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Addictologie sociale. "Pages ouvertes aux toxicomanes et à ceux qui les regardent"
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Publié le 22/02/2008 à 09:01
Par Docteur Gervaisot

J'ai eu l'occasion d'intervenir il y a quelques années dans la section d'enseignement spécialisée d'un collège de la région (surnommée "section enfants sauvages" par les autres élèves). J'avais été surpris d'y trouver un amalgame divers dont des enfants avec un retard mental indiscutable, des enfant hyperactifs, des enfants au physique d'adulte, des enfants dont la personnalité se caractérisait par le mélange d'une maturité d'adulte dans certains domaines et d'une immaturité totale dans d'autres.
Tous ces enfants, mis dans le même bocal, engendraient un bouillon très coloré, sympathique et totalement ingérable. Pour l'anecdote, une sortie de leur choix avait été planifiée, ils avaient proposé "d'aller visiter leur prochaine maison": la maison d'arrêt! Tout cela n'est drôle qu'en bande dessinée, dans la réalité je croise en qualité de médecin de famille des professeurs qui doivent enseigner dans un tel "non" cadre, et des jeunes à qui l'État propose ce "bouillon" comme base de leur avenir.

Actuellement, je rencontre dans le cadre très différent des mesures alternatives aux peines de prison ou aux amendes, des adultes issus très souvent de ces sections d'enseignement spécialisé. On retrouve la même diversité que précédemment. Chacun a sa personnalité, beaucoup sont passés par les drogues sous toutes leurs formes. Tous, comme n'importe quel adulte, ont mûri avec l'âge, et, plus ils sont âgés, plus ils sont stabilisés, mais avec les stigmates des produits qu'ils ont consommés et des bêtises qu'ils ont pu faire



   



Une bonne partie a réussi de façon autodidacte et en dépit du "non cadre" mis en place pour les adolescents qu'ils étaient. Parmi eux on trouve des gens qui ont leur entreprise, des associatifs, des commerciaux, des râleurs et des personnes repliées, très abimées, et qui n'ont toujours trouvé quelqu'un à qui parler parce que leur enfance "horrible" aurait justifié d'un accompagnement psychologique qu'ils n'ont jamais soupçonné.
portrait robot d'un ex-enfant sauvage à un âge adulte tardif


Toutes les études montrent que les prises en charges psychologiques précoces atténuent les effets néfastes des violences et des traumatismes, et favorise la conversion des troubles anxieux en exutoires constructifs. La création fait partie de ces exutoires thérapeutiques et au final des forces vives des populations. Actuellement le choix des exutoires se fait de façon circonstancielle, sans aide ni soutien médical ou paramédical, on y trouve donc aussi des conversions violentes, asociales ou des replis. La violence est destructrice, le repli n’est pas créatif. Les moyens sociaux se résument à la marginalisation vers ce qui ne saurait être qualifié autrement que de «classe poubelle» pour ado et préado. , Les moyens thérapeutiques se résument les tranquillisants médicaux ou de la rue: ritaline, cannabis voire héroïne. Les autres alternatives plus constructives, prises en charge psychologiques, accompagnement, sont rares, héroïques et tardives. Toutes ces solutions font partie d’un schéma social stérile qui a cours dans beaucoup de sociétés: ces personnes ne sont pas aidées correctement, ni pris en charge de façon constructive, mais ils sont mis dans la bonne case. Pourquoi réfléchir plus?

Un point commun chez ses personnes, beaucoup d'amertume et de rancoeurs qui souvent les ont amenées au "stage citoyenneté", et la découverte étonnée d'un endroit où on parle d'eux et où on les fait s'exprimer comme on aurait dû le faire avant de les mettre dans la section "enfants sauvages".

   
Si l'on fait bassement le coût financier de ces "non prises en charge" d'adolescents, des dépressions d'enseignants, des délits et des frais de justice divers, des conséquences médicales de la consommation de drogues, de ce qu'ils auraient pu être plus tôt s'ils avaient été correctement accompagnés (par les parents et par l'école), on se dit que la France est un pays riche qui a les moyens de se payer une école laïque, une école privée et une tiers école.

Publié le 07/02/2008 à 09:33
Par Docteur Gervaisot

 La mésaventure allèguée de la société générale avec un de ses traders n'est pas sans rappeler un ancien scandale ayant secoué le monde des goldens boys aux USA: Le grand public découvrait avec stupéfaction que ces chevaliers de la bourse étaient aussi des consommateurs insatiables de cocaïne. Leurs moyens financiers rendaient le produit trés accessible, et le produit leur donnait la pêche qui permettait de travailler 24 heures sur 24 sur toutes les places boursières de la planète, sans dormir ou presque (buziness is buziness). 

                     Outre l'aspect médical et l'espérance de vie réduite par les accidents cardiovasculaires qui finalement ne concernent que ces gens et les proches qui en feront le deuil, se pose le problème de la mégalomalie liée aux produits consommés. En effet, quand vous avez plus ou moins directement sous votre responsabilité les économies des personnes mille fois moins aisées que vous, et qui comptent sur celà pour assurer tout ou partie de leur retraite, si vous êtes psychorigide du fait de l'usage de produits qui n'ont jamais rendu personne plus intelligent qu'il n'était à la base, vous serez enclin à persister dans des placements boursiers là où aucun personne sensée n'aurait persévé.
Espérons pour nos économies que la médecine du travail recherche les "speeds" chez ces braves gens et les met en inaptitude professionnelle si elle en détecte, car en terme de risque pour soit même et pour les autres, il n'y a pas pire qu'un imbécile pragmatique.
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