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Addictologie sociale. "Pages ouvertes aux toxicomanes et à ceux qui les regardent"
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Publié le 30/04/2008 à 07:54
Par Docteur Gervaisot

Vous pouvez vous demander de quoi se mêle un addictologue à parler des pédophiles et de leurs victimes. La raison est simple: nous rencontrons beaucoup de victimes de violences chez les gros consommateurs de produits stupéfiants sédatifs (héroïne, alcool, cannabis, médicaments en doses de défonce, mais aussi obésité monstrueuse et anorexie). La pédophilie fait partie de ces violences.

C'est donc un problème important pour nous que la prévention de de type d'agression.

 

Toutes les tentatives de discussion autour du sujet tournent autour des mêmes solutions: peine de mort, castration, emprisonnement à vie. Ces solutions sont sujettes à caution car ayant montré leurs limites ou n'étant pas applicables. N'est jamais évoquée la solution qui consiste à prévenir ces violences, c'est à dire à dépister les personnes à risque accru de pédophilie. C'est une solution de plus, mais elle n'est pas de trop. Elle n'est absolument pas exploitée. Ce n'est pas la plus simple à mettre en place, les habitudes et les mentalités sont à changer.

 

Pour mieux comprendre, il suffit de se mettre en situation.. Imaginez votre grand fils de 16 ou 17 ans vous dire un jour:

"Papa, maman, je crois que je suis pédophile. S’il vous plait, faite quelque chose pour moi."

 

Vous l’interrogez: il n’a jamais que des attirances et des pulsions. Le rassurer en lui disant : «t’inquiète pas, ça va passer” relève de l'inconséquence. Vous n'allez pas non plus le cacher, l'enfermer ou le tuer.

Vous allez l'amener en gendarmerie. La gendarmerie, très honnêtement : mauvaise piste! Que voulez-vous qu’un gendarme fasse à un jeune homme qui n’a jamais fait de mal à personne, mais qui craint simplement être pédophile. La loi ne s’appliquera que quand le futur suspect sera passé à l’acte. Craindre d'être pédophile comme craindre de braquer une banque ou craindre d’assassiner son voisin n’est pas un délit.

 

Le fond du problème est que la pédophilie est tabou, comme tous les comportements déviants. Donc une situation comme celle que je viens de décrire est inimaginable tant pour les parents que pour l'adolescent et un comportement sexuel aberrant potentiel ne fera jamais l'objet d'aucune question directe dans une famille. Michel Fournirer est un exemple parmi tant d'autres. Pour reprendre ses propos, ses actes ne sont pas du domaine de la raison: cet homme a deux modes de vie, le mode de vie de tout monsieur tout le monde et un mode de vie asocial, grave, qu’il ne partage avec personne d’autre, et pour lequel il doit user de perversions pour pouvoir le mener. Ses pulsions ont pu s'assouvir car il a trouvé la femme qui les permettait et, moyennant la disparition de ses victimes, il a pu échapper longtemps à la justice des hommes. A l'époque de Michel Fourniret enfant, les actes qui lui sont reprochés et qu'il a reconnus pour partie, auraient été du registre de l'impensable pour ses proches.

 

Dépister les personnes à risque accru de pédophilie, c'est se poser très tôt le problème de la santé mentale d'un enfant ou d'un pré-adolescent sans arrière pensée sur ce que pourrait être son trouble mental. Il existe une constellation de troubles mentaux que l'on peut classer en grandes familles: névroses, psychoses, psychopathies. Il existe des enfants à risque accru, traumatisés ou déficients mentaux, ou ayant des parents très perturbés par leur passé, par leurs comportements ou par leurs relations. C'est là qu'il faut piocher, prévenir, mettre des limites et surveiller sans se poser le problème de la nature des méfaits très inconstants qu'aurait provoqué la non prise en charge. Ce qu'ils auraient pu devenir ne nous regarde pas.

 

Cette surveillance bienveillante est l’apanage de tout le monde, la prise en charge, délicate, est du ressort médical. La loi vient trop tard.

 

 

Publié le 12/04/2008 à 16:02
Par Docteur Gervaisot
Monsieur Bernard Sainz, surnommé docteur Mabuse bien qu'il ne soit pas médecin mais soigneur de "profession", vient d'être condamné à 18 mois de prison pour administration de produits dopants et exercice illégal de la médecine.
Les coureurs poursuivis ont bénéficié d'un non lieu, le dopage ne constituant pas un délit pénal.

    Lorsque l'on voit sur le tour de France le nombre de décès prématurés, autant dans les coureurs en activité que dans les anciens vainqueurs, on regrette que les poursuites pour "empoisonnement" n'accompagnent pas les deux motifs de condamnation sus cités. 18 mois de prison n'est un cher tribut à payer si monsieur Sainz s'est enrichi au détriment de la santé et de la survie d'autruit. Notez que pour nous médecins, la lutte contre le dopage n'est pas prioritairement un problème de tricherie, c'est avant tout le problème de la santé physique et mentale du sportif, à court terme comme à "long terme".

     Tant que les victimes du dopage ne porteront pas plainte pour "empoisonnement" contre leurs fournisseurs, il sera difficile de dissuader les fournisseurs d'abandonner ce trafic extrêmement lucratif. Encore faut-il que les sportifs et le grand public comprennent le sens de cette démarche, et que les grieffes de tricherie soient mis au second plan par rapport à l'aspect "santé".

  A savoir que d'un point de vue légal, sauf erreur de ma part, un procureur a parfaitement le droit de poursuivre pour empoisonnement un fournisseur, même contre l'avis de la victime ou de sa famille s'il est décédé.

Si vous souhaitez avoir une petite idée du nombres des victimes du dopage, un site bien documenté:

http://cyclisme-dopage.com
Publié le 10/04/2008 à 15:08
Par Docteur Gervaisot


Les troubles du comportements alimentaires font partie des comportements addictifs, qu'il s'agisse d'anorexie, de boulimie ou de l'association des deux. Une vie tournée de façon presque exclusive
autour de ces comportements, sous tend un trouble grave de la personnalité. On y retrouve une relation où en permanence satisfaction passagère et souffrance morale se côtoient.

Une commission parlementaire discute actuellement des mesures à prendre contre toutes les incitations à la privation alimentaire. Les milieux de la mode et le mannequinât en particulier sont visés.
Toute la population est sensible aux effets de mode. Les adolescents plus encore s'y projettent et suivent pour un temps ces critères de reconnaissance et d'intégration à des groupes. Cela leur donne une contenance qui participera à leur personnalité définitive.

Pour la plus grande partie des adolescents, le ménage se fait avec l'entrée dans la vie adulte: les circonstances, l'évolution de la mode et, quand c'est le cas, le caractère incompatible avec une vie équilibrée, font disparaître ces éléments de mode ou de reconnaissance. La ligne anorexique fait partie des éléments incompatibles avec une vie équilibrée.
D'autres personnes, des top modèles, feront un métier de leur maigreur et seront parfois obligées de s'en donner les moyens (cocaïne, amphétamines).
Une faible partie des adolescents a des troubles importants de la personnalité: troubles de la structuration mentale, de la personnalité, de l'image du corps. Les troubles comportementaux addictifs et plus particulièrement l'anorexie mentale vont leur permet de se donner l'illusion d'une structuration autour d'un comportement ou d'une image socialement reconnue : ne pas grossir , vouloir et parfois être mannequin. Cet équlibre précaire ne dure qu'un temps, les autres errances comportementales vont faire ou refaire surface: défonce, auto et hétéroagressivité, tentatives de suicide.

On peut certe légiférer de façon spécifique. Ses règles seront surtout utiles aux personnes n'ayant pas de troubles psychologiques ou psychiatriques sévères. En terme de mode, des repères plus physiologiques ne peuvent nuire à personne. La disparition des profils dépourvus de formes féminines ne frustrera sans doute que les milieux où sensualité rime avec homme. L'intérêt sera de faire disparaître une ambiguité autour de l'idéal physique et d'amener plus rapidement parents et jeunes adultes à s'inquiéter du pathologique.
Pour ceux souffrant de troubles de la personnalité, le repérage précoce, sans attendre les états de maigreur anorexique, les comportements auto ou hétéro agressif, reste de mise. Convaincre des parents qui poussent leur enfant à devenir top model que leur enfant ne va peut être pas bien dans sa tête, n'est pas gagné. Repérer les enfants battus ou violentés non plus, car la maigreur comme l'obésité majeure recrutent beaucoup parmi ces enfants. Là les parents responsables ne vont pas faire de zèle en terme de soins, et il est tellement facile de changer de medecin lorsqu'il devient trop critique.

En bref donc, le symptôme "anorexique" est souvent l'arbre qui cache la forêt (psychose, névrose, troubles de la personnalité sévère, violence). Il est important de montrer du doigt au public des déviances de la mode en rappelant que parfois l'adolescent exprime à travers son adhésion aux clichés médiatiques autre chose, qu'il ne faut pas se voiler la face et le prendre en charge le plus tôt possible, c'est à dire au moindre doute et non lorsque la maladie est avérée.


Publié le 08/04/2008 à 08:34
Par Docteur Gervaisot

PS: Le "geste" souvent rapporté sur la toile de porter sa main au nez n'a rien de spécifique.Je vois suffisamment de cocaïnomanes pour l'affirmer. Il n'est pas toujours identique. dans certaines circonstance, il correspond à un héritage de la trés petite enfance, "l'enfant " se cache derrière sa main. On le rencontre chez les personnes ayant une composante timide ou ayant une bêtise à cacher (hips!). Le "tic" est contraphobique et réflexe.
Chez le président, ce geste se produit  dans plusieurs circonstances:
-lorsqu'il semble trop content, il chercherait inconsciemment à cacher cet état d'âme,
-lorsqu'il est excité, c'est un geste de sédation,
-lorsqu'il veut se donner un temps pour élaborer une réponse,  le geste accorde une micro pause verbale. Durant ce temps, le président lit dans sa tête.
  A chaque fois, l'appendice nasal est touché, mais de façons différentes. Il en a conscience, il essaie de marquer ce geste en bougeant plus les bras, et dès que les bras bougent moins, le geste revient, on peut l'anticiper.

Si cette explication vous frustre dans vos certitudes, regardez autour de vous toutes les personnes qui ont ce geste de façon circonstancielle, sont-elles cocaïnomanes ? En les interrogeant un peu, vous allez apprendre qu'ils ont ou qu'ils ont eu des problèmes de rhinite chronique et que ce geste est associé effectivement à un tic de contrôle pour se rassurer ou cacher un hypothétique écoulement.





Alors poudre au nez pour stimuler monsieur le président ou poudre aux yeux pour stimuler monsieur "tout le monde"

Aprés tout, ce n'est qu'un avis d'expert.


Publié le 23/03/2008 à 20:49
Par Docteur Gervaisot
Plus le temps passe, plus on trouve d'addictions de tout (drogues, jeux d'argent, jeux vidéo, alimentation, sexe etc..). On prête même à certaines personnes des addictions qu'ils n'ont pas. Dés qu'une personne dérange un peu la vie familiale ou professionnelle, si elle titille un peu trop la souris, elle devient addicte à l'informatique et on lui suggère de se faire soigner.

Curieusement le principe de l'addiction à l'argent ne semble pas inspirer grand monde. Pourtant nous connaissons tous des personnes qui courent après l'argent au delà de l'utile ou du raisonnable. Combien d'individus ont suffisamment sur leurs comptes en banque pour assurer la subsistance grasse de 3 ou 4 générations derrière eux. Malgré cela ils courent toujours. J'ai connu une personne qui ne circulait que sur un vieux vélo: elle aurait pu se l'acheter en or massif ce vélo. Elle n'hésitait à faire 15 kilomètres pour aller chercher 10 kilos de patates parce qu'elles étaient moins chères de trois sous au kilo.
L'argent est sacrée, elle permet de vivre et de faire vivre d'autres personnes. Parler d'addiction à l'argent est un sacrilège, mais voila qui est fait: L'avare, un ouvrage paru grâce aux clartés d'un auteur qui se cache sous le pseudonyme de Molière, met en scène un personne remarquable, Harpagon. L'homme court après ce divin métal, l'empile dans une cassette, et entretient avec une relation intense, permanente, fusionnelle, exclusive et surtout douloureuse. Quel meilleur portrait pour définir un personnage addict!

"L'avare" dans toutes les bonnes librairies,
à lire absolument.





La première édition (1668) est déja épuisée, qu'on se le dise.



JPeG


Publié le 01/03/2008 à 08:21
Par Docteur Gervaisot



Une pétition, non pour juger les lois des autres mais pour demander à ce que les lois ne soient plus dissuasives pour les aveux de dopage, pour que d'autres sportifs prennent le pas derrière Marion Jones et que le nombre de victimes lié au dopage décroisse.

http://www.lapetition.com/sign1.cfm?numero=1487
Publié le 22/02/2008 à 09:01
Par Docteur Gervaisot

J'ai eu l'occasion d'intervenir il y a quelques années dans la section d'enseignement spécialisée d'un collège de la région (surnommée "section enfants sauvages" par les autres élèves). J'avais été surpris d'y trouver un amalgame divers dont des enfants avec un retard mental indiscutable, des enfant hyperactifs, des enfants au physique d'adulte, des enfants dont la personnalité se caractérisait par le mélange d'une maturité d'adulte dans certains domaines et d'une immaturité totale dans d'autres.
Tous ces enfants, mis dans le même bocal, engendraient un bouillon très coloré, sympathique et totalement ingérable. Pour l'anecdote, une sortie de leur choix avait été planifiée, ils avaient proposé "d'aller visiter leur prochaine maison": la maison d'arrêt! Tout cela n'est drôle qu'en bande dessinée, dans la réalité je croise en qualité de médecin de famille des professeurs qui doivent enseigner dans un tel "non" cadre, et des jeunes à qui l'État propose ce "bouillon" comme base de leur avenir.

Actuellement, je rencontre dans le cadre très différent des mesures alternatives aux peines de prison ou aux amendes, des adultes issus très souvent de ces sections d'enseignement spécialisé. On retrouve la même diversité que précédemment. Chacun a sa personnalité, beaucoup sont passés par les drogues sous toutes leurs formes. Tous, comme n'importe quel adulte, ont mûri avec l'âge, et, plus ils sont âgés, plus ils sont stabilisés, mais avec les stigmates des produits qu'ils ont consommés et des bêtises qu'ils ont pu faire



   



Une bonne partie a réussi de façon autodidacte et en dépit du "non cadre" mis en place pour les adolescents qu'ils étaient. Parmi eux on trouve des gens qui ont leur entreprise, des associatifs, des commerciaux, des râleurs et des personnes repliées, très abimées, et qui n'ont toujours trouvé quelqu'un à qui parler parce que leur enfance "horrible" aurait justifié d'un accompagnement psychologique qu'ils n'ont jamais soupçonné.
portrait robot d'un ex-enfant sauvage à un âge adulte tardif


Toutes les études montrent que les prises en charges psychologiques précoces atténuent les effets néfastes des violences et des traumatismes, et favorise la conversion des troubles anxieux en exutoires constructifs. La création fait partie de ces exutoires thérapeutiques et au final des forces vives des populations. Actuellement le choix des exutoires se fait de façon circonstancielle, sans aide ni soutien médical ou paramédical, on y trouve donc aussi des conversions violentes, asociales ou des replis. La violence est destructrice, le repli n’est pas créatif. Les moyens sociaux se résument à la marginalisation vers ce qui ne saurait être qualifié autrement que de «classe poubelle» pour ado et préado. , Les moyens thérapeutiques se résument les tranquillisants médicaux ou de la rue: ritaline, cannabis voire héroïne. Les autres alternatives plus constructives, prises en charge psychologiques, accompagnement, sont rares, héroïques et tardives. Toutes ces solutions font partie d’un schéma social stérile qui a cours dans beaucoup de sociétés: ces personnes ne sont pas aidées correctement, ni pris en charge de façon constructive, mais ils sont mis dans la bonne case. Pourquoi réfléchir plus?

Un point commun chez ses personnes, beaucoup d'amertume et de rancoeurs qui souvent les ont amenées au "stage citoyenneté", et la découverte étonnée d'un endroit où on parle d'eux et où on les fait s'exprimer comme on aurait dû le faire avant de les mettre dans la section "enfants sauvages".

   
Si l'on fait bassement le coût financier de ces "non prises en charge" d'adolescents, des dépressions d'enseignants, des délits et des frais de justice divers, des conséquences médicales de la consommation de drogues, de ce qu'ils auraient pu être plus tôt s'ils avaient été correctement accompagnés (par les parents et par l'école), on se dit que la France est un pays riche qui a les moyens de se payer une école laïque, une école privée et une tiers école.

Publié le 07/02/2008 à 09:33
Par Docteur Gervaisot

 La mésaventure allèguée de la société générale avec un de ses traders n'est pas sans rappeler un ancien scandale ayant secoué le monde des goldens boys aux USA: Le grand public découvrait avec stupéfaction que ces chevaliers de la bourse étaient aussi des consommateurs insatiables de cocaïne. Leurs moyens financiers rendaient le produit trés accessible, et le produit leur donnait la pêche qui permettait de travailler 24 heures sur 24 sur toutes les places boursières de la planète, sans dormir ou presque (buziness is buziness). 

                     Outre l'aspect médical et l'espérance de vie réduite par les accidents cardiovasculaires qui finalement ne concernent que ces gens et les proches qui en feront le deuil, se pose le problème de la mégalomalie liée aux produits consommés. En effet, quand vous avez plus ou moins directement sous votre responsabilité les économies des personnes mille fois moins aisées que vous, et qui comptent sur celà pour assurer tout ou partie de leur retraite, si vous êtes psychorigide du fait de l'usage de produits qui n'ont jamais rendu personne plus intelligent qu'il n'était à la base, vous serez enclin à persister dans des placements boursiers là où aucun personne sensée n'aurait persévé.
Espérons pour nos économies que la médecine du travail recherche les "speeds" chez ces braves gens et les met en inaptitude professionnelle si elle en détecte, car en terme de risque pour soit même et pour les autres, il n'y a pas pire qu'un imbécile pragmatique.
Publié le 02/01/2008 à 21:48
Par Docteur Gervaisot
 Le tabac ou plus exactement la nicotine est une drogue sociale. On l'utilise parce que c'est agréable, parce que ça réveille un peu, parce que ça occupe les doigts, ça donne une contenance, parce que parfois inconsciemment on ne se représente que sous tabac. C'est un beau produit à dépendance.
Comme c'est un petit "speed", il engendre une discrète hypertrophie du moi, et le consommateur garde longtemps la conviction de pouvoir s'arrêter quand on veut.

Tout le monde n'est pas décidé à arrêter la nicotine.Pour arrêter, il faut déjà être motivé. Il faut repèrer les motifs profonds de l'usage, il n'y en a jamais un seul, on vient de les citer, et il faut prendre un petit de distance avec, ou trouver des pis-aller si on veut s'en sortir. Ainsi pour la cigarette du matin, celle qui réveille, on va prendre un peu plus de café ou se coucher plus tôt (facile à dire..)
Quant aux médicaments et méthodes pour arrêter, il ne faut pas compter sur le médicament miracle qui épargnera de faire l'effort de résister aux besoins, pulsions et tentations, il n'existe pas. En outre aucune molécule sérieuse n'a montré plus d'efficacité qu'une autre, certaines font simplement plus de publicité. La motivation pour un produit est plus déterminante dans le sevrage que le produit lui-même, néanmoins le produit lui-même est toujours mieux que rien.

Une fois tout cela compris, une fois ces démarches faites dans votre tête et bien intégrées,une fois quelques échecs et errances assumées, il ne faudra pas faire partie des malchanceux qui, en dépit d'une excellente motivation, feront une dépression de sevrage, ils représentent tout de même un tiers des fumeurs si l'on en croit les statistiques.

Bref tout le monde ne va pas vouloir ou pouvoir arrêter de fumer ce premier janvier 2008, on ne sacrifie pas tous ses petits plaisirs au nom de la loi, et, du moment où l'on reste dans le raisonnable, heureusement!

Alors pour ceux qui vont souffrir de l'opprobre publique, les laboratoires pharmaceutiques ont déja pensé à quelques trucs pas gratuit bien sûr, qui permettront de passer de façon plus sereine les plages horaires difficiles. Retenir d'abord que comme la cigarette, les gommes nicotiniques agissent peu de temps, une demi heure. elles sont donc largement insuffisantes pour un voyage en avion et peu pratiques à machouiller au restaurant entre l'entrée et le plat de résistance. Le pain à la nicotine n'existant pas encore, il n'y a pas d'autre solution que de se mettre un patch une heure avant un repas ou un évènement un peu prolongé. Il ne faut pas oublier de le retirer aprés. C'est une alternative aux allers-retours pour fumer dehors, comportement mal vu en réunion de travail et peu raisonnable en avion ou en TGV. Les gommes nicotiniques seront suffisantes pour métros et bus.
Pour les réunions de travail, une alternative intéressante à la nicotine, c'est la réunion instructive et non stressante, elle a l'avantage de ne pas être soporifique et de ne pas engendrer le besoin de se faire un petit plaisir "de consolation", le besoin de nicotine s'y fait oublier. Ce type de réunion n'est pas encore dans les traditions françaises, mais serait à développer.
Pour les travaux minutieux qui exigent beaucoup d'attention, l'apport nicotinique de la gomme peut être très utile. En outre, il libère les mains, avantage fondamental qui pourrait être une motivation supplémentaire pour remplacer la cigarette par ces substituts lors de ces activités..

Encore deux remarques:
- Les substituts nicotiniques n'existent pas qu'en patchs et en gommes mais aussi en comprimés sous forme de molécules agissant comme la nicotine sur les récepteurs nicotiniques.Si la démarche de les proposer dans ce contexte n'existe pas encore, ne rêvons pas, le créneau sera vite occupé. Ce sera à minima implicitement proposé; A savoir une couverture d'une dizaine d'heures. Ces produits qui coûtent deux fois plus chers que la nicotine en patch sont très pratiques chez les gens poilus ou allergiques à la colle des patchs.
- Enfin on constate souvent beaucoup de surdosages avec ces produits, certaines personnes surestiment leur consommation de nicotine. Ils arrêtent les substituts prématurément ou consultent en urgence pour palpitations, énervements, démangeaisons et parfois bouffées de chaleur: cela s'appelle un surdosage en nicotine. Dans ce cas, le plus simple en cas d'usage de patch est de le couper en deux sans tenir compte des réserves mis dans le mode d'emploi (ne pas couper le patch). Un patch fait deux jours et c'est tout bénéf! Remettre un patch déjà utilisé quelques heures peut poser un problème de sous dosage, mais le sous dosage en nicotine n'a jamais tué personne.

Pour terminer, on pourra toujours se procurer un "snus" ou un "lösnus" en Suéde ou Norvège. C'est du tabac en sachet que l'on se met sous la lèvre supérieure. Cette pratique s'est développée aprés l'interdiction de fumer dans les lieux publique en 2005.
 

Publié le 02/01/2008 à 15:26
Par Docteur Gervaisot
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