Les grandes fluctuations boursières de ces dernières années et le contingent de victimes qu'elles produisent posent le problème du contrôle aussi bien du comportement de groupes de personnes que d'individus isolés.
Le comportement de groupes de personnes, toutes classes confondues, est un sujet bien connu et toujours aussi mal contrôlé. Il atteint des sommets chaque fois qu'une dictature asservit toute une population et exige de chacun qu'il participe à sa solidité moyennant un minimum de servilité, le bénéfice pour l'individu étant parfois sa propre survie. Il y a donc des groupes pathologiques de personnes, ce peut être un pays, une entreprise, une profession, une caste.
Il est plus facile de cerner ce problème en assimilant les traits de caractère d'un groupe à ceux d'une personne. Ainsi vue de l'extérieur et au travers du prisme médiatique, on serait tenté de dire que les États Unis sont une personne mégalomane, égocentriste, obèse et plutôt agressive. Le prisme, c'est bien sûr la presse, qualifiable dans le même cadre de personne manipulatrice, obséquieuse, versatile et asservie. On peut difficilement demander à l'enfant « États Unis » de se tenir correctement quand on connait, via toujours le même prisme, le comportement manipulateur du père, « Papa Bush ». Dans ces groupes, tous les éléments ou presque, pris individuellement: citoyen américain, journaliste, Georges Bush sont pour ceux qui les approchent, très sympathiques hormis quelques petits travers, quelques menus défauts qui font leur charme ou qui agacent.
On peut reprendre ainsi tous les pays de la planète et tracer leur personnalité telle qu'on nous la fait perçevoir. Elle sera rarement flatteuse.
Ce qui touche la finance peut relever de la même démarche: personnalité cupide, irresponsable, marginale, délirante. Pourtant le service rendu par ce système a permis grâce aux fonds des actionnaires, l'émergence de techniques onéreuses qui n'auraient pu exister aussi rapidement sans cela. Nous les utilisons quotidiennement, nous en sommes même dépendants. Les travers cités précédemment sont à l'origine des naufrages récurrents, naufrages dont l'originalité tient au fait que dans l'absolu le capitaine et l'équipage s'en sortent beaucoup mieux que les femmes et les enfants.
Enfin, à être trop différents de la majorité de la population, certains groupes de personnes ne fonctionnent plus qu'entre eux, ils se prennent à avoir des valeurs différentes, bénéficient tacitement de droits différents et perdent le contact avec la réalité sociale de la planète. On pense bien sûr à la jet set, à certains traders responsables de spéculations castratrices, aux sociétés qui soldent à grands coups de crédits le pouvoir d'achat des familles pour les 20 années à venir, et aux pays dont la force industrielle pollue le patrimoine terrestre sans la moindre préoccupation pour l'avenir.
Que l'on parle de nations ou de finance (ou de show business), le relief que l'on perçoit est donné par quelques individus hauts en couleurs qui font par leurs actions ou leurs exactions les manchettes des médias. Rappelons que beaucoup de médias vendent ce que demande le peuple. Ces « hooligans » ne sont pas le reflet de l'ensemble de ces populations mais la presse ne fait état que d'eux ou presque.
Alors maladie ou perversion du système, je ne sais pas, je suis médecin pour les individus, pas pour les populations. Le médecin des populations, c'est le politique, le cadre législatif fait partie de ses remèdes, et les remèdes sont à adapter ou à inventer en fonction de l'évolution des pratiques à risques. Une des difficultés est que, de même qu'on ne peut pas tout médicaliser, on ne peut pas tout légiférer.
Médicalement parlant, un certain nombre de ces individus présentent des troubles de la personnalité, troubles maniacodépressifs, psychopathie légère, troubles névrotiques obsessionnels, addiction au business qui est une forme d'addiction au jeu. On peut intervenir pour ces personnes, mais à partir de quel stade est-ce utile s'ils sont heureux comme ça, et si de surcroît cela leur apporte la fortune et rend service à la planète. Personnellement je n'interviendrais pas dans ce cas de figure. Seul un cadre légal peut être là pour limiter les dérives dangereuses. Les contrevenants, porteurs ou non de troubles de la personnalité, peuvent alors être sanctionnés à hauteur de leurs délits, sanction agrémentée d'une éventuelle obligation de soins. On peut imaginer pour les personnes totalement désinserrées, c'est à dire vivant dans un milieu protégé, et sans relation avec la réalité planétaire, des travaux d'intérêt collectif, en usine avec appartement thérapeutique dans la cité du coin, pourraient être une excellente thérapie comportementale. Bien sûr la faillite de l'usine et un chômage temporaire prolongerait d'autant la peine.
| | Absurde, oui peut-être, mais pas autant que certains systèmes comme la spéculation sans le respect des entreprises et des hommes qui y travaillent, les crédits non contrôlés ou la course à la croissance pour la croissance Maintenant, qui inspirera le législateur, Zeus, Athéna; Hermès.. |
| Statue grecque de trader ruiné. On remarque son petit porte feuille au plus bas devant la bourse. Les ailes qu'il a sur son bâton, mais qu'il porte habituellement sur le chapeau, symbolisent sa volatilité et le petit oiseau dans le cerveau.Le tronc d'arbre fruitier décapité à ses pieds symbolise sa gestion de la richesse de la terre. | |







