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Publié le 25/04/2007
Par krikkor
UNE RÉFLEXION SUR L'ART BRUT


Dubuffet appelle art brut l'art des enfants et celui des fous, et lui, ni enfant ni fou, va le copier. Ce qui est brut, est tout autre, c'est ce qui n'est pas encore en phase finale et demande une opération pour le faire aboutir.

On se référera aux mines de charcuterie du meat-land d'Alphonse Allais qui ne nécessitent que le conditionement, ce que le capitaine Cap cherchera à leur procurer.


Inoubliable cette photo de Pontus Hulten juché avec César sur un tas de ferraille dans une décharge, se demandant comment faire de cet art brut de l'art tout court. Les deux compères ont l'air tout chagrin car si bien placés soit-ils pour le faire, ils ne sauraient en venir à bout, trop c'est trop.

Sennelier en vendant des tubes de peinture achetés pour peindre est un marchand de fournitures pour artistes mais, si c'est pour en faire une accumulation de tubes , il devient un fournisseur d'art brut.

On a dit de la production d'Arman, artiste officiel, décorateur de la préfecture de police de la Seine avec une accumulation de décorations dont il était si friand, flanquée d'une Marianne décervelée, qu'elle va des facilités d'un néo-dadaïsme fournisseur des FRAC de province aux élégantes fournitures pour salons cossus. Où donc va-t-il se fournir en art brut, au Bazard de l'Hôtel de ville ou à la Samaritaine comme les autres bien sûr, mais où va-t-il trouver ses violons bruts, non encore signés ?

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