Le mot "addiction" a été emprunté il y a une dizaine d'années aux Anglo-saxons pour palier aux insuffisances et à l'ambiguïté du mot francophone "toxicomanie". Lorsque l'on regarde dans un dictionnaire anglais/français le sens du mot "addiction", on trouve en général comme traduction "toxicomanie". L'étymologie de ce vocable est en réalité latine: ad - diction = diction en dedans. Le mot avait au moyen âge traversé la Manche. Il appartenait au vocabulaire notarial et désignait une contrainte morale. Si l'on veut donc prononcer correctement ce mot, il faut donc non pas utiliser les intonations anglo-saxonnes mais des intonations "vieux françois".
Utiliser un anglicisme pour définir une notion qui n'existe pas dans le vocabulaire français n'est pas à mon sens ridicule. Après tout, on verra sans doute bientôt le terme "addiction" dans les dictionnaires Anglais/Français traduit par "addiction", ce qui est en soit une fin très raisonnable. Par contre utiliser des termes anglo-saxon pour remplacer des mots ou des formules francophones explicites relève parfois du ridicule lorsque l'on connait le sens du terme anglo-saxon. Ainsi le terme "syndrome d'épuisement professionnel" est souvent remplacé dans des publications ou discours francophones par le terme "burnout". "Burnout" signifie très approximativement "gravure extérieure", on est dans "l'imagé", pas dans l'explicite. Dans le même esprit, la formule francophone "syndrome d'épuisement professionnel" pourrait très bien se traduire par une image: "burnes H.S" Pourquoi aller chercher "burnout".
Il n'y a pas de place pour "burnout" dans le langage francophone. Ceux qui trouvent laborieux de dire "j'ai un syndrome d'épuisement professionnel" peuvent se rabattre sur l'expression imagée: "j'ai les burnes H.S" (ou pour les canadiens francophones: "j'ai les gosses HS").
Simple, non!







