Nous revenons à la charge le lendemain, Dimanche 3 juin...
Cette journée était vraiment bien partie ! Je comptais aller au terrain vers 13h, comptant sur une météo identique à celle d’hier. Mais dès 10h, en me réveillant, le ciel était bien bleu, avec de petits cumulus par endroits. Je fils donc à Soissons pour 11h30, en mangeant mon casse croute pour ne pas devoir l’engloutir juste avant de décoller.
Beaucoup de voitures sont déjà sur le parking, tous sont à la réunion du bureau qui se tient aujourd’hui, je les attends au pied de la tour. J’ai pas mal de temps pour observer le ciel et les cumulus, ainsi que le Robin qui fait des tours de piste. Les nuages commencent à bien se former, certains sont même très appétissants !
La réunion se termine vers 13h, Denis part chercher des sandwichs, puis nous descendons ouvrir le hangar. Tous les monoplaces vont voler aujourd’hui : les 3 Pégases ; pour Jean-Bernard, Jérémy et Denis ; le LS3 pour Eric et l’Astir pour moi. Phil nous remorquera et partira avec Charles en K21 si un autre pilote remorqueur arrive. Didier partira en solo sur l’Alliance. On emmène tout en piste, et les premiers planeurs décollent vers 15h.
JB, parti le premier, grimpe très vite. Même pas 10 minutes après son largage, nous le voyons très haut (1000-1300m) partir vers Laon. Le ciel commence àse boucher au nord, le soleil à beaucoup chauffé. Ce n’est pas terrible…
Le remorquage de JB...
Je pars en dernier, ayant pris soin de fixer ma caméra pour filmer le décollage. Le vent est quasi nul au sol, mais une fois décollé je dois botter pas mal à gauche pour rester en ligne droite. Nous arrivons assez vite autour de 500m, et vers 650 Phil bat des ailes, je largue. Il me prévient par radio que je devrais prendre la pompe serré. Je cherche un peu, mais le ciel est bâché au dessus de moi. Au moindre mouvement positif du vario j’engage la spirale, serrée à 45° ou plus. Je gagne très péniblement 100m, et puis plus rien. Au mieux l’aiguille m’indique un petit 0, mais l’altimètre ne fait que descendre. Je tournais déjà au dessus de la zone de perte d’altitude, tant mieux. Mais je suis vexé de me poser si tôt. Entre temps, JB à fait demi tour à cause du ciel bouché au nord, et les quatre autre monoplaces on fait route au sud, vers Château-Thierry, ou le ciel est beaucoup plus dégagé.
Je me pose, et demande à repartir. Je dis à Didier de partir devant moi, puisqu’il est en piste et prêt et pensant qu’il y a quelqu’un pour lui tenir l’aile. Mais il me fait partir en premier, étant donné que je n’ai jamais décollé aile basse.
A nouveau en piste, mais cette fois je laisse l’appareil photo rangé. Papa Charlie est en ligne, et nous décollons à nouveau. Il met cette fois le cap au sud vers un bon gros nuage bien gris.
Tout à coup, j’entends quelque chose claquer, venant de l’avant. Et je vois défiler une goutte d’eau sur la verrière…. « ???? »
Quelques instants après, un autre « Clac », et puis encore plusieurs !!! Bordel, je vais quand pas non plus me ramasser de la flotte en plein vol, ça va pas le faire… Je me prépare même à une éventuelle annonce de retour au sol derrière le remorqueur. Finalement je n’aurais croisé que ces quelques gouttes, et je me largue dans une pompe assez généreuse. Je tourne dans du 1m/s de moyenne, le vario oscillant entre 0,5 et 1,5. Un peu plus tard j’aurais même des pointes à 2 puis 3m/s. Mais malheureusement l’espace d’une pauvre seconde malheureusement…
Les autres monoplaces sont aux alentours de Fère-en-Tardenois, sauf Jérémy qui a fait demi-tour au kilomètre 15, ne voulant pas se faire piéger. De mon côté, je suis monté jusqu’au plafond, environs 1100m, et comme hier, mon planeur glisse à la limite du nuage. L’ascendance est beaucoup plus prononcée au niveau du cumulus, car en ayant arrêté ma spirale et volant vers le terrain (pour ne pas se laisser trop dériver par le vent) je continue à traverser du 1m/s en positif…Mais en direction du terrain, aucun cumulus…et j’ai perdu 100m depuis mon plafond. Demi-tour, je vais un peu m’amuser sous le cumulus.
Le ciel se bouche autour du terrain...
Jérémy m’a rejoint, et spirale 100m en dessous de moi, et Didier est encore en dessous, peut-être 300m plus bas. Mais la pompe s’est effondrée, et on trouve très péniblement du 0,5m/s.Jérémy monte quasiment à mon niveau, et moi je perds et gagne successivement 50m…Bof bof tout ça. Didier à mis le cap sur le terrain, il n’est pas arrivé à grimper. Jérémy abandonne la partie aussi, et tente sa chance plus au nord-ouest. Il me prévient un peu plus tard qu’il est sous un cumulus à l’ouest du terrain. Je suis à 1000m, ça ne grimpe plus, j’y vais. Je reprends 4 gouttes pendant la transition, mais quand j’arrive, pas de cumulus, et mon altimètre indique 650m….J’ai traversé du -2m/s tout le long du trajet, comme Jérémy d’ailleurs.
Bon, je file en zone de perte d’altitude, et je croise le Pégase de ce dernier, 100m en dessous de moi, en vent arrière. Didier est déjà posé, le planeur est en bord de piste. Le Robin en tours de piste ne passe pas très loin, à peine plus haut que moi.
350m, je fais encore un tour en descente et j’y vais. J’ai attaqué ma vent arrière quasiment à la moitié, pas propre tout ça. Tant pis, je sortirais les aérofreins un peu plus tôt. Jérémy à dégagé la piste, je tiens 95km/h au badin, pour prévenir une éventuelle rafale de vent. Je me pose, pleins AF, manche au ventre et frein, et je peux dégager entre l’Alliance et le Pégase. Bon, un peu mieux que le premier vol…ça me fait une heure de vol au total……mais deux remorqués !
On ramène directement les planeurs au hangar, pas la peine de continuer avec un ciel pareil. On se dépêche de tout nettoyer et désarmer, au cas où on se prendrait un grain sur la tête. Aucune nouvelle pour le moment des autres monoplaces. Phil s’apprête à décoller avec Hervé pour un vol de contrôle. Un autre planeur est en vue, et se pose pas très longtemps après. C’est le LS3 avec Eric à son bord. Denis annonce à la radio qu’il se prépare à se vacher. Jean-Bernard est de retour dans le local du terrain, et se pose lui aussi peu de temps après.
Il ne reste que le K21 en l’air, et le ciel commence à se dégager et de nouveaux cumulus apparaissent. Il tiendra plus d’une heure.
Bilan de la journée : nous avons décollé trop tard sûrement, vers 13h aurait été l’idéal. Mais nous n’avions pas prévu que le ciel se boucherait.
Voici les images de la trace GPS de mon premier vol:
Sur cette dernière image on voit bien le larguage (1), puis l'ascendance et la dérive du vent, le moment ou j'ai voulu me recentrer (2) mais la pompe s'est estompée, puisque j'arrive en 3 suis avoir rencontré de mouvement ascendant.
Samedi 2juin, toutes les prévisions météo annoncent un grand beau temps, et une bonne journée vélivole.
9h30, ma chaine hi-fi s’allume, je me lève pour préparer mes affaires. Pascal, mon frère, se lève un peu plus tard. Il vient au terrain avec moi pour « réviser au calme », et accessoirement me filmer de puis le bord de piste. Ce sera finalement l’inverse.
Arrivée au terrain vers 11h15, il n’y a pour le moment que Jérémy et Déborah, ils ont déjà sorti le remorqueur. Le ciel est encore bien bâché, très brumeux. La visibilité ne doit pas excéder 5km. Par endroits, une déchirure laisse apparaître du bleu…Et un vent assez fort souffle du nord-nord est. Florent, Denis et quelques autres arrivent un peu plus tard.
Nous montons prendre les dernières prévisions, qui sont toutes très optimistes. Laurent va aller au meeting de Vatry avec son BOLO, et les trois Robin du club moteur sont de sortie ensembles.
On sort finalement les trois Pégases, l’Astir et l’Alliance. J’ai équipé l’Astir, et espère que le vent se calmera un peu, je n’aime pas trop les grosses rafales. On amène deux monoplaces en piste 25, puis les deux biplaces école, le K21 et l’Alliance. Deux Pégases resteront au hangar, leurs pilotes finalement découragés par la météo. Le Dimona décolle faire un tour de reconnaissance, pour « sonder » le microclimat Soissonnais. Florent décolle dans la foulée avec l’Alliance et Thomas à bord, mon Astir est aligné juste derrière. J’attendsl’appel radio de Florent pour me dire ou non de décoller.
L'Astir, prêt à partir...
En vol, Denis nous signale des rafales de vent à 40km/h. Florent se pose après 15 minutes de vol, en piste 07 cette fois, le vent a tourné. Je ne prendrais pas Hotel Papa pour le moment. Déménagement de tout le matériel à l’autre bout de piste, soit 700m. Une golfette ramène un planeur, et nous nous apprêtons à marcher avec tous les sac à dos. Jean nous propose de tout mettre dans le Rallye, et nous roulons vers la 07, chargés jusque sur les genoux de sac à dos, planche de vols et radios.
Florent n’est pas favorable à me laisser partir avec l’Astir, moi non plus. Vent plein travers, et ce taxi a la très fâcheuse tendance à vite partir en cheval de bois lorsque ça souffle. Je ne l’ai heureusement jamais expérimenté, mais c’est arrivé à un autre jeune.
Il me dit de patienter un peu, si le vent faiblit je décolle.
Les trois biplaces sont sortis, ainsi que B217, le seul monoplace à décoller aujourd’hui.
Denis est parti avec Jérémy en Janus, et sont de retour un quart d’heure après. Phil enchaine quelques VI sur l’Alliance, suivi par Momo. Florent rentre après 1h de vol avec son père, et me propose de partir en double avec quelqu’un, sur le Janus avec JB par exemple. J’accepte, lui aussi! Malheureusement Pascal s’est absenté et ne filmera donc pas le décollage de dehors. Mais j’embarque mon pied-ventouse pour l’appareil photo.
Nous mettons Hotel Bravo en piste, on enfile les parachutes et on s’installe, moi toujours à l’arrière. Premier changement par rapport à l’autre fois, il y a un coussin sur le siège. Ca sera plus confortable. Je cherche une bonne place pour fixer ma ventouse, essayant différents angles qui ne me gênent pas.
Décollage à 17h25, nous larguons à 500m. Nous farfouillons et grimpons rapidement jusqu’au plafond, environs 1300m sous ce cumulus. Je me suis pas mal concentré sur mon appareil photo, a chercher un endroit pas trop mal pour les prises de vues. JB arrête de spiraler juste sous le nuage, mais le reste de l’ascendance nous y fait entrer. Nous en ressortons face à l’ouest, au dessus de la brume et de la crasse, le soleil au dessus de nous, et un grand ciel bleu, entourés de part et d’autre de gros cumulus. Quel spectacle grandiose !! Le même lorsque l’on émerge de la couche en avion de ligne à quelques milliers de pieds d’altitude !
Tout simplement magnifique, un vrai moment de bonheur pour les yeux !
JB me passe les commandes, et on met le cap sur le cumulus devant nous, face au vent. On cherche une pompe, et je mets en virage. Mais j’ai vraiment du mal. Soit mon fil de laine part vraiment n’importe comment, soit ma vitesse grimpe très vite. Je me suis retrouvé plein de fois le fil de laine à 45° à droite ou à gauche, et le badin à 120 au lieu de 90. Ce bestiau est sacrément dur à piloter !! Mais ça force à bien faire, c’est une bonne école.
J’arrive tout de même à faire quelques spirales à la bonne vitesse et mon fil de laine parfaitement droit….mais dans du 0 ou +0,5m/s…… ! Y a encore du boulot, j’vous l’dis !!
Nous spiralons un peu avec Thomas, relâché sur Pégase, et aussi avec pas mal d’hirondelles. Notre point le plus bas au cours du vol a été 850m. Nous restons la plupart au dessus de 1000m, laissant glisser nos ailes quasiment dans les nuages…
Le Pégase de Thomas...
Retour sur Soissons, et j’engage le planeur dans une pompe. La vitesse est bonne, le fil de laine aussi. Et le vario grimpe fort, entre 1,5 et 3m/s à chaque tour !!! On grimpe comme ça jusqu’au nuage encore une fois (1000m celui la), puis JB me dit « On va sortir de la spirale et prendre cap au nord, on est dans les barbules la ». On repart un peu vers l’ouest, faisons le tour des nuages, mais les pompes s’évanouissent…la fin de journée arrive. Nous perdons doucement notre altitude, mettons le cap sur la ville puis sur le terrain.
En spirale descendante au dessus de Soissons...
J’installe la ventouse de l’appareil photo de manière a bien filmer l’approche, et nous voila posés à 19h20, soit 1h55 de vol. Et je n'ai même pas été malade cette fois!!
Je n’ai pas volé sur monoplace, mais je ne regrette aucunement. Au vu du vent, je me serais peut-être plus fait peur qu'autre chose. Et puis je n’aurais certainement pas eu la magnifique spectacle auquel j’ai eu droit, des fines ailes du planeur glissant à la limite des barbules des nuages. Il faut le vivre pour comprendre !
On ne s’est pas vraiment donné rendez-vous en ce jeudi. Il y avait hier Phil, J-B, Michel, Henry et J-J au terrain, mais la météo pourrave nous a fait repartir chez nous vers 16h. Seul Michel à dit « A demain, si il fait beau ».
Aujourd’hui il fait beau, je pars donc de chez moi vers 13h. Sur la route, presque à mi-chemin, je vois un avion sur ma droite. Dérive arrondie, moteur en étoile,c’est Michel ! Il vient avec son Cessna. Je n’accélère pas trop, car plus trop d’essence dans la voiture. Si la loupiotte de réserve s’allume avant Villers-Cotterêts je m’y arrête.
J’arrive au terrain sans escale, et il n’y a que le C195 devant moi. Personne d’autre n’a prévu de venir. On passe des coups de fil à droite à gauche….D’abord un remorqueur, sinon, pas de vol à voile. Phil ne peut pas, on appelle Jean qui arrive 30min plus tard, nous remorque et s’en ira. Bon, avec d’autres pilotes ce sera pus drôle. Henry ne peut pas, J-J est injoignable, Momo est trop loin, mais J-B répond présent. Trois pilotes pour la journée.
Michel et moi descendons dans le hangar, on ouvre les portes et commencons à sortir les planeurs. Je prendrais l’Astir, lui un Pégase, le B217. Le LS3 étant au fond derrière deux biplaces, nous nous disons que J-B prendra l’autre Pégase très facile d’accès. On commence par sortir le Rallye, puis le Dimona. Vient ensuite l’Astir. Pouah, ses ailes sont vraiment dégueulasses ! Au menu, de la poussière, quelques brins d’herbe….Il aura droit à un petit nettoyage avant le vol. Le Pégase est sorti lui aussi, non sans une petite manœuvre. On emmène déjà mon Hotel Papa en piste, la 25. Pas de chance, faudra marcher aujourd’hui. Nous revenons au hangar, J-B et Jean sont arrivés. On sort le deuxième Pégase, et on emmène tout ça en piste.
Les trois planeurs en piste, moi devant "mon Astir"
Je fais ma prévol. La première que je fais vraiment depuis 2 ans. Mais j’avais suivi Florent pendant qu’il en faisait une, et ça m’est revenu tout seul. Rien à signaler, pas de chocs, tout tient bien en place.
Michel est installé, il part le premier. J’accroche le cable au remorqueur, Papa Charlie, et je file vers mon Hotel Papa. Michel décolle, je m’installe. J-B me tiendra l’aile, et il décollera au centre de la piste, aile posée par terre. Ca fait deux ans que je ne me suis pas installé aux commandes de l’Astir. J’ai la même sensation que lors de mon premier vol dessus. L’instructeur me disait que ca vole comme le biplace, mais c’est une machine nouvelle pour moi. Et comme c’est un monoplace, pas de double possible, on est laché avec les fauves en somme. On se sent un peu comme les pilotes d’essai, qui dès ce premier vol sur l’oiseau vont le découvrir, apprendre ses réactions…Mais les réflèxes reviennent vite. Compensateur aux 2/3 arrière, je me tasse au fond de mon siège et c’est parti. Aérofreins rentrés et verrouillés, pouce levé, et le remorqueur met les gaz.
Le badin grimpe…40, 50, 60km/h, je pousse déjà un peu sur le manche pour me mettre en ligne de vol…j’attends 80 pour tirer doucement en arrière et rester à 1 ou2m au dessus du sol. Le remorqueur décolle lui aussi, et nous voila à 120-130km/h en montée. On passe par quelques ascendances…Le vent est quasi-nul, venant du nord-nord ouest. Je me largue vers 650m, mais sur le coup je pensais avoir fait le mauvais choix. J’ai senti la masse d’air pousser sous moi, mais après avoir décroché le cable, pas grand-chose…En plus de ça, de la buée s’est formée en un instant sur ma verrière, je vois plus rien devant moi. Vite la ventilation ! Tu parles, le planeur au soleil avant le décollage, et maintenant il fait entre 16 et 20°C, et j’avais fermé ma vitre latérale pour mieux entendre la radio.
J’allume le vario électrique et je spirale. Je déserre quand mon vario passe positif puis hop, remise en virage. J’en tiens une timide, pas plus d’1m/s, mais je tiens et je grimpe jusqu’à 800m.
J’ai du mal a faire des mises en virage propres avec ce planeur, je crois que je mets trop de pied. En faisant un virage à droite, je constate que le palonnier droit est plus « dur » que le gauche, alors qu’au sol on ne sent pas de différence. Mais j’ai toujours connu ça sur ce planeur.
En fait, je passe mon vol à aller et venir entre deux cumulus qui naissent et meurent à tour de rôle. L’un est pile dans l’axe de la piste, l’autre est un peu plus au nord. Dès que j’arrive au plafond je file sous l’autre nuage, et ainsi de suite. Et on voit comme ça la vie des nuages. Une barbulle apparaît, on va spiraler dessous, et le nuage formé en quelques minutes se désagrège ensuite, et disparait. Ainsi va la vie pourrait-on se dire. JB vient spiraler un petit moment avec moi, et file vers l'est.
J’ai fait quelques erreurs pendant ce vol, qui m’auront sûrement été « fatales » Je n’ai pas attendu d’arriver au plafond pour aller chercher une autre ascendance. Et en arrivant sous le nuage, rien. Sans compter l’altitude perdue lors de la transition…Donc retour illico-presto sous le nuage précédent, s’il n’a pas disparu entre-temps…
Et une fois de trop, j’ai voulu être trop téméraire, « espérer une bonne pompe ». 500m à l’alti, rien. Cap sur la zone de perte d’altitude, au dessus d’une ferme. Avec un peu de chance ça déclenchera quelque chose. Mon vario fait effectivement un petit bond dans le positif, le temps d’enrouler ma spirale et ça dégringole à nouveau. Bilan de mon tour : j’ai perdu de l’altitude. 400m, je continue à descendre. J’entemmerai ma prise de terrain juste avant 300m.
Sortie de virage, un DR400 est passé en dessous un peu plus loin, et vient de s’annoncer en vent arrière. Il fait des tours de piste. J’entamme ma vent arrière, je me dis que si mon vario bondit, je tente. Si le tour est positif, j’essaie de raccrocher. Si négatif, je continue ma prise de terrain. Je sens une poussée venant d’en dessous, mise en virage, mais la vario ne bouge pas de son -1m/s. Coup d’œil sur l’alti peu avant de boucler mon tour : bilan négatif. Je m’annonce à la radio « Soissons, planeur Hotel Papa en vent arrière pour la 25, j’ai visuel sur le DR400 en début de base ».
La piste est sous mon aile, je vire en base, et je m’annonce. Je vois le DR400 en finale qui entamme un 360 par sa gauche, il m’a donc vu. Je sors mes AF, et vais chercher un petit 90km/h. Je vise la petite bande blanche au milieu de la piste, je tiens mon 90. Arrondi, pleins AF…le planeur flotte à quelques centimètres du sol, la vitesse baisse. Je maintiens le nez légèrement levé et la roue touche l’herbe. Manche au ventre, frein et je dégage la piste pour la laisser au Robin. A peine arrêté, j’entends JB a la radio : il est grimpé à 1100m !!
Je ne suis pas mécontent de ce vol.
Le décollage s’est très bien passé, j’espérais faire plus d’une heure de vol, j’en ai fait 1h25, j’aurais aimé faire plus encore, mais mes erreurs m’ont couté de l’altitude, et ça ne pardonne pas. L’atterrissage était impeccable à mon gout.
Michel et JB se sont posés une heure après moi. Rangement des machines, femeture, et tout le monde rentre chez soi.
Un article un peu hors-sujet, puisque ce n'est pas en planeur que j'ai fait ce vol
Jusqu’au dernier moment ce rendez-vous pouvait être annulé…
Je me lève à 6h30 et prends ma douche. Dehors, une couche de nuages blancs-grischapote la campagne Betzoise (tiens, ça donne Betz-Oise !). Vincent et Patrick sont déjà sur MSN, sûrement en train de parler de la météo. Autour de 7h, décision finale : GO !
Je range mon PC et je file vers la gare.
Deux heures plus tard, j’arrive à l’endroit du rendez-vous convenu avec Vincent, qui arrive une minute plus tard. Nous partons vers St-Cyr pour ce vol vers Persan-Beaumont.
Arrivée au terrain, Vincent sort les dernières prévisions, TEMSI et NOTAMs, et voila Patrick qui arrive.
On sort le Juliet Lima du hangar, Vincent fait la prévol sous l’œil de deux paires d’yeux attentifs, puis on s’installe à bord. Briefing avant décollage, mise en route et nous voila partis. Je voulais presque lancer un petit « Bora Tour, Echo Delta Mike au parking…. », mais je sais aussi garder mon sérieux J
On roule vers la 30 gauche, dernières vérifications moteur, pas d’alarme, les aiguilles sont dans le vert. La tour nous autorise à nous aligner derrière un DR221 en finale, puis au décollage une fois la piste dégagée.
115km/h, l’avion s’arrache de la bande de gazon et le Commandant Vincent va chercher les 130. Je trouve l’incidence assez élevée, mais l’avion grimpe vite et j’entends dans l’intercom « C’est une fusée ce 180ch ! ».
La visi n’est pas catastrophique, mais pas exceptionnelle non plus, et le plafond pas beaucoup plus haut que nous. Nous approchons de Pontoise, Vincent contacte l’approche et nous avons un code Transpondeur. Mais gros imprévu, on nous demande de monter à 2500ft pour le transit à la verticale. Or, nous somme à 1500ft et le plafond doit être à 1600…. Vincent le signale au contrôleur, qui nous fait passer par le point Echo.
Sortie de la zone de Pontoise, cap sur Persan-Beaumont. Très vite, on aperçoit des avions un peu partout autour de nous, autant dire que les yeux font pas mal de gymnastique. « Trafic à une heure. – Vu ! ».
On fait une verticale du terrain, puis l’intégration en prenant soi d’éviter les villages comme prescrit sur la VAC. Vincent pose l’avion sur la 28 dure, et on rejoint le parking ou nous attend Ludo.
Discussion au bar (de l’escadrille), coupée par un Baron au roulage vers la piste. « On joue vraiment pas dans la même ligue » lance Vincent. Tu m’étonnes….! Ca fait du bruit au décollage, mais qu’est ce que c’est beau !
Retour à l’avion, j’échange ma place avec Patrick, et je sors mon appareil photo. Je vais pouvoir mitrailler maintenant !
On roule vers la piste, même rituel avant-décollage…dernières checks, pas d’alarme, tout dans le vert.
On décolle, direction Pontoise puis St-Cyr. Le plafond est monté, et nous passons cette fois verticale du terrai avant de prendre cap vers le sud. Notre pilote est un peu malmené par le vent et les turbulences, mais s’en sort très bien !
Le vol a l’air de défiler à toute vitesse, je suis même surpris d’être déjà dans le circuit de St-Cyr. On se pose sur la 30 droite, et retour au parking.
Outre le plaisir que j’ai eu à faire ce vol (je dis pas ça pour rassurer Vincent ;-) ), j’ai plus retenu un aspect « technique » que la simple contemplation du paysage.
Déjà, ça m’a fait vraiment bizarre de piloter avec les pieds posés par terre, pas du tout naturel pour moi. Ensuite, l’avion était plus lourd aux commandes qu’un planeur, moins « agile », mais une demi-heure n’est pas non plus beaucoup pour se faire une opinion fiable je pense. Et surtout, je l’ai trouvé beaucoup moins stable qu’un planeur. Malgré les ailes courtes, je le sentais beaucoup plus balloté par les turbulences.
Voila pour l’aspect purement aéronautique.
Ensuite évidemment, la rencontre de deux amis, tous deux très sympathiques et chaleureux ! Vivement la prochaine !
Je n'ai pas pu mettre de photos ici, mais vous pouvez en voir sur les blogs
Une couche uniformément grise et basse bâche le ciel ce matin. J’hésite franchement à aller au terrain. Je saute sur mon ordinateur, et vais consulter les différentes prévisions météo. Météo France prévoit une journée ensoleillée, les prévisions vélivoles annoncent des thermiques purs, un ciel voilé et des pompes pas terribles.
Je m’habille finalement, et vais au terrain en passant par la Mairie de Betz. Sur la route, j’arrive à apercevoir des trous de bleu dans la masse de stratus. Un espoir….
J’arrive vers 9h45, peu de voitures au parking. Je me dis que vu le ciel, peu de monde. Je vois Michel, le gardien de la plate-forme. Selon lui, le voile devrait se lever et la journée ne devrait pas être si mal. Demain par contre, pas la peine d’espérer voler.
On ouvre le hangar, on sort les remorqueurs, et voila déjà l’heure du briefing. Comme ce que j’avais vu le matin, la prévision est plutôt bof-bof. Ciel voilé, peu de thermiques, pas d’espoir de cumulus a cause d’un point de rosée trop faible, donc masse d’air trop sèche. Le vent est toujours aussi fort, entre 10kt au sol, et 20 en altitude. Je ne m’attarde pas sur le circuit du jour, je me demande plutôt comment je vais arriver à faire mes 5 heures pour renouveler ma licence.
Didier me propose de faire un vol de contrôle avec Phil aujourd’hui, pour ne pas arriver en butée de licence. Comme ça, je n’aurais pas à galérer pour faire mes 5 heures.
Denis, co-organisateur du concours, me demande de l’aider pour la mise en piste des planeurs. On file donc en 25 avec sa voiture, prêts à placer les machines sur la grille. Ca se passe correctement, par moments un peu stressant (quand ils arrivent à 3 en même temps), et on veille à laisser une grande place pour l’ASH 25 et ses grandes plumes (celui qui concourt est une version 26,6m – d’envergure).
Je mange vite fait bien fait mon casse croute, et voila déjà l’heure du départ. Aujourd’hui, je serais sur la golfette afin d’aller chercher les planeurs qui n’ont pas réussi à accrocher. Seulement 3 se reposeront avant de repartir. Tous les planeurs enroulent des pompes tels des oiseaux, puis certains seulement s’en vont tourner leur circuit. C’est assez risqué vu la météo, et on commence à parier sur le nombre de vachés.
Un planeur fait son circuit et se pose, je file le chercher. Son pilote me dit que c’est difficile, et qu’en plus il a pris un gros trou pendant le décollage : tous ses instruments se sont décrochés, son PDA-GPS est mort. Il va prévenir Florent, et tout le monde part constater un gros trou d’environs 10cm de profondeur de 30cm de large sur le piste, du côté ou décollent les planeurs.
L’ASK21 est arrivé en piste entre temps, et Phil va partir en vol de contrôle avec Alain, puis ce sera à mon tour. 25 minutes plus tard, India Delta s’annonce en vent arrière. Je vais les chercher, et on réaligne le planeur sur la piste. J’enfile le parachute, l’écarte le harnais et je m’installe. Le dossier réglable et amovible est installé. D’habitude je vole sans, je n’en ai pas besoin a cause de ma taille. La, je me dis que ca gênera pas, il est ajusté au minimum. Je règle le palonnier, et je fais mon CRIS, checklist avant décollage. Le remorqueur démarre…
Je ferme la verrière, et je constate un peu angoissé que mes genoux touchent le tableau de bord. Bordel de siège, maintenant je sais que je dois absolument l’enlever pour voler sur ce taxi. J’essaie le débattement des commandes, ca va. Ca sera soit le compensateur, soit les aérofreins et largage. Mais comme on n’utilise pas ces commandes en même temps, ça va. Mais je me sens tout de même à l’étroit. Imaginez David Douillet ou un rugbyman conduisant un Austin Mini ou une Fiat 500, eh bien j’avais la même sensation !!
Le décollage se passe bien, je suis le remorqueur qui sautille sur les pompes 60m devant moi. Phil de dit de larguer à environs 700m. J’enroule la pompe, et monte lamentablement à 750m. J’essaie de me recentrer et trouve un truc pas mal, 1 à 2m/s. J’enroule, et je peine à remonter de 550 à 700m. L’Alliance, piloté par Bernard, arrive vers nous. On est au dessus de lui, mais je préfère sortir de ma pompe plutôt que de me retrouver au dessus de lui, sans le voir. Phil me dit que j’étais au dessus, que j’aurai pu continuer, mais j’ai tout de même bien fait de jouer la sécurité. Il me dit ensuite de faire un peu de maniement, et puis qu’on peut aller se poser. Il me pose deux-trois questions sur la hauteur et l’éloignement du terrain, en vue de préparer ma formation du vol en campagne.
J’annonce mon intention de commencer ma prise de terrain à 400m et à 100-105km/hà cause du vent fort. Il me dit que 300m sont largement suffisant. Bon, je fais un tour de plus dans la zone de perte d’altitude. Je commence à branche de vent arrière, il me demande ce que je fais si je suis ici à 150m. Je dis qu’à cette hauteur, je me pose en 07 malgré le vent. Il me fait remarquer que je peux aussi faire ma vent arrière plus près de la piste, et finir en PTU. Il me demande aussi quel champ je choisirais en dernier recours. Nous sommes déjà au milieu de la vent arrière, et s’est en l’entendant s’annoncer que je réalise que j’ai complètement zappé la radio. Je fais l’atterrissage, et tout de suite il prend les commandes pour dégager la piste au plus vite. On ouvre la verrière, et il remplit le sacrosaint papier jaune me permettant de renouveler ma licence. On retourne au bord de piste, je lui sors ma licence et mon carnet de vol. Michel, alias Hans, lui sort encore un compliment sur moi, à propos de notre vol dans son Cessna…quel flatteur !!
Le K21 repart avec Clémence, et Didier nous appelle signalant qu’il s’est vaché. Nous avons vu deux ou trois planeurs se vacher en direct, à environs 10km du terrain. Je vais faire le dépannage avec Christian. Au retour, Phil nous dit que l’épreuve au concours pour demain sera un triangle de 250km, épreuve de vitesse des voitures tractant les remorques des planeurs.
Le Duo Discus de Péronne qui se pose...
Je désarme l’India Delta, et le nettoie. Ses ailes sont pouraves, un petit coup d’éponge doit leur faire le plus grand bien !
Tout le matériel est rangé, et l’ASH25 est le seul concurrent parti en circuit à être rentré, après 5h de vol. Il nous gratifie d’un passage au dessus du terrain avant de se poser (je ne peux pas poster la vidéo...)