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Publié le Mercredi 25 juillet 2007 à 03:11:38
Par Jo
Citation du jour
"Les souvenirs ont toujours quelque chose de plus inquiétant que la réalité."

Un avant-goût de grande aventure, à fond la caisse...

Ces quelques photos circulent déjà sur le oueb... Je n'ai pas pu résister à la tentation !
Il y a aussi une vidéo sur le site officiel : http://www.indianajones.com/



Steven Spielberg dirige, George Lucas produit,
Harrison Ford et Shia Labeouf s'en donnent à cœur joie...
ça promet !















Publié le Mardi 24 juillet 2007 à 03:11:38
Par Jo

Citation du jour
"Seules les œuvres inachevées, car inachevables,
nous incitent sur l'essence de l'art."



Ombres siamoises

En poétique,
pays de l'éther,
ce pays fantastique,
les mots sont éphémères
et magnifiques.

On peut se souvenir, en vers,
d'un coucher de soleil
inoubliable, au bord de la mer,
comme d'un rêve vermeil.

Le pire est de ne pas trouver les mots
pour le décrire.
La description est une galère,
si l'on ne veut pas être mièvre et rigolo.

Il n'y a pas de mot assez beau
pour définir le bonheur.
Pas de mot assez haut
pour toucher les cœurs.

Sous les pavés d'émotions, la page reste vide,
le stress envahit l'écriture.
Sous le stylo, celle-ci devient torture,
Immaculé, le papier devient avide.

Les rêves en nous sont enfouis,
les cauchemars sont là... encore.
En poésie, personne ne se réjouit,
dans les vers sont les remords.

La pensée est dissipée,
dans les strophes sont les accords.
Les couleurs des idées
restent au port.

Le doute est vague,
le goût amer.
L'esprit divague,
dans les cieux, en l'air.

José Spéret ("Faire mieux la prochaine fois", ouvrage à paraître).

Publié le Lundi 23 juillet 2007 à 03:11:38
Par Jo
Citation du jour
"Savoir travailler en équipe, mais ne compter que sur soi-même.
On n'est jamais seul dans l'effort,
mais on est toujours seul devant les responsabilités."

Oh ! le joli site...



http://www.europa.eu/index_fr.htm
Publié le Dimanche 22 juillet 2007 à 03:11:38
Par Jo
citation du jour

"L'idéal raisonne toujours au-delà de notre horizon actuel."

On le cherche tous, notre Eldorado, on marche, on court, on s'agite. Et par monts et par vaux on use les semelles de nos chaussures.








 ELDORADO
(Bernard Lavilliers)

Dans la brasserie du nord de style 1900,
Les voyageurs payaient en or trébuchant,
Rongés par le cancer infernal de la fuite.
Vivre déraciné, vivre tard, vivre vite,
Je suis en plein délire dévoré par les fièvres.
J'essaie de modifier dans le creux de ma main,
La ligne d'un bonheur inconnu, incertain,
Car le malheur rend fou...


Terminus nord, ma créole
Vacille dans les vapeurs d'alcool,
J'entends des sifflets des sourdes,
Des cris de singe, des chants d'oiseaux.
Tu me regardes, tu te demandes
S'il est trop tôt ou bien trop tard
Pour me demander si je pars
Sais-tu au moins ce que tu cherches, Gringo
Sais-tu au moins ce que tu cherches, Gringo
Sais-tu au moins ce que tu cherches...


C'est toujours plus loin, toujours plus fou, toujours plus beau,
C'est toujours étrange comme un mélange de gaz et d'eau,
C'est dans l'aventure et la magie, mon beau,
Dans la démesure et la folie
Que tu trouveras Eldorado,
Que tu trouveras Eldorado.

T'as cherché, t'as cherché,
t'as cherché trop loin
Le bonheur qui était au creux de ta main.


Dans la jungle, à la lune pleine.
Les papillons ne se brûlent pas sur les lanternes,
Ils montent cette nuit-là vers les hautes ténèbres,
On regarde de loin briller leurs ailes bleues.
On raconte ces choses dans le nord du Brésil.
Il m'a semblé les voir se perdre dans les fils
Des araignées velues dévoreuses de rêve.
Mais, la jungle rend fou...


Assis à l'ombre des mangos,
Dans la taverne d'Eldorado,
Les rêves d'or ont la peau dure
Comme les diamants sous le carbure.
Elle me regarde et me soupèse,
Il est trop tard ou bien trop tôt,
Elle me questionne sans dire un mot,
As-tu trouvé ce que tu cherches, Gringo
As-tu trouvé ce que tu cherches, Gringo
As-tu trouvé ce que tu cherches...


C'est toujours plus loin, toujours plus fou, toujours plus beau,
C'est toujours étrange comme un mélange de gaz et d'eau,
C'est dans l'aventure et la magie mon beau,
Dans la démesure et la folie
Que tu trouveras Eldorado
Que tu trouveras Eldorado.

T'as cherché, t'as cherché,
t'as cherché trop loin
Le bonheur qui était au creux de ta main
T'as cherché, t'as cherché,
t'as cherché trop loin
Le bonheur qui était au creux de ta main


Vieilles légendes indiennes, rêves mystérieux des jungles,
La voix grave d'une femme parle du pays des morts,
Où juste à quelques miles brille la Cité d'Or.
Ton silence affamé a décodé les signes,
La nuit qui va tomber tourne ses feuilles noires
Du côté du couchant, du sang et de l'espoir
Du côté des chercheurs tombés dans les abîmes,
Du côté du parfum des femmes.
Mais le parfum rend fou...


Le son saturé de la radio,
Dans la taverne d'Eldorado,
Fait hurler les hommes et les chiens.
Je bois et je ne pense à rien.

Je l'ai eue très vite et sans un mot,
Elle ne sait pas ce que je vaux,
Elle ne sait pas ce que je cherche,
Sais-tu au moins ce que tu cherches, gringo
Sais-tu au moins ce que tu cherches, gringo
Sais-tu au moins ce que tu cherches...


C'est toujours plus loin, toujours plus fou, toujours plus beau,
C'est toujours étrange comme un mélange de gaz et d'eau,
C'est dans l'aventure et la magie mon beau,

Dans la démesure et la folie
Que tu trouveras Eldorado,
Que tu trouveras Eldorado

T'as cherché, t'as cherché,
t'as cherché trop loin
Le bonheur qui était au creux de ta main.

T'as cherché, t'as cherché,
t'as cherché trop loin
Le bonheur qui était au creux de ta main.
T'as cherché, t'as cherché,
t'as cherché trop loin

Le bonheur qui était au creux de ta main.

Publié le Samedi 21 juillet 2007 à 02:11:38
Par Jo

Citation du jour
"Rien n'est plus simple que de vieillir en restant jeune : il suffit de travailler dans la joie en donnant le plus possible de son cœur."

Padawan...



Je sais, c'est de la pub... mais ce magazine est vraiment bien fait ! Je vous assure, je ne touche rien, mais je suis fan de Star Wars depuis plus de 30 ans...

En 1977,
bien avant que le film sorte, je l'attendais avec impatience...
Alors, comme Obélix, je suis tombé dans la "Cantina" quand j'étais petit...

Publié le Vendredi 20 juillet 2007 à 02:11:38
Par Jo
Citation du jour
"Souriez... Les autres se demanderont à quoi vous pensez."

Publié le Jeudi 19 juillet 2007 à 19:11:38
Par Jo

Palmarès d'b'honneur...


Grâce à votre fidélité et vos nombreux encouragements, mon jeune et modeste blog est dans les 5 meilleurs notés sur blog.ifrance... Je vous suis très reconnaissant, j'essaierai de continuer dans cette voie...

Merci infiniment à tous.

Que la force soit avec vous !
Publié le Jeudi 19 juillet 2007 à 02:11:38
Par Jo

Citation du jour
"Après que tout soit dit et fait, beaucoup plus est dit que fait."



Monde à part

J'ai traîné ma solitude
sur de vagues incertitudes,
balloté d'habitudes
par le ressac des remords,
la fierté n'est que le regret des forts.

J'ai oublié cette ville, son phare, son port,
le cri muet des mouettes
m'a réconcilié avec les poètes.

J'ai relu Rimbaud, Aragon, Verlaine, Camoes, Pessoa,
des prophètes...
Ici, nul ne l'est en son pays.

Le pays de l'homme est tout simplement la vie,
un vague chemin de passage,
semé d'embûches...

On naît d'une rencontre,
mais l'on meurt comme l'on pense, seul.

Espérant voir cette lumière blanche
et passer au-delà,
retrouver tous ceux qui nous ont laissés trop tôt
et suivre le chemin, la lumière blanche...

José Spéret ("Faire mieux la prochaine fois", ouvrage à paraître).

Publié le Mercredi 18 juillet 2007 à 12:24:51
Par Jo

Citation du jour
"Aussi neutre que soit le sujet, il offensera toujours quelqu'un."



L'été, c'est barbecue : grillades, saucisses et vin blanc local aidant, on refait le monde...

On commente les faits importants de la vallée de la Maurienne.



Le passage du tour de France
cycliste, avec sa mascotte dans la voiture rouge
qui gigote dans tous les sens... Une étape au
sommet et Métaltemple assommée...



Ainsi va la vie...

Allez ! Vous reprendrez bien une saucisse,
c'est moi qui l'ai faite...

Publié le Lundi 16 juillet 2007 à 02:11:38
Par Jo

Citation du jour : "Rien n'est aussi simple qu'il n'y paraît."

La route fut longue. Le ciel, gris, parfois bleu... Mais les rencontres furent très riches (voir photo).
Sur les côtes balnéaires, cinquante-quatre pour cent des banlieusards cosy roussissent, en attendant avec gourmandise la rentrée...
Les juillettistes, avant les aoûtiens, se détendent sur les sables émouvants. Dans trente-cinq heures, c'est la rentrée : métro, boulot, dodo... Heureusement qu'il y a la presse people, "Le Figaro, Le Monde, etc." pour se détendre sur la plage... allumer le barbecue au camping et regarder les images de nos vedettes polies de tiques qui travaillent tôt et se couchent tard. Tous ces papiers pour rien, tous ces arbres abattus pour ça...


         (légende) A la mi-août, le chat cherche sa chèvre ;
         à la mi-juillet, la chèvre fait un bel à chat...


Si le coeur vous en dit, je vous invite à lire ces quelques lignes -pour ma part, très estivales- et je me
retrouve assez bien dans les écrits, très enrichissants, de cet auteur portugais : Fernando Pessoa.




"Un singulier regard" de Fernando Pessoa.
Traduit du portugais par Françoise Laye. Bourgois éditions.
 

Notes personnelles
J’ai perdu l’habitude de lire. Je ne lis plus rien, sauf un journal de temps à autre, de la littérature légère
et, parfois, des ouvrages techniques se rapportant à une matière que j’étudie et pour laquelle le seul raisonnement ne pourrait suffire. J’ai pratiquement abandonné la littérature pure. Je pourrais en lire pour apprendre davantage, ou pour le plaisir. Mais je n’ai plus rien à apprendre, et le plaisir qu’on peut tirer des livres peut être remplacé aisément par celui que nous donnent directement le contact avec la nature et l’observation de la vie. Je me trouve maintenant en pleine possession des lois fondamentales de l’art d’écrire. Shakespeare ne peut plus m’enseigner à être subtil, ni Milton à être universel. Mon intellect a acquis une souplesse et une ampleur telles qu’elles me permettent d’assumer n’importe quelle émotion, et d’entrer à volonté dans n’importe quel état d’esprit. Mais aucun livre ne peut nous aider à atteindre ce que l’on recherche avec tant d’effort et d’angoisse : la plénitude.

Cela ne signifie pas que je me sois libéré de la tyrannie de l’art d’écrire. Je l’ai simplement assumée en
pleine soumission à moi-même. Il y a un livre que je garde toujours à portée de la main : Les Papiers de M. Pickwick. J’ai déjà lu à plusieurs reprises les ouvrages de W.W. Jacobs. Le déclin du roman policier a fermé pour toujours l’une des portes qui me donnaient accès à la littérature moderne.
J’ai cessé de m’intéresser aux gens simplement intelligents – Wells, Chesterton, Shaw. Les idées de
ces gens-là viennent tout aussi bien à des gens qui ne sont nullement des écrivains; quant à la construction de leurs ouvrages, elle est strictement égale à zéro.
À une certaine époque, je ne lisais que pour tirer profit de mes lectures. J’ai compris maintenant qu’il y a
fort peu de livres utiles, même sur les sujets techniques qui peuvent m’intéresser.
La sociologie, quel fatras! Qui peut supporter pareille scolastique dans la Byzance d’aujourd’hui ?
Tous mes livres sont des ouvrages de référence. Je ne lis Shakespeare que par rapport au «Problème
de Shakespeare», le reste je le sais déjà. J’ai découvert que la lecture est une manière servile de rêver. Si je dois rêver, pourquoi pas mes rêves à moi ?
Perdre tout contact avec les détails de l’environnement est fondamental pour l’artiste écrivain, dont la
mission consiste à représenter le décor, et non les détails de cet environnement.

Autrefois, je savais lire. Aujourd’hui, quand je lis, je m’égare.
La métaphysique – cette boîte pour contenir l’Infini – me fait toujours penser à cette définition que m’a donnée un jour un petit garçon : «Sais-tu ce
que c’est qu’une boîte ? lui ai-je demandé, je ne sais plus pourquoi. – Bien sûr, me répondit-il, c’est une chose qui contient d’autres choses.» J’ai souvent réfléchi à un cas extrêmement intéressant, d’où découle un problème qui ne l’est pas moins : le cas d’un homme qui s’immortaliserait sous un pseudonyme, alors que son nom véritable resterait inconnu et secret. En y pensant bien, un tel homme ne se jugerait pas vraiment immortel, mais penserait que le véritable immortel est cet inconnu. Et, malgré tout, qu’est-ce donc que le nom ? penserait-il ; rien,

absolument rien. Qu’est-ce donc, me suis-je dit, que l’immortalité en art, en poésie, ou en quoi que ce soit d’autre ?

Ceux qui souffrent et se consument veulent le repos ; ils ne veulent pas de cette horreur qu’est la prolongation d’une vie personnelle, cette moquerie illusoire, abominable, du credo chrétien. Tous les hommes veulent le calme, le repos. Le repos, le calme, sont donc la condition du bonheur. Hélas! la matière est en perpétuel mouvement. Quand un homme se tue, il ne le fait pas, ne peut pas le faire dans l’espoir de poursuivre son existence avec la même personnalité. Il peut le dire, et même agir dans ce sens; mais implicitement, en se suicidant, il espère purement et simplement annuler sa personnalité, entrer dans l’éternel non-être. Ou bien connaître une vie meilleure. Fuir sa personnalité ne donne pas le bonheur.

Il est certaines choses en moi que je voudrais pouvoir transformer en êtres humains, pour les affronter face à face. Je leur dirais alors : «Je ne suis pas votre esclave!» Mais quand ces choses nous habitent, il n’y a ni refus ni courage qui vaillent. En leur obéissant, c’est à nous que nous obéissons; en nous obéissant à nous-mêmes, nous leur obéissons à elles. Ce sont ces choses-là qui sont mauvaises. Le Christ était fou, c’est vrai. Mais qu’est-ce qu’un fou? Personne ne peut répondre, personne ne le sait. Quelle est cette fleur que je tiens à la main ? C’est un lys. – Des noms! Toutes ces idées en moi que je crois coucher sur le papier, et pourtant tout ce que je couche sur le papier semble dégringoler du haut de ma noble pensée!
La science de l’homme est grande ; mais son ignorance est sans limites. Il scrute des cieux dont il
ignore tout; approfondit des choses qu’il ne connaît pas, parle sans même savoir ce que sont les mots ; il vit ainsi et meurt sans savoir ce qu’est la vie ni ce qu’est la mort. Minable.


Règle de vie
1. Fais le moins de confidences possible. Il vaut mieux n’en faire aucune, mais si tu en fais malgré tout,
qu’elles soient fausses ou imprécises.
2. Rêve le moins possible, sauf si le but direct du rêve est un poème ou une production littéraire. Étudie
et travaille.
3. Essaye d’être le plus sobre possible; que la sobriété du corps soit précédée par celle de l’esprit.
4. Sois aimable par simple amabilité, sans plus; ne te livre pas, ne discute pas sans frein de problèmes
liés à la vie intime de l’esprit.
5. Cultive la concentration, trempe ta volonté, fais de toi-même une force en pensant, le plus intimement
possible, que tu es réellement une force.
6. Considère combien peu d’amis véritables tu possèdes, car bien peu de gens sont capables de l’être.
7. Essaye de plaire par tout ce que recèle ton silence.
8. Apprends à agir rapidement dans les petites choses, ces choses triviales de la rue, de la maison ou
du travail; n’admets aucun retard de ton propre fait.
9. Organise ta vie comme une œuvre littéraire, et mets en elle toute l’unité possible.
10. Tue le Tueur.


Force de volonté
Ne cultive jamais de choses absolues, telles que la chasteté ou la sobriété absolues : l’homme qui fait
preuve de la plus grande force de volonté est celui qui aime boire et qui boit peu, et non celui qui ne boit pas du tout. Le mouvement antialcoolique est un des pires ennemis de la volonté personnelle et de son développement. Castrer un homme «contrôlera» certainement ses pulsions sexuelles. Castrer son âme aboutira au même résultat. Toute la difficulté consiste à s’abstenir. Tu dois créer l’envie de boire et de fumer, et alors boire et fumer modérément. Par cette méthode, non seulement tu développeras ta volonté de façon décisive, en l’obligeant à imposer des limites à tes impulsions, ce qui est la fonction véritable de la volonté (et non pas leur élimination), mais encore tu tireras le plus grand plaisir possible de la boisson ou du tabac, car la Nature a conçu les choses de telle façon que le plus grand plaisir suit le plus grand pouvoir : la tempérance, et c’est là le signe de la normalité.
L’eugénisme est le grand ennemi de la force de volonté.

J’ai toujours agi vers le dedans... Je n’ai jamais touché à la vie. Quand j’ébauchais un acte, je ne l’achevais qu’en rêve, héroïquement. Une épée, c’est plus lourd que l’idée d’épée. J’ai commandé de grandes armées, gagné de grandes batailles, savouré de grandes défaites – tout cela au-dedans de moi... J’aimais à me promener seul parmi les allées d’arbres et les longs corridors, commandant aux arbres et défiant les portraits suspendus aux murs. Dans le grand couloir obscur qui se trouve au fond du palais, je me suis promené bien souvent avec ma fiancée... Je n’ai jamais eu de vraie fiancée. Je n’ai jamais su comment l’on aime. J’ai seulement su comment on aime en rêve... Si j’aimais porter des bagues de dame à mes doigts, c’est que je voulais imaginer, parfois, que j’avais les mains d’une princesse et que j’étais, tout au moins dans les gestes de ces mains-là, celle que j’aimais. On m’a trouvé un jour habillé en reine. Bien sûr : je rêvais que j’étais ma royale épouse. J’aimais voir le reflet de mon visage, car je pouvais rêver que c’était celui de quelqu’un d’autre – il avait des lignes féminines, celles de ma bien-aimée, qui était elle-même mon visage reflété. Combien de fois ma bouche a-t-elle touché ma bouche dans une glace! Combien de fois ma main a-t-elle étreint mon autre main, et ai-je adoré mes cheveux, les caressant d’une main distraite, pour avoir l’impression que c’était sa main à elle qui me touchait.

Ce n’est pas moi qui te dis tout cela. C’est le reste de moi qui parle
ici.


Je m’arrête parfois, subitement, entre la vie qui va et la vie qui vient; je stagne au bord de l’écoulement
des choses. Et la stupeur de tout s’écroule sur ma tête. À d’autres moments, il semble que brusquement l’univers joue mal son rôle et trahisse ainsi son étrangeté; il semble soudain me parler d’une autre voix, me révéler, un bref instant, une autre nature [...] Comme un rideau soulevé par le vent et qui, en un éclair, entre-dévoile une parcelle irrévélée de quelque chose d’inconnu, d’inattendu... Je suis entouré d’un manque absolu de fraternité et d’affection. Même ceux qui me sont attachés ne le sont pas réellement; je suis entouré d’amis qui ne sont pas mes amis, et de connaissances qui ne me connaissent pas. J’ai froid à l’âme; je ne sais comment m’emmitoufler. Pour le froid de l’âme il n’y a ni cape ni manteau. Quand on a éprouvé cela, on ne l’oublie plus.

Cela signifie-t-il que je n’aie pas de vrais amis ? Non pas ; j’en ai. Mais ce ne sont pas des amis
véritables. Malheureux ceux qui ont été touchés par le transcendantal et à qui tout fait mal – trop froid, trop inexpressif, trop lointain. Je ne me raconte pas aux autres.
C’est vraiment dur de devoir tous les jours être at home pour l’Ânerie, et de devoir l’amuser avec le thé
de la banalité et les gâteaux secs des compromis. Le fait est que se sentir, socialement, enterré vivant est extrêmement désagréable. Et le couvercle de ce cercueil des conventions est soudé si solidement! Certains, malgré tout, éprouvent le besoin impératif de taper sur ce couvercle, même s’ils ne réussissent qu’à s’y écorcher les doigts. D’ailleurs il n’est pas fermé hermétiquement; on peut respirer juste assez pour se rendre compte qu’on ne peut pas respirer. (Pour une bonne cuite vous conduisant tout droit à la tombe.) Je suis de plus en plus seul, de plus en plus abandonné. Tous les liens se brisent, l’un après l’autre...


Bientôt je me retrouverai absolument seul.

Le pire, c’est que je ne peux jamais oublier ma présence métaphysique au monde. D’où une timidité
transcendantale qui paralyse tous mes gestes, qui enlève à toutes mes phrases le sang de la simplicité, de l’émotion directe.Entre le monde et moi, un brouillard qui m’empêche de voir les choses telles qu’elles sont réellement – telles qu’elles sont pour les autres.

Je deviendrai l’Enfer d’être Moi, la Limitation Absolue, l’Expulsion-Être de l’Univers lointain! Je ne serai plus ni Dieu, ni homme, ni monde; pur vide fait homme, infini d’un Néant conscient, terreur sans nom, exilé du mystère lui-même, exilé de la vie même. J’habiterai éternellement le désert mort de mon être, erreur abstraite de la création qui m’a laissé pour compte. Je sentirai brûler en moi éternellement, inutilement, le désir stérile d’un retour à l’existence. Je ne pourrai rien sentir parce que je ne posséderai pas de matière pour sentir, je ne pourrai respirer ni joie, ni haine, ni horreur, parce que je n’aurai même pas la faculté de ressentir tout cela – conscience abstraite dans cet enfer de ne rien contenir, Non-Contenu Absolu, Étouffement absolu et éternel! Vide de Dieu, sans univers...
Un cri d’horreur unanime s’échappa de nous comme d’un seul homme. À sa mort, il a disparu [...] et ce
qui a disparu, ce n’est que l’Homme, la figure, l’être.
Dans l’air, l’espace et l’au-delà, c’est mon être qui manquait !

Je ne rends visite à personne, ne rencontre personne – ni dans les salons, ni dans les cafés. Agir autrement serait sacrifier mon unité intérieure, me livrer à des conversations inutiles, voler du temps, sinon à mes réflexions et à mes projets, du moins à mes rêves, toujours plus beaux que les discours des autres.
Je me dois à l’humanité future. Si je me gaspille moi-même, je gaspillerai en même temps le divin
patrimoine dont peuvent hériter les hommes de demain; je diminuerai le bonheur que je peux leur donner et je me diminuerai moi-même, non seulement à mes yeux réels, mais aussi aux yeux possibles de Dieu. Il n’en est peut-être pas ainsi, mais je sens que c’est mon devoir de le croire. J’appartiens à une génération encore à venir et dont l’âme ne connaît déjà plus, véritablement, la sincérité et les sentiments de la vie en société. C’est pourquoi je ne comprends pas comment on peut se retrouver disqualifié, ni ce qu’on peut éprouver en un tel moment. Toute cette [comédie?] des convenances sociales est complètement dépourvue de sens à mes yeux. Je ne sens pas ce que c’est que l’honneur, la honte, la dignité. Pour moi, comme pour ceux qui possèdent une organisation nerveuse d’un niveau aussi élevé que le mien, ce sont là des mots d’une langue étrangère, des sons anonymes, sans plus. Lorsque j’entends dire que l’on m’a disqualifié, je comprends bien qu’il s’agit de moi, mais le sens de la phrase m’échappe. J’assiste à ce qui m’arrive, de loin, avec détachement, en souriant légèrement des choses qui peuvent arriver dans la vie. Personne aujourd’hui ne réagit encore de cette façon, mais le jour viendra où certains pourront le comprendre. Je n’ai jamais eu d’idées sur un sujet quelconque sans chercher aussitôt à en avoir d’autres. J’ai toujours trouvé de la beauté à la contradiction, de même que j’ai toujours estimé que le rôle de créateur d’anarchismes était une mission digne d’un intellectuel, car l’intelligence désintègre et l’analyse affaiblit. J’ai toujours voulu être un spectateur de la vie, sans m’y mêler. J’assiste donc en étranger à ce qui m’arrive, avec cette réserve que je tire des pauvres événements qui m’entourent l’amère volupté de [...]
Je ne tiens pas rancune à celui qui a provoqué cette situation. Je n’éprouve ni haines ni rancunes. De
tels sentiments sont le fait de gens qui possèdent une opinion, une profession ou un but dans la vie. Je ne possède rien de tout cela. Je porte à la vie l’intérêt d’un déchiffreur de charades. Je m’arrête, je déchiffre et je passe. Je n’y mets aucun sentiment. Mais je n’ai pas davantage de principes. Je défends aujourd’hui une chose, une autre demain, sans croire davantage à ce que je défends aujourd’hui que je n’ajouterai foi à ce que je défendrai demain. Jouer avec les idées et les sentiments m’a toujours semblé être un destin d’une beauté supérieure. Je tente de le réaliser autant que possible. Je ne m’étais jamais senti disqualifié. Comme je vous remercie, Monsieur, de m’avoir procuré ce plaisir.

C’est une volupté très douce et comme lointaine... On ne nous comprend pas, je le sais bien... [1914]


Le paulisme1, comme nous l’a dit João Correia de Oliveira au café Brasileira, est une intoxication
d’artificiel. Le rôle de Santa-Rita dans tout ça. Un pauvre garçon chez qui l’artifice tient lieu d’originalité réelle. Avec l’audace de ceux qui n’ont rien d’autre pour attirer légitimement l’attention des autres. Le paulisme est le culte insincère de l’artificiel.
Il y a trois manières d’être artificiel :
1) en cultivant l’artificiel comme philosophie – c’est le cas d’Oscar
Wilde;
2) en feignant d’être ou d’admirer quelque chose de parfaitement vil, criminel, violent et cynique ;
3) en faisant semblant d’être fou, et en trouvant drôle de penser de façon similifolle. Dans aucune de mes œuvres faites avec sérieux et visant à la grandeur, il n’y a une seule phrase pauliste. Nécessité de réduire l’élément pauliste. Le culte des choses secondaires. Comme tout ce qui est grand provoque l’ébahissement, l’artificiel se prend à vouloir provoquer l’ébahissement pour se donner l’illusion d’être grand.

Comme tout ce qui est nouveau irrite, l’artificiel se prend à vouloir irriter. Mais en dehors de la nouveauté
il est une chose qui irrite tout autant : c’est l’absurdité, le purement irritant. Confusion. Comme il faut de l’audace pour ouvrir la voie à un art nouveau, l’artificiel se borne à être audacieux, sans l’être cependant pour aucune raison qui vienne de l’âme. Il se produit ainsi une inversion d’ordre psychique. L’édition portugaise comporte ici une liste, établie par le jeune Pessoa, des influences littéraires subies durant ses années de formation, soit : à Durban même, les grands romantiques anglais, Byron, Shelley, Keats, mais également Pope, Milton, Tennyson, etc. À son arrivée à Lisbonne et son entrée à l’université, en 1905, Pessoa découvre successivement les grands auteurs portugais du XIXe siècle (Garrett, Cesário Verde, Guerra Junqueiro, António Nobre), puis Baudelaire et les symbolistes français, enfin le «saudosismo» de Teixeira de Pascoais et le «futurisme» de Marinetti.

Je ne sais qui je suis, ni quelle âme est la mienne.
Quand je parle avec sincérité, je ne sais quelle est cette sincérité. Je suis diversement différent d’un moi
dont je ne sais s’il existe.
J’éprouve des croyances que je n’ai pas. Je fais mes délices de désirs qui me répugnent. Ma
perpétuelle attention à moi-même me signale perpétuellement des trahisons de mon âme envers un caractère que je ne possède peut-être pas, et qu’elle ne juge pas non plus être le mien. Je me sens multiple.
Je suis comme une pièce garnie de miroirs innombrables et fantastiques, déformant en reflets factices
une réalité centrale unique, qui ne se trouve en aucun d’eux et se retrouve en tous. Tel le panthéiste qui se sent astre, vague et fleur, je me sens être plusieurs. Je me sens vivre en moi des vies étrangères, incomplètement, comme si mon être participait de tous les hommes, mais incomplètement de chacun, et s’individualisait en une somme de non-moi, synthétisés en un moi purement pastiche.

Agir, c’est intervenir. Un bras tendu prend de la place et devient, par là même, une sculpture métaphysique. Je n’ai jamais pu m’empêcher de donner à ce fait insignifiant une importance ailée, survolant le quotidien. Je n’ai jamais vu en moi autre chose qu’un long cortège d’inconsciences défilant vers l’Automne de mes intentions. Les longues heures que j’ai passées, penché sur le flux de mon être, ont fait naître des fleuves à la surface de l’existence.
Les étoiles scintillent au rythme de mes pas. Un geste de ma main me cache la lune pour un instant et
me montre, en provoquant ma stupeur, tout ce qu’il signifie réellement. De ces pensées, familières et soumises à un examen quotidien, il s’en est suivi que mon instinct a fait naufrage au port. Être, pour moi, a toujours signifié oser; et vouloir a signifié se risquer. L’inertie m’a paru le comble de la sainteté, et le non-vouloir l’équivalent des bonnes mœurs. Je me suis ainsi construit une morale bourgeoise de la pensée, une recherche constante de la commodité et de la décence, en entretenant soigneusement le

mystère. La conscience excessive, que j’ai toujours eue, de mes moments [intérieurs] m’a toujours blessé comme quelque chose de mystérieux et de divin. Je ne me suis jamais compris, surtout quand je me suis surpris à vivre les contenus inconscients de mes instincts, et le choc, somme toute banal, de mes réflexes nerveux.

Je suis triste, et ne sais ce qui me désole...
Lire... me perdre... trouver au fond de moi [...]
Seule la science console.
Seule la science absout et console. La destinée sentimentale d’un érudit passant sa vie à lire et relire,
dans le silence de son cabinet, m’a toujours paru ce qui pouvait le mieux convenir à des nerfs malades tels que les miens. L’éloignement de tout, et l’abdication solennelle – tel un roi abdiquant son trône – de tout ce qui est la vie!
Le calme! qui nous donnera le calme? Qui endormira l’insomnie de nos désirs, qui réchauffera le froid
de nos ambitions inutiles?
L’ennui qui habite avec moi m’a toujours paru digne de chambres mortes. Mais je n’ai jamais pu lui
donner la demeure qui lui convenait, ni l’atmosphère où il se fût complu... Pauvre vie que la mienne, où l’on ressent par trop et [ne vit?] pas assez!

Si je pouvais au moins me consacrer à quel-que chose – un idéal ou un canari, un chien,
une femme, ou encore une recherche historique, la solution impossible d’un problème grammatical
inutile... Peut-être alors serais-je heureux. Ces riens deviendraient des choses pour moi. Mais rien n’est quelque chose pour moi, à part les fictions de mes rêves, et elles-mêmes sont des riens de plein droit. Même quand je m’adonne au plaisir de les rêver, j’éprouve l’amertume de savoir que je les rêve.

J’ai songé, autrefois, à me livrer à une étude spéciale des Quatre Évangiles. J’avais lu avec enthousiasme un ouvrage sur ce sujet, et l’avais acheté sur une impulsion. J’en ai fait venir d’autres, les attendant avec impatience. Quand ils sont arrivés, je ne les ai même pas lus.

Publié le Jeudi 05 juillet 2007 à 02:11:38
Par Jo

Je pars en vadrouille quelques jours, j'espère vous ramener de belles photos,
et quelques textes...




C'est pas des vacances... c'est comment dire, un genre de voyage initiatique vers l'inconnu... une recherche de l'extraordinaire dans le quodidien.

Publié le Mercredi 04 juillet 2007 à 03:11:38
Par Jo

J’ai grandi à l’ombre des mathématiques

Je sais, c’est dramatique. Mais, pendant les heures de cours de cette spécialité ésotérique, mon esprit prenait la tangente. Plus jeune, j’ai appris les tables de multiplication comme des récitations : savoir compter sans calcul, j’y trouvais une implication. 

J’entendais dire "c’est logique, il n’y a pas d’équivalence."  Puis, vint l’algèbre qui m’a vite abrégé.

 

J’essayais de garder une contenance, une certaine appartenance au groupe. Mais, en maths, c’était la non-appartenance. Je tentais l’inclusion ; définitivement, c’était la non-inclusion. Stoppé à toutes les intersections, je ne parvins jamais à la réunion. J’étais exclu de l’ensemble. Loin du cosinus, hors du cercle, on me nommait cosécante.

 

Des conséquences, il y en a eu.

 

Ma préférence va plus à l’allégorie qu’à l'algorithme. Je trouve souvent la porte de l’arithmétique plutôt hermétique. Pourtant amateur de symbolique, collectionneur de cartes trigonométriques, je restais toujours celui avec le plus petit dénominateur commun. Sans doute trop primaire, pas assez binaire pour eux.  Je suis le différentiel, infinitésimal j’espère, du groupe dont je suis l’abstraction.

 

L’infini est réducteur et non vectoriel, intégral et non statistique. L'indéfini est littéral et non littéraire, ou le contraire : booléen, donc.

 

Voilà des probabilités, des théorèmes, des courbes et des schémas, reliés entre eux par la seule chose qui les fait vivre : le questionnement. C'est une analyse purement rhétorique et non scientifique qui frôle follement la philosophie.

 

Pour moi, la logique ment, par pur opportunisme, intentionnellement. Elle ne me révèle pas sa vrai nature : sarcastique, despotique et donc mathématique, démontrable et probablement démontée.

Eden ou enfer, sélection surnaturelle, aberration surréaliste des esprits scientifiques, la galaxie mathématique est lointaine, très lointaine. J'ai beau m'approcher, m'accrocher, rien n’y fait, ça reste flou, et pas du tout artistique…

 

Pour moi, c'est pas mathématique… c'est problématique.

José Spéret ("Faire mieux la prochaine  fois", ouvrage à paraître).

Publié le Mardi 03 juillet 2007 à 01:11:38
Par Jo

Entre le 18 juin 2006 et le 8 juillet 2006, vous avez été plus de 200 000 à signer la pétition « Sauvons là-bas », soit 10 000 par jour pendant 20 jours. Un record inégalé. A ces Auditeurs Modestes et Géniaux nous adressons chaque semaine (ou presque) un rappel du programme de la semaine à (ré)écouter, ainsi que quelques nouvelles du front.


Pour la première fois un reportage de Là-bas devient un film !

CHOMSKY ET COMPAGNIE…

Un reportage de Daniel Mermet et Giv Anquetil

Filmé par Olivier AZAM


En mai 2007, la série d’entretiens avec Noam Chomsky a été un succès pour Là-bas si j’y suis. De Paris à Boston de Montréal à Toronto, Olivier AZAM a filmé ce reportage. À l’heure où impuissance et résignation l’emportent, le travail de Chomsky est un antidote radical. « Le pouvoir ne souhaite pas que les gens comprennent qu’ils peuvent provoquer des changements » dit Noam Chomsky.

Avec des dizaines de livres, des milliers d’articles et de conférences, à bientôt 80 ans « l’auteur le plus cité au monde » poursuit la mise à nu des mécanismes de domination. Un intellectuel, c’est quelqu’un qui veut que nous pensions comme lui. Chomsky veut que nous pensions par nous-même. Il ne veut pas nous amener à le croire, il veut nous amener à nous emparer par nous mêmes des connaissances et des informations qui nous permettent d’agir pour que cesse la domination de quelques-uns qui monopolisent le pouvoir de décision sur l’immense masse des autres.

Longtemps occultées en France par une série de penseurs médiatiques, les idées de Chomsky intéressent aujourd’hui tout un nouveau public.

Dans cette mouvance, au cours du voyage nous rencontrons des historiens, des journalistes, des chercheurs dont Max Wallace, Michael Albert, Andrew Bacevitch, Jean Bricmont ou encore Normand Baillargeon auteur du « Petit traité d’autodéfense intellectuel » ce qui pourrait être le sous-titre de ce film en cours de montage.

Pour celles et ceux qui refusent de baisser les bras, Chomsky est une ressource fondamentale.

Ce film est produit et distribué par une association coopérative, Les Mutins de Pangée qui lance une souscription afin de permettre en toute indépendance l’édition de ce document exceptionnel.


En commandant les DVD dés maintenant vous soutenez l’entreprise et vous bénéficiez d’un tarif privilégié 14 Euros (Plus frais de port) et d’une livraison en Octobre 2007, bien avant sa sortie officielle.

Oui, gagner de l’argent et avancer la pendule de l’histoire, c’est possible !

Visionnez la bande annonce sur le site "www.la-bas.org"

SOUSCRIVEZ dès à présent sur le site des "Mutins de Pangée"




CHOMSKY, UNE RESSOURCE FONDAMENTALE

Théoricien du langage, né à Philadelphie en 1928, Noam Chomsky a révolutionné la linguistique avec la « grammaire générative ». Il est aussi un analyste politique engagé dans toutes les luttes politiques depuis des décennies. Ses analyses claires et rationnelles des mécanismes idéologiques de nos sociétés constituent une ressource fondamentale pour la pensée critique actuelle.

 Auteur de dizaine de livres, de milliers d’interventions et d’ articles, qui font de lui l’auteur le plus cité dans le monde, « l’intellectuel planétaire le plus populaire » comme l’affirme Alain Finkielkraut, est beaucoup moins connu en France. En consultant par exemple les archives de Radio France depuis 40 ans, le nom de Chomsky n’apparaît que cinq fois pour de brèves interventions sur France Culture dans les années 70. Jamais il n’a été entendu sur France Inter.

A quoi tient ce passage sous silence ?

Même si depuis quelques années ses ouvrages sont passionnément suivis par un nouveau public en France, une série de penseurs médiatiques s’acharne à entretenir le soupçon. Chomsky aurait eu des complaisances avec l’historien négationniste Robert Faurisson, tout comme envers Pol Pot et les génocidaires cambodgiens. Dans ses analyses des structures de l’information comme de la politique étrangère américaine, Chomsky ne serait qu’un paranoïaque archaïque inventant une fantasmatique « théorie du complot ».

 Malgré les inlassables réponses de Chomsky à ses « détracteurs parisiens » depuis presque trente ans, rien n’y fait. La toute récente publication d’une étude très complète sur Chomsky par les cahiers de l’Herne(*), avec des documents complets et précis qui démontent toutes les accusations, n’a eu aucun écho dans les médias français.

Mais si nos penseurs se contentent de le disqualifier et de l’occulter sans argumenter, après tout rien d’étonnant. C’est précisément les mécanismes idéologiques qui structurent l’ordre du monde présent que Noam Chomsky ne cesse de mettre à nu en décryptant les non-dits et les manipulations du discours ambiant. Car c’est le contrôle de la pensée dans les sociétés démocratiques, qu’il s’attache à dévoiler. Ainsi à l’issue d’une conférence une étudiante interpelle Chomsky :

« J’aimerai savoir comment l’élite contrôle les médias ?

- Comment contrôle-t-elle General Motors ? L’élite n’a pas à contrôler Général Motors. Ça lui appartient »

« Par le pouvoir, l’étendue, l’originalité et l’influence de sa pensée, Noam Chomsky est peut-être l’intellectuel vivant le plus important » Cette phrase extraite d’un article du New York Times, figurait sur la couverture d’un de ses livres. « Mais attention dit Chomsky, dans le texte original elle est suivi de ceci : « Si tel est le cas, comment peut-il écrire des choses aussi terribles sur la politique étrangère américaine ». On ne cite jamais cette partie. Alors qu’en fait, s’il n’y avait pas cette deuxième phrase, je commencerai à penser sérieusement que je fais fausse route. »

Voilà bien longtemps que la petite équipe de Là-bas espérait rencontrer Noam Chomsky. A presque 80 ans, il travaille une centaine d’heures par semaine, entre livres, articles, interventions publiques et échanges avec des centaines de correspondants à travers le monde. S’il répond à toutes les sollicitations son emploi du temps est minuté plusieurs mois à l’avance. Il accueille les visiteurs dans son bureau du MIT. Au mur un grand portait de Bertrand Russel et une poupée de chiffon du Chiapas figurant le Sous-Commandant Marcos.

 « Je n’essaie pas de convaincre mais d’informer. Je ne veux pas amener les gens à me croire, pas plus que je ne voudrais qu’ils suivent la ligne du parti, ce que je dénonce – autorités universitaires, médias, propagandistes avoués de l’Etat, ou autres. Par la parole comme par l’écrit, j’essaie de montrer ce que je crois être vrai, que si l’on veut y mettre un peu du sien et se servir de son intelligence, l’on peut en apprendre beaucoup sur ce que nous cache le monde politique et social. J’ai le sentiment d’avoir accompli quelque chose si les gens ont envie de relever ce défi et d’apprendre par eux-mêmes »

On s’en doute Chomsky n’est pas seul. Tout un monde d’activistes, de chercheurs, de journalistes, ou de citoyens engagés se retrouvent dans sa manière de poser les problèmes sociopolitiques. Ainsi à Montréal nous rencontrons Normand Baillargeon, professeur en sciences de l’éducation et auteur d’un « Petit cours d’autodéfense intellectuelle » avec des dessins de Charb. A Bruxelles, Jean Bricmont, professeur de physique théorique à l’Université catholique de Louvain auteur de « A l’ombre des Lumières », avec Regis Debray (Odile Jacob, 2003) et « Impérialisme Humanitaire » (Aden, 2005). A Cap Cod, Michael Albert, rescapé de l’immense bouillonnement des années 60, animateur du réseau Z Net (**) et concepteur du « participalisme », une de ces vastes utopies comme on ose plus (ou pas encore) en concevoir.

« Le pouvoir nous veut triste », disait Gilles Deleuze. La dernière question porte sur le progrès et ce que nous pouvons espérer changer. « Le progrès dans les affaires humaines est un peu comme l’alpinisme, répond Noam Chomsky, vous voyez un sommet, vous peinez à y monter et soudain vous découvrez que plus loin se trouvent d’autres pics que vous n’aviez peut-être pas imaginés »

Daniel Mermet, mai 2007


(*) « Chomsky », Les Cahiers de l’Herne, dirigé par Jean Bricmont et Julie Franck, Editions de l’Herne, 2007. € 39

Publié le Lundi 02 juillet 2007 à 02:11:38
Par Jo
Humeur : Au secours !
Poésie alter-conneriliste


José Spéret ("Faire mieux la prochaine  fois", ouvrage à paraître).

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