Citation du jour "La vérité, c'est ce qui simplifie le monde et non ce qui crée le chaos."
La gazette d'@rrêt sur images, n° 23
Le pouvoir en veut-il au Web ? Et plus particulièrement, aux sites d'information, beaucoup moins « contrôlables » que les médias traditionnels ? A @rrêt sur images, nous tentons de ne pas céder à l'aimable paranoïa qui caractérise trop souvent les discussions en ligne. Mais tout de même ! En quelques semaines, que d'indices inquiétants. C'est un conseiller de Sarkozy, qui écrit une tribune dans Libération pour se plaindre du « sensationnalisme » de l'information en ligne. C'est la ministre Nadine Morano, qui accuse Internet de pousser les adolescentes à la fugue. Et côté portefeuille, ce ne sont que projets de taxation, ou de contrôle. Sans parler du projet de seconde coupure publicitaire dans les films, qui semble taillé sur mesure pour venir en aide aux grosses chaines privées, et... détourner les budgets de pub des médias en ligne.
Observant les nuages qui s'amoncellent, nous avons décidé d'en dresser la liste, pour que vous soyiez alertés. Elle est là (1). Vous pouvez lire l'article même si vous n'êtes pas abonnés : nous avons voulu que ce début d'observation soit accessible à tout le monde. Sur ce même sujet, j'ai aussi rédigé une chronique, que vous pouvez lire ici (2).
A propos du débat sur le service public de l'audiovisuel, ce qui le menace, ce qu'il devrait être, nous avons invité cette semaine Nicolas Demorand, journaliste à France Inter, et futur animateur d'une émission culturelle sur France 2. Vous l'entendez peut-être le matin à la radio. Vous allez l'écouter penser, pendant une heure. Les meilleurs moments sont ici (3). Et pour vous abonner à @rrêt sur images, c'est là (4).
Citation du jour "Il n'y a pas de problème ; il n'y a que des solutions. L'esprit de l'homme invente ensuite le problème."
Le 34ème Prix du Livre Inter a été attribué à Henry Bauchau pour "Le boulevard périphérique"
"Le boulevard périphérique" de Henry Bauchau publié chez Actes Sud a obtenu la majorité absolue au 3ème tour de scrutin, (avec la voix du président du jury qui compte double) devant "Mon traître" de Sorj Chalandon (Grasset) (12 voix).
Henry Bauchau est né à Malines en Belgique le 22 janvier 1913. Son oeuvre, en partie inspirée par certains événements traumatisants de l'enfance, est placée sous le signe de la « déchirure » intérieure et s'offre comme une tentative de reconstruction par le verbe. À partir de 1975, Henry Bauchau travaille à Paris comme psychothérapeute dans un hôpital de jour pour adolescents en difficulté. En 1981, il publie La sourde oreille ou le rêve de Freud, oeuvre poétique, directement inspirée de la psychanalyse, et s'intéresse de très près au mythe d'OEdipe sur lequel il base ses romans OEdipe sur la route (1990), et Antigone (1997). Membre de l'Académie royale de littérature de la Communauté française de Belgique depuis 1990, il a reçu le Prix International Union Latine de Littératures Romanes en 2002.
Venu tardivement à l'écriture, Henry Bauchau s'est essayé à tous les genres. Mêlant la mythologie à l'Histoire, l'imaginaire au réel le plus intime, l'oeuvre d'Henry Bauchau, peut se lire comme une ample épopée initiatique, dont la force narrative se nourrit d'une attention extrême à la psychologie des profondeurs, et au travail de l'inconscient.
Ses ouvrages sont aujourd'hui, pour la plupart, disponibles chez Actes Sud et traduits dans toute l'Europe, aux États-Unis, au Mexique, en Chine, au Japon...
Boulevard périphérique (Actes Sud) A Paris, en 1980, alors qu'il « accompagne » sa belle-fille dans sa lutte contre un cancer, le narrateur est repris par le souvenir de Stéphane, l'ami de jeunesse, l'homme qui l'a initié à l'escalade et au dépassement de la peur, avant d'entrer dans la Résistance et de mourir dans des circonstances énigmatiques. Parce que sa belle-fille, Paule, est hospitalisée pour un lourd traitement contre le cancer, jour après jour le narrateur prend le métro, le RER, le bus ou sa propre voiture, à travers les encombrements du Boulevard Périphérique, sous la grisaille d'un début d'été particulièrement déprimant, jusqu'à cette chambre d'hôpital où en alternance soufflent l'espoir (obligé) ou le pressentiment (coupable) de l'inéluctable. Et comme une ombre portée sur cette chronique d'une fin annoncée, le souvenir terriblement vivant de Stéphane. Et l'énigme de sa mort.Ce qui frappe dans ce livre d'une densité et d'une transparence d'exception, c'est qu'en quelques phrases Henry Bauchau atteint le coeur des choses, glisse du souvenir vers une fiction assumée et trouve un splendide équilibre entre incertitude, spontanéité et maîtrise.
LES 10 LIVRES SELECTIONNES POUR LE PRIX DU LIVRE INTER 2008
> Henry Bauchau - Le boulevard périphérique (Actes Sud) > Sorj Chalandon - Mon traitre (Grasset) > Vincent Delecroix - La chaussure sur le toit (Gallimard) > Annie Ernaux - Les années (Gallimard) > Nicolas Fargues - Beau rôle (POL) > Eric Laurrent - Renaissance italienne (Minuit) > Linda Lê - In memoriam (Christian Bourgois) > Michèle Lesbre - Le canapé rouge (Sabine Wespieser) > Eric Reinhardt - Cendrillon (Stock) > Olivia Rosenthal - On n'est pas là pour disparaître (Verticales)
Tous les Livres Inter depuis 1975
1975 : "Des demeures et des gens" de Catherine d'Etchéa 1976 : "Le Revenala ou l'Arbre du voyageur" de Jacques Perry 1977 : "Ana Non" de Agustin Gomez Arcos 1978 : "L'Enfant de bohème" de Daniel Boulanger 1979 : "La Décharge" de Béatrix Beck 1980 : "Le Testament d'un poète juif assassiné" de Elie Wiesel 1981 : "Les Demoiselles de Beaumoreau" de Marguerite Gurgand 1982 : "La Lumière du nord" de Marcel Schneider 1983 : "Le Bouchot" de Hortense Dufour 1984 : "La Mémoire d'Abraham" de Marek Halter 1985 : "Un cauchemar" de Jean-Jacques Brochier 1986 : "L'Enfer" de René Belleto 1987 : "Qui se souvient des hommes ?" de Jean Raspail 1988 : "Mysaire Mysaire" de François Salvaing 1989 : "Petite chronique des gens de nuit dans un port de l'Atlantique Nord" de Philippe Hadengue 1990 : "La Petite Marchande de prose" de Daniel Pennac 1991 : "La Voyeuse interdite" de Nina Bouraoui 1992 : "Le Troisième Mensonge" de Agota Kristof 1993 : "Des choses idiotes et douces" de Frédéric Boyer 1994 : "Quoi de neuf sur la guerre ?" de Robert Bober 1995 : "Madame Arnoul" de Jean-Noel Pancrazi 1996 : "Un secret sans importance" de Agnès Desarthe 1997 : "Instruments des ténèbres" de Nancy Huston 1998 : "La Maladie de Sachs" de Martin Winckler 1999 : "En attendant le vote des bêtes sauvages" de Ahmadou Kourouma 2000 : "Des Anges mineurs" de Antoine Volodine 2001 : "Apprendre à finir" de Laurent Mauvignier 2002 : "Un soir au club" de Christian Gailly 2003 : "La Petite Chartreuse" de Pierre Péju 2004 : "L'homme Soeur" de Patrick Lapeyre 2005 : "l'Etourdissement" de Joël Egloff 2006 : "La chambre de la Stella" de Jean Baptiste Harang 2007 : "Ouest" de François Vallejo
Citation du jour "Quand on est mort, c'est pour longtemps."
BO DIDDLEY
Mort d'un rockeur influent
Bo est mort. Bo Diddley, l'inventeur du Diddley Beat, celui qu'on surnommait «The Originator», nous a quittés, hier, à l'âge de 79 ans, et tous les musiciens qui ont tenu une guitare électrique lui sont redevables.
Celui dont le coeur a cédé hier, à son domicile d'Archer, en Floride, n'aura jamais cédé un pouce d'influence depuis qu'il avait enregistré Bo Diddley, en 1955, chanson éponyme où l'immortelle "bomp ba-bomp bomp, bomp bomp" a été entendue pour la toute première fois. Il est le seul musicien de l'histoire du rock'n'roll dont une rythmique musicale porte le nom.
Rythmique
Influent, le Bo? Il le fut autant auprès de ses contemporains que des générations futures. Buddy Holly avait forgé Not Fade Away sur cette rythmique, chanson qui allait devenir le premier succès des Rolling Stones dans les années 1960, et She's the One, de Springsteen, repose sur le même genre de rythmique.
Les chansons (Who Do You Love, Mona, Road Runner) de l'utilisateur de la guitare carrée née le 30 décembre 1928 à McComb, au Mississippi, ne sont pas que des succès, ce sont maintenant des ouvrages de référence.
Citation du jour "Nous ne louons d'ordinaire de bon cœur que ceux qui nous admirent."
Aujourd'hui, ça fait trois-cent-soixante-six jours (année bissextile oblige) qu'est né ce blog qui a eu l'honneur de dépasser les soixante-dix-mille visites... Alors, merci à tous pour votre fidélité, vos encouragements...
Citation du jour "Le monde ressembe affreusement au monde"
La gazette d'@rrêt sur images, n° 22
Pauvre télévision publique ! La France entière a appris en janvier dernier, de la bouche de Nicolas Sarkozy, qu'elle devrait se passer de publicité. Et la France vient d'apprendre, de la bouche du même Sarkozy, qu'elle devra aussi se passer de toute hausse de la redevance. Crise de nerfs et noms d'oiseaux à la commission Copé, qui avait justement été créée pour réfléchir aux nouveaux financements, et qui ne sert plus à rien. Deux députés, tous deux membres de cette commission, l'un UMP (il reste) et l'autre socialiste (il part) sont sur notre plateau. Regardez-les débattre. Le ton est certes courtois. Mais le débat permet de réaliser que la télévision publique est mal partie. Et rend perplexe sur la pratique politique du pouvoir actuel. Les meilleurs moments de l'émission sont ici (1). Et en prime cette semaine, si vous voulez comprendre comment Sarkozy, dans une démonstration sur le temps de travail, a confondu des grues et des grutiers, c'est là (2).
Pendant ce temps, la télévision privée continue d'occuper le terrain, et d'imposer ses modèles d'accès à la notoriété. Avez-vous entendu parler de Cindy Sander ? Si non, c'est que vous ne regardez jamais M6, ni Canal+, ni TF1. Depuis qu'elle a été recalée, de manière humiliante, par le jury de la Nouvelle Star (M6) cette jeune chanteuse originaire de Lorraine, hier encore inconnue, est la coqueluche les plateaux des émissions des chaines privées. Créature hybride de la télé-réalité, du Net, et de la compassion du public pour les personnalités atypiques, rejetées par les « élites », Cindy Sander nous en dit beaucoup sur la télévision, et sur la société, d'aujourd'hui. Pour nos abonnés, notre enquête est là (3). Eh oui, il vous faut être abonné ! Notre travail a un coût. Nous vous attendons. Pour vous abonner, c'est là (4).
Citation du jour "Il n'existe pas de chanson sentimentale pour l'avenir."
Les Assises Internationales du roman 2008
Du 26 mai au 1er juin se tient la deuxième édition des Assises internationales du roman organisées par Le Monde et la Villa Gillet à Lyon. Une semaine de conférences, de lectures et de débats autour du thème: "Le roman, quelle invention!". Y sont invités des auteurs du monde entier, dont les contributions seront regroupées dans un recueil qui paraitra dans la collection Titres en novembre 2008. Parmi les participants, vous pourrez notamment retrouver Peter Esterhazy , auteur de "Voyage au bout des seize mètres", Alberto Garlini ("Un sacrifice italien") et Dimitri Verhulst ("Hôtel Problemski").
A cette occasion, et dans la même collection, les éditions Christian Bourgois publient le "Lexique nomade". Chaque écrivain invité en 2008 mais aussi en 2007 s'est vu demander un mot-clef qui ouvre les portes de son oeuvre et dont il dévoile son approche et sa perception, le tout constituant un dictionnaire original et inattendu qui offre un voyage dans la littérature d'aujourdhui.