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LA BEUGLANTE (blog) blog.ifrance.com/labeuglante
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Publié le Samedi 09 septembre 2006 à 02:23
Par le Géant Lunaire
C'est au public, et non à moi, de dire si ce qu'on fait en scène a quelque chose à voir avec de l'art. Moi, ce que je peux dire, c'est que ce qu'on fait en répétition pour y arriver ressemble plutôt à de l'artisanat. Entre copains, certes...

Nico&Delphine2.jpg

Les répét', rythme de croisière : pour la Beuglante, compter au moins une soirée par semaine, et un peu plus en cas de concert imminent. En général, on est prévenus le mardi ou le mercredi pour... le soir même ! Heureusement, quand on entend l'appel, on s'y attendait.

Rendez-vous vers 19h30 chez Nico pour le repas en famille. Chaque semaine, à tour de rôle, l'un de nous six est chargé de la cuisine. Parfois, "cuisine" est un bien grand mot, et d'autres fois le mot est faible. En la matière, à la Beuglante tous les styles sont permis, de la pizza tiède au menu bio-végétarien en passant par les pâtes à ce que tu veux...

En attendant que ce soit prêt, s'il fait beau on prend l'apéro et on joue au volley dans le jardin avec les enfants ; s'il fait pas beau, tant pis pour le volley : on prend quand même l'apéro mais à l'intérieur.

Puis on passe à table. Il est 20h, 20h30, c'est à peu près l'heure d'arrivée du dernier retardataire (et c'est souvent moi). C'est le moment privilégié pour échanger des nouvelles et discuter des projets concernant le groupe, pour se mettre d'accord sur l'ordre du jour, les morceaux à travailler, et visionner les dernières photos ou vidéos, s'il y en a. Mais c'est aussi le lieu des propos anodins et des bonnes vieilles blagues : en somme, ça tient à la fois de l'ambiance réunion de travail et de la soirée entre potes.

21h (dans le meilleur des cas). Les enfants partent se coucher pendant qu'on passe dans la salle de répétition (une remise qui, le reste du temps, sert de débarras). Chacun chauffe ou accorde son instrument (ou du moins tente de le faire), et c'est parti pour trois heures minimum de travail non-stop, à part la pause-café. Tous ensemble ou en sous-groupes : voix d'un côté, instruments de l'autre, on reprend le répertoire connu, on réarrange un morceau, on découvre une nouvelle chanson (c'est ce qu'il y a de meilleur), on la déchiffre et défriche pas à pas (exercice à la fois éprouvant et passionnant), ou on se la joue et rejoue dix fois de suite pour bien l'avoir en tête et dans les doigts, et ça, c'est incontournable mais il faut bien avouer que c'est le moins drôle du travail. Il peut arriver qu'on passe comme ça deux heures d'affilée sur un seul morceau qui, en concert, ne représentera que trois ou quatre minutes de prestation !

S'il reste du temps, autrement dit très rarement, on termine la soirée en boeuffant à deux ou trois sur des standards de rock, de blues, ou à partir d'anciennes improvisations. Puis les derniers survivants nettoient leur(s) instrument(s), ramassent leurs affaires et s'en repartent sur la pointe des pieds en traversant la maison endormie. Il est entre minuit et demie et 2h du matin, l'heure de se dire au revoir sans trop de cérémonies car ça commence à tirer dur sur les paupières et y a de la route à faire...

Je n'ai pas de photos de répét', dommage, mais ça se comprend : pas le temps, pas le moment ni le lieu, et d'ailleurs ça serait pas très photogénique. Je dis ça peut-être à cause d'une certaine photo de moi, prise en sortie de répétition, qui a traîné un moment sur le site de la Beuglante, faute de mieux, et qui a fait marrer les quelques copains qui l'ont vue... Je ne prétends pas être plus photogénique maintenant, mais au moins, je me reconnais !

Quand je relis ce qui précède, je me demande ce qu'il y a d'excitant à répéter, et surtout pourquoi j'ai toujours hâte de recommencer. Pour les concerts, la question ne se pose même pas : c'est un pur plaisir ! Et c'est sans doute une partie de la réponse : j'aime les répétitions parce qu'elles annoncent les concerts à venir. Mais il y a autre chose, que je mets en rapport avec toutes ces choses plus ou moins désagréables en soi (planter des clous, couler une dalle de béton, déménager, arracher les chardons, changer en pleine nuit une roue crevée au bord de la voie express...) mais qui deviennent presque délicieuses quand elles sont vécues à plusieurs, entre amis. En bref : répéter sans projet précis de jouer en public, je l'ai fait autrefois, je ne le ferai plus. Mais répéter avec de simples collègues, avec des gens que je n'aime pas, même pour un grand concert, ça, je ne l'ai jamais fait et je ne le ferai jamais, j'en suis sûr. Ça existe, pourtant. Mais il faut être un pur professionnel, un technicien de son instrument, de ces musiciens qu'on appelle des "requins de studio" pour accepter de faire de la musique (on ne peut même plus dire "jouer") dans des conditions pareilles. Le show-biz en est plein, il n'y a pas de mal à ça, ils grattent des cordes, frappent des peaux ou soufflent dans un cylindre et pour gagner leur vie ils font ça mieux que moi, mais justement, eux travaillent et gagnent leur vie alors que moi, je joue et je vis la mienne.

Alors tant pis pour la contradiction : ce qu'on fait à la Beuglante, si parfois ça peut ressembler à de l'artisanat, ça n'en est pas, ça n'est pas que ça.



P.S. : alors qu'est-ce que c'est ?
Publié le Jeudi 07 septembre 2006 à 10:44
Par le Géant Lunaire
 RubriqueàBrac(1).jpg  * - Pour les fans de Marcel Gotlib : ce titre renvoie à un sujet de la Rubrique à Brac (tome 1 (le meilleur !)) dont voici l'envoi : « Le petit jeu des "si..." est toujours passionnant. "Si ceci..." "Si cela..." "Avec des si..." etc. Et j'aime volontiers m'y livrer. Tenez, par exemple, "Si les pommes étaient des citrouilles ?.." » – d'où le titre. Merci Marcel. Et maintenant...
SI LA BEUGLANTE AVAIT DES MICROS...

Eh ben tu peux pas imaginer à quel point les choses seraient différentes.

Ainsi, au commencement : le groupe n'aurait plus de nom. En tout cas plus celui-là parce que je te demande un peu quel sens ça aurait, hein ? Ça rimerait à quoi de s'appeler La Beuglante quand on n'a plus besoin de beugler vu que les micros sont là pour le faire à ta place ? Tu me diras, on trouverait autre chose, Les Micros par exemple, non mais je te le demande de quoi on aurait l'air ?! Résultat, en tout cas : moi, je serais obligé de réécrire complètement ma première chronique, et je vois pas du tout ce que je pourrais mettre comme élucubrations sur le thème "Blog et Micro ça va bien ensemble..." (cf. 1.09.06, Mais qu'est-ce qu'on est venus faire ici ?)

Et puis d'ailleurs, pour qui les micros ? Je te rappelle qu'on est 6, et tu sais combien ça coûte un micro sans fil ? Ben oui, sans fil ! Tu crois peut-être qu'on va s'amuser à faire notre rodéo parmi le public avec un fil dans les pattes ? (Je parle surtout pour Nico, nous on suit de loin...) Alors tu prends le prix d'un micro HF (Haute-Fréquence = sans fil), modèle haut de gamme (je te signale qu'il y a des voix subtiles dans notre groupe, et ça s'amplifie pas avec un porte-voix !), tu multiplies par 7 (un micro de rechange, c'est pas du luxe), plus les câbles, plus la sono qui va avec, tu ajoutes le montant de l'assurance pour un matos pareil et là tu visualises à peu près combien ça fait. Combien ça nous fait de tournées dans les grandes villes de Bretagne (le Grand Ouest c'est pour plus tard), et combien de clients comme toi, prêts à payer très cher pour nous entendre chanter derrière des micros ? Parce que c'est bien joli d'avoir du matos qui vaut de l'or, après il faut l'amortir ! Tu vois d'ici le chemin qu'il nous reste à faire ?

stephdelph(2)-romillé.jpg

En attendant, et si La Beuglante s'achetait simplement, modestement, deux micros ? Nous autres, à l'accordéon, à la flûte, au charango, à la guitare ou à la clarinette, à la rigueur on peut s'en passer, mais Steph et Delph ? Nos deux voix féminines, celles qui sont censées beugler sauf que c'est pas dans leur nature, tu crois pas qu'elles respireraient mieux si tout le monde pouvait entendre et apprécier leur voix même quand on joue par-dessus ? Les paroles, qui c'est qui les porte ? Si La Beuglante n'avait que deux micros à se mettre sous la glotte, ça va de soi, ils seraient pour elles. Et tu admettras que ça changerait déjà pas mal de choses...

Tiens ! Les paroles, parlons-en : si le public pouvait comprendre tout ce qu'on dit dans certaines chansons ("les papys à casquette", par exemple !), je me demande combien de temps encore on pourrait les chanter comme on les chante... avant de les réécrire en version poétiquement correcte ! Tu en connais beaucoup, toi, des chanteurs qui parlent de sencuré et de horreur ! quand ils s'adressent au grand public ? Passé un certain seuil d'audience, la chanson c'est comme la politique : plus le public grandit, plus les paroles rapetissent... 

Non, nous on garde la tête froide ! Micros, sonos, scènes, sunlights et fumigènes... Tout ça viendra, on ira tous au paradis, même les beuglants. D'ici là, y a encore un peu de temps pour en profiter, de nos libertés : de parole, de mouvement, de choix. Un luxe parmi d'autres qui ne durera peut-être pas : se voir offrir une scène, avec micro et sono (de ball-trap, il est vrai...), et se permettre de ne pas les utiliser... Choisir le face-à-face avec le public plutôt qu'avec le matos... Ou, en l'absence de matos, demander aux gens de nous amplifier... en beuglant avec nous !

La Beuglante n'a qu'un an ! Toi aussi, profites-en : tu peux encore espérer nous voir gratos (si c'est l'organisateur qui paye tout) ou pour pas cher (s'il n'est pas assez riche pour tout payer). Mais ça ne peut plus durer, c'est en train de changer, on devient gourmands car on a un grand projet : micros, sunlights et fumigènes, tout ça c'est du vent, il faut viser plus haut ! Si La Beuglante avait des micros, ce serait pour beugler six fois plus fort notre nouveau slogan : "Tous à la télé !" Et je peux te dire qu'il faudra nous payer cher, très cher, pour qu'on accepte d'y mettre les pieds !


P.S. : au fait, sondage express : on se connaît ?
Publié le Mardi 05 septembre 2006 à 02:19
Par le Géant Lunaire
J'ai rejoint la Beuglante un soir de bœuf. Trois semaines (et trois répétitions) plus tard, j'étais en scène ! Ça se passait le ***22 avril 2006*** à ROMILLÉ (35) pour la soirée privée d'anniversaire de notre ami David. "Soirée privée" : j'ai tout de suite noté cette expression rassurante quand, après la première répét', Nico, Stéphanie et les autres m'ont proposé d'y participer à leurs côtés. Mais "notre ami David" n'était pas encore le mien (j'ai copié-collé la formule sur le site du groupe), et je me disais un peu : "Sont pas sérieux de me laisser jouer avec eux et devant leur ami aussi rapidement !" A peine plus de quinze jours pour se préparer, c'était très court ! Surtout pour quelqu'un qui, comme moi, ne soufflait guère plus d'une fois par mois dans son instrument... Mais bon, j'ai été séduit par l'idée, et puis d'ailleurs, prêt ou pas, j'ai jamais su dire non à une proposition de jouer.

Révolution à la maison : à peu près tous les soirs, je m'y mettais. Ecouteurs sur les oreilles, je travaillais, à partir des enregistrements de répétition, des morceaux que j'avais entendus pour la première fois deux semaines plus tôt, et dans ces morceaux, des passages de notes que je n'avais jamais encore pu sortir de ma clarinette ! Je ne sais pas ce qui m'a retenu, tous ces soirs, d'appeler Nico pour déclarer forfait...

Puis le jour J est arrivé. Vite, se choisir un costume (pourquoi faut-il qu'on pense à ce genre de choses au tout dernier moment ?), repérer l'itinéraire, nettoyer et lustrer l'instrument, vérifier l'heure du rendez-vous, faire le plein... et en route, réécouter une dernière fois le répertoire de la Beuglante : "notre" répertoire !

Je suis arrivé à l'heure (donc le premier de l'équipe...), seul à débarquer parmi des inconnus qui semblaient tous se connaître et qui, eux, m'apparaissaient très nombreux ! Evidemment, je n'en menais pas large. Pincement au cœur (mon premier trac !), et la tentation, avant de descendre de voiture, de simuler une occupation de la plus haute importance en attendant les renforts : ranger les papiers de la boîte à gants ? Me faire les ongles ? Un appel urgent et... très long ?

Il y a des moments dans la vie où il faut trouver la force de contrarier sa nature (et la mienne est plutôt du genre timide). De ces moments comme, par exemple, un premier rendez-vous amoureux. Et là, seul dans ma voiture à me ronger les ongles en zieutant sans cesse le rétroviseur (où je pouvais compter et recompter les multitudes d'invités à cette soirée privée), j'ai entendu une voix qui me susurrait entre les oreilles : "Tu es amoureux ! Et c'est ton premier rendez-vous, là, maintenant ! Tu ne te sens pas prêt, bon, mais on ne l'est jamais dans ces occasions-là ! Le seul moyen de ne pas perdre... tous ses moyens, c'est de vivre l'instant sans se projeter dans l'instant qui va suivre, en étant vrai ! Alors vas-y, fonce dans le tas !" (A la vérité, c'était pas tout à fait une voix et c'était un peu plus confus que des mots, mais ça revenait à ça.) Je suis descendu de voiture, je suis allé droit au cœur de l'attroupement, je me suis présenté au premier venu, en quelques mots très simples (ce qui, pour moi, n'est pas si simple !). Et à partir de là, tout a été très vite.

Si vite que j'en ai oublié les détails. Partout des gens sympathiques, prêts à me faire entrer dans leur cercle, et à discuter (mais de quoi déjà ?). Il y a eu David d'abord, puis Thomas, Luc (du groupe 8 fois rien), et les autres... Tant et si bien que lorsque, enfin, le reste de l'équipe de la Beuglante est arrivé, je me sentais parfaitement à l'aise, intégré, en confiance. J'avais presque oublié l'essentiel...
Il allait falloir jouer !
Mais c'est une autre histoire, et, fort heureusement pour la longueur sûrement déjà excessive de ma chronique, je viens de retrouver une photo qui date de ce 22 avril, la toute première de moi en concert (ici, à côté de Delphine). La prise de vue n'est pas très nette, et d'ailleurs ce soir-là le sujet ne l'était pas non plus (maudit cocktail de bienvenue !). Mais plus je la regarde, plus il me paraît qu'elle en dit long sur l'état d'esprit dans lequel je me trouvais pendant notre prestation...

bruno-22avr06.jpg

"nous avons joué notre répertoire de façon très détendue..."  (citation extraite du site de la Beuglante... J'aurais aimé, sur le moment, pouvoir en dire autant !)

Je ne refermerai pas cette chronique sans avoir rendu un hommage appuyé à ces chers beuglants qui, m'ayant fait confiance dès le premier jour, m'ont aussi, depuis cette fameuse date du 22 avril, accepté pour de bon comme un des leurs !




P.S. : oui, je sais, le costume est à revoir !
Et encore, tu n'as pas le son.
Mais c'était la première fois...
Et toi, ta première fois, c'était comment ?

Publié le Dimanche 03 septembre 2006 à 01:01
Par le Géant Lunaire

Oui, bon ! Je sais, c'est un raccourci trompeur et très artificiel, ce titre. Artificiel, parce que tout le monde sait bien que les Malouins n'ont jamais parlé que le malouin. Et trompeur, parce que si la Beuglante est basée en Ille et Vilaine, département qui, rappelons-le, fait partie de la Bretagne, si donc la Beuglante est bel et bien un groupe breton (n'en déplaise à J.C...), il ne s'agirait pas de faire croire que c'est un groupe bretonnant ou de musique traditionnelle bretonne. "Kenavo" est un des cinq mots bretons que je connais, et là il tombait bien, vu que tout le monde le comprend et surtout, qu'il rime avec "Saint Malo".

beuglante-StMalo-10juil2006.jpg

Or Saint Malo, c'est fini pour cette année. Et c'est bien dommage, parce que les concerts intra-muros, c'est quelque chose ! Imagine : tu déballes ton instrument devant une rue parcourue par quelques touristes pressés, tu te mets à jouer avec les copains, et...
...Et là, le miracle ! Deux ou trois petits groupes s'arrêtent, d'autres bientôt les imitent, un cercle se forme, s'épaissit, se referme sur toi et tes copains, et en quelques instants, tu te retrouves au beau milieu d'un public enthousiaste et chaud, qui claque des mains et reprend en chœur des refrains qu'il ne connaissait pas deux minutes avant. Là, je ne parle pas des reprises (on en fait quelques-unes), mais des compos. Je l'ai déjà dit, nos chansons sont simples, faciles à chanter, mais encore faut-il en avoir envie ! La Beuglante se produit ailleurs qu'à Saint Malo, avec le même répertoire. Partout, on est bien accueillis et tout le monde repart content. Ici, c'est différent : on n'est pas accueillis, on est attendus ! Et à la fin, le monde ne repart pas !! On comprend mieux, dès lors, les horaires stricts imposés par la municipalité : si on écoutait le public, les concerts n'auraient pas de fin !

Je n'ai pas recompté mais on a dû faire une dizaine de dates cet été à Saint Malo. Et plus d'une fois, au rappel, on a chanté Je t'aime (tu connais des refrains plus faciles à reprendre ?). Eh bien à chaque fois, lorsqu'on saluait le public en chantant le tout dernier "je t'aime", je te jure que je le pensais sincèrement, de tout mon cœur qui, à cet instant-là, débordait d'amour pour les gens que j'avais en face de moi ! D'ailleurs c'est une question que j'ai très envie de poser aux beuglants : « Quand tu chantes "je t'aime", à qu(o)i tu penses ? » Je te promets de te faire part de leurs réponses dans une prochaine chronique...

Les musiciens ne sont pas toujours raisonnables, le public malouin non plus, et la ville, qui le sait, fixe une heure limite aux spectacles. Heureusement pour nous ! D'abord parce que jouer de la musique, c'est faire du sport, et que pour tenir plusieurs soirs de suite à raison de deux concerts par soirée, il vaut mieux garder des forces. Mais c'est surtout qu'après les concerts, il y a au moins deux rendez-vous auxquels on tient beaucoup et qui sont comme des rituels de la vie du groupe :
- le rendez-vous avec les amis et les aficionados (je n'ose pas dire "les fans"), sur les lieux mêmes du dernier concert. C'est à la fois étonnant et rassurant de constater à quel point une musique partagée peut rapprocher des gens qui par ailleurs ne se connaissent pas. Elle crée une complicité spontanée qui ressemble à celle des amis de longue date ;
- le rendez-vous entre nous, et parfois avec des amis très proches, dans un bar intra-muros (presque toujours le même) où nous dilapidons joyeusement à la santé de Saint Malo les sous que le public a déposés dans la casquette au cours de la soirée. Ce bar dont j'ai oublié le nom, la rue, et où je ne saurais même pas aller tout seul parce que ça ne m'est jamais arrivé, ce bar que par contre je pourrais te décrire les yeux fermés et les doigts dans le nez, ce bar, en particulier sa petite salle tout au fond, c'est comme si c'était chez nous : on se détend, on rigole, on parle un peu des concerts qu'on vient de faire, et beaucoup de n'importe quoi d'autre... Enfin bref, on vit ce moment vraiment ensemble, peut-être même plus que les concerts où c'est au public qu'on fait face, à lui qu'on s'adresse. 

Des musiciens qui ne vivent rien d'autre ensemble que les concerts et les répétitions, ça existe, mais ça ne constitue pas plus un groupe que des touristes en pirogue sur le fleuve Maroni ne forment une tribu. Or, comme une tribu, un groupe a besoin de ses rituels, et il y a bien d'autres rituels auxquels la Beuglante tient...
Mais ce sera pour une prochaine fois : il est tard, et on m'a déjà reproché (gentiment, certes) de faire "un peu long" dans ma toute première chronique qui, pourtant, l'était moins que celle-ci... Alors, kenavo !



P.S. : s'il t'est déjà arrivé, à toi aussi, qu'un énergumène armé d'une guitare vienne te prier de beugler "je t'aime" avec lui, et si tu l'as fait : à qu(o)i tu pensais, dis, à cet instant précis ?
Publié le Vendredi 01 septembre 2006 à 11:20
Par le Géant Lunaire
labeuglantebucolique9.jpg

Blog et Beuglante, ça va bien ensemble, tu trouves pas ?

Quand on m'a dit que j'écrirais le blog de mon groupe préféré, la première chose qui m'est venue à l'esprit, c'est que ces deux mots étaient faits pour se rencontrer : mets-les ensemble, touille, tourne-les très vite dans ta tête et sur ta langue, et tu verras avec quelle rapidité ils vont se mélanger, se mêler, se confondre : Blog et Beuglante, Blog-et-Bleuglante, BleugléBloglante, d'accord, c'est pas facile à dire (et d'ailleurs ça veut rien dire), mais ça a de la gueule !

Qu'est-ce qu'un groupe comme la Beuglante peut bien avoir affaire sur un blog ? Sauf erreur de ma part (et j'en suis capable), les blogs ont été inventés pour des gens qui ont quelque chose à dire, et ont été investis par des gens qui ont surtout besoin de parler. Or non seulement la Beuglante n'a rien à déclarer, pas de message à faire passer, mais elle n'a pas tant besoin de parler que de... beugler. Et beugler, on dira ce qu'on voudra mais c'est très difficile à faire en silence, alors je répète ma question : qu'est-ce qu'on vient faire ici ?

Les six mammifères qui composent la Beuglante vont bien ensemble, et si tu es rendu là à me lire c'est probablement que tu es du même avis. Mais s'ils vont bien ensemble, ça se devinait pas avant qu'ils se rencontrent, ça c'est sûr : venus d'horizons musicaux si éloignés qu'on se demande comment ils ont fait pour se croiser : hard, bouèze, rap et électro, pop, salsa, jazz, voilà qu'ils se réunissent pour jouer quelque chose qui tient autant de la guinguette que... du rock acoustique ! Un style pas facile à définir, certes, mais qui a de la gueule. Qui a "du chien", comme on disait dans les Années folles pour tenter de décrire des beautés indéfinissables...

J'ai rejoint la Beuglante un soir de bœuf (tu me diras : "Quoi de plus naturel ?"). Les bœufs, c'est fait pour ça : permettre la rencontre de musiciens et de styles qui, en temps ordinaire, n'auraient que très peu de chances de se rencontrer. Et toute l'histoire de la Beuglante (du moins tout ce que j'en connais) est composée de petites histoires comme celle-là, qui sont toutes de "belles rencontres" hautement improbables. Belles, parce qu'improbables. Moi qui rêvais de jouer jazz, swing ou funk, je me retrouve à accompagner des chansons comme La pluie, La jeune fille du métro, Elle et lui, Le bouton (sur la gueule), Couleur café, Superman, Je t'aime... (si tu connais pas, va donc te faire une idée sur le site de la Beuglante). Des chansons drôles, des chansons tristes, en tout cas des chansons légères et pas compliquées, "pas bégueules" comme dit l'autre. Et non seulement j'aime ça, mais je dois dire que plus j'y goûte, plus ça me botte ! C'est un peu comme une histoire d'amour : arrangée, planifiée, organisée selon les recettes d'une agence matrimoniale, déjà dans l'œuf elle a du plomb dans l'aile, elle sent la mort avant d'éclore ; invraisemblable, imprévue et imprévisible, qu'elle grandisse ou qu'elle parte en vrille, ça n'a pas d'importance : le temps qu'elle dure, c'est une Histoire qui s'écrit avec une majuscule et dont on se dira après : cette aventure-là valait la peine d'être vécue.

Blog, mon ami ! Une prochaine fois je te ferai entrer dans nos coulisses, je te raconterai les petites et les grandes histoires qui font l'Histoire intime et singulière de la Beuglante, de ce groupe qui n'aurait jamais dû voir le jour mais puisque c'est fait, c'est tant mieux ! Et quand tu m'auras bien lu, tu me diras si tout ça c'est pas de l'amour, du vrai, du bon, du qui ne tache pas mais qui marque !



P.S. : est-ce que tu sais pourquoi on appelle un bœuf un bœuf ? Moi non. Et pourquoi la Beuglante s'appelle la Beuglante ? Moi, si !
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Mon bloc perso.
La démo de la Beuglante, essayez-la aujourd'hui, adoptez-la demain ! Copiez ce raccourci et collez-le dans votre barre d'adresse (haut-débit indispensable !) : http://perso.or ange.fr/labeugl ante/mp3/demoLA BEUGLANTE.html
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calli gamz : le canard carolin
Bruno : Concert du 14 déc. au VnB Fougères annulé.
Bruno : 17nov. CONCERT ANNULE (en souvenir de M.R.)
Bruno : La Beuglante en concert le 17 nov. 19h à la Salle des Fêtes de Montreuil-sous- Pérouse.
Bruno : La Beuglante : prochain concert public au V'n'B (Fougères-35) le 14 décembre à 19h.
Boeuforik : Prochain boeuf à la Godinette (Romazy-35) : dim.14 oct., 15h