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Publié le 21/06/2007 à 11:41
Par Jean-Rémy

Belle météo depuis ce matin, des cumulus bien joufflus un peu partout. Un peu bas pour l’instant, mais il n’est que 10h, et les prévisions annoncent les cumulus bas pour le moment. Mais la base des nuages doit monter jusqu’à 1600m d’après les bulletins. En plus de pompes en moyenne autour de 2 à 3m/s, ça s’annonce plutôt bien ! Départ de la maison vers 13h15, j’observe le ciel (et la route aussi, de temps en temps…) : Les cumulus sont un peu montés, et un haut voile de cirrocumulus chapote tout ça. Pour l’instant il n’est pas très étalé, je me dis donc qu’il ne gênera pas trop.

Arrivée au terrain, je vois de loin le Dimona devant le hangar. Bernard et Jean-Bernard sont la. Nous sortons L’Alliance et le mettons sur le côté, il ne volera pas.

« Tu voles sur quoi toi ? Me dit Bernard

_ Je vais prendre l’Astir, tant qu’à faire. »

Voila donc l’Hotel Papa devant le hangar. Et voila Christian et Henri qui arrivent. Nous sortons ensuite le Janus pour Jean-Bernard et Henri, le K21 pour Christian, et le LS3 pour Bernard. Jean arrive un peu plus tard, il nous remorquera.

Je vais chercher un parachute et la batterie de l’Astir, et je fais ma prévol. Rien n’est cassé, rien d’anormal. On amène les planeurs en piste, le mien est en pole position. Je n’aime pas tellement partir le premier, mais bon. En marchant vers la piste 25, j’ai pensé que je pourrais me faire un circuit d’entrainement en local. Mais les quelques minutes de marche ne sont pas assez pour préparer ça correctement dans le GPS. Tant pis, je choisirais ma route en l’air en fonction des nuages… J’arrive devant mon planeur, je déroule le câble de remorquage, je mets ma licence, ma carte, une bouteille d’eau et mon appareil photo dans les poches de rangement, et j’entends Papa Charlie qui met en route. « Et merde » je me dis, il démarre déjà… J’enfile mon parachute, qui pour couronner le tout, est un modèle que je n’ai jamais mis. « Comment ça se met ce truc ? Ca ça vient la, ça ici, ok… »

Me voila sanglé dans mon cockpit, le câble est accroché, et le remorqueur est au point d’attente. Je ferme tout, je fais un CRIS, et je lève le pouce. J’aime pas quand c’est précipité comme ça…

« Papa Charlie alignement et décollage 25, remorquage planeur à Soissons ».

L’attelage roule, il est 14h45. Je maintiens l’axe, et j’abaisse le nez du planeur, pas trop pour ne pas frotter par terre. 80km/h, je tire doucement, et me voila tracté en rase-mottes, à peut-être 40-50cm de l’herbe de la piste. Le Rallye s’arrache à son tour, et nous voila en l’air tous les deux.

A peine la piste dépassée, il est happé dans une pompe assez virulente, à le voir monter. J’arrive dedans une seconde plus tard, et je grimpe sec moi aussi. Ouf ! Ca commence bien ! Un peu plus loin, c’est l’inverse. Mon vario indique un bon 2-3m/s en montée, quand le remorqueur s’effondre devant moi, passant dans une vraie dégueulante. C’est impressionnant, et instinctivement on pousse sur le manche pour ne pas être trop haut (=danger). Il m’est déjà arrivé de pousser si fort que les lanières de mon harnais sont venues virevolter devant mes yeux…un moment impressionnant et inoubliable ! Nous grimpons assez vite, nous voici déjà à 650m.

« Hotel Papa de Papa Charlie, je vais aller sous le gros paquet en face.

_ Hotel Papa, reçu. »

Je me prépare à larguer au battement d’aile, la main à côté de la poignée de larguage.

Nous voila sous le nuage, 700m, battement d’ailes, je largue. Le Rallye plonge vers le sol, et j’engage ma spirale. La pompe est timide, mais me fait tout de même monter vers 850m. Le vent vient du sud-sud ouest, je n’irais donc pas trop jouer au nord-est…Je monte péniblement à 900m, et je vois un cumulus bien développé plus au nord. J’y vais. Je tiens ma vitesse de finesse max, 95km/h. Sous ce cumulus, j’arrive au plafond, un peu moins de 1100m. Je vadrouille ensuite un peu autour de cette position, et je décide de tenter un petit circuit local. Partir au sud de mon local, vers Hartennes-et-Taux, puis revenir vers Tartiers, au nord-ouest de Soissons. Grosso modo, ça me fera un aller retour de 35km, et je pourrais ensuite continuer pour arriver à 50km. Partir vers l’ouest aurait été mieux compte tenu du vent, mais les cumulus y sont moins présents.

Je fais finalement un point bas à l’ouest de Soissons, 700m. Ca sent pas bon, je reviens au terrain, sur la pointe des pieds. Le LS3 est en dessous de moi, encore plus dans la panade… Je trouve finalement une pompe qui me remonte presque au plafond, et je décide de mettre le cap sur Hartennes, 15km devant moi. Il y a des beaux cumulus sur la route, je pourrais « ravitailler ». J’arrive au dessus de mon point de virage, à environs 1000m de hauteur.

TdB Astir

Je spirale à nouveau pour remonter, garder de l’eau sous la quille, en essayant de garder la vitesse de taux de chute minimum, 75km/h. Seulement, je sens le planeur amorcer une vrille quand je spirale autour de 75km/h, et moi je cherche à monter, pas à descendre…Je reste donc au dessus de 80 pour être tranquille…pourtant la vitesse de décrochage du bazar est de 60km/h.

Je remets le cap sur les cumulus entre moi et Soissons. Le K21 vient un peu tourner avec moi, puis je pars sous un beau cumulus juste à côté. La pompes est meilleure, j'informe le K21 que la pompe est plus vigoureuse, et que le cumulus au dessus de lui se désagrège. Nous entendons alors Bernard sur la fréquence: "J'aimerai bien en avoir moi, des pompes vigoureuses..."
Les deux autres planeurs sont du côté de St-Quentin et Chauny. J’arrive sur la ville, toujours autour de 1000m, mais il n’y a pas de cumulus au-delà. Je ne continue pas, me voila à 800m, je ne prends pas de risque inutile. Demi-tour, sous les nuages. Le K21 est en difficultés, il a voulu monter au nord, et se trouve à 400m au dessus de la ville. Il prévient qu’il fera une directe 25 si nécessaire. Pour ma part je tourne un peu à l’est du terrain, parfois dans des pompes timides.

Michel, le gardien de la plateforme nous appelle. Roissy vient de fermer la zone, nous n’avons droit plus qu’à 900m sol au lieu de 1500. Tant pis, on fera avec. Mais moi je ne ferai peut-être pas mes points de virage dans ce cas. Je croise le LS3, qui vient voler un peu en patrouille avec moi, profitant de ses passages rapides pour faire des photos.

LS3

Le LS3 et Bernard, qui prend une photo...

Asti

...que voici, de moi en Astir.

Nous spiralons un peu ensembles, puis il repart vers la ville. Je me trouve à l’est du terrain, à 900m. Bernard m’appelle, et me préviens qu’il n’y a aucune ascendance entre la ou je me trouve et le nord-ouest du terrain.

« Prends de l’élan si tu veux traverser ! »

Bigre…10km de vide ! Un coup d’œil à l’alti, je tiens une pompe qui semble s’essouffler un peu, et me voila à 950m. Je prends un peu de gras pour aller à l’ouest, face au vent, sous les cumulus que je vois au loin. Le voile de Cirrocumulus s’est avancé, et voile maintenant le soleil. La voila la source de nos ennuis !

Le LS3 s’annonce en vent arrière, et le Janus annonce qu’il va faire un passage bas au dessus du terrain. Il est dans l’axe de piste, à 3km. Je suis à sa gauche, 300m plus haut. Puis il pique pour prendre du badin, passe un peu à gauche de la piste et fait sa ressource avant de se poser lui aussi.

Je suis le dernier en l’air…Mais pas fier : je suis à environs 8km du terrain, 900m, et le vent de face. Ca va être très serré. J’essaie déjà de rallier le terrain, et si je ne descends pas trop, de rejoindre la ligne de cumulus en face de moi, sur la pointe des pieds, finesse max !! Je passe à la verticale du terrain, je suis à 650m, les cumulus sont à 4-5km de moi. Ca va être trop serré…J’avance un peu, si je ne rencontre rien à 500m, demi-tour. Mon vario fait un tout petit bond, mais retombe aussitôt, et me voila à 500m. Demi-tour, direction la zone de perte d’altitude. Je me laisse descendre lentement, et je me pose en piste 25, en touchant aux plots. Un bon atterrissage pour un vol que je trouve bon lui aussi.

 

Bilan de la journée : un bon vol, 2h35, le plus long de la journée ! Parti le premier, rentré le dernier. J’aurais essayé de grapiller de l’altitude dans des ascendances bof bof, et de faire un petit circuit, pour commencer… Le plus haut plafond a été 1200m, et j’ai eu des Vz à +4m/s.

Publié le 06/06/2007 à 23:35
Par Jean-Rémy

Journée bizarre aujourd’hui…

Arrivée au terrain vers midi, Bernard est déjà la, à bricoler sur son BSUS, et Christian s’affaire sur les remorques pour les Pégase.

Jean-Bernard, Alain et Henri arrivent un peu plus tard.

Le ciel est rempli de magnifiques cumulus, mais la manche a air est presque a l’horizontale et la direction fait des variations de presque 90°, passant du plein axe au plein travers de la piste 07. Ambiance bof, on pense que ça ne vaut pas le coup de sortir les monoplaces, et de toutes façons avec un vent comme ça, je préfère ne pas risquer un cheval de bois avec l’Astir.

Puis vient une accalmie…Consultation des prévisions météo, 10kt de vent du nord-nord est annoncé au sol, et jusqu’à 20kt en altitude. Un autre pilote est arrivé avec un VI à faire, et l’autre Christian en a aussi ramené un. On sort donc l’Alliance pour commencer…le reste, on verra plus tard. Jean-Bernard prendra le Janus avec Henri si le temps ne se dégrade pas, tandis que Christian, Alain et moi attendons.

Décollage de l’Alliance, nous lui demandons par radio comment est la masse d’air :
« C’est super bon ! »

Bon, peut-être on va décoller aussi alors. Alain va préparer le K21 et partira seul à bord, et lorsqu’il se posera, Christian repartira avec. Bernard me dit que je peux prendre l’Astir sans soucis, mais le Marchetti est dans le hangar, il faudrait le ressortir. « Pas grave, je prendrai l’Alliance dans ce cas ».

Les deux autres biplaces sont en piste, le Janus devant. Il décolle et prend visiblement très vite de la hauteur. Alain décolle juste après.

CHID_to

Alain au décollage...

Une petite demi-heure plus tard, je plaisante « Le janus doit être du côté d’Orléans maintenant…. »

Retour de l’Alliance, que prend Bernard pour l’autre VI. Après le décollage, nous le voyons passer vers le sud-ouest, pas très haut…il tourne un peu dans une hypothétique pompe qui ne le fera pas monter, puis se pose. Alain se pose peu après, tout juste avant que je décolle. Christian va prendre le K21 en solo lui aussi.

Alliance_finale

L'Alliance en finale...

Me voila donc dans l’Alliance, Hotel Quebec. Petite appréhension, car je n’aime pas vraiment ce planeur. Lourdaud aux commandes, le contraire du K21, qui lui est très vif. Appréhension également, car je n’ai pas volé sur ce planeur depuis….facilement 3-4 ans, et je n’ai volé que deux fois dessus. Mais basiquement c’est comme un K21…en plus « pataud » ! Bernard me dit simplement qu’il faut beaucoup plus lui lever le nez au décollage, pour le mettre sur le train principal.

La verrière est fermée, le câble accroché. Alain est joueur, et décide de me secouer l’aile en attendant que le remorqueur mette les gaz. Et me voila parti ! La tenue d’axe n’est pas difficile, mais c’est vrai qu’il faut bien lui tirer sur le museau pour décoller la roulette !! Ca tabasse pas mal, à peine décollés, nous traversons une grosse pompe. Premier virage, j’accompagne au manche, et l’Alliance s’incline mollement…

 

Je me largue autour de 650m, la pompe semble bonne. Je vario fait des bonds à 2m/s, mais ce sont plus des bulles d’air qu’une colonne d’air chaud. Je monte péniblement à 750m. Je reviens un peu vers le nord, le vent m’ayant entrainé vers le sud. Je retrouve une ascendance plus franche, qui me monte autour de 900m. Le K21 est plus à l’ouest, en spirale lui aussi, et sous un gros cumulus, bien développé verticalement.

Je mets le cap vers lui, et je me mets en spirale en dessous de lui. Je lui demande sa position car je ne le vois plus autour de moi, mais il est déjà parti vers un autre cumulus. Je grimpe tranquillement jusqu’à 1200m, parfois dans du 4m/s. Mon point le plus bas lors de ce vol sera environs 950m.

 

Alain nous appelle soudain à la radio, Roissy à fermé la zone. Nous n’avons donc plus droit qu’à 1050m de hauteur au lieu de 1500. Je suis à 1100 au moment de l’appel, en transition. Manche en avant, et je fonce vers le cumulus devant moi. Petite ressource dans une ascendance, mais je bloque autour de 950m. Le K21 est un peu plus au nord, et le Janus est au dessus de Soissons.

Un beau cumulus s’est formé à l’est, ou je me suis largué tout a l’heure. Je vais y tenter ma chance, mai je maintiens péniblement 750m. Je ne trouverai plus d’ascendance lors de ce vol.

J’aperçois l’India Delta au nord du terrain, il semble monter. Je le rejoins, mais je ne trouve rien. La fin du vol semble approcher, je mets le cap sur la zone de perte d’altitude, le K21 vole parallèlement à moi, environs 200m à ma gauche, un peu plus haut et sur une trajectoire convergente. C’est tout simplement superbe, même si ce n’est pas le plus gracieux des planeurs. Mon seul regret : ne pas avoir embarqué mon appareil photo !

 

J’arrive en zone de perte d’altitude à 350m, je fais un petit tour et entame ma vent arrière.

« Soissons, planeur Hotel Quebec en vent arrière pour la 07 ». J’arrive en fin de branche sans avoir perdu d’altitude, Christian qui s’est posé 10 minutes après moi à eu la même chose.

Je maintiens 100-105 à cause du vent, et je pose impeccablement l’Alliance, et je dégage la piste sur l’élan de la machine. J’ouvre la verrière, me revoilà sur le plancher des vaches, et non pas aux vaches ;). Je tapote doucement le planeur, « merci pour le vol mon gros » ! (Je sais, je parle aux avions, je suis bizarre….mais chez moi c’est naturel…).

alliance_arrondi

L'Alliance à l'arrondi...ce n'est pas mon vol, j'ai simplement pris la photo...


Tout le matériel est rangé, les housses sur les ailes, fermeture du hangar !

Publié le 03/06/2007 à 13:04
Par Jean-Rémy

Nous revenons à la charge le lendemain, Dimanche 3 juin...

Cette journée était vraiment bien partie ! Je comptais aller au terrain vers 13h, comptant sur une météo identique à celle d’hier. Mais dès 10h, en me réveillant, le ciel était bien bleu, avec de petits cumulus par endroits. Je fils donc à Soissons pour 11h30, en mangeant mon casse croute pour ne pas devoir l’engloutir juste avant de décoller.

Beaucoup de voitures sont déjà sur le parking, tous sont à la réunion du bureau qui se tient aujourd’hui, je les attends au pied de la tour. J’ai pas mal de temps pour observer le ciel et les cumulus, ainsi que le Robin qui fait des tours de piste. Les nuages commencent à bien se former, certains sont même très appétissants !


La réunion se termine vers 13h, Denis part chercher des sandwichs, puis nous descendons ouvrir le hangar. Tous les monoplaces vont voler aujourd’hui : les 3 Pégases ; pour Jean-Bernard, Jérémy et Denis ; le LS3 pour Eric et l’Astir pour moi. Phil nous remorquera et partira avec Charles en K21 si un autre pilote remorqueur arrive. Didier partira en solo sur l’Alliance. On emmène tout en piste, et les premiers planeurs décollent vers 15h.

JB, parti le premier, grimpe très vite. Même pas 10 minutes après son largage, nous le voyons très haut (1000-1300m) partir vers Laon. Le ciel commence à se boucher au nord, le soleil à beaucoup chauffé. Ce n’est pas terrible…

remorquage JB

Le remorquage de JB...

Je pars en dernier, ayant pris soin de fixer ma caméra pour filmer le décollage. Le vent est quasi nul au sol, mais une fois décollé je dois botter pas mal à gauche pour rester en ligne droite. Nous arrivons assez vite autour de 500m, et vers 650 Phil bat des ailes, je largue. Il me prévient par radio que je devrais prendre la pompe serré. Je cherche un peu, mais le ciel est bâché au dessus de moi. Au moindre mouvement positif du vario j’engage la spirale, serrée à 45° ou plus. Je gagne très péniblement 100m, et puis plus rien. Au mieux l’aiguille m’indique un petit 0, mais l’altimètre ne fait que descendre. Je tournais déjà au dessus de la zone de perte d’altitude, tant mieux. Mais je suis vexé de me poser si tôt. Entre temps, JB à fait demi tour à cause du ciel bouché au nord, et les quatre autre monoplaces on fait route au sud, vers Château-Thierry, ou le ciel est beaucoup plus dégagé.

Je me pose, et demande à repartir. Je dis à Didier de partir devant moi, puisqu’il est en piste et prêt et pensant qu’il y a quelqu’un pour lui tenir l’aile. Mais il me fait partir en premier, étant donné que je n’ai jamais décollé aile basse.


A nouveau en piste, mais cette fois je laisse l’appareil photo rangé. Papa Charlie est en ligne, et nous décollons à nouveau. Il met cette fois le cap au sud vers un bon gros nuage bien gris.

Tout à coup, j’entends quelque chose claquer, venant de l’avant. Et je vois défiler une goutte d’eau sur la verrière…. « ???? »

Quelques instants après, un autre « Clac », et puis encore plusieurs !!! Bordel, je vais quand pas non plus me ramasser de la flotte en plein vol, ça va pas le faire… Je me prépare même à une éventuelle annonce de retour au sol derrière le remorqueur. Finalement je n’aurais croisé que ces quelques gouttes, et je me largue dans une pompe assez généreuse. Je tourne dans du 1m/s de moyenne, le vario oscillant entre 0,5 et 1,5. Un peu plus tard j’aurais même des pointes à 2 puis 3m/s. Mais malheureusement l’espace d’une pauvre seconde malheureusement…

Les autres monoplaces sont aux alentours de Fère-en-Tardenois, sauf Jérémy qui a fait demi-tour au kilomètre 15, ne voulant pas se faire piéger. De mon côté, je suis monté jusqu’au plafond, environs 1100m, et comme hier, mon planeur glisse à la limite du nuage. L’ascendance est beaucoup plus prononcée au niveau du cumulus, car en ayant arrêté ma spirale et volant vers le terrain (pour ne pas se laisser trop dériver par le vent) je continue à traverser du 1m/s en positif…Mais en direction du terrain, aucun cumulus…et j’ai perdu 100m depuis mon plafond. Demi-tour, je vais un peu m’amuser sous le cumulus.

ciel bouché

Le ciel se bouche autour du terrain...


Jérémy m’a rejoint, et spirale 100m en dessous de moi, et Didier est encore en dessous, peut-être 300m plus bas. Mais la pompe s’est effondrée, et on trouve très péniblement du 0,5m/s. Jérémy monte quasiment à mon niveau, et moi je perds et gagne successivement 50m…Bof bof tout ça. Didier à mis le cap sur le terrain, il n’est pas arrivé à grimper. Jérémy abandonne la partie aussi, et tente sa chance plus au nord-ouest. Il me prévient un peu plus tard qu’il est sous un cumulus à l’ouest du terrain. Je suis à 1000m, ça ne grimpe plus, j’y vais. Je reprends 4 gouttes pendant la transition, mais quand j’arrive, pas de cumulus, et mon altimètre indique 650m….J’ai traversé du -2m/s tout le long du trajet, comme Jérémy d’ailleurs.

Bon, je file en zone de perte d’altitude, et je croise le Pégase de ce dernier, 100m en dessous de moi, en vent arrière. Didier est déjà posé, le planeur est en bord de piste. Le Robin en tours de piste ne passe pas très loin, à peine plus haut que moi.


350m, je fais encore un tour en descente et j’y vais. J’ai attaqué ma vent arrière quasiment à la moitié, pas propre tout ça. Tant pis, je sortirais les aérofreins un peu plus tôt. Jérémy à dégagé la piste, je tiens 95km/h au badin, pour prévenir une éventuelle rafale de vent. Je me pose, pleins AF, manche au ventre et frein, et je peux dégager entre l’Alliance et le Pégase. Bon, un peu mieux que le premier vol…ça me fait une heure de vol au total……mais deux remorqués !

On ramène directement les planeurs au hangar, pas la peine de continuer avec un ciel pareil. On se dépêche de tout nettoyer et désarmer, au cas où on se prendrait un grain sur la tête. Aucune nouvelle pour le moment des autres monoplaces. Phil s’apprête à décoller avec Hervé pour un vol de contrôle. Un autre planeur est en vue, et se pose pas très longtemps après. C’est le LS3 avec Eric à son bord. Denis annonce à la radio qu’il se prépare à se vacher. Jean-Bernard est de retour dans le local du terrain, et se pose lui aussi peu de temps après.


Il ne reste que le K21 en l’air, et le ciel commence à se dégager et de nouveaux cumulus apparaissent. Il tiendra plus d’une heure.

Bilan de la journée : nous avons décollé trop tard sûrement, vers 13h aurait été l’idéal. Mais nous n’avions pas prévu que le ciel se boucherait.

Voici les images de la trace GPS de mon premier vol:


trace1


trace2

trace3
Sur cette dernière image on voit bien le larguage (1), puis l'ascendance et la dérive du vent, le moment ou j'ai voulu me recentrer (2) mais la pompe s'est estompée, puisque j'arrive en 3 suis avoir rencontré de mouvement ascendant.


Petite vidéo du premier vol - 9min30

Visible en grand ici: Astir over Soissons/
Publié le 02/06/2007 à 20:02
Par Jean-Rémy

Samedi 2juin, toutes les prévisions météo annoncent un grand beau temps, et une bonne journée vélivole.

9h30, ma chaine hi-fi s’allume, je me lève pour préparer mes affaires. Pascal, mon frère, se lève un peu plus tard. Il vient au terrain avec moi pour « réviser au calme », et accessoirement me filmer de puis le bord de piste. Ce sera finalement l’inverse.

Arrivée au terrain vers 11h15, il n’y a pour le moment que Jérémy et Déborah, ils ont déjà sorti le remorqueur. Le ciel est encore bien bâché, très brumeux. La visibilité ne doit pas excéder 5km. Par endroits, une déchirure laisse apparaître du bleu…Et un vent assez fort souffle du nord-nord est. Florent, Denis et quelques autres arrivent un peu plus tard.

Nous montons prendre les dernières prévisions, qui sont toutes très optimistes. Laurent va aller au meeting de Vatry avec son BOLO, et les trois Robin du club moteur sont de sortie ensembles.

On sort finalement les trois Pégases, l’Astir et l’Alliance. J’ai équipé l’Astir, et espère que le vent se calmera un peu, je n’aime pas trop les grosses rafales. On amène deux monoplaces en piste 25, puis les deux biplaces école, le K21 et l’Alliance. Deux Pégases resteront au hangar, leurs pilotes finalement découragés par la météo. Le Dimona décolle faire un tour de reconnaissance, pour « sonder » le microclimat Soissonnais. Florent décolle dans la foulée avec l’Alliance et Thomas à bord, mon Astir est aligné juste derrière. J’attends l’appel radio de Florent pour me dire ou non de décoller.

Astir

L'Astir, prêt à partir...


En vol, Denis nous signale des rafales de vent à 40km/h. Florent se pose après 15 minutes de vol, en piste 07 cette fois, le vent a tourné. Je ne prendrais pas Hotel Papa pour le moment. Déménagement de tout le matériel à l’autre bout de piste, soit 700m. Une golfette ramène un planeur, et nous nous apprêtons à marcher avec tous les sac à dos. Jean nous propose de tout mettre dans le Rallye, et nous roulons vers la 07, chargés jusque sur les genoux de sac à dos, planche de vols et radios.

Florent n’est pas favorable à me laisser partir avec l’Astir, moi non plus. Vent plein travers, et ce taxi a la très fâcheuse tendance à vite partir en cheval de bois lorsque ça souffle. Je ne l’ai heureusement jamais expérimenté, mais c’est arrivé à un autre jeune.

Il me dit de patienter un peu, si le vent faiblit je décolle.

Les trois biplaces sont sortis, ainsi que B217, le seul monoplace à décoller aujourd’hui.

Denis est parti avec Jérémy en Janus, et sont de retour un quart d’heure après. Phil enchaine quelques VI sur l’Alliance, suivi par Momo. Florent rentre après 1h de vol avec son père, et me propose de partir en double avec quelqu’un, sur le Janus avec JB par exemple. J’accepte, lui aussi! Malheureusement Pascal s’est absenté et ne filmera donc pas le décollage de dehors. Mais j’embarque mon pied-ventouse pour l’appareil photo.

Nous mettons Hotel Bravo en piste, on enfile les parachutes et on s’installe, moi toujours à l’arrière. Premier changement par rapport à l’autre fois, il y a un coussin sur le siège. Ca sera plus confortable. Je cherche une bonne place pour fixer ma ventouse, essayant différents angles qui ne me gênent pas.

Décollage à 17h25, nous larguons à 500m. Nous farfouillons et grimpons rapidement jusqu’au plafond, environs 1300m sous ce cumulus. Je me suis pas mal concentré sur mon appareil photo, a chercher un endroit pas trop mal pour les prises de vues. JB arrête de spiraler juste sous le nuage, mais le reste de l’ascendance nous y fait entrer. Nous en ressortons face à l’ouest, au dessus de la brume et de la crasse, le soleil au dessus de nous, et un grand ciel bleu, entourés de part et d’autre de gros cumulus. Quel spectacle grandiose !! Le même lorsque l’on émerge de la couche en avion de ligne à quelques milliers de pieds d’altitude !

Tout simplement magnifique, un vrai moment de bonheur pour les yeux !

JB me passe les commandes, et on met le cap sur le cumulus devant nous, face au vent. On cherche une pompe, et je mets en virage. Mais j’ai vraiment du mal. Soit mon fil de laine part vraiment n’importe comment, soit ma vitesse grimpe très vite. Je me suis retrouvé plein de fois le fil de laine à 45° à droite ou à gauche, et le badin à 120 au lieu de 90. Ce bestiau est sacrément dur à piloter !! Mais ça force à bien faire, c’est une bonne école.

J’arrive tout de même à faire quelques spirales à la bonne vitesse et mon fil de laine parfaitement droit….mais dans du 0 ou +0,5m/s…… ! Y a encore du boulot, j’vous l’dis !!


Nous spiralons un peu avec Thomas, relâché sur Pégase, et aussi avec pas mal d’hirondelles. Notre point le plus bas au cours du vol a été 850m. Nous restons la plupart au dessus de 1000m, laissant glisser nos ailes quasiment dans les nuages…

Thomas_Pégase

Le Pégase de Thomas...


Retour sur Soissons, et j’engage le planeur dans une pompe. La vitesse est bonne, le fil de laine aussi. Et le vario grimpe fort, entre 1,5 et 3m/s à chaque tour !!! On grimpe comme ça jusqu’au nuage encore une fois (1000m celui la), puis JB me dit « On va sortir de la spirale et prendre cap au nord, on est dans les barbules la ». On repart un peu vers l’ouest, faisons le tour des nuages, mais les pompes s’évanouissent…la fin de journée arrive. Nous perdons doucement notre altitude, mettons le cap sur la ville puis sur le terrain.

cathédrale_soissons

En spirale descendante au dessus de Soissons...


J’installe la ventouse de l’appareil photo de manière a bien filmer l’approche, et nous voila posés à 19h20, soit 1h55 de vol. Et je n'ai même pas été malade cette fois!!


Je n’ai pas volé sur monoplace, mais je ne regrette aucunement. Au vu du vent, je me serais peut-être plus fait peur qu'autre chose. Et puis je n’aurais certainement pas eu la magnifique spectacle auquel j’ai eu droit, des fines ailes du planeur glissant à la limite des barbules des nuages. Il faut le vivre pour comprendre !


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