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Publié le 06/12/2008 à 19:33
Les produits commercialisés par les laboratoires pharmaceutiques ayant pour objectif de faire perdre du poids via une action sur le cerveau, n'ont décidément pas une grande espérance de vie. Sanofi en a fait l'expérience avec Acomplia. Le mécanisme se voulait original, bloquer les récepteurs à cannabinoïdes, le cannabis ayant pour réputation chez ses supporteurs de favoriser l'appétit. (cf. article: http://www.stethonet.org/cervo/doc22.html)
L’action du cannabis et des apparentés sur certains noyaux gris du cerveau engendre en autre une augmentation de certaines monoamines (adrénaline et noradrénaline), donc même résultante que les amphétamines et que certains antidépresseurs. Ce sont l’effet coupe faim et l’effet psychotrope qui peuvent engendrer des troubles du comportement et qui ont entrainé le retrait du produit. En pratique, des produits agissant de façon équivalente ont les mêmes effets secondaires et imposent les mêmes réserves. Les antidépresseurs adrénergiques et noradrénergiques sont prescrits pour la dépression, et les médecins sont sensibilisés à l’augmentation possible du risque « passage à l’acte » chez les dépressifs et les bipolaires. Le cadre de prescription est correct, ces produits ne seront pas à priori exclus du marché. Stratégiquement parlant, pour Sanofi, n’aurait-il pas mieux fallu lancer ce produit comme nouvel antidépresseur et s’apercevoir secondaire qu’il faisait perdre du poids et qu’il améliorait le diabète. Peut-être, mais pas sûr. Les psychiatres auraient sans doute levé le bouclier en précisant que ce produit semblait avoir plus d’effets psychotropes que les autres et donc plus de risques (sous-entendu: usage hospitalier uniquement). De toute façon, malgré son action en apparence assez globale sur le boulimique en surpoids, cette molécule n'aurait pas réglé les problèmes des troubles du comportement alimentaire à elle toute seule, elle aurait trouvé sa place comme un appoint d’accompagnement. L’histoire commerciale de la pharmacologie montre que l’indication « coupe faim, perte de poids » est toujours sulfureuse. Le mot « cannabinnoïde » ajouté là-dessus n’arrange pas plus que le mot « amphétamine ». Pour preuve, une molécule vendue comme «adjuvant du traitement adapté chez les diabétiques avec surcharge » existe depuis des années et est parfois prescrit par les médecins. Elle est plus ou moins détournée de son cadre de prescription afin de perdre du poids. Ça marche ou ça ne marche pas ? A l’évidence le produit n’est pas menacé de retrait et la formulation de la mise sur le marché a été plus déterminante pour l’avenir de cette molécule que son efficacité supposée ou l’usage détourné qui en est fait. D’une manière générale, toutes les molécules qui touchent aux comportements addictifs sont plus ou moins consciemment mal perçues par le corps médical. Les effets secondaires, prévisibles, sont mal définis, les indications insuffisamment ciblées et, au bout de la chaîne, les prescriptions à risque. Dés qu’un trouble du comportement sous tend une pathologie, la prescription isolée d’une molécule reste une démarche simpliste vouée à l’échec car elle fait fie de l’identité du patient. Dans ce domaine, il n’y a pas d’avenir sans prise en charge à dimension humaine, donc complexe et incertaine, heureusement.
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Publié le 29/11/2008 à 11:16
Question du groupe: On est contrôlé par la police avec leurs tests salivaires, on a fumé la veille et on est positif. On se retrouve au poste de police c'est pas juste. Publié le 12/11/2008 à 16:41
Humeur : Au secours !
Le mot "addiction" a été emprunté il y a une dizaine d'années aux Anglo-saxons pour palier aux insuffisances et à l'ambiguïté du mot francophone "toxicomanie". Lorsque l'on regarde dans un dictionnaire anglais/français le sens du mot "addiction", on trouve en général comme traduction "toxicomanie". L'étymologie de ce vocable est en réalité latine: ad - diction = diction en dedans. Le mot avait au moyen âge traversé la Manche. Il appartenait au vocabulaire notarial et désignait une contrainte morale. Si l'on veut donc prononcer correctement ce mot, il faut donc non pas utiliser les intonations anglo-saxonnes mais des intonations "vieux françois".
Simple, non! Publié le 26/10/2008 à 09:02
Le mot "addiction " est à la mode. A écouter ou à lire les médias, nous sommes tous addictes d'une demi douzaine de choses: les drogues, internet, les jeux vidéo, les jeux d'argent, le sexe, manger, la musique, la voiture, les salons parisiens, le travail, j'en passe et des meilleurs.
Dés qu'une activité devient un peu prédominante dans la vie d'une personne, pour peu que cette activité dérange , le mot "addicte" vient à l'esprit. Un peu d’histoire sur le mot « addiction », ce n’est pas du luxe. Avant, il y avait «toxicomanie ». Ce mot couvrait toutes les drogues illégales pour le grand public, quelque soit la quantité quotidienne absorbée et l’état du consommateur. Pour l’alcool le terme d’alcoolisme prédominait: Monsieur « tout le monde » ne voulait pas mélanger les torchons et les serviettes. Dans le milieu médical, chaque usage avait un nom ou presque : alcoolisme, tabagisme, héroïnomanie, cocaïnomanie. Avec le temps et l'observation, la similitude des problèmatiques des personnes affectées, indépendamment du produit, était flagrante. D’autres comportements très anormaux comme l’anorexie se retrouvaient ou alternaient chez les toxicomanes. Aujourd’hui, on parle d’addiction à des quantités de choses. Le mot fait surface dés que l’on craint pour sa progéniture, dés que le gamin ou le jeune voisin dérange, ou dés que l’on veut montrer sa culture. Dans certains salons, il est de bon ton d’avoir un enfant addicte ou de l’être un petit peu histoire de ressembler à quelque chose. Dans la très grande majorité des cas il n’y aurait pas lieu de s’inquiéter s’il n’y avait pas les risques de santé et d’accident de la route. Alors quand s’inquiéter: lorsque le trouble du comportement devient envahissant. Faut-il créer une nouvelle expression avant qu’une nouvelle terminologie à consonance texane ne vienne s’imposer, pourquoi pas. « Troubles envahissants du comportement » paraît une bonne terminologie qui rappelle les troubles envahissants du développement décrit chez les autistes, et sous tend comme éléments communs la plasticité cérébrale et le déficit relationnel. Publié le 24/09/2008 à 17:06
Humeur : Ironique
Les grandes fluctuations boursières de ces dernières années et le contingent de victimes qu'elles produisent posent le problème du contrôle aussi bien du comportement de groupes de personnes que d'individus isolés. Le comportement de groupes de personnes, toutes classes confondues, est un sujet bien connu et toujours aussi mal contrôlé. Il atteint des sommets chaque fois qu'une dictature asservit toute une population et exige de chacun qu'il participe à sa solidité moyennant un minimum de servilité, le bénéfice pour l'individu étant parfois sa propre survie. Il y a donc des groupes pathologiques de personnes, ce peut être un pays, une entreprise, une profession, une caste.
Ce qui touche la finance peut relever de la même démarche: personnalité cupide, irresponsable, marginale, délirante. Pourtant le service rendu par ce système a permis grâce aux fonds des actionnaires, l'émergence de techniques onéreuses qui n'auraient pu exister aussi rapidement sans cela. Nous les utilisons quotidiennement, nous en sommes même dépendants. Les travers cités précédemment sont à l'origine des naufrages récurrents, naufrages dont l'originalité tient au fait que dans l'absolu le capitaine et l'équipage s'en sortent beaucoup mieux que les femmes et les enfants. Enfin, à être trop différents de la majorité de la population, certains groupes de personnes ne fonctionnent plus qu'entre eux, ils se prennent à avoir des valeurs différentes, bénéficient tacitement de droits différents et perdent le contact avec la réalité sociale de la planète. On pense bien sûr à la jet set, à certains traders responsables de spéculations castratrices, aux sociétés qui soldent à grands coups de crédits le pouvoir d'achat des familles pour les 20 années à venir, et aux pays dont la force industrielle pollue le patrimoine terrestre sans la moindre préoccupation pour l'avenir.
Que l'on parle de nations ou de finance (ou de show business), le relief que l'on perçoit est donné par quelques individus hauts en couleurs qui font par leurs actions ou leurs exactions les manchettes des médias. Rappelons que beaucoup de médias vendent ce que demande le peuple. Ces « hooligans » ne sont pas le reflet de l'ensemble de ces populations mais la presse ne fait état que d'eux ou presque.
Alors maladie ou perversion du système, je ne sais pas, je suis médecin pour les individus, pas pour les populations. Le médecin des populations, c'est le politique, le cadre législatif fait partie de ses remèdes, et les remèdes sont à adapter ou à inventer en fonction de l'évolution des pratiques à risques. Une des difficultés est que, de même qu'on ne peut pas tout médicaliser, on ne peut pas tout légiférer. Médicalement parlant, un certain nombre de ces individus présentent des troubles de la personnalité, troubles maniacodépressifs, psychopathie légère, troubles névrotiques obsessionnels, addiction au business qui est une forme d'addiction au jeu. On peut intervenir pour ces personnes, mais à partir de quel stade est-ce utile s'ils sont heureux comme ça, et si de surcroît cela leur apporte la fortune et rend service à la planète. Personnellement je n'interviendrais pas dans ce cas de figure. Seul un cadre légal peut être là pour limiter les dérives dangereuses. Les contrevenants, porteurs ou non de troubles de la personnalité, peuvent alors être sanctionnés à hauteur de leurs délits, sanction agrémentée d'une éventuelle obligation de soins. On peut imaginer pour les personnes totalement désinserrées, c'est à dire vivant dans un milieu protégé, et sans relation avec la réalité planétaire, des travaux d'intérêt collectif, en usine avec appartement thérapeutique dans la cité du coin, pourraient être une excellente thérapie comportementale. Bien sûr la faillite de l'usine et un chômage temporaire prolongerait d'autant la peine.
Publié le 27/06/2008 à 20:28
Un de mes patients qui travaille comme intermittent dans le milieu du spectacle, me racontait son expérience toute récente avec la cocaïne. Il s'agissait d'une expérience unique, sans intérêt pour lui même, et qu'il n'avait pas spécialement envie de répéter. Le contexte par contre lui avait été beaucoup plus instructif. Ce brave monsieur m'a raconté les faits un peu cela:
J'ai tenu comme ça pendant une dizaine de jours puis j'ai fini par accepter un rail pour goûter. Ça m'a filé la pêche toute l'après midi, j'ai travaillé comme un dieu, mais bof! Je ne recommencerai pas ».
Publié le 09/06/2008 à 22:26
Ahmed est français, il est né en France, il a toujours vécu en France, il se sent et se revendique français et fier de l‘être. Formidable direz-vous mais pourquoi en parler. Parce que notre ami a une relation très paradoxale avec sa mère patrie. Il a un gros casier judiciaire constitué de cambriolages et de consommations de stupéfiants, l’un ne va pas sans l’autre. Ahmed est ou plus exactement était défoncé toute la journée. Au prix du gramme d’héroïne, ce n’est pas le simple petit trafic de stupéfiants qui pouvait le ravitailler et lui éviter les états de manque. Bref sa vie se résume à une enfance sans originalité et dix ou quinze ans de galères alternant entre défonce, états de manque, prison, vie de SDF et tentatives de réinsertion. Tout cela ne l‘a jamais empêché de répondre présent lors des grands évènements familiaux. Depuis un à deux ans, Ahmed va mieux. Sa vie est un va et vient entre l’Algérie en famille, et la France dans la rue ou en prison. Des jugements sur des faits qui datent maintenant de quelques années, et qui le rattrapent les uns après les autres, viennent lui apporter un toit occasionnel. Comme tout va de paire, Ahmed s’et mis à parler d’un passé lointain qu’il n’a pas connu, mais que ses proches lui ont distillé tout au long de sa vie. Et on comprend mieux. Dans ses aïeux il trouve quelques harkis et quelques fellagas. Pour information, le mot « harki » qui signifiait mouvement, a en Algérie un sens péjoratif: « traître ». Le mot « fellaga » signifie « bandit de grand chemin » . Difficile d’y trouver son aise. Au cours des dernières consultations, il me rapporte des histoires de guerre, sordides, qui auraient touché sa famille. Nous en parlons en terme de résistance, de torture, de choix pour le bien être de la famille, autant de formulations importantes qu’il comprend, qui correspondent à sa culture française et à l’histoire algérienne de sa famille. Son identité française y retrouve ses racines, confuses mais cohérentes. Harkis ou fellagas, un jour ou l’autre, ses aïeux ont tous émigré en France, pour vivre mieux. Ahmed est bien français, par sa vie comme par ses racines. Aujourd’hui, Ahmed a décidé de s'installer en Algérie, pour vivre mieux. Il n’est pas le seul français à avoir décidé de faire sa vie en Algérie. Il a ouvert un petit commerce et ça marche. La bas, il ne prend plus aucun produit. Il revient très souvent en France pour voir sa famille. Il sait qu’un jour il sera arrêté à la douane française pour une peine résiduelle de quelques semaines. Il prend cela avec philosophie, « j’ai une dette envers la société, il est normal que je la paye ». Sur ce point, je ne suis pas d’accord avec lui, qu’il ait des dettes envers les personnes qu’il a cambriolées, cela ne fait aucun doute, ce n’est pas lui qui le niera, mais qu’il ait une dette envers la société, dans son cas, la formule n’a aucun sens. La dernière fois qu’il est revenu, il m’a ramené des dattes. Je n’étais pas là. Il les a confiées à mon associé qui les a mangées. C’est pas bien mais ça n’est pas grave, c’est même dans le contexte plutôt amusant. J’ai réussi à convaincre Ahmed d’écrire au juge d’application des peines pour lui dire qu’il va bien, qu’il travaille à son compte en Algérie, qu’il ne cambriole plus personne, qu’il ne se défonce plus là bas, qu’il assumera sa peine parce que c’est normal, et parce qu’il est français, et qu’il ne peut pas s’empêcher de revenir régulièrement dans son pays natal. Publié le 17/05/2008 à 22:12
Aujourd'hui tous les spécialistes sont d'accord pour dire que la physiopathologique du plaisir, telle qu'on la conçoit actuellement, n'explique pas le fonctionnement du cannabis, mais aussi des jeux vidéo et de bien d'autres addictions.Bref la sérotonine est maintenant considérée comme une mono amine intervenant dans le plaisir. L'adrénaline interviendrait dans le plaisir mais aussi dans le déplaisir (stress), La théorie dopaminergique bat plus que jamais de l'aile, mais cela n'empêche ni certaines prescriptions désespérées, ni les laboratoires médicaux de justifier la prescription de psychotropes divers par leurs effets sur toutes ces monoamines, sans cela ne réponde à aucun schéma neurophysiologique. Le niveau de preuve est le même que pour le célèbre fût du canon de feu Fernand Raynaud: "un certain temps". Et nous sommes de bons soldats. Lorsque l'on est médecin généraliste, on voit des quantités de choses que les spécialistes ne voient pas parce qu'on est en amont des phénomènes pathologiques, on en voit la genèse. Avec un peu d'obstination, on peut avant tout le monde se poser quelques questions sur la véracité de certaines théories physiopathologiques, et parfois y amener d'hypothétiques réponses. Une possible réponse au problème de la neurophysiologie des psychotropes existent depuis environ 5 ans sur stéthonet: http://www.stethonet.org/cervo/index.htm. Elle a l'avantage d'être beaucoup plus cohérente et de permettre un raisonnement clinique lors des prises en charge des usagers de psychotropes licites ou illicites, et dans le suivi de l'évolution de la nature de leur appétence aux drogues (héroïne vers cocaïne ou cannabis vers alcool). Ce travail est un peu long à lire car il reprend tout le fonctionnement du système nerveux central avec une relecture critique de médecin généraliste, et une application aux phénomènes physiologiques et pré pathologiques. A l'occasion d'une réunion sur les addictions aux jeux, une amie addictologue me faisait part de l'insuffisance de la théorie dopaminergique pour expliquer nos constatations cliniques. On avait évoqué précédemment le problème des prescriptions sauvages. Je lui rappelais le document que je lui avais fait parvenir six mois auparavant et qui détaillait cette hypothèse alternative. Sa réponse a été : " Je ne l'ai pas encore ouvert, la neurobiologie à lire c'est pas simple". Deux anecdotes et quelques rappels tout de même qui devrait faire réfléchir: Publié le 30/04/2008 à 07:54
C'est donc un problème important pour nous que la prévention de de type d'agression.
Toutes les tentatives de discussion autour du sujet tournent autour des mêmes solutions: peine de mort, castration, emprisonnement à vie. Ces solutions sont sujettes à caution car ayant montré leurs limites ou n'étant pas applicables. N'est jamais évoquée la solution qui consiste à prévenir ces violences, c'est à dire à dépister les personnes à risque accru de pédophilie. C'est une solution de plus, mais elle n'est pas de trop. Elle n'est absolument pas exploitée. Ce n'est pas la plus simple à mettre en place, les habitudes et les mentalités sont à changer.
Pour mieux comprendre, il suffit de se mettre en situation.. Imaginez votre grand fils de 16 ou 17 ans vous dire un jour: "Papa, maman, je crois que je suis pédophile. S’il vous plait, faite quelque chose pour moi."
Vous l’interrogez: il n’a jamais que des attirances et des pulsions. Le rassurer en lui disant : «t’inquiète pas, ça va passer” relève de l'inconséquence. Vous n'allez pas non plus le cacher, l'enfermer ou le tuer. Vous allez l'amener en gendarmerie. La gendarmerie, très honnêtement : mauvaise piste! Que voulez-vous qu’un gendarme fasse à un jeune homme qui n’a jamais fait de mal à personne, mais qui craint simplement être pédophile. La loi ne s’appliquera que quand le futur suspect sera passé à l’acte. Craindre d'être pédophile comme craindre de braquer une banque ou craindre d’assassiner son voisin n’est pas un délit.
Le fond du problème est que la pédophilie est tabou, comme tous les comportements déviants. Donc une situation comme celle que je viens de décrire est inimaginable tant pour les parents que pour l'adolescent et un comportement sexuel aberrant potentiel ne fera jamais l'objet d'aucune question directe dans une famille. Michel Fournirer est un exemple parmi tant d'autres. Pour reprendre ses propos, ses actes ne sont pas du domaine de la raison: cet homme a deux modes de vie, le mode de vie de tout monsieur tout le monde et un mode de vie asocial, grave, qu’il ne partage avec personne d’autre, et pour lequel il doit user de perversions pour pouvoir le mener. Ses pulsions ont pu s'assouvir car il a trouvé la femme qui les permettait et, moyennant la disparition de ses victimes, il a pu échapper longtemps à la justice des hommes. A l'époque de Michel Fourniret enfant, les actes qui lui sont reprochés et qu'il a reconnus pour partie, auraient été du registre de l'impensable pour ses proches.
Dépister les personnes à risque accru de pédophilie, c'est se poser très tôt le problème de la santé mentale d'un enfant ou d'un pré-adolescent sans arrière pensée sur ce que pourrait être son trouble mental. Il existe une constellation de troubles mentaux que l'on peut classer en grandes familles: névroses, psychoses, psychopathies. Il existe des enfants à risque accru, traumatisés ou déficients mentaux, ou ayant des parents très perturbés par leur passé, par leurs comportements ou par leurs relations. C'est là qu'il faut piocher, prévenir, mettre des limites et surveiller sans se poser le problème de la nature des méfaits très inconstants qu'aurait provoqué la non prise en charge. Ce qu'ils auraient pu devenir ne nous regarde pas.
Cette surveillance bienveillante est l’apanage de tout le monde, la prise en charge, délicate, est du ressort médical. La loi vient trop tard.
Publié le 12/04/2008 à 16:02
Monsieur Bernard Sainz, surnommé docteur Mabuse bien qu'il ne soit pas médecin mais soigneur de "profession", vient d'être condamné à 18 mois de prison pour administration de produits dopants et exercice illégal de la médecine.
Les coureurs poursuivis ont bénéficié d'un non lieu, le dopage ne constituant pas un délit pénal. Lorsque l'on voit sur le tour de France le nombre de décès prématurés, autant dans les coureurs en activité que dans les anciens vainqueurs, on regrette que les poursuites pour "empoisonnement" n'accompagnent pas les deux motifs de condamnation sus cités. 18 mois de prison n'est un cher tribut à payer si monsieur Sainz s'est enrichi au détriment de la santé et de la survie d'autruit. Notez que pour nous médecins, la lutte contre le dopage n'est pas prioritairement un problème de tricherie, c'est avant tout le problème de la santé physique et mentale du sportif, à court terme comme à "long terme". Tant que les victimes du dopage ne porteront pas plainte pour "empoisonnement" contre leurs fournisseurs, il sera difficile de dissuader les fournisseurs d'abandonner ce trafic extrêmement lucratif. Encore faut-il que les sportifs et le grand public comprennent le sens de cette démarche, et que les grieffes de tricherie soient mis au second plan par rapport à l'aspect "santé". A savoir que d'un point de vue légal, sauf erreur de ma part, un procureur a parfaitement le droit de poursuivre pour empoisonnement un fournisseur, même contre l'avis de la victime ou de sa famille s'il est décédé. Si vous souhaitez avoir une petite idée du nombres des victimes du dopage, un site bien documenté: http://cyclisme-dopage.com |
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