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Addictologie sociale. "Pages ouvertes aux toxicomanes et à ceux qui les regardent"
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Publié le 02/01/2008
Par Docteur Gervaisot
 Le tabac ou plus exactement la nicotine est une drogue sociale. On l'utilise parce que c'est agréable, parce que ça réveille un peu, parce que ça occupe les doigts, ça donne une contenance, parce que parfois inconsciemment on ne se représente que sous tabac. C'est un beau produit à dépendance.
Comme c'est un petit "speed", il engendre une discrète hypertrophie du moi, et le consommateur garde longtemps la conviction de pouvoir s'arrêter quand on veut.

Tout le monde n'est pas décidé à arrêter la nicotine.Pour arrêter, il faut déjà être motivé. Il faut repèrer les motifs profonds de l'usage, il n'y en a jamais un seul, on vient de les citer, et il faut prendre un petit de distance avec, ou trouver des pis-aller si on veut s'en sortir. Ainsi pour la cigarette du matin, celle qui réveille, on va prendre un peu plus de café ou se coucher plus tôt (facile à dire..)
Quant aux médicaments et méthodes pour arrêter, il ne faut pas compter sur le médicament miracle qui épargnera de faire l'effort de résister aux besoins, pulsions et tentations, il n'existe pas. En outre aucune molécule sérieuse n'a montré plus d'efficacité qu'une autre, certaines font simplement plus de publicité. La motivation pour un produit est plus déterminante dans le sevrage que le produit lui-même, néanmoins le produit lui-même est toujours mieux que rien.

Une fois tout cela compris, une fois ces démarches faites dans votre tête et bien intégrées,une fois quelques échecs et errances assumées, il ne faudra pas faire partie des malchanceux qui, en dépit d'une excellente motivation, feront une dépression de sevrage, ils représentent tout de même un tiers des fumeurs si l'on en croit les statistiques.

Bref tout le monde ne va pas vouloir ou pouvoir arrêter de fumer ce premier janvier 2008, on ne sacrifie pas tous ses petits plaisirs au nom de la loi, et, du moment où l'on reste dans le raisonnable, heureusement!

Alors pour ceux qui vont souffrir de l'opprobre publique, les laboratoires pharmaceutiques ont déja pensé à quelques trucs pas gratuit bien sûr, qui permettront de passer de façon plus sereine les plages horaires difficiles. Retenir d'abord que comme la cigarette, les gommes nicotiniques agissent peu de temps, une demi heure. elles sont donc largement insuffisantes pour un voyage en avion et peu pratiques à machouiller au restaurant entre l'entrée et le plat de résistance. Le pain à la nicotine n'existant pas encore, il n'y a pas d'autre solution que de se mettre un patch une heure avant un repas ou un évènement un peu prolongé. Il ne faut pas oublier de le retirer aprés. C'est une alternative aux allers-retours pour fumer dehors, comportement mal vu en réunion de travail et peu raisonnable en avion ou en TGV. Les gommes nicotiniques seront suffisantes pour métros et bus.
Pour les réunions de travail, une alternative intéressante à la nicotine, c'est la réunion instructive et non stressante, elle a l'avantage de ne pas être soporifique et de ne pas engendrer le besoin de se faire un petit plaisir "de consolation", le besoin de nicotine s'y fait oublier. Ce type de réunion n'est pas encore dans les traditions françaises, mais serait à développer.
Pour les travaux minutieux qui exigent beaucoup d'attention, l'apport nicotinique de la gomme peut être très utile. En outre, il libère les mains, avantage fondamental qui pourrait être une motivation supplémentaire pour remplacer la cigarette par ces substituts lors de ces activités..

Encore deux remarques:
- Les substituts nicotiniques n'existent pas qu'en patchs et en gommes mais aussi en comprimés sous forme de molécules agissant comme la nicotine sur les récepteurs nicotiniques.Si la démarche de les proposer dans ce contexte n'existe pas encore, ne rêvons pas, le créneau sera vite occupé. Ce sera à minima implicitement proposé; A savoir une couverture d'une dizaine d'heures. Ces produits qui coûtent deux fois plus chers que la nicotine en patch sont très pratiques chez les gens poilus ou allergiques à la colle des patchs.
- Enfin on constate souvent beaucoup de surdosages avec ces produits, certaines personnes surestiment leur consommation de nicotine. Ils arrêtent les substituts prématurément ou consultent en urgence pour palpitations, énervements, démangeaisons et parfois bouffées de chaleur: cela s'appelle un surdosage en nicotine. Dans ce cas, le plus simple en cas d'usage de patch est de le couper en deux sans tenir compte des réserves mis dans le mode d'emploi (ne pas couper le patch). Un patch fait deux jours et c'est tout bénéf! Remettre un patch déjà utilisé quelques heures peut poser un problème de sous dosage, mais le sous dosage en nicotine n'a jamais tué personne.

Pour terminer, on pourra toujours se procurer un "snus" ou un "lösnus" en Suéde ou Norvège. C'est du tabac en sachet que l'on se met sous la lèvre supérieure. Cette pratique s'est développée aprés l'interdiction de fumer dans les lieux publique en 2005.
 

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