivrés des freesias et il aurait voulu éternuer pour les chasser. Sur la chemise de nuit de sa mère des taches de sang se mêlaient aux traînées sombres du pollen orange. « C’est si gentil de la part des gens... » Elle riait, épuisée autant qu’exaspérée. « Dites-moi, est-ce qu’il y a de la place dans la baignoire ? — Pas vraiment, on y a déjà mis les roses et le reste. — Oh, Seigneur, c’est insupportable. Des centaines de fleurs ont été coupées et serrées dans ces vases blancs, uniquement pour nous faire plaisir. » Elle riait sans pouvoir s’arrêter. Des larmes coulaient le long de ses joues. « On aurait dû les laisser là où elles étaient, quelque part dans un jardin. » L’infirmière examina la feuille de température. « C’est le moment de prendre votre Voltarol, dit-elle. Il faut stopper la douleur avant qu’elle ne prenne le dessus. » Puis l’infirmière regarda Robert et il fixa intensément ses yeux bleus dans la pénombre naissante. « Il est très éveillé. On jurerait qu’il m’observe. — Tout ira bien, n’est-ce pas ? » demanda sa mère, brusquement terrifiée. Soudain, Robert se sentit terrifié à son tour. Ils n’étaient plus réunis comme avant, mais ils partageaient encore la même impuissance. Ils avaient été rejetés sur une côte sauvage. Trop exténués pour se traîner sur la plage, ils ne pouvaient que se laisser bercer, assourdis, éblouis d’être là. Il devait se faire une raison, pourtant : on les avait séparés. Il comprenait maintenant que sa mère s’était déjà trouvée dans le monde du dehors. Pour elle, cette côte sauvage représentait un nouveau rôle, pour lui un nouvel univers. L’étonnant était qu’il avait l’impression d’y être déjà venu lui aussi. Il avait su dès le début qu’il existait un au-dehors. Il pensait alors qu’il s’agissait d’un monde liquide et assourdi et que lui-même vivait au cœur des choses. À présent les murs s’étaient écroulés et il voyait dans quel désordre il avait vécu. Dans cet espace aveuglant et assourdissant comment ne pas se retrouver plongé dans une nouvelle confusion ? Dans cette atmosphère lourde, où l’air lui collait à la peau, comment se tortiller et donner des coups de pied comme avant ? Hier il avait cru mourir. Peut-être avait-il raison, c’était peut-être arrivé. On pouvait douter de tout, sauf du fait qu’il avait été séparé de sa mère. Ayant compris qu’il y avait une différence entre eux, il l’aimait avec une intensité nouvelle. Il avait toujours été tout près d’elle. Aujourd’hui c’était à cette proximité qu’il aspirait. Le premier avant-goût du désir était la chose la plus triste du monde. « Oh, le petit chéri, qu’est-ce qui ne va pas ? dit l’infirmière. Avons-nous faim ou seulement envie d’un câlin ? » L’infirmière le souleva hors de son berceau-aquarium, par-dessus le précipice qui le séparait du lit, et le déposa dans les bras meurtris de sa mère. « Essayez de lui donner un peu le sein, puis vous prendrez un moment de repos. Vous en avez vu de dures tous les deux depuis quarante-huit heures. » Il était un naufragé inconsolable. Il ne pouvait vivre dans une telle incertitude, avec autant d’intensité. Il vomit du colostrum sur sa mère et, dans l’instant de flottement qui s’ensuivit, il entrevit les rideaux gonflés de lumière. Ils retinrent son attention. C’était ainsi que tout marchait ici. Ils vous hypnotisaient avec des choses censées vous faire oublier la séparation. Néanmoins, il ne voulait pas exagérer son infortune. L’espace était devenu exigu dans le monde d’avant. À la fin il aurait tout donné pour s’évader, mais il avait imaginé qu’il reviendrait s’épanouir dans l’océan infini des premiers temps, au lieu de se retrouver exilé dans ce pays inhospitalier. Peut-être pourrait-il revoir l’océan dans ses rêves, une fois disparu le rideau de violence tendu entre lui et son passé. Il s’enfonçait lentement dans les franges douceâtres du sommeil, sans savoir s’il le conduirait jusqu’au monde flottant ou le ramènerait à la boucherie de la salle d’accouchement. « Pauvre Baba, il a probablement fait un mauvais rêve », dit sa mère en le caressant. Ses pleurs s’espacèrent et s’atténuèrent. Elle l’embrassa sur le front et il comprit que s’ils ne partageaient plus désormais un seul corps, ils nourrissaient toujours les mêmes pensées et les mêmes sentiments. Il eut un frisson de soulagement et, tournant les yeux vers les rideaux, regarda la lumière entrer à flots dans la pièce. Il avait dû rester un moment endormi car son père était arrivé et était déjà accaparé par quelque chose. Il parlait sans arrêt. « J’ai encore visité des appartements aujourd’hui et, crois-moi, c’est plutôt déprimant. Le marché immobilier à Londres est complètement dingue. Je penche de nouveau pour le plan C. — En quoi consiste ce plan C ? J’ai oublié. — Rester où nous sommes et aménager une autre chambre en prenant sur la cuisine. Si nous la divisons en deux, le placard à balais devient son placard à jouets et le lit prend la place du réfrigérateur. — Et où vont les balais ? — Je ne sais pas – quelque part. — Et le réfrigérateur ? — On pourrait le mettre dans le placard à côté de la machine à laver. — Il ne rentrera pas. — Comment le sais-tu ? — Je le sais, c’est tout. — De toute manière... nous nous débrouillerons. J’essaie seulement d’avoir le sens pratique. Tout change avec un bébé. » Son père se pencha plus près, murmura : « Il y a toujours l’Écosse. » Il devait faire preuve de sens pratique. Il savait que sa femme et son fils étaient en train de se noyer dans une flaque de confusion et d’émotion et qu’il devait les sauver. Robert devinait ce qu’il éprouvait. « Mon Dieu, ses mains sont minuscules, dit son père. C’est normal, sans doute. » Il prit la main de Robert avec son petit doigt et l’embrassa. « Je peux le prendre dans mes bras ? » Elle le souleva et le tendit à son père. « Attention à son cou, il est très flexible. Il faut le soutenir. » Ils étaient tous nerveux. « Comme ça ? » La main de son père remonta le long de sa colonne vertébrale, prit la place de celle de sa mère et se glissa sous la tête de Robert. Robert s’efforça de rester calme. Il ne voulait pas inquiéter ses parents. « À peu près. Je n’en sais trop rien. — Ahh... Comment se fait-il que nous soyons autorisés à faire tout ça sans permis ? On ne peut avoir un chien ou une télévision sans permis. L’assistante maternelle pourra peut-être nous montrer – comment s’appelle-t-elle ? — Margaret. — Au fait, où Margaret va-t-elle dormir la nuit avant que nous n’allions chez ma mère ? — Elle dit que le canapé lui convient parfaitement. — Je me demande si le canapé est du même avis. — Ne soit pas désagréable, elle suit un “régime minceur”. — Super. Je ne la voyais pas sous ce jour-là. — Elle a beaucoup d’expérience. — Nous aussi, non ? — Avec les bébés. — Oh, les bébés. » La barbe de son père lui chatouilla la joue et il entendit le bruit d’un baiser dans son oreille. « Mais nous l’adorons, protesta sa mère, les yeux noyés de larmes. N’est-ce pas suffisant ? — Être adoré par deux apprentis parents dotés d’un logement insuffisant ? Dieu soit loué, il pourra compter sur une grand-mère qui est en permanence en vacances, et sur une autre qui est trop occupée à sauver la planète pour se réjouir de cette charge supplémentaire sur ses revenus. La maison de ma mère est déjà assez pleine de brouhahas chamaniques, “d’animaux de pouvoir” et “d’esprits-enfants” pour accueillir quelque chose d’aussi adulte qu’un enfant. — Tout se passera bien, dit sa mère. Nous ne sommes plus des enfants, nous sommes des parents. — Nous sommes les deux, dit son père, c’est tout le problème. Sais-tu ce que ma mère m’a dit l’autre jour ? Qu’un enfant né dans un pays développé consomme deux cent quarante fois les ressources consommées par un enfant né au Bangladesh. Si nous nous étions imposés d’avoir deux cent trente-neuf enfants du Bangladesh, elle nous aurait accueillis plus chaleureusement, mais cet Occidental gargantuesque, qui va occuper des hectares de décharge publique avec ses couches jetables, et bientôt réclamer un ordinateur assez puissant pour lancer un vol habité vers Mars tout en jouant au jeu de morpion avec un copain virtuel à Dubrovnik, ne recueillera sans doute pas son approbation. » Son père s’interrompit. « Comment te sens-tu ? demanda-t-il. — Je n’ai jamais été aussi heureuse, dit sa mère, essuyant ses joues humides du revers de sa main. Mais je me sens complètement vide. »
Elle guida la tête du bébé vers son sein et il se mit à téter. Un mince filet provenant de son ancien refuge emplit sa bouche et ils furent de nouveau réunis. Il sentait les battements de son cœur. La paix les enveloppa comme un nouvel utérus. Peut-être était-ce l’endroit idéal où se trouver après tout, juste un peu difficile à pénétrer.
Citation du jour "La parole n'a pas été donnée à l'homme : il l'a prise."
L'art de la tartine
L'auteur de littérature ne rature pas assez. Il faut donc revenir sur l'ouvrage sans cesse. Faire l'économie de palabres pour éviter le verbiage. Les mots rares sont rébarbatifs, donnent souvent un ton qui tient plus du poncif.
Les descriptions précises -géologique, cartographique- nous placent dans le contexte, mais nous sortent de l'action.
Ah, l'action ! (pas celle du CAC 40).
Le mouvement, le rythme et les rebondissements sont plus attractifs qu'un bon vieux suspense.
Je hais ces livres où l'intrigue est présentée et dévoilée en début de récit. Et après, on disserte avec des ronds de jambe ennuyeux et éprouvants pour revenir à l'intrigue qui n'est plus intrigante du tout.
Imaginez un pays où les auteurs se mettent en grève. Voilà maintenant des livres, des nouvelles, des séries, des films écrits sous forme de SMS, sous forme "Wiki", avec des références aléatoires et souvent hasardeuses.
Je gage que, même en grève, tous ces auteurs ne pourront rester sans pianoter sur leur traitement de texte ou griffonner sur leur cahier. Pour certains, c'est une chose primordiale, vitale même.
Je pense que ce n'est pas de gaieté de cœur que les auteurs et scénaristes américains -tout comme les cheminots, cette semaine- font grève... C'est sûrement dû à un problème plus terre à terre que les histoires qui les font vivre.
Le mal n'est pas dans la tête, ni sous la ceinture, mais plutôt au niveau du portefeuille.
C'est l'automne, rien ne m'étonne. Mais les mots ne sont pas faits pour être pris en otage, les voyageurs non plus, d'ailleurs. Alors, il y a grève et grève : les mots sont libres d'aller et venir par les ondes, les mails, les lettres... Et les voyageurs aussi sont libres d'être libres. Si les cheminots étaient bien avisés de les laisser voyager librement, voire gratuitement, je pense que les grèves feraient l'unanimité auprès de tous !
Vous voyez, les mots sont libres... Mais ces dernières lignes sont utopiques... de la pure fiction.
Les mots ne sont pas en grève, mais les lecteurs, oui.
José Spéret ("Faire mieux la prochaine fois", ouvrage à paraître).
Citation du jour "Il n'y a que les gens médiocres pour penser à tout."
La lettre d'@rrêt sur images, n° 7
Tous les soirs ou presque, nous sommes bombardés d'effets d'annonce. Au soir de la fin du Grenelle de l'environnement (presque un siècle déjà), les promesses pleuvaient dru au 20 Heures. « Le Grenelle » avait décidé de l'arrêt des constructions d'autoroutes. « Le Grenelle » avait décidé que les poids lourds paieraient désormais une éco-taxe. « Le Grenelle » avait « retenu le principe » de la taxe-carbone, chère à Nicolas Hulot.
Qu'en est-il exactement ?
Comme sur les contrats d'assurance, les 20 Heures n'ont pas lu « les petits caractères ».
La taxe-carbone ? Oui, mais à condition d'une « remise à plat de la fiscalité », autant dire à la Saint-Glinglin.
Une taxe sur la circulation des poids lourds ? Oui, sauf sur... les autoroutes !
L'arrêt des constructions d'autoroute ? Oui, sauf « cas d'intérêt local ».
Etc etc.
Si vous voulez lire vous-même les « petits caractères » que les 20 Heures se sont bien gardés de lire, c'est ici (1).
Vous avez certainement suivi à la télévision le feuilleton de « l'Arche de Zoé ». Peut-être vous êtes vous demandés pourquoi les JT évoquaient parfois deux journalistes, et parfois trois. Problème de comptage ? Pas du tout. La réponse est là (2).
Enfin, nous venons de prendre une décision capitale pour notre site définitif. Nous venons de décider de ne pas faire appel à la publicité. Pas du tout. Nous vous en expliquons les raisons ici (3)
Autant dire que nous ne dépendons donc que de votre soutien. Si vous souhaitez nous aider à être totalement indépendants, abonnez-vous dès aujourd'hui (4).
Citation du jour "Il n'est pas de douleur que le sommeil ne sache vaincre."
... Non, non, c'est le quotidien !
Tout système n'aime pas tout le monde.
Ici, le pauvre hère qui n'en finit pas d'errer.
"Il y a toujours plus malheureux que vous", c'est ce qu'on lui répète à longueur de colonnes de journaux et de flashs radio.
Un travail, Monsieur, sinon rien.
A midi, le journal de la Une en remet une couche et persuade tout le monde que si vous êtes en déchéance, c'est de votre faute et pas celle à pas de chance.
Un travail, Monsieur, sinon rien.
Les trottoirs des rues sont noirs, les vitrines sont illusoires.
Tout système a ses dysfonctionnements.
Il ne faut pas croire... Mais tout nous pousse à croire !
Un travail, Monsieur, sinon rien.
Que vous êtes le rouage cassé, le problème et la cause du problème.
Tout système recycle.
Un travail, Monsieur, sinon rien.
Le parasite rêve de paradis, mais il n'a pas un radis.
Tout individu a un souhait.
Un travail, Monsieur, sinon rien.
L'errance nuit à la santé.
Tout système se protège de ses ombres, tant qu'il est sous la lumière.
Les ombres grandissent, les ténèbres s'étendent.
Les pas sont toujours les mêmes, mais les chaussures sont usées.
Le pauvre hère est blessé, mais toujours debout.
L'errance est proche de la délivrance.
La quête continue, en déshérence... ... sans évidence !
Citation du jour "Plus incertain encore que l'avenir est le passé."
C'est le 5 novembre 1955, dans la paisible ville de Hill Valley, que Doc Emmett Brown, après avoir glissé sur la cuvette des toilettes et s'être cogné la tête, eut une vision :
Le convecteur temporel (illustration ci-dessous)
Ces trois films sont cultes !
Retour vers le futur I, II et III ont été réalisés par Robert Zemeckis et produits par Steven Spielberg.
Pour la petite histoire
Marty McFly, adolescent des années 1980, est déçu par sa situation familiale : son frère est un jeune travailleur, sa mère Lorraine boit beaucoup et surtout son père timide s'écrase sans cesse devant son chef Biff Tannen. Marty a pour ami un extravagant scientifique, le Docteur Emmett Brown, dit « Doc ». Ce dernier met au point une machine à voyager dans le temps, une voiture Delorean DMC-12 modifiée. Mais il est assassiné pour avoir trompé des terroristes libyens, et Marty, pour s'échapper, monte dans la voiture et se retrouve projeté involontairement en 1955, à Hill Valley...
À cette époque, il va croiser ses parents, qui ne sont pas encore mariés, et accidentellement empêcher leur rencontre, sa mère tombant amoureuse de lui, ce qui compromet son existence même (c'est une variante du paradoxe du grand-père ou du complexe d'Oedipe).
Avec l'aide du Doc de 1955, Marty parvient finalement à provoquer la rencontre entre ses parents et à revenir en 1985 en utilisant l'énergie de la foudre pour faire fonctionner la machine qui est privée d'électricité, faute de plutonium. Avant ce départ pour 1985, Marty prévient le Doc de son futur assassinat par les terroristes libyens dans une lettre dissimulée dans sa poche, empêchant ainsi la réalisation de cet événement.
Revenu dans le présent, Marty constate avec grand plaisir que ses actions ont modifié le cours des choses : son père a pris énormément d'assurance (au point que Biff Tannen est devenu un modeste garagiste lui rendant service), sa mère est devenue sportive et dynamique, et ses frères et sœurs ont de bonnes situations professionnelles.
Sites sur la trilogie Retour vers le futur à visiter sans modération :
Citation du jour "L'intelligence ? Une question de chimie organique, rien de plus. On n'est pas plus responsable d'être intelligent que d'être bête."
Alors, il faut se taire.
La solitude du poète nuit gravement à la forêt... Sous prétexte de poser et prendre la parure de l'écriture, il noircit des pages et des pages et, par ricochet, détruit la nature. Oui, le papier vient de la forêt.
Alors, il faut se taire, encore.
Le paraître et les critères sont d'autres prétextes de ne pas se taire.
Alors, il faut plaire.
La mémoire témoigne parfois de notre savoir... Mais il ne faut pas tout croire. Quand j'étais plus jeune, ce qu'écrivait Howard P. Lovecraft me paraissait réel. En fait, pour moi, ça l'était.
Alors, il faut trahir.
Trahir celui qu'on était.
Hors de question ! Les talismans sont toujours magiques, les profondeurs abyssales, infiniment terrifiantes... Un monstre est toujours en sommeil dans chaque être.
Citation du jour "En toute œuvre d'art, la pensée sort de l'œuvre, et jamais une œuvre ne sort d'une pensée."
Là-bas Hebdo n°25
du 31 octobre 2007
A nos AMG (Auditeurs Modestes et Géniaux) nous adressons chaque semaine (ou presque) quelques nouvelles du front.
Chomsky retardé La faute aux AMG !
Eh oui, c’est de votre faute !
Lancée fin Juin, la souscription pour le film « Chomsky et compagnie » est un succès.
Vous êtes plus de 5 000 à soutenir ainsi la réalisation et la diffusion de ce DVD en toute indépendance.
Ce qui a permis des tournages supplémentaires, l’acquisition d’archives, l’apport de dessins…
Ce qui entraîne des délais supplémentaires...
Aussi, « Chomsky et Cie » arrivera en Janvier 2008.
On se fera une petite fête pour l’occasion !
D’ici là, voyez quelques extraits en exclusivité mondiale (cliquez ici).
(En somme, une forme de retour sur votre investissement)
D’ici là, surtout, continuez à souscrire, faites souscrire. (cliquez ici)
Vous aussi faites partie de ceux qui peuvent dire la tête haute, « Moi, Monsieur, je fais avancer la pendule de l’histoire ».
D’ailleurs voici la « spéciale dédicace » du film :
On leur a éteint la lumière, mais ils ne veulent pas dormir. On les appelle les Malgré Tout Malgré tous les gigantesques moyens mis en œuvre pour les persuader qu’ils sont impuissants Malgré tous les efforts pour les pousser à se coucher Malgré toute la violence cachée sous la fausse objectivité médiatique les Malgré Tout ont une oreille qui bouge encore. Et un œil qui reste ouvert Et un poing toujours fermé
C’est aux Malgré Tout que nous dédions ce reportage radiophonique entièrement filmé à la main.
En forme de caisse à outil avec du grain à moudre (et quelques explosifs) qui pourront être utiles un beau jour.
Citation du jour "En dormant à moitié il avait beaucoup retenu."
La lettre d'@rrêt sur images, n° 6
Petit problème élémentaire de journalisme. Le président gaffe ou s'énerve. Toutes les caméras sont présentes. Faut-il montrer cette image, disponible, mais peu conforme à l'image officielle du chef de l'Etat ?
Par deux fois, en quelques jours, plusieurs chaines françaises ont décidé que non. L'image du président gaffant et s'énervant ne devait pas être montrée aux Français.
En visite dans un dépôt SNCF, Nicolas Sarkozy, à la surprise générale annonce, contrairement à son ministre du Travail, que les décotes des retraites des cheminots ne s'appliqueront qu'aux générations futures. Stupeur des syndicalistes rassemblés autour de lui. C'est une énorme gaffe, et le ministre des transports la recadre un peu plus tard.
Le président a gaffé, sur un dossier chaud du moment : est-ce une information intéressante ? Pas pour les chaines officielles TF1 et France 2, qui ne diffusent pas l'image. Si vous voulez la voir, elle est là. (1).
Quelques jours plus tard, la chaine américaine CBS diffuse une interview de Sarkozy. La journaliste lui pose une question sur son divorce. Le président s'énerve, enlève son micro, se lève, et quitte la pièce. Cette fois TF1 diffuse la séquence mais pas France 2. Si vous voulez voir cette interview, elle est là. (2)
Enfin pourquoi Paul Amar a-t-il annulé son invitation au représentant des mal-logés du DAL, dont la ministre Christine Boutin ne souhaitait pas la présence, sur le plateau de « Revu et corrigé » ? C'est une autre invitée, la journaliste Florence Aubenas, qui a mis les pieds dans le plat, en révélant en direct cet aspect des coulisses de l'émission. La séquence et son décryptage sont ici.(3)
Si nous pouvons nous arrêter, en toute indépendance, sur tous les medias, c'est grâce à vous. Le futur site que nous sommes en train de construire ne dépendra ni de la publicité, ni d'investisseurs. Donnez-nous les moyens de l'indépendance. Abonnez-vous, dès maintenant. (4)
Trente ans de passion pour la saga intergalactique de George Lucas ont suscité des myriades de « fan films » Star Wars, plus ou moins insignifiants. Celui réalisé en 1999 par Joe Nussbaum sort largement du lot. Diplômé de l'University of Southern California (comme Lucas), cet Américain rend hommage à son idole dans une irrésistible parodie de Shakespeare in love où le jeune Lucas, en proie à une panne d'inspiration, essaie d'écrire un film sur un fermier de l'espace... On n'en dira pas plus, tout le piment du pastiche consistant à identifier les multiples emprunts au créateur de Luke Skywalker.
Rien que pour le plaisir de le revoir encore et encore...