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Publié le 27/06/2008 à 20:28
Par Docteur Gervaisot
Un de mes patients qui travaille comme intermittent dans le milieu du spectacle, me racontait son expérience toute récente avec la cocaïne. Il s'agissait d'une expérience unique, sans intérêt pour lui même, et qu'il n'avait pas spécialement envie de répéter. Le contexte par contre lui avait été beaucoup plus instructif. Ce brave monsieur m'a raconté les faits un peu cela: « Je reviens d'un tournage de plusieurs semaines où on a bossé 24 heures sur 24 ou presque. On n'avait pas le choix, il fallait boucler le film dans les délais, et de toute façon, on n'a pas trop de tournages, il nous faut nos heures si on ne veut se retrouver au chômage sans ASSEDIC »
Je précise que cette personne est une personne courageuse, responsable, qui a une famille à charge et qui n'abuse pas du système. Elle fait parfois du bénévolat pour aider de nouveaux metteurs en scène à se faire un nom, pour plus tard éventuellement l'employer préférentiellement.
Laissons le raconter la suite:
« On a bossé comme des malades. Il y avait de la cocaïne partout sur le tournage. L'ambiance était survoltée. Un de mes collègues qui jusqu'à l'année dernière tournait au cannabis, s'était mis à la cocaïne. Je ne le reconnaissais pas. Il était insupportable. Une collaboratrice de longue date a dit qu'elle ne travaillerait plus jamais avec lui.
J'ai tenu comme ça pendant une dizaine de jours puis j'ai fini par accepter un rail pour goûter. Ça m'a filé la pêche toute l'après midi, j'ai travaillé comme un dieu, mais bof! Je ne recommencerai pas ». Mon patient était d'autant moins dupe de ce cadeau empoisonné que nous avions déjà discuté de la place et du rôle des stupéfiants dans le « show bisness ». Il avait regardé ce tournage de façon très critique et le fonctionnement pervers du système lui semblait maintenant une évidence.
On n'a rien inventé en occident: sur les hauts plateaux d'Amérique du sud, les paysans mâchent depuis des générations de la feuille de coca pour tenir physiquement et ne pas ressentir la faim. Ça leur est souvent fourni par l'exploitant et fait partie du salaire. Dans ces pays, il n'y a ni inspection du travail pour contrôler la durée journalière du temps de travail, ni médecine du travail pour contrôler l'état de santé des travailleurs et les éventuels usages de produits dangereux. Étrangement, sur les hauts plateaux de tournage, en France, la situation est assez similaire, les produits sont simplement multiples: cocaïne pour les excités et les mégalos, cannabis ou alcool pour ceux qui ne les supportent plus.
Publié le 09/06/2008 à 22:26
Par Docteur Gervaisot
Ahmed est français, il est né en France, il a toujours vécu en France, il se sent et se revendique français et fier de l‘être. Formidable direz-vous mais pourquoi en parler. Parce que notre ami a une relation très paradoxale avec sa mère patrie. Il a un gros casier judiciaire constitué de cambriolages et de consommations de stupéfiants, l’un ne va pas sans l’autre. Ahmed est ou plus exactement était défoncé toute la journée. Au prix du gramme d’héroïne, ce n’est pas le simple petit trafic de stupéfiants qui pouvait le ravitailler et lui éviter les états de manque. Bref sa vie se résume à une enfance sans originalité et dix ou quinze ans de galères alternant entre défonce, états de manque, prison, vie de SDF et tentatives de réinsertion. Tout cela ne l‘a jamais empêché de répondre présent lors des grands évènements familiaux.
Depuis un à deux ans, Ahmed va mieux. Sa vie est un va et vient entre l’Algérie en famille, et la France dans la rue ou en prison. Des jugements sur des faits qui datent maintenant de quelques années, et qui le rattrapent les uns après les autres, viennent lui apporter un toit occasionnel. Comme tout va de paire, Ahmed s’et mis à parler d’un passé lointain qu’il n’a pas connu, mais que ses proches lui ont distillé tout au long de sa vie. Et on comprend mieux. Dans ses aïeux il trouve quelques harkis et quelques fellagas. Pour information, le mot « harki » qui signifiait mouvement, a en Algérie un sens péjoratif: « traître ». Le mot « fellaga » signifie « bandit de grand chemin » . Difficile d’y trouver son aise. Au cours des dernières consultations, il me rapporte des histoires de guerre, sordides, qui auraient touché sa famille. Nous en parlons en terme de résistance, de torture, de choix pour le bien être de la famille, autant de formulations importantes qu’il comprend, qui correspondent à sa culture française et à l’histoire algérienne de sa famille. Son identité française y retrouve ses racines, confuses mais cohérentes. Harkis ou fellagas, un jour ou l’autre, ses aïeux ont tous émigré en France, pour vivre mieux. Ahmed est bien français, par sa vie comme par ses racines.
Aujourd’hui, Ahmed a décidé de s'installer en Algérie, pour vivre mieux. Il n’est pas le seul français à avoir décidé de faire sa vie en Algérie. Il a ouvert un petit commerce et ça marche. La bas, il ne prend plus aucun produit. Il revient très souvent en France pour voir sa famille. Il sait qu’un jour il sera arrêté à la douane française pour une peine résiduelle de quelques semaines. Il prend cela avec philosophie, « j’ai une dette envers la société, il est normal que je la paye ». Sur ce point, je ne suis pas d’accord avec lui, qu’il ait des dettes envers les personnes qu’il a cambriolées, cela ne fait aucun doute, ce n’est pas lui qui le niera, mais qu’il ait une dette envers la société, dans son cas, la formule n’a aucun sens.
La dernière fois qu’il est revenu, il m’a ramené des dattes. Je n’étais pas là. Il les a confiées à mon associé qui les a mangées. C’est pas bien mais ça n’est pas grave, c’est même dans le contexte plutôt amusant.
J’ai réussi à convaincre Ahmed d’écrire au juge d’application des peines pour lui dire qu’il va bien, qu’il travaille à son compte en Algérie, qu’il ne cambriole plus personne, qu’il ne se défonce plus là bas, qu’il assumera sa peine parce que c’est normal, et parce qu’il est français, et qu’il ne peut pas s’empêcher de revenir régulièrement dans son pays natal.
Publié le 17/05/2008 à 22:12
Par Docteur Gervaisot
Actuellement, la théorie du plaisir et de la satisfaction sur laquelle se fondent certaines prises en charge (et prescriptions sauvages) d'usagers de drogues, se base sur le système dopaminergique qui, stimulé par les drogues psychotropes donnerait à la fois du plaisir et une pulsion à reconsommer. Etrangement cette théorie reprend le schéma géographique largement critiqué du cerveau où chaque fonction a un site, ce qui va à l'encontre de la notion de plasticité cérébrale. Les conséquences de l'application de cette théorie sont la constatation que quelques confrères prescrivent de bonne foi mais hors autorisation de mise sur le marché de la buprénorphine (Subutex*) et de méthadone chez des usagers de cannabis ou de cocaïne. Inutile de dire que, outre le fait que cela ne rend aucun service, il faut ensuite sevrer des personnes d'un produit auquel elles n'avaient aucune raison d'être un jour dépendantes. Le raisonnement de ces médecins était pourtant simple: ces produits "fonctionnent" sur le système de plaisir sus décrit, donc sur toutes les drogues. Logique en apparence.En réalité, la substitution, valable pour les opiacés et dérivés, ne l'est pas pour les autres produits. Le schéma neurophysiologique s'applique très mal à ces derniers, encore moins les produits de substitutions dit "agonistes des récepteurs à endorphines". Aujourd'hui tous les spécialistes sont d'accord pour dire que la physiopathologique du plaisir, telle qu'on la conçoit actuellement, n'explique pas le fonctionnement du cannabis, mais aussi des jeux vidéo et de bien d'autres addictions.Bref la sérotonine est maintenant considérée comme une mono amine intervenant dans le plaisir. L'adrénaline interviendrait dans le plaisir mais aussi dans le déplaisir (stress), La théorie dopaminergique bat plus que jamais de l'aile, mais cela n'empêche ni certaines prescriptions désespérées, ni les laboratoires médicaux de justifier la prescription de psychotropes divers par leurs effets sur toutes ces monoamines, sans cela ne réponde à aucun schéma neurophysiologique. Le niveau de preuve est le même que pour le célèbre fût du canon de feu Fernand Raynaud: "un certain temps". Et nous sommes de bons soldats. Lorsque l'on est médecin généraliste, on voit des quantités de choses que les spécialistes ne voient pas parce qu'on est en amont des phénomènes pathologiques, on en voit la genèse. Avec un peu d'obstination, on peut avant tout le monde se poser quelques questions sur la véracité de certaines théories physiopathologiques, et parfois y amener d'hypothétiques réponses. Une possible réponse au problème de la neurophysiologie des psychotropes existent depuis environ 5 ans sur stéthonet: http://www.stethonet.org/cervo/index.htm. Elle a l'avantage d'être beaucoup plus cohérente et de permettre un raisonnement clinique lors des prises en charge des usagers de psychotropes licites ou illicites, et dans le suivi de l'évolution de la nature de leur appétence aux drogues (héroïne vers cocaïne ou cannabis vers alcool). Ce travail est un peu long à lire car il reprend tout le fonctionnement du système nerveux central avec une relecture critique de médecin généraliste, et une application aux phénomènes physiologiques et pré pathologiques. Je peux le résumer ainsi en ce qui concerne l'action des monoamines: La sensation de plaisir comme la sensation de douleurs est générée par le cortex cérébral et n'intéresse pour un plaisir ou une douleur donnée que les neurones concernés par le stimulus. On peut donc avoir des sensations intriquées de plaisir et de douleurs puisque plusieurs zones peuvent être simultanément sollicitées. Ces neurones sont soumis aux stimuli des monoamines précitées. Chacune des monoamines ayant ces spécificités, Elles seront plus ou moins excitantes sur l’individu, associées à un état plus ou moins conscient (+/ adrénaline/ dopamine/ sérotonine/ acétylcholine/ -). Les monoamines les plus excitantes engendreront une activité motrice consciente plus ou moins importante (+/ adrénaline/ dopamine/ -). L'impression de souffrance physique ou psychique, de désagrément, ou de besoin apparaîtra avec la sollicitation (hyperpolarisation) plus ou moins intense des neurones du cortex (+/ glutamate/ adrénaline/ dopamine/ sérotonine -). L'apparition du plaisir sera contemporaine de la résolution de cette sollicitation (réponse motrice ou rationalisation intellectuelle). Plus l'intensité de la stimulation initiale sera importante et résolutive, plus le plaisir sera intense, laissant une impression de "variété de la sensation". Ainsi la cocaïne n'apportera pas le même plaisir que l'héroïne (cocaïne:orgasme mental chez les gens bien dans leur tête/ héroïne: bien être infini chez les gens en état de mal être). En cas de vie douloureuse, la cocaïne sera même évitée par le consommateur de psychotropes car désagréable et stressante. Les produits agissant comme inhibiteurs (cannabinoïdes), ou modulateurs (gabaergiques) de certaines monoamines, auront des effets totalement différents et paradoxaux d'un usager à l'autre. L'effet sera fonction de la prédominance corticale de l’action de telle ou telle monoamine chez un sujet donné. Ainsi une personne stressée trouvera du plaisir à prendre du cannabis pour se calmer, le produit inhibant entre autre l'activité adrénergique, cela ne l'empêchera pas de réfléchir mais elle sera moins active. Cette même personne, si elle prend de l'alcool ou des benzodiazépines qui sont des modulateurs à dose modérée (effets gabaergiques), pourra soit être calmée, soit passer à un registre plus excité ou plus violent du fait de la levée d'inhibitions. Tout cela est explicité de façon plus fine dans le chapitre neurobiologique de "pages ouvertes aux toxicomanes et à ceux qui les regardent" et répond aux constatations cliniques. A l'occasion d'une réunion sur les addictions aux jeux, une amie addictologue me faisait part de l'insuffisance de la théorie dopaminergique pour expliquer nos constatations cliniques. On avait évoqué précédemment le problème des prescriptions sauvages. Je lui rappelais le document que je lui avais fait parvenir six mois auparavant et qui détaillait cette hypothèse alternative. Sa réponse a été : " Je ne l'ai pas encore ouvert, la neurobiologie à lire c'est pas simple". Effectivement, la neurobiologie à lire, c'est pas simple surtout lorsque rien ou presque ne la rattache à la réalité pour cause d'insuffisance de cohérence. Deux anecdotes et quelques rappels tout de même qui devrait faire réfléchir: Lorsque j'étais étudiant,deux professeurs de physiologie avaient réuni quelques étudiants du fait des mauvais résultats de TD. Après que les représentants d'étudiants aient obtenu quelques de cours en plus, j'ai fini par dire que cela ne servait à rien de rajouter des heures: les cours n'étaient pas clairs. La suite m'a été douloureuse.. Depuis un certain nombre des théories qu'ils nous inculquaient sont tombées en désuétude. Deux années plus tard, en début de stage, un professeur nous a demandé ce que nous voulions devenir. J'ai été le seul à répondre médecin généraliste. Convocation au bureau du professeur où je me suis fait incendié: "vouloir être médecin généraliste, c'est être irresponsable" La suite du stage a été douloureuse au point que les autres externes ont fini par intervenir et prendre ma défense contre un interne et un chef de service trop zélés. Quelques rappels: L'homéopathie est très critiquée. Si on met de côté le problème des dilutions et que l'on ne s'intéresse qu'à l'observation clinique qui est vraiment de l'observation de MG, on trouve des choses très intéressantes. Les théories de Vanier sur les morphotypes et les facteurs de risque cardio-vasculaires en sont l'exemple type. Elles datent d'avant la guerre de 40. Elles faisaient hurler de rire les allopathes. C'est pourtant ce que l'on nous enseigne mot pour mot maintenant à la fac. Des exemples comme cela, il y en a probablement des centaines, la découverte de la pénicilline par un médecin Français le docteur Duchesne en 1897 en fait partie comme l'histoire de Semmelweis et de la fièvre puerpérale. Le problème est d'oser, oser dire en qualité de MG que telle ou telle théorie ne tient pas la route, que tel traitement trés onéreux a un service rendu médiocre(anticholinestèrases par exemple). Mais où et à quelle tribune, certainement pas l'hôpital ou l'université: chasse gardée, reste internet.
Publié le 30/04/2008 à 07:54
Par Docteur Gervaisot
Vous pouvez vous demander de quoi se mêle un addictologue à parler des pédophiles et de leurs victimes. La raison est simple: nous rencontrons beaucoup de victimes de violences chez les gros consommateurs de produits stupéfiants sédatifs (héroïne, alcool, cannabis, médicaments en doses de défonce, mais aussi obésité monstrueuse et anorexie). La pédophilie fait partie de ces violences.
C'est donc un problème important pour nous que la prévention de de type d'agression. Toutes les tentatives de discussion autour du sujet tournent autour des mêmes solutions: peine de mort, castration, emprisonnement à vie. Ces solutions sont sujettes à caution car ayant montré leurs limites ou n'étant pas applicables. N'est jamais évoquée la solution qui consiste à prévenir ces violences, c'est à dire à dépister les personnes à risque accru de pédophilie. C'est une solution de plus, mais elle n'est pas de trop. Elle n'est absolument pas exploitée. Ce n'est pas la plus simple à mettre en place, les habitudes et les mentalités sont à changer. Pour mieux comprendre, il suffit de se mettre en situation.. Imaginez votre grand fils de 16 ou 17 ans vous dire un jour: "Papa, maman, je crois que je suis pédophile. S’il vous plait, faite quelque chose pour moi." Vous l’interrogez: il n’a jamais que des attirances et des pulsions. Le rassurer en lui disant : «t’inquiète pas, ça va passer” relève de l'inconséquence. Vous n'allez pas non plus le cacher, l'enfermer ou le tuer. Vous allez l'amener en gendarmerie. La gendarmerie, très honnêtement : mauvaise piste! Que voulez-vous qu’un gendarme fasse à un jeune homme qui n’a jamais fait de mal à personne, mais qui craint simplement être pédophile. La loi ne s’appliquera que quand le futur suspect sera passé à l’acte. Craindre d'être pédophile comme craindre de braquer une banque ou craindre d’assassiner son voisin n’est pas un délit. Le fond du problème est que la pédophilie est tabou, comme tous les comportements déviants. Donc une situation comme celle que je viens de décrire est inimaginable tant pour les parents que pour l'adolescent et un comportement sexuel aberrant potentiel ne fera jamais l'objet d'aucune question directe dans une famille. Michel Fournirer est un exemple parmi tant d'autres. Pour reprendre ses propos, ses actes ne sont pas du domaine de la raison: cet homme a deux modes de vie, le mode de vie de tout monsieur tout le monde et un mode de vie asocial, grave, qu’il ne partage avec personne d’autre, et pour lequel il doit user de perversions pour pouvoir le mener. Ses pulsions ont pu s'assouvir car il a trouvé la femme qui les permettait et, moyennant la disparition de ses victimes, il a pu échapper longtemps à la justice des hommes. A l'époque de Michel Fourniret enfant, les actes qui lui sont reprochés et qu'il a reconnus pour partie, auraient été du registre de l'impensable pour ses proches. Dépister les personnes à risque accru de pédophilie, c'est se poser très tôt le problème de la santé mentale d'un enfant ou d'un pré-adolescent sans arrière pensée sur ce que pourrait être son trouble mental. Il existe une constellation de troubles mentaux que l'on peut classer en grandes familles: névroses, psychoses, psychopathies. Il existe des enfants à risque accru, traumatisés ou déficients mentaux, ou ayant des parents très perturbés par leur passé, par leurs comportements ou par leurs relations. C'est là qu'il faut piocher, prévenir, mettre des limites et surveiller sans se poser le problème de la nature des méfaits très inconstants qu'aurait provoqué la non prise en charge. Ce qu'ils auraient pu devenir ne nous regarde pas.  Cette surveillance bienveillante est l’apanage de tout le monde, la prise en charge, délicate, est du ressort médical. La loi vient trop tard.
Publié le 12/04/2008 à 16:02
Par Docteur Gervaisot
Monsieur Bernard Sainz, surnommé docteur Mabuse bien qu'il ne soit pas médecin mais soigneur de "profession", vient d'être condamné à 18 mois de prison pour administration de produits dopants et exercice illégal de la médecine. Les coureurs poursuivis ont bénéficié d'un non lieu, le dopage ne constituant pas un délit pénal.
Lorsque l'on voit sur le tour de France le nombre de décès prématurés, autant dans les coureurs en activité que dans les anciens vainqueurs, on regrette que les poursuites pour "empoisonnement" n'accompagnent pas les deux motifs de condamnation sus cités. 18 mois de prison n'est un cher tribut à payer si monsieur Sainz s'est enrichi au détriment de la santé et de la survie d'autruit. Notez que pour nous médecins, la lutte contre le dopage n'est pas prioritairement un problème de tricherie, c'est avant tout le problème de la santé physique et mentale du sportif, à court terme comme à "long terme".
Tant que les victimes du dopage ne porteront pas plainte pour "empoisonnement" contre leurs fournisseurs, il sera difficile de dissuader les fournisseurs d'abandonner ce trafic extrêmement lucratif. Encore faut-il que les sportifs et le grand public comprennent le sens de cette démarche, et que les grieffes de tricherie soient mis au second plan par rapport à l'aspect "santé".
A savoir que d'un point de vue légal, sauf erreur de ma part, un procureur a parfaitement le droit de poursuivre pour empoisonnement un fournisseur, même contre l'avis de la victime ou de sa famille s'il est décédé.
Si vous souhaitez avoir une petite idée du nombres des victimes du dopage, un site bien documenté:
http://cyclisme-dopage.com
Publié le 10/04/2008 à 15:08
Par Docteur Gervaisot
 Les troubles du comportements alimentaires font partie des comportements addictifs, qu'il s'agisse d'anorexie, de boulimie ou de l'association des deux. Une vie tournée de façon presque exclusive autour de ces comportements, sous tend un trouble grave de la personnalité. On y retrouve une relation où en permanence satisfaction passagère et souffrance morale se côtoient. Une commission parlementaire discute actuellement des mesures à prendre contre toutes les incitations à la privation alimentaire. Les milieux de la mode et le mannequinât en particulier sont visés. Toute la population est sensible aux effets de mode. Les adolescents plus encore s'y projettent et suivent pour un temps ces critères de reconnaissance et d'intégration à des groupes. Cela leur donne une contenance qui participera à leur personnalité définitive. Pour la plus grande partie des adolescents, le ménage se fait avec l'entrée dans la vie adulte: les circonstances, l'évolution de la mode et, quand c'est le cas, le caractère incompatible avec une vie équilibrée, font disparaître ces éléments de mode ou de reconnaissance. La ligne anorexique fait partie des éléments incompatibles avec une vie équilibrée. D'autres personnes, des top modèles, feront un métier de leur maigreur et seront parfois obligées de s'en donner les moyens (cocaïne, amphétamines). Une faible partie des adolescents a des troubles importants de la personnalité: troubles de la structuration mentale, de la personnalité, de l'image du corps. Les troubles comportementaux addictifs et plus particulièrement l'anorexie mentale vont leur permet de se donner l'illusion d'une structuration autour d'un comportement ou d'une image socialement reconnue : ne pas grossir , vouloir et parfois être mannequin. Cet équlibre précaire ne dure qu'un temps, les autres errances comportementales vont faire ou refaire surface: défonce, auto et hétéroagressivité, tentatives de suicide. On peut certe légiférer de façon spécifique. Ses règles seront surtout utiles aux personnes n'ayant pas de troubles psychologiques ou psychiatriques sévères. En terme de mode, des repères plus physiologiques ne peuvent nuire à personne. La disparition des profils dépourvus de formes féminines ne frustrera sans doute que les milieux où sensualité rime avec homme. L'intérêt sera de faire disparaître une ambiguité autour de l'idéal physique et d'amener plus rapidement parents et jeunes adultes à s'inquiéter du pathologique. Pour ceux souffrant de troubles de la personnalité, le repérage précoce, sans attendre les états de maigreur anorexique, les comportements auto ou hétéro agressif, reste de mise. Convaincre des parents qui poussent leur enfant à devenir top model que leur enfant ne va peut être pas bien dans sa tête, n'est pas gagné. Repérer les enfants battus ou violentés non plus, car la maigreur comme l'obésité majeure recrutent beaucoup parmi ces enfants. Là les parents responsables ne vont pas faire de zèle en terme de soins, et il est tellement facile de changer de medecin lorsqu'il devient trop critique. En bref donc, le symptôme "anorexique" est souvent l'arbre qui cache la forêt (psychose, névrose, troubles de la personnalité sévère, violence). Il est important de montrer du doigt au public des déviances de la mode en rappelant que parfois l'adolescent exprime à travers son adhésion aux clichés médiatiques autre chose, qu'il ne faut pas se voiler la face et le prendre en charge le plus tôt possible, c'est à dire au moindre doute et non lorsque la maladie est avérée.
Publié le 08/04/2008 à 08:34
Par Docteur Gervaisot
  PS: Le "geste" souvent rapporté sur la toile de porter sa main au nez n'a rien de spécifique.Je vois suffisamment de cocaïnomanes pour l'affirmer. Il n'est pas toujours identique. dans certaines circonstance, il correspond à un héritage de la trés petite enfance, "l'enfant " se cache derrière sa main. On le rencontre chez les personnes ayant une composante timide ou ayant une bêtise à cacher (hips!). Le "tic" est contraphobique et réflexe. Chez le président, ce geste se produit dans plusieurs circonstances: -lorsqu'il semble trop content, il chercherait inconsciemment à cacher cet état d'âme, -lorsqu'il est excité, c'est un geste de sédation, -lorsqu'il veut se donner un temps pour élaborer une réponse, le geste accorde une micro pause verbale. Durant ce temps, le président lit dans sa tête. A chaque fois, l'appendice nasal est touché, mais de façons différentes. Il en a conscience, il essaie de marquer ce geste en bougeant plus les bras, et dès que les bras bougent moins, le geste revient, on peut l'anticiper.
Si cette explication vous frustre dans vos certitudes, regardez autour de vous toutes les personnes qui ont ce geste de façon circonstancielle, sont-elles cocaïnomanes ? En les interrogeant un peu, vous allez apprendre qu'ils ont ou qu'ils ont eu des problèmes de rhinite chronique et que ce geste est associé effectivement à un tic de contrôle pour se rassurer ou cacher un hypothétique écoulement.

Alors poudre au nez pour stimuler monsieur le président ou poudre aux yeux pour stimuler monsieur "tout le monde"
Aprés tout, ce n'est qu'un avis d'expert.
Publié le 23/03/2008 à 20:49
Par Docteur Gervaisot
Plus le temps passe, plus on trouve d'addictions de tout (drogues, jeux d'argent, jeux vidéo, alimentation, sexe etc..). On prête même à certaines personnes des addictions qu'ils n'ont pas. Dés qu'une personne dérange un peu la vie familiale ou professionnelle, si elle titille un peu trop la souris, elle devient addicte à l'informatique et on lui suggère de se faire soigner. Curieusement le principe de l'addiction à l'argent ne semble pas inspirer grand monde. Pourtant nous connaissons tous des personnes qui courent après l'argent au delà de l'utile ou du raisonnable. Combien d'individus ont suffisamment sur leurs comptes en banque pour assurer la subsistance grasse de 3 ou 4 générations derrière eux. Malgré cela ils courent toujours. J'ai connu une personne qui ne circulait que sur un vieux vélo: elle aurait pu se l'acheter en or massif ce vélo. Elle n'hésitait à faire 15 kilomètres pour aller chercher 10 kilos de patates parce qu'elles étaient moins chères de trois sous au kilo. L'argent est sacrée, elle permet de vivre et de faire vivre d'autres personnes. Parler d'addiction à l'argent est un sacrilège, mais voila qui est fait: L'avare, un ouvrage paru grâce aux clartés d'un auteur qui se cache sous le pseudonyme de Molière, met en scène un personne remarquable, Harpagon. L'homme court après ce divin métal, l'empile dans une cassette, et entretient avec une relation intense, permanente, fusionnelle, exclusive et surtout douloureuse. Quel meilleur portrait pour définir un personnage addict! | "L'avare" dans toutes les bonnes librairies, à lire absolument.
La première édition (1668) est déja épuisée, qu'on se le dise. |
JPeG
Publié le 01/03/2008 à 08:21
Par Docteur Gervaisot
 Une pétition, non pour juger les lois des autres mais pour demander à ce que les lois ne soient plus dissuasives pour les aveux de dopage, pour que d'autres sportifs prennent le pas derrière Marion Jones et que le nombre de victimes lié au dopage décroisse. http://www.lapetition.com/sign1.cfm?numero=1487
Publié le 22/02/2008 à 09:01
Par Docteur Gervaisot
J'ai eu l'occasion d'intervenir il y a quelques années dans la section d'enseignement spécialisée d'un collège de la région (surnommée "section enfants sauvages" par les autres élèves). J'avais été surpris d'y trouver un amalgame divers dont des enfants avec un retard mental indiscutable, des enfant hyperactifs, des enfants au physique d'adulte, des enfants dont la personnalité se caractérisait par le mélange d'une maturité d'adulte dans certains domaines et d'une immaturité totale dans d'autres. Tous ces enfants, mis dans le même bocal, engendraient un bouillon très coloré, sympathique et totalement ingérable. Pour l'anecdote, une sortie de leur choix avait été planifiée, ils avaient proposé "d'aller visiter leur prochaine maison": la maison d'arrêt! Tout cela n'est drôle qu'en bande dessinée, dans la réalité je croise en qualité de médecin de famille des professeurs qui doivent enseigner dans un tel "non" cadre, et des jeunes à qui l'État propose ce "bouillon" comme base de leur avenir.
Actuellement, je rencontre dans le cadre très différent des mesures alternatives aux peines de prison ou aux amendes, des adultes issus très souvent de ces sections d'enseignement spécialisé. On retrouve la même diversité que précédemment. Chacun a sa personnalité, beaucoup sont passés par les drogues sous toutes leurs formes. Tous, comme n'importe quel adulte, ont mûri avec l'âge, et, plus ils sont âgés, plus ils sont stabilisés, mais avec les stigmates des produits qu'ils ont consommés et des bêtises qu'ils ont pu faire
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Une bonne partie a réussi de façon autodidacte et en dépit du "non cadre" mis en place pour les adolescents qu'ils étaient. Parmi eux on trouve des gens qui ont leur entreprise, des associatifs, des commerciaux, des râleurs et des personnes repliées, très abimées, et qui n'ont toujours trouvé quelqu'un à qui parler parce que leur enfance "horrible" aurait justifié d'un accompagnement psychologique qu'ils n'ont jamais soupçonné.
| | portrait robot d'un ex-enfant sauvage à un âge adulte tardif
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Toutes les études montrent que les prises en charges psychologiques précoces atténuent les effets néfastes des violences et des traumatismes, et favorise la conversion des troubles anxieux en exutoires constructifs. La création fait partie de ces exutoires thérapeutiques et au final des forces vives des populations. Actuellement le choix des exutoires se fait de façon circonstancielle, sans aide ni soutien médical ou paramédical, on y trouve donc aussi des conversions violentes, asociales ou des replis. La violence est destructrice, le repli n’est pas créatif. Les moyens sociaux se résument à la marginalisation vers ce qui ne saurait être qualifié autrement que de «classe poubelle» pour ado et préado. , Les moyens thérapeutiques se résument les tranquillisants médicaux ou de la rue: ritaline, cannabis voire héroïne. Les autres alternatives plus constructives, prises en charge psychologiques, accompagnement, sont rares, héroïques et tardives. Toutes ces solutions font partie d’un schéma social stérile qui a cours dans beaucoup de sociétés: ces personnes ne sont pas aidées correctement, ni pris en charge de façon constructive, mais ils sont mis dans la bonne case. Pourquoi réfléchir plus?
Un point commun chez ses personnes, beaucoup d'amertume et de rancoeurs qui souvent les ont amenées au "stage citoyenneté", et la découverte étonnée d'un endroit où on parle d'eux et où on les fait s'exprimer comme on aurait dû le faire avant de les mettre dans la section "enfants sauvages".
Si l'on fait bassement le coût financier de ces "non prises en charge" d'adolescents, des dépressions d'enseignants, des délits et des frais de justice divers, des conséquences médicales de la consommation de drogues, de ce qu'ils auraient pu être plus tôt s'ils avaient été correctement accompagnés (par les parents et par l'école), on se dit que la France est un pays riche qui a les moyens de se payer une école laïque, une école privée et une tiers école.
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