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Addictologie sociale. "Pages ouvertes aux toxicomanes et à ceux qui les regardent"
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Publié le 10/01/2009 à 20:52
Par Docteur Gervaisot

                                                     (parce drogue rime trop souvent avec soumission)

Je m’appelle Sara, je suis une vieille femme au cœur paisible, qui n’a jamais connu la paix.
Enfant, j’ai quitté l’Europe malade d’une folie nommée shoah, et gagné la terre promise pour rejoindre mes cousins des tribus de Juda.

                 Yad Vashem promène ses ombres, et ses ombres me promènent parmi les âmes des Justes.

Je m’appelle Sara, je suis une vieille femme sans haine et sans ennemi.
Je n’ai jamais connue la paix et je n’y suis pour rien. Je suis venue très jeune dans la ville de Yerouchalayim. La violence et la haine m’y ont accompagnée et m’ont mordu les jambes comme de mauvais chiens.

                  Yad Vashem promène ses ombres, et ses ombres me promènent parmi les âmes des Justes. Et je  rêve à graver mon nom, ici sur cette terre.

Je m’appelle Sara, je suis une vieille femme aux bras ouverts, au cœur brûlant, mais ma maison est vide.
Pourtant je n’ai d’ennemis qui me soient reconnus. Frères, amis, cousins et d’autres encore sont morts, emportés par leur foi et les ardeurs guerrières. Et je reste sans haine.

                   Et je  rêve d’Abel, de Rachid, de Fathma. Ils n’ont  jamais connu la paix et je n’y suis pour rien.


Je m’appelle Sara, je suis une vieille femme qui n’aura  jamais fait que rechercher la paix, que rechercher le calme. Et ma maison est chaude de mon cœur brûlant, et ma maison est vide de tous ces inconnus que l’ardeur a éteints, que j’aurai réchauffé du souffle de l’amie.

                  Et mon cœur se consume de n’avoir pu faire plus.

Je m’appelle Sara, je suis à bout d’un souffle qui aspire à dormir et à ne plus rêver de ces années passées à espérer l’Eden, sous le couvert des armes et des mots incendiaires.


                 Yad Vashem promène ses ombres, et ses ombres me promènent parmi les âmes des Justes. Et je  rêve à graver, ici, mon nom, sur la terre, sur une plaque, prés de ceux d’Abel, de Rachid, de Fathma qui n’ont  jamais connu la paix et qui n’y sont pour rien. Et nos cœurs se consument de n’avoir pu faire plus. Et les âmes nous rassurent de n’avoir su faire mieux. Et la table des Justes s’ouvre à notre famine. 


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