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Addictologie sociale. "Pages ouvertes aux toxicomanes et à ceux qui les regardent"
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Publié le 07/02/2008 à 09:33
Par Docteur Gervaisot

 La mésaventure allèguée de la société générale avec un de ses traders n'est pas sans rappeler un ancien scandale ayant secoué le monde des goldens boys aux USA: Le grand public découvrait avec stupéfaction que ces chevaliers de la bourse étaient aussi des consommateurs insatiables de cocaïne. Leurs moyens financiers rendaient le produit trés accessible, et le produit leur donnait la pêche qui permettait de travailler 24 heures sur 24 sur toutes les places boursières de la planète, sans dormir ou presque (buziness is buziness). 

                     Outre l'aspect médical et l'espérance de vie réduite par les accidents cardiovasculaires qui finalement ne concernent que ces gens et les proches qui en feront le deuil, se pose le problème de la mégalomalie liée aux produits consommés. En effet, quand vous avez plus ou moins directement sous votre responsabilité les économies des personnes mille fois moins aisées que vous, et qui comptent sur celà pour assurer tout ou partie de leur retraite, si vous êtes psychorigide du fait de l'usage de produits qui n'ont jamais rendu personne plus intelligent qu'il n'était à la base, vous serez enclin à persister dans des placements boursiers là où aucun personne sensée n'aurait persévé.
Espérons pour nos économies que la médecine du travail recherche les "speeds" chez ces braves gens et les met en inaptitude professionnelle si elle en détecte, car en terme de risque pour soit même et pour les autres, il n'y a pas pire qu'un imbécile pragmatique.
Publié le 02/01/2008 à 21:48
Par Docteur Gervaisot
 Le tabac ou plus exactement la nicotine est une drogue sociale. On l'utilise parce que c'est agréable, parce que ça réveille un peu, parce que ça occupe les doigts, ça donne une contenance, parce que parfois inconsciemment on ne se représente que sous tabac. C'est un beau produit à dépendance.
Comme c'est un petit "speed", il engendre une discrète hypertrophie du moi, et le consommateur garde longtemps la conviction de pouvoir s'arrêter quand on veut.

Tout le monde n'est pas décidé à arrêter la nicotine.Pour arrêter, il faut déjà être motivé. Il faut repèrer les motifs profonds de l'usage, il n'y en a jamais un seul, on vient de les citer, et il faut prendre un petit de distance avec, ou trouver des pis-aller si on veut s'en sortir. Ainsi pour la cigarette du matin, celle qui réveille, on va prendre un peu plus de café ou se coucher plus tôt (facile à dire..)
Quant aux médicaments et méthodes pour arrêter, il ne faut pas compter sur le médicament miracle qui épargnera de faire l'effort de résister aux besoins, pulsions et tentations, il n'existe pas. En outre aucune molécule sérieuse n'a montré plus d'efficacité qu'une autre, certaines font simplement plus de publicité. La motivation pour un produit est plus déterminante dans le sevrage que le produit lui-même, néanmoins le produit lui-même est toujours mieux que rien.

Une fois tout cela compris, une fois ces démarches faites dans votre tête et bien intégrées,une fois quelques échecs et errances assumées, il ne faudra pas faire partie des malchanceux qui, en dépit d'une excellente motivation, feront une dépression de sevrage, ils représentent tout de même un tiers des fumeurs si l'on en croit les statistiques.

Bref tout le monde ne va pas vouloir ou pouvoir arrêter de fumer ce premier janvier 2008, on ne sacrifie pas tous ses petits plaisirs au nom de la loi, et, du moment où l'on reste dans le raisonnable, heureusement!

Alors pour ceux qui vont souffrir de l'opprobre publique, les laboratoires pharmaceutiques ont déja pensé à quelques trucs pas gratuit bien sûr, qui permettront de passer de façon plus sereine les plages horaires difficiles. Retenir d'abord que comme la cigarette, les gommes nicotiniques agissent peu de temps, une demi heure. elles sont donc largement insuffisantes pour un voyage en avion et peu pratiques à machouiller au restaurant entre l'entrée et le plat de résistance. Le pain à la nicotine n'existant pas encore, il n'y a pas d'autre solution que de se mettre un patch une heure avant un repas ou un évènement un peu prolongé. Il ne faut pas oublier de le retirer aprés. C'est une alternative aux allers-retours pour fumer dehors, comportement mal vu en réunion de travail et peu raisonnable en avion ou en TGV. Les gommes nicotiniques seront suffisantes pour métros et bus.
Pour les réunions de travail, une alternative intéressante à la nicotine, c'est la réunion instructive et non stressante, elle a l'avantage de ne pas être soporifique et de ne pas engendrer le besoin de se faire un petit plaisir "de consolation", le besoin de nicotine s'y fait oublier. Ce type de réunion n'est pas encore dans les traditions françaises, mais serait à développer.
Pour les travaux minutieux qui exigent beaucoup d'attention, l'apport nicotinique de la gomme peut être très utile. En outre, il libère les mains, avantage fondamental qui pourrait être une motivation supplémentaire pour remplacer la cigarette par ces substituts lors de ces activités..

Encore deux remarques:
- Les substituts nicotiniques n'existent pas qu'en patchs et en gommes mais aussi en comprimés sous forme de molécules agissant comme la nicotine sur les récepteurs nicotiniques.Si la démarche de les proposer dans ce contexte n'existe pas encore, ne rêvons pas, le créneau sera vite occupé. Ce sera à minima implicitement proposé; A savoir une couverture d'une dizaine d'heures. Ces produits qui coûtent deux fois plus chers que la nicotine en patch sont très pratiques chez les gens poilus ou allergiques à la colle des patchs.
- Enfin on constate souvent beaucoup de surdosages avec ces produits, certaines personnes surestiment leur consommation de nicotine. Ils arrêtent les substituts prématurément ou consultent en urgence pour palpitations, énervements, démangeaisons et parfois bouffées de chaleur: cela s'appelle un surdosage en nicotine. Dans ce cas, le plus simple en cas d'usage de patch est de le couper en deux sans tenir compte des réserves mis dans le mode d'emploi (ne pas couper le patch). Un patch fait deux jours et c'est tout bénéf! Remettre un patch déjà utilisé quelques heures peut poser un problème de sous dosage, mais le sous dosage en nicotine n'a jamais tué personne.

Pour terminer, on pourra toujours se procurer un "snus" ou un "lösnus" en Suéde ou Norvège. C'est du tabac en sachet que l'on se met sous la lèvre supérieure. Cette pratique s'est développée aprés l'interdiction de fumer dans les lieux publique en 2005.
 

Publié le 02/01/2008 à 15:26
Par Docteur Gervaisot
Publié le 02/01/2008 à 12:48
Par Docteur Gervaisot
L'année 2007 se termine par un nième malaise cardiaque fatal sur un terrain de football. La victime est le capitaine d'une équipe écossaire, il avait 35 ans.
Ces sportifs sont archi suivis et on peut s'étonner de la survenue de ces accidents malgré l'encadrement médical.
En réalité, le grand publique surestime la capacité de prédiction des accidents médicaux par nos outils de recherche actuels. En pratique, un examen positif, c'est à dire qui révèle une anomalie, permet d'affirmer un risque de santé, le même examen négatif chez un autre sportif ne garantit absolument pas l'absence de risque, d'où ces accidents rares, malheureux, mais inévitables en l'état actuel des moyens médicaux d'investigation.

Au delà de la fragilté personnelle, il reste bien sûr la loi du silence autour des éventuelles dérives de dopage. Ce qui se sait dans des sports extrèmement surveillés comme le cyclisme, ne se sait pas nécessairement dans d'autres sports. La mort subite ou les infarctus massifs peuvent être aussi le fait de produits dopants sur des gens fatigués ou fragilisés. Certains produits font perdre la sensation de fatigue, de douleurs, et font dépasser les limites du physiologique aux consommateurs..



Tant que cette loi du silence régnera, difficile pour les médecins de faire leur travail d'inventaire et de compréhension de tous les types de malaises "létaux" et de les prévenir.
Publié le 02/01/2008 à 10:57
Par Docteur Gervaisot
Les annonces se suivent et se ressemblent. Justin Gastin, recorman du 100 mêtres vient d'être reconnu coupable d'usage de testostérone ou d'un de ces dérivés. Il prenait ce produit pour la mémoire (ou quelque chose comme celà).

Ce produit et ses équivalents n'en demeurent pas moins les produits parfaits pour être champion du monde de sprint. Tant pis pour les dépressions de sevrage, les blessures musculaires irréversibles, les problèmes cardiaques. L'histoire montre qu'à terme, médicalement, la victime c'est toujours l'ex sportif. A quand la première plainte d'un sportif pour "empoisonnement" (cf articles précédants).
Publié le 10/12/2007 à 20:49
Par Docteur Gervaisot
L'usage de drogue est plus fréquent dans les populations d'immigrés que dans la population générale. Les produits que l'on rencontre sont essentiellement des drogues tranquillisantes types cannabis ou héroïne. On rencontre aussi beaucoup de speeds, mais c'est un phénomène de mode et de castes (musique).
Ces usages concernent essentiellement les enfants d'émigrés. On y trouve aussi beaucoup de délinquance, mais aussi des réussites sociales hors normes et exemplaires: Tout cela est apparenté.

Ces usages cachent des problématiques multiples:
- La problématique identitaire: on est né en France, on a ses racines dans un pays lointain souvent dénigré par les citoyens de souche française. Les réflexions du genre: "tu as de la change d'être en France, dans ton pays c'est la misère (ou c'est la dictature)" sont autant de formules blessantes que l'on entend aussi bien dans son quartier que sur les chaînes de télévision. L'impossibilité de répondre, l'écartèlement psychologique entre deux cultures qui ont chacune leurs défauts et leurs charmes, engendrent des comportements de repli (drogues) ou de violence (délinquance ou extrèmisme) ou d'exploit social. Ces comportements permettent au jeune de disparaître avec les drogues ou d'exister contre une société (délinquance ou intégrisme) ou avec (réussite sociale parfois insolente).
- Les problématiques des non dit familiaux: Pourquoi mes parents ont-ils quitté le pays. La parole ne passe pas ou la vérité n'est pas toujours dite. Certains sont en France pour avoir combattu dans ses armées et avoir perdu, pour finalement y être mal accueillis. Difficile de dire à ses enfants qu'en son âme et conscience on a fait le bon choix. Le départ du pays peut aussi être beaucoup moins avouable (poursuites mafieuses, violences diverses). Le mal être et le silence sur les origines d'un départ laissent place à l'imaginaire des enfants.
Ce n'est jamais très intelligent de la part d'un pays hôte de s'ériger en exemple et de salir une culture étrangère, culture racine qui risque un jour d'être idéalisée par l'adolescent. La reconnaissance des qualités de l'autre culture ne peut que faire de ces adolescents les émissaires des bonnes choses à prendre dans nos démocraties.
Alors nous les gaulois, ou on continue à s'ériger comme les meilleurs, quitte à subir drogues, délinquance et terrorisme, ou on se civilise et l'on cesse de ravitailler en rancoeurs ces ado à peine différents de nous,qui nous survivrons et qui font partie de l'avenir de notre planète.

Publié le 06/11/2007 à 01:41
Par Docteur Gervaisot
On peut se poser la question de savoir pourquoi Martina Hingis aurait consommé un tel produit.
Pour un sportif, la cocaïne amène beaucoup plus que du plaisir. Cette molécule a des particularités "intéressantes":
- C'est un antalgique puissant idéal pour des personnes en souffrance physique (douleurs musculaires ou tendineuses, séquelles de blessures).
- Elle enlève la fatigue
- Elle rend agressif
- Elle donne une hypertrophie du moi (mégalo)

On comprend un peu mieux qu'elle soit recherchée chez les sportifs en qualité de produit dopant.



Deux sportifs consommateurs avérés de cocaïne: Maradona (infarctus multiples liés à la cocaïne) et Marco Pantani (décédé d'oedème cérébrale dû à la cocaïne)
Publié le 01/11/2007 à 09:17
Par Docteur Gervaisot
Marion Jones a avoué il y a quelques semaines s'être dopée avant les JO 2003. La presse ne précise pas les motivations de ces aveux. Peut-être n'y a-t-il qu'un mea culpa. L'athlète risque 5 ans de prison et 250.000$ d'amende.
Ce genre d'aveux spontanés est exceptionnel de la part de sportifs encore compétiteurs. Les sanctions sont très mal adaptées car dissuasives pour tout autre athlète souhaitant "vider son sac" de la même façon. Le champion perd ses titres et médailles au profit d'athlètes pas nécessairement plus clairs et qui, devant le florilège de punitions, ne feront certainement pas preuve de solidarité à l'égard de Marion.



Si on veut voir demain disparaitre le dopage, il est important de pénaliser surtout les dopeurs, de permettre aux athlètes de porter plainte contre eux, en l'occurence pour empoisonnement, et de les pénaliser en tenant compte de leur âge et de leur capacité de réflexion au moment des faits.
Le dopage n'a jamais créé de champion. Marion Jones ne se serait pas dopée, elle aurait sans aucun doute été la meilleure des non dopées. Ses aveux sont un titre de plus à ajouter à son palmarès de championne.

Publié le 20/10/2007 à 20:35
Par Docteur Gervaisot
Bertrand Cantat est à ce jour sorti de prison, en liberté conditionnelle. On a beaucoup parlé des gens et finalement peu des produits consommés. L'alcool, les speeds, une hypertrophie du Moi, ne font jamais bon ménage.La facture: une vie qui s'arrête, une vie gâchée, des vies bouleversées.
Si l'alcool en grosse quantité détruit les neurones, la cocaïne et les amphétamines prises régulièrement, sont responsables de psychoses paranoïaques (surestime de soit, fausseté du jugement, psychorigidité...)
sans compter le déficit intellectuel lié aux accidents ischémiques cérébraux. Une contrariété, et la violence remplace le dialogue évaporé avec les neurones.

Alors, qu'ils soient médiatiques ou non, prions pour que d'où elle est, Nadine Trintignant dissuade ces gugusses de ne pas succomber à cette tentation, et distribue des neurones à ceux qui n'ont en plus.
Publié le 24/09/2007 à 23:27
Par Docteur Gervaisot
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