Citation du jour "Si l'on peut en finir du passé avec l'oubli, on n'en finit pas de l'avenir avec l'imprévoyance."
La gazette d'@rrêt sur images, n°52
A tort ou à raison, les conditions dans lesquelles Tapie s'est vu reverser des millions d'argent public choquent beaucoup d'entre vous. Or, Tapie fait salle comble, en ce moment, à Paris. Il joue dans une comédie dans laquelle il règle ses comptes avec les parlementaires qui ont osé l'interroger sur cette étrange victoire judiciaire (nous suivons l'affaire depuis le début [1]). Et France 2 ne trouve pas mieux que de diffuser cette pièce en direct [2], le 25 décembre au soir. Chantons Noël ! Rions ensemble des millions versés à l'affairiste. Rions des pauvres parlementaires qui cherchent la vérité à la lanterne. Devant ce sommet de berlusconisme, croit-on que quiconque s'émeuve ? Personne, ou presque. Pauvre service public. Nous l'avons beaucoup défendu, cette année. Mais parfois, on a envie de baisser les bras.
Ainsi se termine en fanfare une année qui ne nous a pas laissé souffler. Si vous en profitiez pour replonger dans nos meilleurs émissions et articles ? Je ne sais trop lesquels vous conseiller. Dans l'équipe, chacun a ses préférés. Notre "déco-réalisateur" François Rose (qui pour la première fois, cette semaine, passe devant la caméra [3] pour détailler les contours insolites de son travail) a préféré l'émission Siné [4]. Notre webmaster Thomas Scotto avoue un faible pour l'émission Rocard [5]. Pour ma part, si je ne devais garder qu'un dossier de l'année, ce serait celui de la gigantesque intox [6] sur les épiciers-terroristes corréziens d'ultra-gauche, saboteurs présumés de TGV. Aujourd'hui, tout le monde souligne les failles de l'enquête. Mais nous fûmes les seuls, au premier jour, à révéler comment la ministre de l'Intérieur avait donné le départ [7] du TGV médiatique.
Quand s'abat le brouillard sur des médias sidérés, c'est alors que nous vous sommes le plus utiles. Vous le savez, et le manifestez: 7 500 d'entre vous se sont d'ores et déjà réabonnés, souvent en nous exprimant leur soutien, par quelques dizaines d'euros supplémentaires. Cette promptitude et ce soutien nous réconfortent, mais nous sommes encore loin du compte. Et si, pour 2009, vous preniez l'excellente résolution de vous abonner [8], enfin ?Depuis le temps que vous remettez la décision ! 2009 sera rude. Ce n'est pas le moment de se perdre de vue.
Citation du jour "Cependant il vaut mieux sucrer notre moutarde."
J'ai reçu ce matin ce mail, sans adresse d'expéditeur
Pour l'auteur de BlogaJo peut-être José Spéret :
Jojo Voici donc quelques rires Quelques vins, quelques blondes J'ai plaisir à te dire Que la nuit sera longue A devenir demain Jojo Moi je t'entends rugir Quelques chansons marines Où des Bretons devinent Que Saint-Cast doit dormir Tout au fond du brouillard
Six pieds sous terre Jojo Tu chantes encore Six pieds sous terre Tu n’es pas mort
Jojo Ce soir comme chaque soir Nous refaisons nos guerres Tu reprends Saint-Nazaire Je refais l'Olympia Au fond du cimetière Jojo Nous parlons en silence D'une jeunesse vieille Nous savons tous les deux Que le monde sommeille Par manque d'imprudence
Six pieds sous terre Jojo Tu chantes encore Six pieds sous terre Tu n’es pas mort
Jojo Tu me donnes en riant Des nouvelles d'en bas Je te dis : "Mort aux cons !" Bien plus cons que toi Mais qui sont mieux portants Jojo Tu sais le nom des fleurs Tu vois que mes mains tremblent Et je te sais qui pleure Pour noyer de pudeur Mes pauvres lieux communs
Six pieds sous terre Jojo Tu chantes encore Six pieds sous terre Tu n’es pas mort
Jojo. Je te quitte au matin Pour de vagues besognes Parmi quelques ivrognes Des amputés du cœur Qui ont trop ouvert les mains Jojo Je ne rentre plus nulle part Je m'habille de nos rêves Orphelin jusqu'aux lèvres Mais heureux de savoir Que je te viens déjà
Six pieds sous terre Jojo Tu n'es pas mort Six pieds sous terre Jojo Je t'aime encore
Citation du jour "Le temps est un aigle agile dans un temple."
La gazette d'@rrêt sur images, n° 51
Appelons-le Jackie. Il est ouvrier chez Michelin. Il s'est inscrit sur le site "Copains d'avant". Un site où l'on peut retrouver ses copains de lycée, justement, et discuter tranquillement avec eux. Donc, il parle boulot. Et évoque Michelin (son employeur) en termes peu aimables. Mais cette conversation se retrouve...sur son CV en ligne, sur un site professionnel. Pourquoi ? Parce que « Copains d'avant » et le site professionnel appartiennent au même groupe, qui tient à rentabiliser ses précieuses « données ». Michelin découvre ainsi les injures dont il est l'objet. Et « Jackie » est licencié.
Je voudrais vraiment que vous lisiez l'histoire de Jackie, dont la mésaventure préfigure celles que beaucoup d'entre nous risquent de connaître, si l'on laisse les marchands de données brouiller les frontières entre expression publique et vie privée. Comme vous avez peut-être manqué notre article (1) (nous produisons beaucoup), je vous en parle ici. Et nous en disons un mot dans notre émission (2) de la semaine (ses meilleurs moments sont ici) (3).
Le dossier principal de cette émission est consacré à la soirée de France 2, au cours de laquelle Delarue a fait pleurer des pauvres pendant deux heures. Beaucoup d'entre vous ont jugé cette émission obscène (4). Pour réagir, nous avons invité deux responsables d'associations : Emmaüs, et le DAL. Ils sont également choqués. Mais un peu coincés : dans leur activité, ils ont besoin de la télévision. Comment s'élever, contre la puissance des Delarue et consorts ? Je leur ai glissé une idée. Vous voulez savoir laquelle ? Regardez donc l'émission. Et puisque les fêtes approchent, une suggestion originale : et si vous offriez un abonnement à @rrêt sur images ? Je suis sûr qu'au moins un de vos proches en serait très heureux. Rien de plus facile, c'est ici (5) !
Premier rendez-vous le 23 décembre, avec dès 20h45 , en exclusivité les 5 premiers épisodes inédits de la nouvelle saga animée de George Lucas, "The clone wars".
Le début (épisode 1, Embuscade) : Maître Yoda et trois troupes de guerriers doivent tenir tête à la redoutable meurtrière Ventress, agent du Comte Dooku, et à son immense armée de droîdes pour prouver que les Jedi sont assez forts pour protéger une planète stratégique et formuler un traité pour la Répubique.
Citation du jour "Le vrai est trop simple, il faut y arriver par le compliqué."
Message du bon Chemin...(à suivre)
Bonjour à tous
Je profite de ce beau et froid dimanche de décembre pour vous tenir au courant des dernières nouvelles du front. Voilà j'ai franchi le pas, j'ai hésité longtemps car je suis un fervent amoureux de l'objet livre, du livre, alors il m'a fallu un peu de temps pour me décider à mettre en ligne mes textes. J'ai créé sur mon site une page spéciale où au fil du jours, au fil des envies, je vais publier des textes. C'est une idée neuve pour moi et je ne sais pas encore si c'est une bonne idée ou non. C'est vrai que depuis 32 ans je fais avec plaisir "La petite marchande de poésie" mais il est peut-être temps de passer à autre chose. La situation de la poésie (la situation en général) étant ce qu'elle est, il est intéressant de trouver des alternatives. C'est peut-être aussi l'occasion de faire découvrir à d'autres personnes, ailleurs, des écrits qui de toutes façons sont peu ou pas diffusés. Bien sûr je n'ai pas la prétention que ces textes soient plus importants que des textes d'autres auteurs, je veux simplement laisser la liberté au lecteur de se faire une idée. Le principe de cette page "textes" est simple, je vais ajouter petit à petit des choses, je ne peux pas bien sûr éditer tous les poèmes écrits depuis 32 ans (entre 300 et 400), ce serait indigeste et peu intéressant. Mais la motivation de ce nouveau projet me permettra sans doute d'aller vers de nouvelles choses. (il y a pour l'instant une quinzaine de textes, vous pouvez les retrouver sur le site à la page"textes" l'adresse est toujours www.patrick-chemin.odexpo.com , ou alors tapez patrick chemin sur un moteur de recherche) Sinon la soirée Léo Ferré était vraiment intéressante et magré les très fortes intempéries une trentaine de personne s'était déplacée. La soirée était même signalée sur le site officiel de Léo. J'étais pas peu fier (rires). la prochaine soirée le 14 janvier sera consacrée à Wislawa Szymborska et à Telma Desroses (Galerie du Larith, Chambéry, 20 heures)
Etonnant journalisme français ! A la fin d'une longue enquête, Le Point glisse incidemment que Rachida Dati détiendrait, à propos des marchés publics des Hauts de Seine, des informations qui pourraient lui permettre de faire chanter Sarkozy, au cas où ce dernier souhaiterait se débarrasser d'elle. On croit avoir mal lu. Mais non. Le Point ne précise pas ce que sait Dati. Ni ce qu'il sait lui-même. Insinuez, insinuez ! Le lendemain, les revues de presse radiophoniques glisseront pudiquement sur le sujet (1). Pour la suite, les citoyens sont priés d'attendre...le bon vouloir de Dati, ou des journalistes. Décidément, la disgrâce très annoncée de la ministre de la Justice promet d'être un festival de pathos et de manipulation, c'est pourquoi nous avons créé un dossier sur le sujet (2). D'ores et déjà, nous vous expliquons comment lynche la presse (3), armée de ses titres, de ses intertitres, de ses photos, de ses légendes, quand elle a décidé de lyncher.
Avez-vous vu, l'autre semaine, le magazine Envoyé Spécial à propos du réseau à la mode, Facebook ? Deal de drogue, pédophiles à l'affût: tous les poncifs sur "les dangers d'Internet" y étaient, une fois de plus, concentrés. Le reportage a fait réagir de jeunes adeptes de Facebook, sur leurs blogs. Nous en avons rendu compte (4). Et nous y consacrons notre émission de la semaine (5). Je vous recommande d'écouter David Abiker rappeler comment en 1920, on nous enjoignait déjà de nous méfier du téléphone, accusé de pousser à l'adultère. Ses meilleurs moments sont ici (6). Et pour vous abonner, c'est là (7).
Citation du jour "La plus part des hommes sont plus capables de grandes actions que de bonnes."
La gazette d'@rrêt sur images, n° 49
En arrière, toute ! Après la libération de trois saboteurs présumés des TGV, nos chers confrères regrettent aujourd'hui d'avoir emboîté le pas un peu vite à la ministre Alliot-Marie, qui accusait bruyamment « l'ultra-gauche ». Cela vaut pour les télévisions, mais aussi pour les journaux, y compris classés à gauche, comme Libération. « L'ultra gauche déraille » titrait alors Libé, semblant condamner par avance les interpellés. Patron de Libé, Laurent Joffrin s'en défend cette semaine sur notre plateau (1). Je vous recommande son échange mouvementé avec Judith Bernard, qui tente de lui démontrer comment une savante mise en page peut faire dire à des articles...le contraire de ce qu'ils disent. Un grand moment (nécessaire) de pédagogie : à @si, nous nous méfions depuis le début (2) de cette enquête trop bien ficelée.
Evidemment, nous profitons de la présence de Joffrin pour ouvrir aussi le dossier Vittorio de Filippis, cet ancien directeur de Libé qui a fait la Une une partie de la semaine, après avoir été brutalement interpellé par la police (3). L'affaire Filippis menace-t-elle la presse ? Ou bien est-ce par réflexe purement corporatiste, que les journaux l'ont couverte davantage, et bien plus vite, que les autres brutalités (4) dont a été victime...une collégienne du Gers, lors d'un contrôle anti-drogue ? Enfin, suite (et fin ?) d'un mini-feuilleton qui a débuté la semaine dernière, sur notre plateau (5) : Libé, en 2007, a-t-il censuré une enquête établissant que Sarkozy avait menti sur son patrimoine ? Ecoutez la réponse de Joffrin.
C'est tout ? Mais non !Toute la semaine, nous avons suivi en direct les débats de l'Assemblée sur la loi audiovisuelle. C'est ici (6). Et nos chroniqueurs se sont surpassés. Sebastien Bohler vous détaille (7) comment nous projetons nos fantasmes sur les images. Anne-Sophie Jacques vous révèle (8) les origines insoupçonnées du mot « tollé ». Et David Abiker, pourquoi (9) les Grimaldi ne font plus rêver les lecteurs de Match. Un extrait de l'émission est ici (10). Et pour vous abonner, c'est là (11).