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Publié le Lundi 07 septembre 2009 à 20:11:38
Par Jo
Citation du jour "Parler, c'est marcher devant soi."
Communiqué de M. Patrick Chemain
LA REVUE ORALE
La Galerie du Larith vous propose une nouvelle saison de La Revue Orale. Huit éditions sont au programme de septembre à juin. Ces soirées de lecture publique conçues et animées par Patrick Chemin donnent à entendre l'écrit dans une ambiance conviviale. La première soirée aura lieu le mercredi 30 septembre à 20h à la Galerie du Larith (39/41 rue du Larith à Chambéry, entrée libre) Patrick Chemin lira les oeuvres de la grande poète russe Anna Akhmatova (1889-1966). Un extrait : Dans la voix du poète, comme dans celle du musicien, le monde est devenu plus ample. Il n'en existe pas moins d'une existence plus réelle. On y souffre. On y goûte la lumière. On y entend le loriot. On y voit des arbres. On sait, on veut avec passion La première invitée de la saison sera Nathalie Kandro : Tour à tour réalisatrice de documentaires, de reportages, enseignante de l'image, scénariste, auteure d'installations multimédia. Nathalie Kandro a découvert l'écriture sous la forme courte qui lui permet de développer ses sens et sa pensée. Cette forme courte qui donne au réel un aspect onirique, et qui permet la détente de l'esprit satisfait pleinement l'auteure qui a toujours lu et regardé en cherchant les clefs de la compréhension au-delà des apparences
Rendez-vous donc le 30 septembre à 20 heures. Pour visiter la nouvelle mouture du site de Patrick Chemin et retrouver tout le programme de La Revue Orale : cliquez ici www.patrick-chemin.odexpo.com
Le site de la Galerie du Larith : www.larith.org
Publié le Samedi 02 mai 2009 à 16:11:38
Par Jo
Citation du jour "Il faut prendre l'argent là où il se trouve : chez les pauvres. D'accord, ils n'en ont pas beaucoup, mais ils sont si nombreux !"
Communiqué de Monsieur Patrick Chemin
Bonjour à tous,
Je ne sais pas si je gagne plus mais du moins je travaille plus (rires). J'ai oublié lors de ma dernière missive (newsletter pour faire branché) de vous signaler ma prochaine mise en scène donc je vous fais passer l'info : Les bibliothèques de Barby, Bassens et Saint-Alban-Leysse vous présentent Meli-Mélodie un conte musical avec le concours de l'Ecole de Musique du Canton Vendredi 15 mai (2 séances !!!) à 18h et à 20h15 à la Salle des fêtes de Saint-Alban-Leysse. Entrée gratuite.
J'ai travaillé avec quatre conteuses afin de mettre en scène l'initiation d'une petite fille dont toute la famille veut qu'elle joue d'un instrument mais ses nombreux parents ne sont pas d'accord sur le choix de celui-ci. C'est un spectacle à priori pour un jeune public mais il convient aussi à des adultes. C'est très impressionnant de bosser avec un orchestre d'une quarantaine de personnes. Il nous reste quinze jours pour que tout se concilie parfaitement.
Bonne nouvelle aussi : Les Poésies Apéritives continuent à la Bibliothèque des Deux Mondes à La Motte Servolex la saison prochaine pour la dixième année consécutive. La dernière édition sur "La voix des femmes" était fort sympathique La prochaine Revue Orale aura lieu le 3 juin à la Galerie du Larith. Elle sera consacrée à René Guy Cadou. Les deux invitées seront les "nouvelles voix" de Chantal Rémus (pour son livre "Turbulence du vide") et Antoinette Praizelin Cholat (pour son premier ouvrage "Il, un homme, un ange") Amitiés à tous et courage !
Patrick Chemin Pour tous renseignements
http://www.patrick-chemin.odexpo.com
Publié le Dimanche 12 avril 2009 à 09:11:38
Par Jo
Citation du jour "Il y a, en nous, une part d'éternité dépendant de l'ombre."
Communiqué de Monsieur Patrick Chemin
Bonjour à tous
Je vais essayer de me tenir à une lettre mensuelle pour vous tenir au courant de mes activités diverses et variées. Le prochain rendez-vous c'est le mercredi 22 avril à 19h à la Bibliothèque des Deux Mondes à La Motte Servolex pour des Poésies Apéritives consacrées à la voix des femmes en poésie. Au programme : des poètes à découvrir comme Anna Akhmatova, Marina Tsvétaïéva, Anne Perrier, Béatrice Douvre, Emily Dickinson mais aussi Andrée Chédid et bien d'autres comme bien sûr ma poète fétiche Wislawa Szymborska. Des voix russes, polonaises, américaines et françaises aussi. ( Je dis poète, je n'aime pas trop le terme poétesse...) Sinon le samedi 7 mars au soir, avec la troupe adultes de Théâtre en Herbe, nous avons présenté "Les dix petits nègres" d'Agatha Christie. Et je peux dire depuis lors qu'il y a des miracles. Ce fut un succès avec standing ovation et tout et tout. Le travail des dernières semaines a porté ses fruits. Ce fut une expérience extraordinaire avec des gens formidables, une expérience humaine chaleureuse et tournée vers la vie. Même si au niveau théâtre ce fut parfois un peu aléatoire. (j'ai mis une photo de la pièce sur mon site ici) Sinon je tente avec difficulté de me remettre à l'écriture : je n'ai pas fait grand chose depuis Ruches mais c'est peut être bien de se taire un peu. Non ? Amitiés à tous et courage Patrick Chemin
Publié le Lundi 19 janvier 2009 à 20:11:38
Par Jo
Citation du jour "Retournons à nos moutons !"
L'égout et les douleurs... Il faut, oui il faut... ne pas se retourner le cœur. L'empreinte, défaut, emprunte les faux. Il faut, oui il faut... ne pas contourner la peur.
La feinte ne retarde que la douleur.
Il faut, oui il faut... ne pas séjourner ailleurs. L'étreinte, douce ou amère, des pleurs. Vraiment ? Le ciel est vide !
Isolée, la petite boule bleue ne tourne plus rond. Que deviennent les étoiles ? Un autre ailleurs ? Elles crépitent, en silence, Inondées dans un déluge aveugle.
Il faut, oui il faut... lever la tête Pour voir que l'on n'est rien ! Des silhouettes bruyantes dans le noir. Des ombres grouillantes dans l'obscurité !
Il faut, oui il faut... L'irrationnel résonne. Pourtant, personne ne s'étonne. Que devient l'homme ? L'homme que l'on nomme. Il faut, oui il faut... que l'on consomme. L'homme consume l'homme ! La flamme de l'ignorance embrase l'âme. Le pustule éteint la culture !
Il faut, oui il faut... lire et relire Ces vers, ment le poète, sévère. La terre, mère et source de vie, se flétrit Ici, point de flatterie pour l'écologie, qu'un triste constat d'égout... tant redouté et pourtant si prévisible.
Il faut, oui il faut... continuer à exister ! Même si notre chemin après la lumière blanche se termine.
José Spéret (Le chant des pleurs)
Publié le Mercredi 07 janvier 2009 à 19:11:38
Par Jo
Citation du jour "Le poète en des jours impies vient préparer des jours meilleurs. Il est l'homme des utopies ; les pieds ici, les yeux ailleurs."
Communiqué de Monsieur Patrick Chemin
La prochaine édition de La Revue Orale aura lieu le mercredi 14 janvier à la Galerie du Larith à 20 heures (entrée libre).
Elle sera consacrée au Prix Nobel de Littérature 1996, la grande poétesse polonaise Wislawa Szymborska, soirée entièrement consacrée aux voix de femmes puisque l'invitée sera Telma Desroses.
Je fais aussi passer l'info à ceux qui sont loin de la région pour les tenir au courant Sinon j'ai publié plus d'une vingtaine de textes sur mon site vous pouvez les retrouver en allant à "patrick chemin textes" (www.patrick-chemin.odexpo.com) Patrick Chemin
Publié le Dimanche 14 décembre 2008 à 19:11:38
Par Jo
Citation du jour "Le vrai est trop simple, il faut y arriver par le compliqué."
Message du bon Chemin...(à suivre)
Bonjour à tous Je profite de ce beau et froid dimanche de décembre pour vous tenir au courant des dernières nouvelles du front. Voilà j'ai franchi le pas, j'ai hésité longtemps car je suis un fervent amoureux de l'objet livre, du livre, alors il m'a fallu un peu de temps pour me décider à mettre en ligne mes textes. J'ai créé sur mon site une page spéciale où au fil du jours, au fil des envies, je vais publier des textes. C'est une idée neuve pour moi et je ne sais pas encore si c'est une bonne idée ou non. C'est vrai que depuis 32 ans je fais avec plaisir "La petite marchande de poésie" mais il est peut-être temps de passer à autre chose. La situation de la poésie (la situation en général) étant ce qu'elle est, il est intéressant de trouver des alternatives. C'est peut-être aussi l'occasion de faire découvrir à d'autres personnes, ailleurs, des écrits qui de toutes façons sont peu ou pas diffusés. Bien sûr je n'ai pas la prétention que ces textes soient plus importants que des textes d'autres auteurs, je veux simplement laisser la liberté au lecteur de se faire une idée. Le principe de cette page "textes" est simple, je vais ajouter petit à petit des choses, je ne peux pas bien sûr éditer tous les poèmes écrits depuis 32 ans (entre 300 et 400), ce serait indigeste et peu intéressant. Mais la motivation de ce nouveau projet me permettra sans doute d'aller vers de nouvelles choses. (il y a pour l'instant une quinzaine de textes, vous pouvez les retrouver sur le site à la page"textes" l'adresse est toujours www.patrick-chemin.odexpo.com , ou alors tapez patrick chemin sur un moteur de recherche) Sinon la soirée Léo Ferré était vraiment intéressante et magré les très fortes intempéries une trentaine de personne s'était déplacée. La soirée était même signalée sur le site officiel de Léo. J'étais pas peu fier (rires). la prochaine soirée le 14 janvier sera consacrée à Wislawa Szymborska et à Telma Desroses (Galerie du Larith, Chambéry, 20 heures)
Patrick Chemin
Publié le Lundi 06 octobre 2008 à 01:11:38
Par Jo
Citation du jour "(...)Le poète, car en un sens il n'y en a jamais qu'un(...)"
J'ai trouvé le bon Chemin sur le oueb... le site ci-dessous mène au chemin.
Publié le Dimanche 13 juillet 2008 à 16:11:38
Par Jo
Citation du jour "Il faut pleurer les hommes à leur naissance, et non pas à leur mort."
Issue de ce cours
Prisonnière de l'arbre, l'onde vagabonde ne s'essouffle plus. Ombre parmi les décombres, l'eau ne respire plus.
Souillée d'immondices marketées, plastifiées et perfidement empoisonnées, agonisante elle laisse derrière elle le cortège funèbre d'une faune et d'une flore asphyxiées. Ombre parmi les décombres, l'eau ne respire plus.
Le sombre ruisseau halète, s'égosille, s'éparpille, voilà qu'on le torpille. Sous le torrent des larmes de la rivière, les carcasses de poissons vacillent. Ombre parmi les décombres, l'eau ne respire plus.
L'horreur touche aussi les rivages amers et instables. La mer assoiffée et affamée avale tout le sable. Ombre parmi les décombres, l'eau ne respire plus.
Salées sont ces larmes, sourdes, ces alarmes. Ombre parmi les décombres, l'eau ne respire plus.
C'est dans l'oubli que s'abreuvent les fleuves. Ombre parmi les décombres, l'eau ne respire plus.
José Spéret (extrait de "Mémoires d'après-demain")
Publié le Mercredi 09 juillet 2008 à 12:11:38
Par Jo
Citation du jour "Tout l'art de la politique est de se servir des conjonctures."
Ça gazouille !
Et pourtant, il est loin le printemps la saison où c’est important de prendre son temps.
Les nids sont fatigués et les arbres, ébouriffés, le seul souci, c’est de bouffer. Dans le lointain, ça gazouille.
Ça mouille !
Le pèlerin sous sa pèlerine ignore la pluie, serein, il fend le vent comme un parapluie.
La gamine a les pieds tout mouillés, quand on chausse du trente-deux, faut pas tout éclabousser. Dans le lointain, ça gazouille.
Ça brouille !
La buée a envahi les fenêtres, à travers disparaissent les bouleaux et les hêtres. Tout ce gris me fout le cafard, le ciel est descendu… brouillard. Dans le lointain, ça gazouille.
Ça grouille !
Climatisation, chauffage, émanations, évaporation… transpiration… ça souille ! La grosse planète de baudruche se flétrit, c’est la contamination. Dans le lointain, ça gazouille.
José Spéret (extrait de "Mémoires d'après-demain")
Publié le Lundi 23 juin 2008 à 13:11:38
Par Jo
Citation du jour "Plus que poli pour être honnête, plus que poète pour être honni."
Ma nuit dans les étoiles
Sur la palette, le pinceau maculé de rouge sèche, depuis bien longtemps il ne bouge...
La toile, immaculée, est éblouissante, sur les planches du chevalet, pourrissantes...
L'heure est à la solitude, le soir apporte l'incertitude...
Que me vaut cette douce brise, si ce n'est qu'une sordide crise...
Sors de là, mon doute, laisse-moi continuer ma route...
Il est des fantômes envahissants qui me rattrapent à chaque tournant...
Mes pas sont lourds dans mes tennis de sous-marque, mes pieds sont gourds quand en ville je débarque...
Je fais partie des ombres que l'on ne regarde plus, de ceux que l'on veut de plus en plus reclus...
Cachez ce sang que je ne saurai boire, enfouissez-le jusqu'au désespoir...
Je me lève, puis je retombe, loin des rêves, j'ai la tête dans la tombe...
Perdu, dans les étoiles, devant la solitude de la toile...
José Spéret (Poésies & aphorismes)
Publié le Samedi 19 avril 2008 à 15:11:38
Par Jo
Citations du jour d'Aimé Césaire "La démarche poétique est une démarche de naturation qui s'opère sous l'impulsion démentielle de l'imagination."
"L'homme de culture doit être un inventeur d'âmes."
"Tous les hommes ont mêmes droits... Mais du commun lot, il en est qui ont plus de pouvoirs que d'autres. Là est l'inégalité."

Poème d'Aimé Césaire
Prophétie
Là où l'aventure garde les yeux clairs là où les femmes rayonnent de langage là où la mort est belle dans la main comme un oiseau saison de lait là où le souterrain cueille de sa propre génuflexion un luxe de prunelles plus violent que des chenilles là où la merveille agile fait flèche et feu de tout bois là où la nuit vigoureuse saigne une vitesse de purs végétaux
là où les abeilles des étoiles piquent le ciel d'une ruche plus ardente que la nuit là où le bruit de mes talons remplit l'espace et lève à rebours la face du temps là où l'arc-en-ciel de ma parole est chargé d'unir demain à l'espoir et l'infant à la reine,
d'avoir injurié mes maîtres mordu les soldats du sultan d'avoir gémi dans le désert d'avoir crié vers mes gardiens d'avoir supplié les chacals et les hyènes pasteurs de caravanes
je regarde la fumée se précipite en cheval sauvage sur le devant de la scène ourle un instant la lave de sa fragile queue de paon puis se déchirant la chemise s'ouvre d'un coup la poitrine et je la regarde en îles britanniques en îlots en rochers déchiquetés se fondre peu à peu dans la mer lucide de l'air où baignent prophétiques ma gueule ma révolte mon nom.
Aimé Césaire
Publié le Vendredi 21 mars 2008 à 20:11:38
Par Jo
Citation du jour "Le plus souvent, nous ne jugeons pas les autres, mais nous jugeons nos propres facultés dans les autres."
La peau, logis de toutes les catastrophes.
Si elle a des calculs, c’est la peau math.
Si elle héberge des petites bêtes, c’est la peau zoo logis. Si elle fait des cercles, c’est la peau p’tits ronds.
Si elle est rouge de colère, c’est la peau mad.
Si elle marche au radar, c’est la peau lisse. Si elle est belle, c’est la peau cible.
Si elle vous pend de haut, c’est la peau tance. Si elle vous guérit, c’est la peau Sion.
Si, gourmande, elle vous perd, c’est la peau mets.
Si elle vous irrite, c’est la peau lution. Si elle grossit en zappant, c’est la peau telée.
Si elle vous brûle, c’est la peau-t-au-feu. Si vous décollez, c’est la peau tentiel. Si vous croyez la voir en musique, c’est la peau CD.
Si vous êtes arrivé là, y a plus qu’à vous faire la peau (tre). Si vous êtes tatoué, là, c’est du grand art : de la peau easy.
José Spéret (Peau de chat Grain)
Publié le Vendredi 07 mars 2008 à 17:11:38
Par Jo
Citation du jour "Les souvenirs sont du vent, ils inventent les nuages."
Conte défait Il était plusieurs fois longtemps, dans une plaine perdue au milieu de nos montagnes capricieuses… l’aventure de Starlatine, la sorcière au chapeau cassé. Par les sentiers cabossés, dépenaillée, la pauvre sorcière noiraude et puante traînait son vieux balai décrépi. Une vasque dans l’autre main, elle radotait en allant cahin-caha vers le puits de son domaine ténébreux. Le soleil, baignant dans sa splendeur, était haut dans le ciel et les nuages s’étaient cachés derrière les collines.
Aujourd’hui, Starlatine n’avait pas pris son chapeau cassé. Heureusement, car celui-ci est très laid. La tête en l’air, elle regardait, d’un sourire édenté, son brave compagnon Etouti, le corbeau blanc, qui planait, faisant le beau au-dessus d’elle, et croassait à s’en défaire le bec. Contemplative, elle marchait, béate, la tête levée, sans regarder où elle mettait ses grands pieds bouffis et velus.
Bien mal avisé, Croimoi, le crapaud qui ne coassait plus depuis plusieurs fois longtemps avait décidé de profiter du soleil au milieu du sentier. Bien mal l’en prit. Car la dernière chose que ses yeux globuleux aient pu voir fut la semelle crasseuse du sabot de sa maîtresse Starlatine.
Scrachtchebzzgrrzzzzz !
La sorcière s’arrêta net et leva le pied gauche… pour regarder sur quoi elle avait marché. Mais c’est de sous le pied droit que sortit une masse visqueuse brunâtre. Elle sauta en arrière et poussa un cri d’effroi, quand elle reconnut le corps éviscéré de son vieil ami Croimoi. Etouti, tout à son délire dans les airs, ne s’aperçut de rien.
C’est donc avec surprise et incrédulité qu’il se retrouva avec l’aile transpercée par le balai. Il eut vite fait de piquer du bec et, partant en vrille, il atterrit ainsi embroché en travers du puits.
Au-dessus du vide, au moins, il était au sec.
Bien sûr, il ne croassait plus de joie, mais de douleur… La sorcière effarée ramassa, comme elle put, avec sa vasque, les restes du pauvre Croimoi et les jeta de rage sur Etouti, encore tout étourdi de sa chute, qui ne comprenait toujours rien à ce qu’il s’était passé. Il vit déferler la dépouille de son colocataire qui se mit à flotter sur l’eau du puits. Peu de temps après, la sorcière tira sur son balai et l’aile du corbeau blanc se brisa…
A moitié sonné, il alla rejoindre les restes de Croimoi.
Starlatine brisa son balai et le jeta dans le puits. Ensuite, elle grommela un gargouillis inintelligible et lança une poignée de terre dans l’eau. Celle-ci se mit à bouillonner et à fumer. Une immonde masse boueuse se forma au-dessus de la surface. Sous les yeux de la sorcière, tout était emmêlé. Ici, un bec… là, une plume, des yeux, des pattes, des boyaux…
Alors, subitement, tout ce bouillon se mit à gonfler comme un vulgaire soufflet au fromage.
Et, lorsque le soleil fut à moitié derrière les collines avec les nuages, Starlatine vit se réaliser son sort. La boue prenait forme. Tout d’abord, une tête grosse et décrépite, avec des gros yeux globuleux, un nez en forme de bec, une bouche immonde, des lèvres atrophiées, lui barra le visage. Un gros cou, de larges bras et d’énormes cuisses de crapaud… Un troull. Oui, Starlatine ne rêvait pas. Elle avait enfin réalisé son désir de jeune sorcière. Un abominable troull… En sortant du puits, dans un grand spasme, il se secoua… Gluant d’horreur, éructant et grondant, il ouvrit les yeux… Face à lui, Starlatine, stupéfaite et décontenancée, utilisa sa vasque comme chapeau et recula de quelques pas… Lourdement, le troull s’approcha de sa créatrice… pas pour la manger, non ! mais pour l’embrasser fougueusement.
Et voilà que Starlatine se transforme en grenouille et se retrouve à coasser sous sa vasque. Et le troull… se transforme en … euh… Et après… euh, eh bien, je crois que je me suis réveillé… José Spéret (Le Grime était presque pas fait…)
Publié le Dimanche 02 mars 2008 à 18:11:38
Par Jo
Citation du jour "Un homme sans projet est l'ennemi du genre humain."
Rite magique
Imagine
Une image, nature morte, sur une mer bien vivante.
Souviens-toi
Un rivage, marée basse, une mère et son fils sous une tente.
Ecris-moi
Un message, sans rature, pour ne pas tourner la page.
Imagine
Un paysage, le souvenir heureux, des tourments du voyage.
N'oublie pas
Cette plage, ces vagues rivages, le souvenir n'a pas d'âge.
Je dois oublier quelque chose, suis-je bête ?
José Spéret ("Faire de vieux zoos", ouvrage à paraître)
Publié le Mercredi 20 février 2008 à 10:11:38
Par Jo
Citation du jour "Ami est quelquefois un mot vide de sens, ennemi jamais."
Ohé ! du bateau.
Ivre, le pêcheur délire comme un prêcheur.
Lisse, l'âme de l'eau va du mât aux mets.
L'effet mer tangue et brouille sa vue.
La houle, bercée par les alizés, le maintient éveillé.
Il dérive au pays des chimères et aperçoit, à l'horizon filant, les arêtes des six reines.
De rames en galères, sa vie de moussaillon n'est plus qu'une fine écume dans sa mémoire.
Matelot au ras des flots, il rêve d'être capitaine et de battre les baleines aux chants.
Vigie perchée en haut du mât, les pieds dans le vide, la tête dans les nuages, il hait tous les orages.
Il se bat, tôt et tard et son sang d'encre ne lâche pas les amarres.
Il ferme les yeux et imagine les fonds marins, les pires œuvres du plancton, des pieuvres et des poissons.
Pris dans les filets, il hausse le thon et, à coups d'espadon, taille les mailles du grillage.
Son réveil fut brutal. Il fut happé par les abysses, une pince de crabe entailla son gros orteil.
De vagues en vagues, de lames de fond en fond de larmes, il se noya dans sa douleur. José Spéret (Poésie et aphorismes)
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