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Publié le 21/10/2007 à 10:23
Par Jean-Rémy
Ce week-end devait initialement se dérouler à Cambrai, pour un stage de décollage au treuil.
N'étant plus que deux pilotes à y aller, Florent, notre cher et vénéré Chef Pilote, a préféré annuler ce week-end.

Ce samedi est donc prévu à Soissons, tout simplement.
Je pense faire un tour en Pégase, pour garder l'habitude, et si on peut, un tour en biplace avec ma chérie.

Arrivée au terrain vers 13h, Charles arrive un peu après.
Il fait frais, et les cumulus ne se pressent pas. Et le léger vent n'arrange rien pour la chaleur...

Jérémy arrive avec Déborah, puis Alain et Christian.
On sort l'Alliance, le K21, l'Astir et un Pégase.
Jérémy ne sait pas encore s’ il vole. Charles prendra l'Hotel Papa (Astir), Christian l'India Delta (K21), Alain l'Hotel Québec (Alliance) si Jean vient pour remorquer, et ma pomme sur l'Oscar Charlie (Pégase).

On emmène tout ça en piste, la 07.
Charles partira en premier, moi en deuxième, et enfin Christian. Je confie à ma chérie la tâche du photographe.


Moi, dans le Pégase, prêt à décoller...

J'appréhende un peu le décollage, la seule phase du vol en Pégase que je trouve "difficile", du fait de sa tendance à marsouiner.
Finalement, ça se passe très bien, et je reprends confiance dans la bête.

Je me largue à 600m, mon vario oscille entre 1 et 2 m/s, mais à partir de 700m, plus rien.
Le K21 a décollé entre-temps, et à trouvé une petite pompe pas très loin de moi.
J'enroule avec lui, et je grimpe un peu, difficilement.
Je ne sais pas quelle température il fait, mais au sol j'avais 7°C indiqués...

J'ai dû gratter 50-100m, pas plus, et puis plus rien. Le K21 était légèrement au dessus de moi, il cherche encore un peu plus à l'est du terrain, mais sans résultat.

Je commence ma prise de terrain, comme par hasard, je passe dans des bulles en vent-arrière...le truc rageant.
Etape de base, finale, impeccable. L'atterrissage est vraiment facile avec ce planeur je trouve.


Moi, en courte finale...

Jérémy ne veut pas voler, on ramène donc le Pégase devant le hangar, et je demande à ma chérie si elle veut faire un tour en biplace, ce qu'elle raconte:

On se prépare pour le vol, Jean-Rémy m'explique les règles au cas où si les choses se dérouleraient mal, dont le passage avec le parachute (partie que j'ai d'ailleurs très bien retenue!!). Je rentre dans le K21, il m'attache et me montre comment on fait pour se détacher. Je mets le bob, les lunettes de soleil à proximité. Ensuite, il s'installe en place avant.

 

J'avoue que l'histoire avec le parachute m'a fait un peu paniquer!! En fait, je ne pensais qu'à ça jusqu'au moment du décollage.

 

Alain s'installe dans le remorqueur. Je vois une poignée bleue à ma gauche qui bouge, je demande à mon homme ce qui se passe. Il m'explique que c'est les aérofreins. Puis lorsque le câble est tendu, le planeur se met à rouler sur la piste en herbe. Je trouvais que ça secouait pas mal (je ne m'étais jamais rendu compte que ça secouait quand je voyais les autres partir) mais c'est pas dérangeant. Ensuite vient le décollage, le moment que j'appréhendais parce que j'ai le vertige. Cela s'est fait en douceur mais j'avais toujours le vertige surtout quand je regardais sur les côtés.

 

On a tourné en rond dans une ascendance pour pouvoir monter plus haut.

Je me suis rendu compte que quand je regardais sur les côtés, je ne me sentais pas en forme. Par contre, quand je regardais en face de moi, ça allait mieux. C'était pas l'envie de vomir que je ressentais mais plutôt comme un début de malaise.


Aussi, quand le planeur se penchait sur le côté, j'avais un peu peur. Mais j'ai constaté que si on suit le mouvement, ça passait mieux.

 

J'étais impressionnée et le spectacle est joli, j'ai pu voir la ville de Soissons ainsi que la cathédrale, les routes et l'Aisne. Le ciel et les avions qui passaient juste au-dessus. J'avais l'impression de pouvoir les atteindre. Difficile à expliquer, peut-être que tout ce qui paraissait inaccessible devient accessible.

En tout cas assez pour nous faire espérer que c'est possible...

 

Par moment, je regardais les instruments, le tableau de bord.

Puis quelques minutes après Jean-Rémy annonce à la radio qu'on va atterrir. Et on descend progressivement jusqu'à ce que les roues touchent le sol. On sort du planeur, ensuite on enlève nos parachutes.

 

Jean-Rémy range les planeurs avec Jéremy, Charles et Christian. Pendant que j'allais récupérer mon manteau et le sien.

 

Certains me demandent mes impressions, j'explique que j'ai quand même eu peur mais j'ai quand même apprécié. D'ailleurs, ça me plairait bien qu'il m'emmène une autre fois et j'espère plus longtemps la prochaine fois. Par contre, c'est vrai que l'histoire avec le parachute m'a bien occupé les pensées mais une fois en vol, j'ai complètement oublié et je ne pensais plus qu'au vol.

 

Un grand merci à mon chéri pour le vol !

Publié le 09/07/2007 à 03:43
Par Jean-Rémy

La frustration avait commencé hier soir, lorsque la présentatrice de la météo annonce une perturbation « surprise » pour Samedi. Je suis vert…Il y a deux heures encore, Météo France annonçait une journée magnifique ! Les prévisions spécialisées sont plus optimistes que les chaines télé…Je me lève donc ce matin vers 9h, prépare mes affaires et en route vers le terrain. Il y a déjà quelques cumulus dans le ciel, surmontés d’un grand voile nuageux empêchant toute apparition du soleil.

Je suis le premier à arriver. Florent arrive peu après, suivi de Jean-Bernard et Nicolas, puis les parents de Florent. Etant donnée la météo pourrie, nous commençons à préparer le camion pour le départ à Blois la semaine prochaine. Florent me montre aussi le pépin du Dimona : un atterrissage dur par vent trop fort à fendu la jambe gauche du train d’atterrissage, tordue. On voit clairement que les roues ne sont plus parallèles.

On nous annonce ensuite l’arrivée d’un prototype, prévue autour de 11h. C’est son concepteur en personne qui le pilote, rien que pour nous. C’est un ULM, configuré au choix en « avion » ou en « planeur », avec dans ce cas 40 de finesse !!!

Le voila qui surgit au dessus du hangar. Il me fait penser à un Grob 115 au premier abord, mais en beaucoup plus fin. Il est superbe ! Tout blanc, vierge de toute immatriculation.

Il vient se garer devant le hangar, et nous l’admirons avec de grands yeux d’enfants. JB est emballé !! Moi aussi à vrai dire… Son équipement n’a rien à envier aux avions actuels équipés glass cockpit (Cirrus, Lancair, Garmin G1000…). Florent part faire un tour dedans, nous gratifiant d’un passage rapide sur la piste. Il est superbe, et tellement silencieux ! Je ressens une chaleur dans le cœur et j’ai la chair de poule en admirant cette petite fusée.

En se reposant, son propriétaire/concepteur dit qu’il est heureux de faire la première sortie de l’engin à Soissons. Il a fait 310km pour venir en un peu plus d’une heure !!

« Comment s’appelle-il ?

-Ben pour le moment il n’a pas encore de nom. »

Une caractéristique laisse rêveur : 280km/h en croisière pour 11 litres/heure (un peu moins de 4 litres aux cent).

Voila déjà que midi sonne, nous montons au « club house », la maman de Florent nous a préparé un petit casse-croute.

 

Nous revenons dans le hangar, et replions les ailes du Dimona, pour le ranger ensuite dans le hangar. Et nous sortons enfin les planeurs. Le ciel s’est dégagé, le voile d’Altocumulus s’est dégagé, mais on peut en apercevoir d’autres à l’ouest. En gros on sera emmerdés continuellement dans l’après midi.

Je prends l’Astir, Thomas un Pégase, Nicolas l’Alliance et JB le LS3. Nous amenons tout ça en piste et le remorqueur arrive. Thomas part devant moi, puis l’Alliance et enfin le LS3.

Décollage à 14h40, j’ai l’impression que le planeur « vibre ». Très curieux…puis ça s’arrête. On traverse de grosses pompes, d’ailleurs le Pégase s’est largué bien rapidement juste avant. L’attelage arrive à 600m, et fait un bond. L’aiguille du vario bondit elle aussi, en butée. Vindjiou, ‘doit y en avoir une belle ici ! Le remorqueur fait demi-tour, et je me largue quand le vario décolle à nouveau.

Me voila lâché, à 650m. Je ne retrouve pas les +5m/s de tout à l’heure, mais je me contente d’un 2m/s.  L’Alliance décolle à son tour, tandis que je cherche à monter le mieux possible. Je me dis que je resterai à l’ouest du terrain, étant incertain du temps, et le vent venant….d’ouest ! JB veut partir sur St-Quentin, mais on n’a pas le même niveau lui et moi ! Je suis encore un petit colibri, et lui déjà un grand Condor !

LFJS

Le terrain...

Me voila donc en train de vadrouiller à l’ouest, entre 1000 et 1200m. Puis, en volant au gré des cumulus, je me retrouve à l’ouest de Soissons, au nord-ouest du terrain donc. Des cumulus au nord, j’essaie d’aller vers Tartiers. Le temps au sud n’est pas mal non plus, je me dis alors que je pourrais tenter le petit circuit que j’ai voulu faire la dernière fois. Je fais donc mon plafond, et mets le cap au sud, vers Hartennes (20km). Evidemment, la ligne n’est pas droite, on zigue-zague sous les cumulus. J’essaie de rester au dessus de 1000m, tout en faisant un plafond à chaque pompe. J’arrive au plafond, et les prochains cumulus sont à Hartennes ! Me voila parti pour 6km de transition je reste en finesse max. J’arrive au dessus de mon point de virage, avec pas mal d’eau sous la quille, et les cumulus sont présents.

Soissons

La ville de Soissons en bout de plume, vue depuis 1200-1300m de hauteur...

Retour au nord, mais en voyant toujours autant de beaux nuages, je tente de rallier à nouveau Tartiers, re-20km.  Je galère un peu plus au dessus de Soissons cette fois, mais ça passe. Des beaux cumulus se sont formés au nord, c’est à l’est de mon point de virage, mais au moins je pourrais grimper. Je tourne pas mal avec l’Alliance, puis me retrouve seul au bout d’un moment. Je fais un plafond vers 1400m, et mets le cap sur Tartiers. En plus c’est magnifique, un beau cumulus se trouve pile devant moi ! Je fais 3-4 km en ligne droite, en passant par moment dans du 0m/s, le panard !

Verticale Tartiers, rien sous mon cumulus. Tant pis, j’ai encore pas mal de réserve. Cap Vers le sud-est, en grimpant dans ce qu’on trouvera. C’est reparti pour 20km ! Un peu plus galère cette fois. Je ne trouve rien jusqu’au terrain. Heureusement le vent à tourné et vient maintenant du nord-ouest. J’arrive donc aux alentours du terrain vers 1000m, et trouve un petit quelque chose. J’observe les nuages autour de moi en essayant de grappiller le plus de hauteur possible. De bons gros pétards se sont formés à l’est, un peu au sud de Belleu. Je grimpe dans du 2-3m/s, jusqu’au plafond, 1400m. J’ai 10km jusqu’à Hartennes, puis 10km pour le retour au terrain au cas où. Il n’y a que de petits nuages devant moi, et le voile d’altocu est revenu. Bon, que faire. Je suis au plafond, 1400m, je tente mon point de virage. En prenant 20 de finesse, 1100m de donnent 22km, c’est jouable. J’aurais du vent légèrement de dos à l’aller, et donc de face au retour. A finesse max je suis à 37, ca doit passer.

HQ

Je pars encore pour 7-8km de ligne droite, en passant par les barbules que j’aperçois. Pas grand-chose, et j’arrive au dessus de Hartennes, avec 1000m à l’alti. 700m exploitables, 14km à finesse 20, je suis à 10km du terrain. J’essaie les cumulus autour de moi, rien… Cap sur le terrain, je n’irai sûrement plus à Tartiers. Verticale de la piste à 700m, 300m perdus sur 10km…Le Pégase de Thomas est plus bas, et entame sa prise de terrain. Un autre Pégase, celui de Jérémy, parti une heure après moi, est plus haut, et cherche aussi des pompes. J’essaie de le suivre un peu, mais je ne trouve plus rien, et mets le cap sur la zone de perte d’altitude. Je commence à avoir mal au dos…

J’arrondis au raz de l’herbe, je crois que je n’ai pas sorti assez d’aérofreins, et le planeur glisse un peu à quelques centimètres du sol, rebondit légèrement et se pose enfin, il est 17h50, soit 3h10 après mon décollage. J’ai battu mon record de durée de vol, c’est pas mal du tout !

Mon petit circuit improvisé m’aura fait parcourir 80km en local (*), avec quelques cumulus en plus j’aurais pu viser 100km. Mais c’était un bon vol d’entrainement tout de même, j’en suis très content (et lessivé !) .

gps

La trace GPS de mon vol...

(*) 80km est la distance du circuit, en distance absolue, j’ai parcouru un peu plus de 300km.

Publié le 21/06/2007 à 11:41
Par Jean-Rémy

Belle météo depuis ce matin, des cumulus bien joufflus un peu partout. Un peu bas pour l’instant, mais il n’est que 10h, et les prévisions annoncent les cumulus bas pour le moment. Mais la base des nuages doit monter jusqu’à 1600m d’après les bulletins. En plus de pompes en moyenne autour de 2 à 3m/s, ça s’annonce plutôt bien ! Départ de la maison vers 13h15, j’observe le ciel (et la route aussi, de temps en temps…) : Les cumulus sont un peu montés, et un haut voile de cirrocumulus chapote tout ça. Pour l’instant il n’est pas très étalé, je me dis donc qu’il ne gênera pas trop.

Arrivée au terrain, je vois de loin le Dimona devant le hangar. Bernard et Jean-Bernard sont la. Nous sortons L’Alliance et le mettons sur le côté, il ne volera pas.

« Tu voles sur quoi toi ? Me dit Bernard

_ Je vais prendre l’Astir, tant qu’à faire. »

Voila donc l’Hotel Papa devant le hangar. Et voila Christian et Henri qui arrivent. Nous sortons ensuite le Janus pour Jean-Bernard et Henri, le K21 pour Christian, et le LS3 pour Bernard. Jean arrive un peu plus tard, il nous remorquera.

Je vais chercher un parachute et la batterie de l’Astir, et je fais ma prévol. Rien n’est cassé, rien d’anormal. On amène les planeurs en piste, le mien est en pole position. Je n’aime pas tellement partir le premier, mais bon. En marchant vers la piste 25, j’ai pensé que je pourrais me faire un circuit d’entrainement en local. Mais les quelques minutes de marche ne sont pas assez pour préparer ça correctement dans le GPS. Tant pis, je choisirais ma route en l’air en fonction des nuages… J’arrive devant mon planeur, je déroule le câble de remorquage, je mets ma licence, ma carte, une bouteille d’eau et mon appareil photo dans les poches de rangement, et j’entends Papa Charlie qui met en route. « Et merde » je me dis, il démarre déjà… J’enfile mon parachute, qui pour couronner le tout, est un modèle que je n’ai jamais mis. « Comment ça se met ce truc ? Ca ça vient la, ça ici, ok… »

Me voila sanglé dans mon cockpit, le câble est accroché, et le remorqueur est au point d’attente. Je ferme tout, je fais un CRIS, et je lève le pouce. J’aime pas quand c’est précipité comme ça…

« Papa Charlie alignement et décollage 25, remorquage planeur à Soissons ».

L’attelage roule, il est 14h45. Je maintiens l’axe, et j’abaisse le nez du planeur, pas trop pour ne pas frotter par terre. 80km/h, je tire doucement, et me voila tracté en rase-mottes, à peut-être 40-50cm de l’herbe de la piste. Le Rallye s’arrache à son tour, et nous voila en l’air tous les deux.

A peine la piste dépassée, il est happé dans une pompe assez virulente, à le voir monter. J’arrive dedans une seconde plus tard, et je grimpe sec moi aussi. Ouf ! Ca commence bien ! Un peu plus loin, c’est l’inverse. Mon vario indique un bon 2-3m/s en montée, quand le remorqueur s’effondre devant moi, passant dans une vraie dégueulante. C’est impressionnant, et instinctivement on pousse sur le manche pour ne pas être trop haut (=danger). Il m’est déjà arrivé de pousser si fort que les lanières de mon harnais sont venues virevolter devant mes yeux…un moment impressionnant et inoubliable ! Nous grimpons assez vite, nous voici déjà à 650m.

« Hotel Papa de Papa Charlie, je vais aller sous le gros paquet en face.

_ Hotel Papa, reçu. »

Je me prépare à larguer au battement d’aile, la main à côté de la poignée de larguage.

Nous voila sous le nuage, 700m, battement d’ailes, je largue. Le Rallye plonge vers le sol, et j’engage ma spirale. La pompe est timide, mais me fait tout de même monter vers 850m. Le vent vient du sud-sud ouest, je n’irais donc pas trop jouer au nord-est…Je monte péniblement à 900m, et je vois un cumulus bien développé plus au nord. J’y vais. Je tiens ma vitesse de finesse max, 95km/h. Sous ce cumulus, j’arrive au plafond, un peu moins de 1100m. Je vadrouille ensuite un peu autour de cette position, et je décide de tenter un petit circuit local. Partir au sud de mon local, vers Hartennes-et-Taux, puis revenir vers Tartiers, au nord-ouest de Soissons. Grosso modo, ça me fera un aller retour de 35km, et je pourrais ensuite continuer pour arriver à 50km. Partir vers l’ouest aurait été mieux compte tenu du vent, mais les cumulus y sont moins présents.

Je fais finalement un point bas à l’ouest de Soissons, 700m. Ca sent pas bon, je reviens au terrain, sur la pointe des pieds. Le LS3 est en dessous de moi, encore plus dans la panade… Je trouve finalement une pompe qui me remonte presque au plafond, et je décide de mettre le cap sur Hartennes, 15km devant moi. Il y a des beaux cumulus sur la route, je pourrais « ravitailler ». J’arrive au dessus de mon point de virage, à environs 1000m de hauteur.

TdB Astir

Je spirale à nouveau pour remonter, garder de l’eau sous la quille, en essayant de garder la vitesse de taux de chute minimum, 75km/h. Seulement, je sens le planeur amorcer une vrille quand je spirale autour de 75km/h, et moi je cherche à monter, pas à descendre…Je reste donc au dessus de 80 pour être tranquille…pourtant la vitesse de décrochage du bazar est de 60km/h.

Je remets le cap sur les cumulus entre moi et Soissons. Le K21 vient un peu tourner avec moi, puis je pars sous un beau cumulus juste à côté. La pompes est meilleure, j'informe le K21 que la pompe est plus vigoureuse, et que le cumulus au dessus de lui se désagrège. Nous entendons alors Bernard sur la fréquence: "J'aimerai bien en avoir moi, des pompes vigoureuses..."
Les deux autres planeurs sont du côté de St-Quentin et Chauny. J’arrive sur la ville, toujours autour de 1000m, mais il n’y a pas de cumulus au-delà. Je ne continue pas, me voila à 800m, je ne prends pas de risque inutile. Demi-tour, sous les nuages. Le K21 est en difficultés, il a voulu monter au nord, et se trouve à 400m au dessus de la ville. Il prévient qu’il fera une directe 25 si nécessaire. Pour ma part je tourne un peu à l’est du terrain, parfois dans des pompes timides.

Michel, le gardien de la plateforme nous appelle. Roissy vient de fermer la zone, nous n’avons droit plus qu’à 900m sol au lieu de 1500. Tant pis, on fera avec. Mais moi je ne ferai peut-être pas mes points de virage dans ce cas. Je croise le LS3, qui vient voler un peu en patrouille avec moi, profitant de ses passages rapides pour faire des photos.

LS3

Le LS3 et Bernard, qui prend une photo...

Asti

...que voici, de moi en Astir.

Nous spiralons un peu ensembles, puis il repart vers la ville. Je me trouve à l’est du terrain, à 900m. Bernard m’appelle, et me préviens qu’il n’y a aucune ascendance entre la ou je me trouve et le nord-ouest du terrain.

« Prends de l’élan si tu veux traverser ! »

Bigre…10km de vide ! Un coup d’œil à l’alti, je tiens une pompe qui semble s’essouffler un peu, et me voila à 950m. Je prends un peu de gras pour aller à l’ouest, face au vent, sous les cumulus que je vois au loin. Le voile de Cirrocumulus s’est avancé, et voile maintenant le soleil. La voila la source de nos ennuis !

Le LS3 s’annonce en vent arrière, et le Janus annonce qu’il va faire un passage bas au dessus du terrain. Il est dans l’axe de piste, à 3km. Je suis à sa gauche, 300m plus haut. Puis il pique pour prendre du badin, passe un peu à gauche de la piste et fait sa ressource avant de se poser lui aussi.

Je suis le dernier en l’air…Mais pas fier : je suis à environs 8km du terrain, 900m, et le vent de face. Ca va être très serré. J’essaie déjà de rallier le terrain, et si je ne descends pas trop, de rejoindre la ligne de cumulus en face de moi, sur la pointe des pieds, finesse max !! Je passe à la verticale du terrain, je suis à 650m, les cumulus sont à 4-5km de moi. Ca va être trop serré…J’avance un peu, si je ne rencontre rien à 500m, demi-tour. Mon vario fait un tout petit bond, mais retombe aussitôt, et me voila à 500m. Demi-tour, direction la zone de perte d’altitude. Je me laisse descendre lentement, et je me pose en piste 25, en touchant aux plots. Un bon atterrissage pour un vol que je trouve bon lui aussi.

 

Bilan de la journée : un bon vol, 2h35, le plus long de la journée ! Parti le premier, rentré le dernier. J’aurais essayé de grapiller de l’altitude dans des ascendances bof bof, et de faire un petit circuit, pour commencer… Le plus haut plafond a été 1200m, et j’ai eu des Vz à +4m/s.

Publié le 06/06/2007 à 23:35
Par Jean-Rémy

Journée bizarre aujourd’hui…

Arrivée au terrain vers midi, Bernard est déjà la, à bricoler sur son BSUS, et Christian s’affaire sur les remorques pour les Pégase.

Jean-Bernard, Alain et Henri arrivent un peu plus tard.

Le ciel est rempli de magnifiques cumulus, mais la manche a air est presque a l’horizontale et la direction fait des variations de presque 90°, passant du plein axe au plein travers de la piste 07. Ambiance bof, on pense que ça ne vaut pas le coup de sortir les monoplaces, et de toutes façons avec un vent comme ça, je préfère ne pas risquer un cheval de bois avec l’Astir.

Puis vient une accalmie…Consultation des prévisions météo, 10kt de vent du nord-nord est annoncé au sol, et jusqu’à 20kt en altitude. Un autre pilote est arrivé avec un VI à faire, et l’autre Christian en a aussi ramené un. On sort donc l’Alliance pour commencer…le reste, on verra plus tard. Jean-Bernard prendra le Janus avec Henri si le temps ne se dégrade pas, tandis que Christian, Alain et moi attendons.

Décollage de l’Alliance, nous lui demandons par radio comment est la masse d’air :
« C’est super bon ! »

Bon, peut-être on va décoller aussi alors. Alain va préparer le K21 et partira seul à bord, et lorsqu’il se posera, Christian repartira avec. Bernard me dit que je peux prendre l’Astir sans soucis, mais le Marchetti est dans le hangar, il faudrait le ressortir. « Pas grave, je prendrai l’Alliance dans ce cas ».

Les deux autres biplaces sont en piste, le Janus devant. Il décolle et prend visiblement très vite de la hauteur. Alain décolle juste après.

CHID_to

Alain au décollage...

Une petite demi-heure plus tard, je plaisante « Le janus doit être du côté d’Orléans maintenant…. »

Retour de l’Alliance, que prend Bernard pour l’autre VI. Après le décollage, nous le voyons passer vers le sud-ouest, pas très haut…il tourne un peu dans une hypothétique pompe qui ne le fera pas monter, puis se pose. Alain se pose peu après, tout juste avant que je décolle. Christian va prendre le K21 en solo lui aussi.

Alliance_finale

L'Alliance en finale...

Me voila donc dans l’Alliance, Hotel Quebec. Petite appréhension, car je n’aime pas vraiment ce planeur. Lourdaud aux commandes, le contraire du K21, qui lui est très vif. Appréhension également, car je n’ai pas volé sur ce planeur depuis….facilement 3-4 ans, et je n’ai volé que deux fois dessus. Mais basiquement c’est comme un K21…en plus « pataud » ! Bernard me dit simplement qu’il faut beaucoup plus lui lever le nez au décollage, pour le mettre sur le train principal.

La verrière est fermée, le câble accroché. Alain est joueur, et décide de me secouer l’aile en attendant que le remorqueur mette les gaz. Et me voila parti ! La tenue d’axe n’est pas difficile, mais c’est vrai qu’il faut bien lui tirer sur le museau pour décoller la roulette !! Ca tabasse pas mal, à peine décollés, nous traversons une grosse pompe. Premier virage, j’accompagne au manche, et l’Alliance s’incline mollement…

 

Je me largue autour de 650m, la pompe semble bonne. Je vario fait des bonds à 2m/s, mais ce sont plus des bulles d’air qu’une colonne d’air chaud. Je monte péniblement à 750m. Je reviens un peu vers le nord, le vent m’ayant entrainé vers le sud. Je retrouve une ascendance plus franche, qui me monte autour de 900m. Le K21 est plus à l’ouest, en spirale lui aussi, et sous un gros cumulus, bien développé verticalement.

Je mets le cap vers lui, et je me mets en spirale en dessous de lui. Je lui demande sa position car je ne le vois plus autour de moi, mais il est déjà parti vers un autre cumulus. Je grimpe tranquillement jusqu’à 1200m, parfois dans du 4m/s. Mon point le plus bas lors de ce vol sera environs 950m.

 

Alain nous appelle soudain à la radio, Roissy à fermé la zone. Nous n’avons donc plus droit qu’à 1050m de hauteur au lieu de 1500. Je suis à 1100 au moment de l’appel, en transition. Manche en avant, et je fonce vers le cumulus devant moi. Petite ressource dans une ascendance, mais je bloque autour de 950m. Le K21 est un peu plus au nord, et le Janus est au dessus de Soissons.

Un beau cumulus s’est formé à l’est, ou je me suis largué tout a l’heure. Je vais y tenter ma chance, mai je maintiens péniblement 750m. Je ne trouverai plus d’ascendance lors de ce vol.

J’aperçois l’India Delta au nord du terrain, il semble monter. Je le rejoins, mais je ne trouve rien. La fin du vol semble approcher, je mets le cap sur la zone de perte d’altitude, le K21 vole parallèlement à moi, environs 200m à ma gauche, un peu plus haut et sur une trajectoire convergente. C’est tout simplement superbe, même si ce n’est pas le plus gracieux des planeurs. Mon seul regret : ne pas avoir embarqué mon appareil photo !

 

J’arrive en zone de perte d’altitude à 350m, je fais un petit tour et entame ma vent arrière.

« Soissons, planeur Hotel Quebec en vent arrière pour la 07 ». J’arrive en fin de branche sans avoir perdu d’altitude, Christian qui s’est posé 10 minutes après moi à eu la même chose.

Je maintiens 100-105 à cause du vent, et je pose impeccablement l’Alliance, et je dégage la piste sur l’élan de la machine. J’ouvre la verrière, me revoilà sur le plancher des vaches, et non pas aux vaches ;). Je tapote doucement le planeur, « merci pour le vol mon gros » ! (Je sais, je parle aux avions, je suis bizarre….mais chez moi c’est naturel…).

alliance_arrondi

L'Alliance à l'arrondi...ce n'est pas mon vol, j'ai simplement pris la photo...


Tout le matériel est rangé, les housses sur les ailes, fermeture du hangar !

Publié le 03/06/2007 à 13:04
Par Jean-Rémy

Nous revenons à la charge le lendemain, Dimanche 3 juin...

Cette journée était vraiment bien partie ! Je comptais aller au terrain vers 13h, comptant sur une météo identique à celle d’hier. Mais dès 10h, en me réveillant, le ciel était bien bleu, avec de petits cumulus par endroits. Je fils donc à Soissons pour 11h30, en mangeant mon casse croute pour ne pas devoir l’engloutir juste avant de décoller.

Beaucoup de voitures sont déjà sur le parking, tous sont à la réunion du bureau qui se tient aujourd’hui, je les attends au pied de la tour. J’ai pas mal de temps pour observer le ciel et les cumulus, ainsi que le Robin qui fait des tours de piste. Les nuages commencent à bien se former, certains sont même très appétissants !


La réunion se termine vers 13h, Denis part chercher des sandwichs, puis nous descendons ouvrir le hangar. Tous les monoplaces vont voler aujourd’hui : les 3 Pégases ; pour Jean-Bernard, Jérémy et Denis ; le LS3 pour Eric et l’Astir pour moi. Phil nous remorquera et partira avec Charles en K21 si un autre pilote remorqueur arrive. Didier partira en solo sur l’Alliance. On emmène tout en piste, et les premiers planeurs décollent vers 15h.

JB, parti le premier, grimpe très vite. Même pas 10 minutes après son largage, nous le voyons très haut (1000-1300m) partir vers Laon. Le ciel commence à se boucher au nord, le soleil à beaucoup chauffé. Ce n’est pas terrible…

remorquage JB

Le remorquage de JB...

Je pars en dernier, ayant pris soin de fixer ma caméra pour filmer le décollage. Le vent est quasi nul au sol, mais une fois décollé je dois botter pas mal à gauche pour rester en ligne droite. Nous arrivons assez vite autour de 500m, et vers 650 Phil bat des ailes, je largue. Il me prévient par radio que je devrais prendre la pompe serré. Je cherche un peu, mais le ciel est bâché au dessus de moi. Au moindre mouvement positif du vario j’engage la spirale, serrée à 45° ou plus. Je gagne très péniblement 100m, et puis plus rien. Au mieux l’aiguille m’indique un petit 0, mais l’altimètre ne fait que descendre. Je tournais déjà au dessus de la zone de perte d’altitude, tant mieux. Mais je suis vexé de me poser si tôt. Entre temps, JB à fait demi tour à cause du ciel bouché au nord, et les quatre autre monoplaces on fait route au sud, vers Château-Thierry, ou le ciel est beaucoup plus dégagé.

Je me pose, et demande à repartir. Je dis à Didier de partir devant moi, puisqu’il est en piste et prêt et pensant qu’il y a quelqu’un pour lui tenir l’aile. Mais il me fait partir en premier, étant donné que je n’ai jamais décollé aile basse.


A nouveau en piste, mais cette fois je laisse l’appareil photo rangé. Papa Charlie est en ligne, et nous décollons à nouveau. Il met cette fois le cap au sud vers un bon gros nuage bien gris.

Tout à coup, j’entends quelque chose claquer, venant de l’avant. Et je vois défiler une goutte d’eau sur la verrière…. « ???? »

Quelques instants après, un autre « Clac », et puis encore plusieurs !!! Bordel, je vais quand pas non plus me ramasser de la flotte en plein vol, ça va pas le faire… Je me prépare même à une éventuelle annonce de retour au sol derrière le remorqueur. Finalement je n’aurais croisé que ces quelques gouttes, et je me largue dans une pompe assez généreuse. Je tourne dans du 1m/s de moyenne, le vario oscillant entre 0,5 et 1,5. Un peu plus tard j’aurais même des pointes à 2 puis 3m/s. Mais malheureusement l’espace d’une pauvre seconde malheureusement…

Les autres monoplaces sont aux alentours de Fère-en-Tardenois, sauf Jérémy qui a fait demi-tour au kilomètre 15, ne voulant pas se faire piéger. De mon côté, je suis monté jusqu’au plafond, environs 1100m, et comme hier, mon planeur glisse à la limite du nuage. L’ascendance est beaucoup plus prononcée au niveau du cumulus, car en ayant arrêté ma spirale et volant vers le terrain (pour ne pas se laisser trop dériver par le vent) je continue à traverser du 1m/s en positif…Mais en direction du terrain, aucun cumulus…et j’ai perdu 100m depuis mon plafond. Demi-tour, je vais un peu m’amuser sous le cumulus.

ciel bouché

Le ciel se bouche autour du terrain...


Jérémy m’a rejoint, et spirale 100m en dessous de moi, et Didier est encore en dessous, peut-être 300m plus bas. Mais la pompe s’est effondrée, et on trouve très péniblement du 0,5m/s. Jérémy monte quasiment à mon niveau, et moi je perds et gagne successivement 50m…Bof bof tout ça. Didier à mis le cap sur le terrain, il n’est pas arrivé à grimper. Jérémy abandonne la partie aussi, et tente sa chance plus au nord-ouest. Il me prévient un peu plus tard qu’il est sous un cumulus à l’ouest du terrain. Je suis à 1000m, ça ne grimpe plus, j’y vais. Je reprends 4 gouttes pendant la transition, mais quand j’arrive, pas de cumulus, et mon altimètre indique 650m….J’ai traversé du -2m/s tout le long du trajet, comme Jérémy d’ailleurs.

Bon, je file en zone de perte d’altitude, et je croise le Pégase de ce dernier, 100m en dessous de moi, en vent arrière. Didier est déjà posé, le planeur est en bord de piste. Le Robin en tours de piste ne passe pas très loin, à peine plus haut que moi.


350m, je fais encore un tour en descente et j’y vais. J’ai attaqué ma vent arrière quasiment à la moitié, pas propre tout ça. Tant pis, je sortirais les aérofreins un peu plus tôt. Jérémy à dégagé la piste, je tiens 95km/h au badin, pour prévenir une éventuelle rafale de vent. Je me pose, pleins AF, manche au ventre et frein, et je peux dégager entre l’Alliance et le Pégase. Bon, un peu mieux que le premier vol…ça me fait une heure de vol au total……mais deux remorqués !

On ramène directement les planeurs au hangar, pas la peine de continuer avec un ciel pareil. On se dépêche de tout nettoyer et désarmer, au cas où on se prendrait un grain sur la tête. Aucune nouvelle pour le moment des autres monoplaces. Phil s’apprête à décoller avec Hervé pour un vol de contrôle. Un autre planeur est en vue, et se pose pas très longtemps après. C’est le LS3 avec Eric à son bord. Denis annonce à la radio qu’il se prépare à se vacher. Jean-Bernard est de retour dans le local du terrain, et se pose lui aussi peu de temps après.


Il ne reste que le K21 en l’air, et le ciel commence à se dégager et de nouveaux cumulus apparaissent. Il tiendra plus d’une heure.

Bilan de la journée : nous avons décollé trop tard sûrement, vers 13h aurait été l’idéal. Mais nous n’avions pas prévu que le ciel se boucherait.

Voici les images de la trace GPS de mon premier vol:


trace1


trace2

trace3
Sur cette dernière image on voit bien le larguage (1), puis l'ascendance et la dérive du vent, le moment ou j'ai voulu me recentrer (2) mais la pompe s'est estompée, puisque j'arrive en 3 suis avoir rencontré de mouvement ascendant.


Petite vidéo du premier vol - 9min30

Visible en grand ici: Astir over Soissons/
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