Samedi 23/08/08, journée programmée avec Didier, notre ITV. Aujourd’hui, nous devons aller nous poser à Château-Thierry en Dimona pour faire mon atterrissage extérieur, et quelques simulations de vache dans des champs.
Nous décollons vers 14h, et grimpons dans une pompe juste à côté du terrain.
« Bon, quel repère tu va prendre pour aller à Château ?
_ Bah genre la nationale.
_ Ouais, ok. »
Et nous voila partis, 35km à faire. On passe par pas mal de pompes, la journée sera peut-être pas mal finalement. On passe à la verticale du terrain pour voir le vent, et je me mets en vent arrière pour la 22. Seulement, le vent est plein travers et assez fort. Cette piste n’étant pas réputée pour son confort de roulage, et n’ayant pas envie de casser un autre train, on décide de faire une remise de gaz. Et nous battons des ailes en montée pour saluer un « copain » devant un hangar, qui nous fait coucou !
Retour sur Soissons, et à peine sortis du local de Château, j’ai droit aux questions à nouveau.
« Bon, on est en planeur, plus de pompe. Tu fais quoi ? dit-il en réduisant le régime moteur.
_ Je prends le champ la bas, bien long, bien dégagé, des routes autour (facilité d’accès pour les dépanneurs), et un village juste à côté possible déclencheur de pompe. »
_ Ok, je te laisse gérer. »
Bon, de par la finesse exceptionnelle du Dimo, je ne serais jamais parvenu jusqu’au village…mais assez haut au niveau du champ pour pouvoir faire un 360° avant de m’intégrer en vent arrière. Tout se passe bien, le plan et la vitesse sont bons, on remet les gaz au raz du sol.
On remonte, et cap sur Soissons.
Didier me dit qu’il va contacter Compiègne pour savoir sil ils volent, et que si oui, je me prépare un Pégase pour y aller.
Contact établi, Denis leur chef-pilote est la, ils sont actifs.
Une fois posés, je fonce dans le hangar. Didier voulait me mettre sur Fox Charlie, mais à cause du vent de travers et son crochet au niveau du train, il est préférable que je prenne Fox Alpha. JB et Nicolas viennent de décoller, avec le LS6 et Oscar Charlie.
Pendant que je prépare mon planeur, prévol, cartes et tout ce qui va bien, Didier me descend un logger et mon « ordre de mission ». Je pourrais presque me prendre pour un pro avec ça !! Seul petit détail, cette mission consiste à se mettre volontairement « au tas ».
Le Pégase est tiré en piste, et je m’installe tranquillement.
Jean, notre remorqueur, est sceptique sur la faisabilité du parcours aujourd’hui…moi aussi, je l’avoue.
Il est maintenant 15h30, et la bonne situation que nous avions tout a l’heure s’est atténuée. Une grosse couche d’altocumulus arrive par le nord-ouest, et coupe l’ensoleillement. Et au sud, les cumulus bourgeonnent….rageant !
Tant pis, je décolle quand même, si ça ne se fait pas aujourd’hui, ca sera la prochaine.
Décollage 15h45, tout se passe bien. Malgré le vent de travers assez fort et l’aile droite restée plaquée au sol un bon moment, le décollage se passe sans histoires.
Vers 500m, Jean me dit que je peux larguer. Ce n’est pas vigoureux, mais ça monte…
Les deux autres planeurs sont du côté de Coucy-le-Château, mais font demi-tour. Le nord est complètement bâché !
Didier reste un peu en contact radio, et me demande mon avis.
Le voile a avancé, et je pense que ce n’est pas prudent pour le moment : voile, vent de face, forêt à passer et 1100m de plafond pour 30km à faire. Il demande à JB, même impression. Je lui dis que je reste en l’air, et je regarde comment évolue la situation.

Nicolas s’est posé entre-temps, et JB est venu jouer avec moi. Dommage qu’il n’avait pas d’appareil photo, il en aurait fait de belles !
La situation météo semble s’améliorer un peu plus tard. Alors que je spirale à 15km au nord-ouest du terrain, Didier demande à JB.
« Si il faut partir, c’est maintenant et par le sud de l’Aisne ».
Mais au fur et à mesure que j’avance, ca se disperse, et plus d’ascendance….mince ! Je reviens vers le terrain. JB est un peu plus au sud, et la situation semble à nouveau s’améliorer. Cette fois c’est parti, et JB m’accompagne. Nous grimpons au plafond, et je vise le prochain cumulus. Encore 20km à faire, et un peu plus de 1000m à l’alti. Le LS6 vole en patrouille avec moi, et rompt la formation à 15km de Soissons pour faire demi-tour. Merci mon JB !

Les cumulus visés ne m’ont finalement rien donné, et c’est quasiment en ligne droite que j’ai rejoint le terrain de Compiègne. Je m’annonce en arrivée, et constate qu’il y a beaucoup de monde en l’air ! Certains rentrent de circuit avec difficulté. Je passe la verticale du terrain à 350m environs, et un planeur est en zone de perte d’altitude. Je m’engage en vent arrière, mais je ne sais pas s’il m’a vu et s’y engage aussi, entre moi et la piste. Je le préviens par radio que j’ai visuel sur lui.
Je tourne en base « Fox Alpha en base pour le 23 derrière l’Astir ».
La ou ça se corse, c’est qu’un autre planeur s’annonce déjà en vent arrière….Bon, va falloir gérer tout ça ! Je suis l’Astir d’une centaine de mètres a peine, sur sa droite, chacun visant un côté de la piste. Il s’est posé assez court, et mon Pégase n’a pas freiné assez pour dégager avant de le doubler. Je laisse donc rouler pour sortir de piste juste après.
Je me débrelle en vitesse et saute dehors pour dégager la piste, puis aider le pilote de l’Astir à faire de même. Drôle de formalité d’atterrissage ! Il est 18h15, et voila mon premier atterrissage extérieur effectué !
Les compiégnois sont assez étonnés de voir ce planeur inconnu à leur bataillon. Celui qui tient la planche surtout : « Alors, celui qui se pose…mais ??? D’où il sort lui, il est pas de chez nous ?! »
Seul Denis semblait au courant de ma venue. On ramène mon planeur au seuil de piste, et une fois le carnet visé, je me prépare à repartir. Le Maule m’emmènera jusqu’en local de Soissons, car les ascendances se sont bien estompées maintenant. Nous décollons à 18h40, et avec le vent dans le dos ca va aller beaucoup plus vite !

Denis me fait larguer au kilomètre 20, pour 1000m de hauteur. Le vol retour aura duré 25min seulement !
JB est encore en train de grenouiller au dessus de Soissons à 1200m, moi j’arrive juste avec de quoi faire ma prise de terrain, mais loin d’être mécontent !
Atterrissage final à 19h05 !
