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Publié le 02/06/2007 à 20:02
Par Jean-Rémy

Samedi 2juin, toutes les prévisions météo annoncent un grand beau temps, et une bonne journée vélivole.

9h30, ma chaine hi-fi s’allume, je me lève pour préparer mes affaires. Pascal, mon frère, se lève un peu plus tard. Il vient au terrain avec moi pour « réviser au calme », et accessoirement me filmer de puis le bord de piste. Ce sera finalement l’inverse.

Arrivée au terrain vers 11h15, il n’y a pour le moment que Jérémy et Déborah, ils ont déjà sorti le remorqueur. Le ciel est encore bien bâché, très brumeux. La visibilité ne doit pas excéder 5km. Par endroits, une déchirure laisse apparaître du bleu…Et un vent assez fort souffle du nord-nord est. Florent, Denis et quelques autres arrivent un peu plus tard.

Nous montons prendre les dernières prévisions, qui sont toutes très optimistes. Laurent va aller au meeting de Vatry avec son BOLO, et les trois Robin du club moteur sont de sortie ensembles.

On sort finalement les trois Pégases, l’Astir et l’Alliance. J’ai équipé l’Astir, et espère que le vent se calmera un peu, je n’aime pas trop les grosses rafales. On amène deux monoplaces en piste 25, puis les deux biplaces école, le K21 et l’Alliance. Deux Pégases resteront au hangar, leurs pilotes finalement découragés par la météo. Le Dimona décolle faire un tour de reconnaissance, pour « sonder » le microclimat Soissonnais. Florent décolle dans la foulée avec l’Alliance et Thomas à bord, mon Astir est aligné juste derrière. J’attends l’appel radio de Florent pour me dire ou non de décoller.

Astir

L'Astir, prêt à partir...


En vol, Denis nous signale des rafales de vent à 40km/h. Florent se pose après 15 minutes de vol, en piste 07 cette fois, le vent a tourné. Je ne prendrais pas Hotel Papa pour le moment. Déménagement de tout le matériel à l’autre bout de piste, soit 700m. Une golfette ramène un planeur, et nous nous apprêtons à marcher avec tous les sac à dos. Jean nous propose de tout mettre dans le Rallye, et nous roulons vers la 07, chargés jusque sur les genoux de sac à dos, planche de vols et radios.

Florent n’est pas favorable à me laisser partir avec l’Astir, moi non plus. Vent plein travers, et ce taxi a la très fâcheuse tendance à vite partir en cheval de bois lorsque ça souffle. Je ne l’ai heureusement jamais expérimenté, mais c’est arrivé à un autre jeune.

Il me dit de patienter un peu, si le vent faiblit je décolle.

Les trois biplaces sont sortis, ainsi que B217, le seul monoplace à décoller aujourd’hui.

Denis est parti avec Jérémy en Janus, et sont de retour un quart d’heure après. Phil enchaine quelques VI sur l’Alliance, suivi par Momo. Florent rentre après 1h de vol avec son père, et me propose de partir en double avec quelqu’un, sur le Janus avec JB par exemple. J’accepte, lui aussi! Malheureusement Pascal s’est absenté et ne filmera donc pas le décollage de dehors. Mais j’embarque mon pied-ventouse pour l’appareil photo.

Nous mettons Hotel Bravo en piste, on enfile les parachutes et on s’installe, moi toujours à l’arrière. Premier changement par rapport à l’autre fois, il y a un coussin sur le siège. Ca sera plus confortable. Je cherche une bonne place pour fixer ma ventouse, essayant différents angles qui ne me gênent pas.

Décollage à 17h25, nous larguons à 500m. Nous farfouillons et grimpons rapidement jusqu’au plafond, environs 1300m sous ce cumulus. Je me suis pas mal concentré sur mon appareil photo, a chercher un endroit pas trop mal pour les prises de vues. JB arrête de spiraler juste sous le nuage, mais le reste de l’ascendance nous y fait entrer. Nous en ressortons face à l’ouest, au dessus de la brume et de la crasse, le soleil au dessus de nous, et un grand ciel bleu, entourés de part et d’autre de gros cumulus. Quel spectacle grandiose !! Le même lorsque l’on émerge de la couche en avion de ligne à quelques milliers de pieds d’altitude !

Tout simplement magnifique, un vrai moment de bonheur pour les yeux !

JB me passe les commandes, et on met le cap sur le cumulus devant nous, face au vent. On cherche une pompe, et je mets en virage. Mais j’ai vraiment du mal. Soit mon fil de laine part vraiment n’importe comment, soit ma vitesse grimpe très vite. Je me suis retrouvé plein de fois le fil de laine à 45° à droite ou à gauche, et le badin à 120 au lieu de 90. Ce bestiau est sacrément dur à piloter !! Mais ça force à bien faire, c’est une bonne école.

J’arrive tout de même à faire quelques spirales à la bonne vitesse et mon fil de laine parfaitement droit….mais dans du 0 ou +0,5m/s…… ! Y a encore du boulot, j’vous l’dis !!


Nous spiralons un peu avec Thomas, relâché sur Pégase, et aussi avec pas mal d’hirondelles. Notre point le plus bas au cours du vol a été 850m. Nous restons la plupart au dessus de 1000m, laissant glisser nos ailes quasiment dans les nuages…

Thomas_Pégase

Le Pégase de Thomas...


Retour sur Soissons, et j’engage le planeur dans une pompe. La vitesse est bonne, le fil de laine aussi. Et le vario grimpe fort, entre 1,5 et 3m/s à chaque tour !!! On grimpe comme ça jusqu’au nuage encore une fois (1000m celui la), puis JB me dit « On va sortir de la spirale et prendre cap au nord, on est dans les barbules la ». On repart un peu vers l’ouest, faisons le tour des nuages, mais les pompes s’évanouissent…la fin de journée arrive. Nous perdons doucement notre altitude, mettons le cap sur la ville puis sur le terrain.

cathédrale_soissons

En spirale descendante au dessus de Soissons...


J’installe la ventouse de l’appareil photo de manière a bien filmer l’approche, et nous voila posés à 19h20, soit 1h55 de vol. Et je n'ai même pas été malade cette fois!!


Je n’ai pas volé sur monoplace, mais je ne regrette aucunement. Au vu du vent, je me serais peut-être plus fait peur qu'autre chose. Et puis je n’aurais certainement pas eu la magnifique spectacle auquel j’ai eu droit, des fines ailes du planeur glissant à la limite des barbules des nuages. Il faut le vivre pour comprendre !

Publié le 06/05/2007 à 23:19
Par Jean-Rémy

Une couche uniformément grise et basse bâche le ciel ce matin. J’hésite franchement à aller au terrain. Je saute sur mon ordinateur, et vais consulter les différentes prévisions météo. Météo France prévoit une journée ensoleillée, les prévisions vélivoles annoncent des thermiques purs, un ciel voilé et des pompes pas terribles.

Je m’habille finalement, et vais au terrain en passant par la Mairie de Betz. Sur la route, j’arrive à apercevoir des trous de bleu dans la masse de stratus. Un espoir….

J’arrive vers 9h45, peu de voitures au parking. Je me dis que vu le ciel, peu de monde. Je vois Michel, le gardien de la plate-forme. Selon lui, le voile devrait se lever et la journée ne devrait pas être si mal. Demain par contre, pas la peine d’espérer voler.

On ouvre le hangar, on sort les remorqueurs, et voila déjà l’heure du briefing. Comme ce que j’avais vu le matin, la prévision est plutôt bof-bof. Ciel voilé, peu de thermiques, pas d’espoir de cumulus a cause d’un point de rosée trop faible, donc masse d’air trop sèche. Le vent est toujours aussi fort, entre 10kt au sol, et 20 en altitude. Je ne m’attarde pas sur le circuit du jour, je me demande plutôt comment je vais arriver à faire mes 5 heures pour renouveler ma licence.

Didier me propose de faire un vol de contrôle avec Phil aujourd’hui, pour ne pas arriver en butée de licence. Comme ça, je n’aurais pas à galérer pour faire mes 5 heures.

Denis, co-organisateur du concours, me demande de l’aider pour la mise en piste des planeurs. On file donc en 25 avec sa voiture, prêts à placer les machines sur la grille. Ca se passe correctement, par moments un peu stressant (quand ils arrivent à 3 en même temps), et on veille à laisser une grande place pour l’ASH 25 et ses grandes plumes (celui qui concourt est une version 26,6m – d’envergure).

Je mange vite fait bien fait mon casse croute, et voila déjà l’heure du départ. Aujourd’hui, je serais sur la golfette afin d’aller chercher les planeurs qui n’ont pas réussi à accrocher. Seulement 3 se reposeront avant de repartir. Tous les planeurs enroulent des pompes tels des oiseaux, puis certains seulement s’en vont tourner leur circuit. C’est assez risqué vu la météo, et on commence à parier sur le nombre de vachés.

Tous dans la pompe

Un planeur fait son circuit et se pose, je file le chercher. Son pilote me dit que c’est difficile, et qu’en plus il a pris un gros trou pendant le décollage : tous ses instruments se sont décrochés, son PDA-GPS est mort. Il va prévenir Florent, et tout le monde part constater un gros trou d’environs 10cm de profondeur de 30cm de large sur le piste, du côté ou décollent les planeurs.

L’ASK21 est arrivé en piste entre temps, et Phil va partir en vol de contrôle avec Alain, puis ce sera à mon tour. 25 minutes plus tard, India Delta s’annonce en vent arrière. Je vais les chercher, et on réaligne le planeur sur la piste. J’enfile le parachute, l’écarte le harnais et je m’installe. Le dossier réglable et amovible est installé. D’habitude je vole sans, je n’en ai pas besoin a cause de ma taille. La, je me dis que ca gênera pas, il est ajusté au minimum. Je règle le palonnier, et je fais mon CRIS, checklist avant décollage. Le remorqueur démarre…

Je ferme la verrière, et je constate un peu angoissé que mes genoux touchent le tableau de bord. Bordel de siège, maintenant je sais que je dois absolument l’enlever pour voler sur ce taxi. J’essaie le débattement des commandes, ca va. Ca sera soit le compensateur, soit les aérofreins et largage. Mais comme on n’utilise pas ces commandes en même temps, ça va. Mais je me sens tout de même à l’étroit. Imaginez David Douillet ou un rugbyman conduisant un Austin Mini ou une Fiat 500, eh bien j’avais la même sensation !!

Le décollage se passe bien, je suis le remorqueur qui sautille sur les pompes 60m devant moi. Phil de dit de larguer à environs 700m. J’enroule la pompe, et monte lamentablement à 750m. J’essaie de me recentrer et trouve un truc pas mal, 1 à 2m/s. J’enroule, et je peine à remonter de 550 à 700m. L’Alliance, piloté par Bernard, arrive vers nous. On est au dessus de lui, mais je préfère sortir de ma pompe plutôt que de me retrouver au dessus de lui, sans le voir. Phil me dit que j’étais au dessus, que j’aurai pu continuer, mais j’ai tout de même bien fait de jouer la sécurité. Il me dit ensuite de faire un peu de maniement, et puis qu’on peut aller se poser. Il me pose deux-trois questions sur la hauteur et l’éloignement du terrain, en vue de préparer ma formation du vol en campagne.

J’annonce mon intention de commencer ma prise de terrain à 400m et à 100-105km/h à cause du vent fort. Il me dit que 300m sont largement suffisant. Bon, je fais un tour de plus dans la zone de perte d’altitude. Je commence à branche de vent arrière, il me demande ce que je fais si je suis ici à 150m. Je dis qu’à cette hauteur, je me pose en 07 malgré le vent. Il me fait remarquer que je peux aussi faire ma vent arrière plus près de la piste, et finir en PTU. Il me demande aussi quel champ je choisirais en dernier recours. Nous sommes déjà au milieu de la vent arrière, et s’est en l’entendant s’annoncer que je réalise que j’ai complètement zappé la radio. Je fais l’atterrissage, et tout de suite il prend les commandes pour dégager la piste au plus vite. On ouvre la verrière, et il remplit le sacrosaint papier jaune me permettant de renouveler ma licence. On retourne au bord de piste, je lui sors ma licence et mon carnet de vol. Michel, alias Hans, lui sort encore un compliment sur moi, à propos de notre vol dans son Cessna…quel flatteur !!

Le K21 repart avec Clémence, et Didier nous appelle signalant qu’il s’est vaché. Nous avons vu deux ou trois planeurs se vacher en direct, à environs 10km du terrain. Je vais faire le dépannage avec Christian. Au retour, Phil nous dit que l’épreuve au concours pour demain sera un triangle de 250km, épreuve de vitesse des voitures tractant les remorques des planeurs.

Duo Discus atterro

Le Duo Discus de Péronne qui se pose...

Je désarme l’India Delta, et le nettoie. Ses ailes sont pouraves, un petit coup d’éponge doit leur faire le plus grand bien !

Tout le matériel est rangé, et l’ASH25 est le seul concurrent parti en circuit à être rentré, après 5h de vol. Il nous gratifie d’un passage au dessus du terrain avant de se poser (je ne peux pas poster la vidéo...)

Publié le 01/05/2007 à 23:46
Par Jean-Rémy

Départ de la maison vers 9h15, j’arrive au terrain à 9h45. Déjà pas mal de voitures sur le parking, j’aperçois le Dimona devant le hangar. Bonjour à tout le monde, Jean-Bernard me propose un café…

 

Florent et Jérémy préparent l’épreuve du jour, pendant qu’avec J-B, Laurent, Didier et Momo, nous sortons les planeurs et les avions.

10h30, briefing. Je serais cette fois bien à l’écoute, puisque je pars en circuit sur le Janus avec J-Bernard. Encore une journée à thermiques purs, vent fort, entre 10 et 20kt du nord –est…

Les organisateurs nous ont préparés un petit circuit. Départ de Soissons, cap au 142 vers une aire de repos sur l’A4, puis on remonte au 30 environs vers la ville de Fismes, ou habite d’ailleurs JB, puis retour à Soissons en passant à nouveau par l’aire de repos. Le circuit ressemble à un « V » en gros…les deux branches font environs 30km, donc 120km au total. Décollage prévu à 13h30.

Une fois les pilotes sortis de la salle, JB et moi nous nous asseyons et traçons notre trajet sur nos cartes. Faudra que je m’achète une1 :500 000 aéro ! Une fois tout cela mis au clair, je vais en ville avec Momo pour acheter des casse-croutes. De retour, je mange évidemment ma demi-baguette, puis j’essaie de régler le GPS que vient de s’acheter mon père, un petit truc de randonnée. Je découvre l’utilisation. Assez simplement, j’entre les coordonnées des points de virage, puis je fais une route passant par ces points.

Il est déjà l’heure d’aller se préparer. JB fait la prévol du Janus, puis nous mettons nos parachutes et on grimpe dans l’Hotel Bravo, aussi appelé Yankee 2 (pour ne pas se tromper si deux immatriculations se ressemblent, les planeurs ont en général des lettres/chiffres sur la dérive, dans notre cas, Y2. Le Pégase piloté par Didier, Fox Charlie, s’appelle Bravo 217, B217). C'est la tout première fois que je m'installe aux commandes du Janus (sur la photo, je suis à l'arrière).


Equipage qui tue!


Les premiers planeurs sont remorqués vers 14h, les gendarmes ayant contrôlé les trois avions remorqueurs. Ils peinent à monter à cause des thermiques purs. Nous décollons à 14h20. On gimpe laborieusement au milieu des autres planeurs, que j’annonce : « planeur à 10 heures, au dessus ! ». Je ne me sers finalement pas du GPS, a vrai dire je l'ai plus emmené pour essayer qu'aute chose, et la il y a trop a faire...

Une fois tout le monde en l’air, l’épreuve est ouverte, autour de 14h55. JB a déjà fait grimper le Janus vers 1100m, dans une pompe avec Didier, l’ASH25 et d’autres…Nous mettons le cap sur notre premier point de passage. Il me passe les commandes pour la transition, et me dit de tenir 110-115km/h pour avoir la finesse max. Comme prévu avant le vol à cause du vent, on prend une route légèrement à l’est du tracé GPS, comme ça on ne dérivera pas trop loin. On essaie d’attraper quelques pompes pendant la croisière, mais elles ne valent rien. Jean-Bernard peste aussi sur le DG505 qui nous empêche plusieurs fois de spiraler à cause de sa trajectoire convergente. Nous arrivons en vue de Fère-en-Tarcenois, et on prend cap au sud, vers l’aire d’autoroute. Le logger bipe, indiquant que le point de passage est validé, on revient vers notre pompe avant de filer vers Fismes.

Seulement, ca ne se passe pas comme prévu pour moi. Je commence à me sentir un peu mal, pas au mieux de ma forme. J’ai beau respirer de l’air frais, boire une gorgée d’eau, ca va pas. J-B me passe les commandes.

« Pas tout de suite…

_ Ca va ? Tu te sens mal ? _

Ouais, la ca va pas terrible…j’essaie de m’aérer un peu….

_ T’hésite pas à dire si ça va pas hein, je mettrai le cap sur Soissons.

_Ca va encore pour le moment. »

Je continue à essayer de respirer de l’air frais par la petite fenêtre, ouverte depuis un bon moment, mais ca ne passe pas. J’essaie de piloter un instant pour voir, ça passe très légèrement.

Mais à la pompe suivante, je lui dis que la ça ne va pas. Mon ventre commence à gargouiller, c’est pas bon signe. Au cas ou, j’ai des pochettes pour vomir…

« Jean-Rémy, appuie sur le 2e bouton du logger, et donne moi le cap pour Soissons.

_ 290°, on est à 23km.»

Ayant réussis à conserver une bonne altitude jusqu’à Fismes, JB accélère en gardant la meilleure finesse pour arriver au terrain.

Nous nous posons environs 10 minutes plus tard. Ca va un peu mieux. Je suis désolé pour lui de l’avoir fait atterrir, la même chose lui est arrivée avec Jérémy hier. Il me dit que ce n’est pas grave, que c’est dommage que je n’ai pas pu apprécier le vol. En plus d’être un super pilote (ancien sur Mirage III), c’est aussi quelqu’un d’extrêmement sympathique et de très humain.

Je pense que le peu de sommeil la nuit passée, le manque d’accoutumance au vol, et la chaleur m’ont été néfastes. Je trouvais aussi ma position inconfortable à la longue. Le prochaine fois en Janus, je prendrais des coussins !

On ramène le planeur au seuil de piste, et Didier appelle le starter : il vient de se vacher au sud-ouest de Fismes. Momo me propose d’y aller avec lui. Ca me changera les idées, et puis ca sera mon premier dépannage en campagne. Jean-Bernard qui habite à côté nous guide sur place, et rentre chez lui.

De retour à Soissons, on range les planeurs et retour à la maison. Ce soir gros dodo, et demain j’appelle Florent pour lui dire si je viens ou pas.

 

Bilan de la journée : un superbe vol en prévision qui n’est malheureusement pas allé à son terme « à cause » de moi. Mais comme j’ai dit à JB, je serais plus costaud pour le prochain.

Publié le 30/04/2007 à 01:30
Par Jean-Rémy
Départ de la maison ce matin vers 9h, direction Soissons.
Sur la route, je regarde par moments le ciel (en faisant attention à la route quand même)…quelques nuages par-ci par la, rien de bien excitant pour le moment.

Arrivée au terrain vers 9h45, je ne suis pas le premier. Certains arrivés avant, d’autres ont campé au terrain, avec les clubs participants au concours.
On sort le remorqueur, je vois au passage Romain, qui a bossé à Air France avec moi l’été dernier. Il vole à Compiègne.

10h30, tout le monde se rend au briefing, organisé dans l’atelier du hangar, spécialement aménagé. Débriefing des vols d’hier, 5 planeurs vachés en campagne, 5 planeurs sur des terrains extérieurs, et seulement 4 qui sont rentrés. Nous passons à la météo du jour. Ce n’est pas réjouissant !! Du thermique pur de prévu, et des masses nuageuses à surveiller, car pouvant donner des cumulonimbus. Tout le nord du terrain n’est pas joli joli sur les images satellites. Les Metar de Roissy annoncent 35kt de vent en rafales…Florent et Denis décident de faire un nouveau briefing à midi, pour voir les évolutions et les nouvelles prévisions.

A peine sortis, tout le monde regarde le ciel, une attitude presque « normale » sur un terrain. Stupéfaction ! Le ciel s’est bâché d’un voile brumeux, et la visi est dégueulasse. Un avion en tours de piste nous confirme ce que disent les Metar, 5km de visi, plus que 3-4 en altitude, une fois qu’on monte dans la crasse…

On profite du temps d’attente pour monter l’ASK21, pour les vols école.
Nouveau briefing, à nouveau repoussé à 13 heures, car les évolutions ne permettent pas d’établir de bonnes prévisions. On en profite pour manger et planifier d’éventuels vols.

13h, tous à nouveau dans l’atelier. Les nouvelles ne sont pas très réjouissantes, le voile restera toute la journée, la masse d’air instable risque fortement de faire apparaître des cunimbs, donc pas question d’envoyer les planeurs en circuit dans ces conditions. Les organisateurs décident donc que la journée sera « lire », pas de circuit imposé.

Je ne suis pas concerné par ça de toutes façons, je dois faire de la double pour être relâché.
Didier me propose un vol en Dimona, le moto planeur. « Pas de soucis »
Je file chercher mon bob, mon appareil photo, et je grimpe en place gauche. Didier arrive, s’installe.
Checklist, on démarre et on roule vers la 07. Point fixe, on s’aligne et c’est parti. Je savoure ces sensations retrouvée, de se retrouver en vol. Je me mange la même claque que m’a décrite Nicolas lors de son premier vol à Buno !!

« A toi les commandes », je prends l’Alpha Tango de son petit nom et nous montons tranquillement, 100km/h pour 1-2m/s. Il me fait faire un peu de mania, histoire de voir si j’ai pas trop perdu. Mais c’est comme le vélo, ça se perd pas !! Je décide de virer à gauche, mais j’oublie de regarder pour m’assurer que l’espace est libre. La sanction tombe tout de suite « La sécurité !!! » me lance Didier. « Eh merde….j’y ferai bien gaffe désormais ! ». J’essaie d’accrocher une pompe, bof…pas top. On dirait plus des bulles d’air qu’une masse d’air uniforme…on laisse tomber.

Il me dit ensuite « Bon, oublie le vol, oublie le décollage. Imagine que t’es en campagne, tu dois te poser dans un champ. Tu choisis lequel ?On remettra les gaz en finale….

_Euuuuuh….le marron la-bas semble pas mal.. ?! A peine dit, je remarque une ligne a haute tension que Didier me signale aussitôt.

_La bande marron juste derrière ?

_Ouais, et dans quel sens ?

_Alors….y a pas de nuages aujourd’hui, je vois pas de fumée au sol, donc pour le vent c’est un peu rapé…

_Ben regarde, dans ce sens la, on a un champ similaire derrière au cas ou on remonte a cause d’une pompe en finale. »

Je commence donc ma prise de terrain. Un peu (très) a l’arrache je dois dire. Je me trouve trop haut trop près dès le début de la vent arrière, je prends donc une trajectoire divergente. On sort les AF (aérofreins) pour attraper le bon plan en base, dernier virage, sur le plan, et on remet les gaz.

Alpha Tango reprend doucement de l’altitude, et nous revenons vers le nord du terrain. On fait quelques
photos, et on attrape une pompe sous un cumulus qui se forme.
On grimpe à 800m environs, puis nous revenons vers le terrain pour nous poser, et c’est Didier qui fait l’approche.

Dimona en base

Arrivés au parking, il me dit que c’est pas mal, que j’ai pas trop perdu. Il essaiera de me faire voler sur l’Alliance ou le K21 un peu plus tard.

Les premiers planeurs ont décollé vers 14h45, et on amène les derniers en piste.

Didier part en Alliance avec Charles, et Bernard avec Clémence avec l’India Delta. Je reste avec Jean-Bernard, qui tient la planche des vols au bord de la piste. Le K21 se pose le premier, je pars donc avec Bernard. « T’as pas volé depuis quand ? – 2 ans…. - bon, ben on va voir ça…. ».

On s’installe, décollage à 16h50. Le remorquage se passe bien, j’ai pas perdu de ce côté la. La monté se fait tant bien que mal, puisqu’on ne voit pas du tout l’horizon, et la visi n’est pas mieux qu’en début d’après-midi. Arrivés à 500m, « Clang », Bernard vient de larguer le câble de remorquage « Allez, à toi ! », et je commence à spiraler dans une petite pompe, qui nous monte quand même jusqu’à la base des nuages, environs 1100m.

« Bon, beh on va quelques décrochages. Dès que je dis « A toi ! », tu le reprends.

_Ok, c’est parti ! »

Il lève le nez, la vitesse dégringole, le bruit du vent s’arrête….la machine tremble et c’est l’abattée. « A toi ! ». Je tire légèrement sur le manche pour ne pas le laisser filer , juste de quoi reprendre de la vitesse, tout en veillant a garder les ailes droites, puis je redresse lentement et me remets en palier. « Bon, eh beh c’est bon tout ça ! » lance mon instructeur. « Bon, maintenant tu va me faire un virage à 60° d’inclinaison a gauche, et tu essaie de prendre 2G. Allez, vas-y ». Le K21 est un planeur certifié voltige, il peut prendre jusqu’à 5G.

Je regarde a gauche, personne. J’envoie le manche contre ma cuisse, et le pied gauche dans le nez, et nous voila à grands inclinaison. « Vas-y, tire, tire », j’exécute. J’incline même un peu plus, on est presque sur la tranche, et je tire sur le manche. « T’es à 1,3G la, tire plus fort ». Manche au ventre, je sens mon corps s’écraser au fond du siège, je pèse quasiment 2x mon poids (rien d’extraordinaire en fait, les pilotes militaires prennent jusqu’à 9 ou 10G). « Allez, vas-y, 1.8, 1.9, allez, c’est bon…la même chose à droite maintenant. »

Et zou, c’est parti pour un virage serré à droite !

Je ne m’attendais vraiment pas à cet exercice, mais j’ai vraiment apprécié ! C’est pas tous les jours qu’on peut se prendre des G dans la tronche, et j’aime bien !!

On met le cap vers la zone de perte d’altitude, et j’entends derrière moi « Bon, ben tu te ballades, tu te poses et tu repars tout seul »

Hein ?????? Je repars déjà tout seul ? Après a peine 1h15 de double ? Eh beh

« Euh ouais, enfin à condition de réussir l’atterro quand même !

_Bien évidemment. »

J’entamme ma vent arrière à 400m, comme toujours, je préfère avoir une marge au cas ou je passe par une dégueulante. Un planeur s’annonce en base juste devant nous. Bernard me dit de faire un 360 pour le laisser se poser, puisqu’on a un peu de « réserve ». Je sors de mon demi tour et poursuis ma prise de terrain. Je m’annonce « Soissons, planeur India Delta en vent arrière pour la 07 » sans bafouiller, sans hésitation comme avant…Ivao ? Je me paye même le luxe de m’annoncer en finale !

J’arrive au ras de l’herbe, j’arrondis, la roue touche, pas trop fortement, pleins AF et frein, Bernard botte a gauche pour dégager la piste.

On se débrelle, puis il sort son parachute et boucle les ceintures arrières pour que ça ne cogne pas partout, et on ramène le planeur au seuil de piste. Le Janus et un Pégase partent devant moi, je peux m’installer tranquillement.

Je refais mon CRIS…

Commandes, c’est bon, elles sont libres,

Compensateur, réglé,

Centrage, c’est bon,

Chapeau et lunettes, c’est ok

Réglages, le palonnier, le siège, la radio c’est ok…

Les instruments sont à zéro,

Le pilote est sanglé, parachute ajusté, pas d’objets libres susceptibles de virevolter dans le cockpit, y a plus qu’à….

Le remorqueur revient, et c’est à mon tour d’y aller. On accroche la câble, je sors les AF pour l’essai de frein, c’est ok, je les rentre… « Clang », c’est verrouillé ! La verrière est verrouillée, tout est bon. Je lève le pouce, l’aile droite se lève, et le remorqueur met les gaz. J’ai l’impression de revivre mon premier lâché, en un peu moins stressant.

Je joue des ailerons et de la dérive pour rester derrière le remorqueur, et je tire doucement pour mettre le planeur en ligne de vol, puis il décolle tout seul, et je plane derrière le Rallye à un ou deux mètres du sol. Le tandem monte ainsi jusqu’à environs 600m, ou je largue le câble. Je viens juste de sentir un « coup de pied » aux fesses, il y a une pompe par la. Les grandes ailes du K21 sont vraiment géniales lorsqu’on vole tout seul ! La charge alaire ne dois pas être bien grande…

Moi en K21

Je monte paisiblement jusqu’à 800, un Pégase vient spiraler avec moi…A la radio, j’entends d’autres planeurs qui signalent de gros cunimbs au nord, et un autre bouche le ciel juste devant moi, à l’ouest du terrain. Bernard, qui vient de repartir en avion, signale de la pluie à Villers-Cotterêts. Eh ben, on ne va pas s’éterniser la haut. Je me laisse glisser doucement vers la zone de perte d’altitude, et j’entame à nouveau ma prise de terrain. Un planeur est en finale, je m’annonce en début de vent arrière. Virage en base, je déverrouille les AF, je suis trop haut, je les sors pour rattraper le plan, avec en tête cette phrase de Jacques, mon premier instructeur : « A partir du moment ou tu te demandes si tu est trop haut ou trop bas, c’est que tu n’est pas sur le plan ».

Dernier virage, je suis bon, ni trop haut ni trop bas…je surveille ma vitesse, 100 à l’heure. Le sol se rapproche, il y a pas mal de monde au starter, au bord de la 07. Je suis au ras du sol, j’arrondis, pas trop, en sortant les AF un chouia, la roue touche le sol….ce n’est pas un kiss, mais c’est pas mauvais ! Pleins AF, manche au ventre et frein de roue, et je botte pour dégager la piste car un planeur vient de s’annoncer en vent arrière.

Une fois le planeur arrêté, j’ouvre la verrière, et je débrelle tout d’un coup : le harnais et le parachute, pour gagner tu temps. Charles arrive avec la golfette, et me dit « Eh ben il était chouette ton atterrissage ! ».

On ramène le K21 au hangar, les autres planeurs se posent les uns après les autres…Je vais ranger le parachute, mettre la batterie en charge, et je nettoie mon fidèle destrier. Jean-Bernard vient vers moi « Monsieur Jean-Rémy Ragaru, j’ai deux mots à vous dire ». Je rentre déjà la tête en faisant « pas taper, pas taper !! »

_Ton approche était superbe ! La finale, pile poile sur le plan, l’arrondi impeccable, et le toucher comme dans le manuel. Superbe atterrissage ! ».

Ca fait vraiment plaisir comme genre de phrases après 2 ans de jeun !!

Les planeurs sont rangés fissa à cause des nuages menaçants, les hangars fermés, et je monte remplir mon carnet de vol et tout ce qui va bien, et c’est le retour à la maison, il est 20h15.

Une très chouette journée, sûrement la plus longue que j’ai passé au terrain, et puis 3 vols, dont un relâcher.

La suite demain….

Janus et Cunimb

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