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LA BEUGLANTE (blog) blog.ifrance.com/labeuglante
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Publié le Dimanche 24 septembre 2006 à 23:58
Par le Géant Lunaire
 eldorado_music_hall-jules-cheret-1894.jpg  Beuglants, mes frères, si vous saviez !...

Bientôt, il me faudra user de ce nom avec d'infinies précautions. Heureux temps de l'innocence où l'on peut dire n'importe quoi sans se soucier des conséquences, et sans craindre d'être pris au mot... Ce temps est révolu, et certains mots sont des pièges !

Ainsi, j'ai eu la curiosité naïve d'aller voir ce qu'on entendait autrefois par beuglants. J'aurais dû me méfier : le terme apparaît fin XIX° siècle pour désigner un certain type de cafés-concerts qui se multiplient à cette époque, et le plus souvent, c'est pour les condamner, les désigner à l'opprobre publique. Quand on injurie quelque chose, on peut se dispenser de le définir...
 

Signalons pour commencer que le café-concert est déjà en soi une catégorie louche, au moins pour les gens de la bonne société d'alors. Il ne faut pas avoir peur du qu'en-dira-t-on pour oser aller s'encanailler en ces lieux de vie déréglée où se mêlent élégants libertins, artistes scandaleux, filles légères, ouvrières et ouvriers.
 

« "Entrée libre" ; ces mots affichés à la porte, allument les convoitises et poussent les pas. À l'apparition des clients, le placier ou le gérant court au-devant d'eux pour leur indiquer les meilleurs endroits.
« Peu à peu la foule se masse ; on s'empile entre les rangées des stalles, si étroites que plus d'un ventre maudit la tablette qui sert de support aux consommations. À chaque personne qui arrive, c'est un dérangement inimaginable. Des cuillers tombent ; des verres se renversent, heurtés par une basque pétulante. Garçons et voisins vous inondent le pantalon et les manches de bière, de sirops, de cendre. Ailleurs, le plus calme se fâcherait. Ici, c'est impossible, tant il règne d'un bout à l'autre un laisser-aller, une envie de rire et de finir gaiement la soirée. » (ext. de Les Cafés-Concerts, par André Chadourne, E. Dentu éditeur, Paris, 1889).
 

Voilà pour ces lieux que les gens bien nés se devaient de réprouver. Or les beuglants étaient aux cafés-concerts ce que la racaille est au peuple, ce que la ragougnasse est au ragoût : une sous-catégorie répugnante, une contrefaçon innommable, une émanation pestilentielle des bas-fonds. J'ai trouvé, sur un site curieux (www.lestelechargements.info), la définition suivante, placée en introduction à un extrait de La traite des chanteuses, ouvrage paru en 1906 sous la plume d'André Ibels, homme de morale, pamphlétaire et sociétaire de la  SACEM : 
 

« Les beuglants étaient des cafés-concerts de province. De jeunes filles recrutées sur Paris par des agents lyriques s’y produisaient. Elles avaient été attirées par des promesses : celle d’apprendre à chanter en vingt leçons et celle d’une carrière artistique. La réalité était - malheureusement - tout autre.
« Une fois formées au chant, ces demoiselles étaient envoyées dans un beuglant, non sans avoir signé un accord d’exclusivité avec leur agent. Ce dernier était en effet bien souvent également éditeur, auteur et compositeur de chansons, au mieux paillardes, au pire inqualifiables.
« Les jeunes filles étaient appelées "poseuses" quand elles aguichaient le client avant leur tour de chant, et "soupeuses" quand après leur tour de chant elles rejoignaient le client …. pour souper soi-disant…
« Les beuglants étaient aussi appelés maisons ouvertes par opposition à maisons closes puisque les filles qui y travaillaient n’avaient pas de cartes sanitaires, donc pas de visites médicales, et partant contribuaient à la prolifération des maladies vénériennes. »
 

caf'conc'-LeRoyal.jpg

La Belle
époque, comme on dit. On a sans doute aujourd'hui une vision quelque peu édulcorée, enjolivée de ces lieux de vie parallèle où, pour la première fois peut-être (y a-t-il un historien dans l'assistance ?), se sont mêlées, culturellement mais pas seulement, à peu près toutes les classes de la société nouvelle. Une vision déformée par le témoignage qu'en ont rapporté les artistes du temps, les Degas, Manet, Toulouse-Lautrec, Van Gogh et autres noctambules aujourd'hui célébrés pour qui la folle débauche était à la fois un art de vivre et la source vivante de l'art. 

Et la Beuglante, notre Beuglante dans tout ça ? Toi, Nico, savais-tu ce que tu faisais lorsque tu as ainsi baptisé le groupe ? Je le sais bien, une beuglante n'est que ce type de chansons qu'on proférait dans les beuglants et qui, pour les critiques de l'époque, ne méritaient même pas d'être appelées chansons. L'habit ne fait pas le moine... Mais que va-t-on penser de nous parmi les gens instruits ? Ne nous demande pas d'assumer les conséquences de cette paternité fictive ! Pourquoi pas, plutôt, un truc du genre Beach Boys ou Compagnons de la Chanson ? Tu vois un peu dans quel m...... tu nous mets, maintenant que tout le monde sait ce que nous sommes censés faire !
Publié le Vendredi 22 septembre 2006 à 09:17
Par le Géant Lunaire

MystCitésd'Or(2).jpg

« Le 16ème siècle... Des 4 coins de l'Europe, de gigantesques voiliers partent à la conquête du Nouveau Monde. A bord de ces navires, des hommes, avides de rêve, d'aventure et d'espace, à la recherche de fortune. Qui n'a jamais rêvé de ces mondes souterrains, de ces mers lointaines peuplées de légendes, ou d'une richesse soudaine qui se conquérait au détour d'un chemin de la Cordillère des Andes ? Qui n'a jamais rêvé de voir le soleil souverain guider ses pas au cœur du pays Inca, vers la richesse et l'histoire des Mystérieuses Cités d'Or ? »

Ainsi commence le générique de la célèbre série télévisée qui a enchanté notre enfance. Et la chanson qui suit appartient à toute une génération – que dis-je, une ? Avec leurs multiples rediffusions et les produits dérivés, de la vidéo à la trousse d'écolier, Les Mystérieuses Cités d'Or ont dû faire fredonner et rêver tous les enfants et adolescents du monde entier depuis leur apparition sur les petits écrans. A propos de la diffusion mondiale de cette série, voir en lien le site qui lui est consacré : on y trouvera, entre autres, les traductions du générique en polonais, coréen, anglais, breton (eh oui !)... et bien sûr, en français.

C'est cette dernière version que la Beuglante interprète en toutes circonstances : qu'il pleuve ou qu'il vente, devant un public d'enfants ou de papys mamies (avec ou sans casquettes !), n'importe où, n'importe quand tu viens nous écouter, tu y as droit !
C'est notre chanson-fétiche.

Ou pour être précis, c'est la chanson-fétiche de Stéphanie et de Nicolas. Pour des raisons différentes mais qui, on va le voir, se rejoignent. A l'époque, la Beuglante n'existait pas. Nico, à la recherche de musiciens pour accompagner ses chansons, rencontre Steph, la jeune institutrice de ses enfants qui est aussi guitariste. Ils sympathisent, et Steph en vient à lui présenter la chanson qu'elle a interprétée devant le jury lors de l'épreuve musicale du concours d'instit' : Les Mystérieuses Cités d'Or !

Or Nico, s'il n'est pas le plus jeune d'entre nous, est probablement le plus enfant de la bande ! (Ne le prends pas mal, Nico ! Ce n'est pas un scoop, et d'ailleurs pour un artiste, ce n'est pas un défaut...) Toujours est-il qu'en entendant chanter le tube de ses jeunes années, Nicolas a eu un flash : lui qui, après une expérience décevante – que, gageons-le, il acceptera de nous raconter prochainement, – avait renoncé à reformer un groupe, lui qui ne songeait plus qu'à chanter ses propres chansons sous son propre nom, ce soir-là, il change d'avis. Après Les Cités d'Or, tout redevient possible ! (Si tu ne comprends pas tout, rassure-toi : moi non plus, mais ça fait partie des mystères de l'art et du charme des fondateurs du groupe.)

Quoi qu'il en soit, la Beuglante était née. Du moins, l'idée qui allait aboutir à sa constitution. Car il restait à recruter les membres qui rejoindraient le duo Nico + Steph, à commencer par Gildas l'accordéoniste ( et percussionniste)... et en finissant par le clarinettiste, ton serviteur ! Mais ça, comme on dit, c'est une autre histoire qui fera l'objet de bien d'autres chroniques sur ce blog.



P.S. : 1. Nico me fait savoir que le duo de départ, c'était lui-même et Gildas (présenté par Steph : j'étais quand même pas loin de la vérité...).
         2. Si tu as toi aussi des chansons-fétiches à proposer, n'hésite pas à nous les proposer ! On ne sait jamais...

Publié le Samedi 16 septembre 2006 à 10:16
Par le Géant Lunaire
Comment ! Tu ne savais pas ???

HervéP-03.JPG

Eh bien oui, Stéphanie et Delphine sont sœurs. Et quand j'aurai les photos correspondantes (et l'autorisation des intéressés), je te présenterai les autres membres de la famille Rouxel qui, chacun à sa manière, font partie de la Beuglante, côté coulisses. Titia, c'est l'auteure de notre affiche (tu peux visiter son site, cf. lien ci-contre). Charlène, la plus jeune, est pour les répétitions comme pour les concerts notre plus fidèle soutien... avec les parents Rouxel, Charles et Mireille, qui nous ont reçus chez eux au moins aussi souvent – et tout aussi chaleureusement – qu'ils sont venus nous applaudir.

On pourrait s'étonner qu'avec de tels effectifs sur scène et en coulisses, notre groupe ne s'appelle pas tout simplement Rouxel and Co ! Ce serait compter sans la modestie de Stéphanie et Delphine... Mais surtout, ce serait oublier l'autre famille sans laquelle la Beuglante ne serait pas... ce qu'elle est.

bainfoule2.jpg

Sans Nico, notre bien-aimé chanteur, auteur, compositeur, guitariste et, pour tout dire, leader, c'est clair : la Beuglante n'existerait pas. Mais que serait-elle sans sa nombreuse et très présente famille ?

Toi qui nous as vus en spectacle, tu as peut-être déjà remarqué ce petit garçon qui, sur la photo ci-dessus, tend les bras vers son papa : Gweltaz, l'aîné des Marquet, ici à côté de sa sœur Aziliz (au premier plan, mais on la voit mieux sur la première photo, à droite de Steph). Il leur arrive même, à tous les deux, de venir se joindre aux chœurs sur la scène pour beugler nos refrains et danser au rythme des chansons (ou peu s'en faut)... entraînant parfois à leur suite d'autres enfants du public. Probable qu'on leur doit une dimension spécifique à la Beuglante : ce caractère enfantin qui fait une partie de son charme !

Quant à moi, je ne désespère pas de faire participer un jour prochain ma petite Loulou au club des beuglants : comme danseuse et comme supporter occasionnelle, c'est déjà fait. Mais comme choriste ? Chanteuse ? Ou même instrumentiste ? Il est encore un peu tôt, elle n'a que deux ans et, sur la photo, elle risquerait de ne pas apparaître... Alors patience, Louise ! Et tu verras, d'ici quelques années, au Conseil des trois familles de la Beuglante, nous serons deux ! 



P.S. : tu verrais un inconvénient à ce que, en complément de notre répertoire habituel et dans la même veine que Les mystérieuses cités d'or, on chante aussi Capitaine Flam et La chanson de Casimir ?

Publié le Samedi 09 septembre 2006 à 02:23
Par le Géant Lunaire
C'est au public, et non à moi, de dire si ce qu'on fait en scène a quelque chose à voir avec de l'art. Moi, ce que je peux dire, c'est que ce qu'on fait en répétition pour y arriver ressemble plutôt à de l'artisanat. Entre copains, certes...

Nico&Delphine2.jpg

Les répét', rythme de croisière : pour la Beuglante, compter au moins une soirée par semaine, et un peu plus en cas de concert imminent. En général, on est prévenus le mardi ou le mercredi pour... le soir même ! Heureusement, quand on entend l'appel, on s'y attendait.

Rendez-vous vers 19h30 chez Nico pour le repas en famille. Chaque semaine, à tour de rôle, l'un de nous six est chargé de la cuisine. Parfois, "cuisine" est un bien grand mot, et d'autres fois le mot est faible. En la matière, à la Beuglante tous les styles sont permis, de la pizza tiède au menu bio-végétarien en passant par les pâtes à ce que tu veux...

En attendant que ce soit prêt, s'il fait beau on prend l'apéro et on joue au volley dans le jardin avec les enfants ; s'il fait pas beau, tant pis pour le volley : on prend quand même l'apéro mais à l'intérieur.

Puis on passe à table. Il est 20h, 20h30, c'est à peu près l'heure d'arrivée du dernier retardataire (et c'est souvent moi). C'est le moment privilégié pour échanger des nouvelles et discuter des projets concernant le groupe, pour se mettre d'accord sur l'ordre du jour, les morceaux à travailler, et visionner les dernières photos ou vidéos, s'il y en a. Mais c'est aussi le lieu des propos anodins et des bonnes vieilles blagues : en somme, ça tient à la fois de l'ambiance réunion de travail et de la soirée entre potes.

21h (dans le meilleur des cas). Les enfants partent se coucher pendant qu'on passe dans la salle de répétition (une remise qui, le reste du temps, sert de débarras). Chacun chauffe ou accorde son instrument (ou du moins tente de le faire), et c'est parti pour trois heures minimum de travail non-stop, à part la pause-café. Tous ensemble ou en sous-groupes : voix d'un côté, instruments de l'autre, on reprend le répertoire connu, on réarrange un morceau, on découvre une nouvelle chanson (c'est ce qu'il y a de meilleur), on la déchiffre et défriche pas à pas (exercice à la fois éprouvant et passionnant), ou on se la joue et rejoue dix fois de suite pour bien l'avoir en tête et dans les doigts, et ça, c'est incontournable mais il faut bien avouer que c'est le moins drôle du travail. Il peut arriver qu'on passe comme ça deux heures d'affilée sur un seul morceau qui, en concert, ne représentera que trois ou quatre minutes de prestation !

S'il reste du temps, autrement dit très rarement, on termine la soirée en boeuffant à deux ou trois sur des standards de rock, de blues, ou à partir d'anciennes improvisations. Puis les derniers survivants nettoient leur(s) instrument(s), ramassent leurs affaires et s'en repartent sur la pointe des pieds en traversant la maison endormie. Il est entre minuit et demie et 2h du matin, l'heure de se dire au revoir sans trop de cérémonies car ça commence à tirer dur sur les paupières et y a de la route à faire...

Je n'ai pas de photos de répét', dommage, mais ça se comprend : pas le temps, pas le moment ni le lieu, et d'ailleurs ça serait pas très photogénique. Je dis ça peut-être à cause d'une certaine photo de moi, prise en sortie de répétition, qui a traîné un moment sur le site de la Beuglante, faute de mieux, et qui a fait marrer les quelques copains qui l'ont vue... Je ne prétends pas être plus photogénique maintenant, mais au moins, je me reconnais !

Quand je relis ce qui précède, je me demande ce qu'il y a d'excitant à répéter, et surtout pourquoi j'ai toujours hâte de recommencer. Pour les concerts, la question ne se pose même pas : c'est un pur plaisir ! Et c'est sans doute une partie de la réponse : j'aime les répétitions parce qu'elles annoncent les concerts à venir. Mais il y a autre chose, que je mets en rapport avec toutes ces choses plus ou moins désagréables en soi (planter des clous, couler une dalle de béton, déménager, arracher les chardons, changer en pleine nuit une roue crevée au bord de la voie express...) mais qui deviennent presque délicieuses quand elles sont vécues à plusieurs, entre amis. En bref : répéter sans projet précis de jouer en public, je l'ai fait autrefois, je ne le ferai plus. Mais répéter avec de simples collègues, avec des gens que je n'aime pas, même pour un grand concert, ça, je ne l'ai jamais fait et je ne le ferai jamais, j'en suis sûr. Ça existe, pourtant. Mais il faut être un pur professionnel, un technicien de son instrument, de ces musiciens qu'on appelle des "requins de studio" pour accepter de faire de la musique (on ne peut même plus dire "jouer") dans des conditions pareilles. Le show-biz en est plein, il n'y a pas de mal à ça, ils grattent des cordes, frappent des peaux ou soufflent dans un cylindre et pour gagner leur vie ils font ça mieux que moi, mais justement, eux travaillent et gagnent leur vie alors que moi, je joue et je vis la mienne.

Alors tant pis pour la contradiction : ce qu'on fait à la Beuglante, si parfois ça peut ressembler à de l'artisanat, ça n'en est pas, ça n'est pas que ça.



P.S. : alors qu'est-ce que c'est ?
Publié le Dimanche 03 septembre 2006 à 01:01
Par le Géant Lunaire

Oui, bon ! Je sais, c'est un raccourci trompeur et très artificiel, ce titre. Artificiel, parce que tout le monde sait bien que les Malouins n'ont jamais parlé que le malouin. Et trompeur, parce que si la Beuglante est basée en Ille et Vilaine, département qui, rappelons-le, fait partie de la Bretagne, si donc la Beuglante est bel et bien un groupe breton (n'en déplaise à J.C...), il ne s'agirait pas de faire croire que c'est un groupe bretonnant ou de musique traditionnelle bretonne. "Kenavo" est un des cinq mots bretons que je connais, et là il tombait bien, vu que tout le monde le comprend et surtout, qu'il rime avec "Saint Malo".

beuglante-StMalo-10juil2006.jpg

Or Saint Malo, c'est fini pour cette année. Et c'est bien dommage, parce que les concerts intra-muros, c'est quelque chose ! Imagine : tu déballes ton instrument devant une rue parcourue par quelques touristes pressés, tu te mets à jouer avec les copains, et...
...Et là, le miracle ! Deux ou trois petits groupes s'arrêtent, d'autres bientôt les imitent, un cercle se forme, s'épaissit, se referme sur toi et tes copains, et en quelques instants, tu te retrouves au beau milieu d'un public enthousiaste et chaud, qui claque des mains et reprend en chœur des refrains qu'il ne connaissait pas deux minutes avant. Là, je ne parle pas des reprises (on en fait quelques-unes), mais des compos. Je l'ai déjà dit, nos chansons sont simples, faciles à chanter, mais encore faut-il en avoir envie ! La Beuglante se produit ailleurs qu'à Saint Malo, avec le même répertoire. Partout, on est bien accueillis et tout le monde repart content. Ici, c'est différent : on n'est pas accueillis, on est attendus ! Et à la fin, le monde ne repart pas !! On comprend mieux, dès lors, les horaires stricts imposés par la municipalité : si on écoutait le public, les concerts n'auraient pas de fin !

Je n'ai pas recompté mais on a dû faire une dizaine de dates cet été à Saint Malo. Et plus d'une fois, au rappel, on a chanté Je t'aime (tu connais des refrains plus faciles à reprendre ?). Eh bien à chaque fois, lorsqu'on saluait le public en chantant le tout dernier "je t'aime", je te jure que je le pensais sincèrement, de tout mon cœur qui, à cet instant-là, débordait d'amour pour les gens que j'avais en face de moi ! D'ailleurs c'est une question que j'ai très envie de poser aux beuglants : « Quand tu chantes "je t'aime", à qu(o)i tu penses ? » Je te promets de te faire part de leurs réponses dans une prochaine chronique...

Les musiciens ne sont pas toujours raisonnables, le public malouin non plus, et la ville, qui le sait, fixe une heure limite aux spectacles. Heureusement pour nous ! D'abord parce que jouer de la musique, c'est faire du sport, et que pour tenir plusieurs soirs de suite à raison de deux concerts par soirée, il vaut mieux garder des forces. Mais c'est surtout qu'après les concerts, il y a au moins deux rendez-vous auxquels on tient beaucoup et qui sont comme des rituels de la vie du groupe :
- le rendez-vous avec les amis et les aficionados (je n'ose pas dire "les fans"), sur les lieux mêmes du dernier concert. C'est à la fois étonnant et rassurant de constater à quel point une musique partagée peut rapprocher des gens qui par ailleurs ne se connaissent pas. Elle crée une complicité spontanée qui ressemble à celle des amis de longue date ;
- le rendez-vous entre nous, et parfois avec des amis très proches, dans un bar intra-muros (presque toujours le même) où nous dilapidons joyeusement à la santé de Saint Malo les sous que le public a déposés dans la casquette au cours de la soirée. Ce bar dont j'ai oublié le nom, la rue, et où je ne saurais même pas aller tout seul parce que ça ne m'est jamais arrivé, ce bar que par contre je pourrais te décrire les yeux fermés et les doigts dans le nez, ce bar, en particulier sa petite salle tout au fond, c'est comme si c'était chez nous : on se détend, on rigole, on parle un peu des concerts qu'on vient de faire, et beaucoup de n'importe quoi d'autre... Enfin bref, on vit ce moment vraiment ensemble, peut-être même plus que les concerts où c'est au public qu'on fait face, à lui qu'on s'adresse. 

Des musiciens qui ne vivent rien d'autre ensemble que les concerts et les répétitions, ça existe, mais ça ne constitue pas plus un groupe que des touristes en pirogue sur le fleuve Maroni ne forment une tribu. Or, comme une tribu, un groupe a besoin de ses rituels, et il y a bien d'autres rituels auxquels la Beuglante tient...
Mais ce sera pour une prochaine fois : il est tard, et on m'a déjà reproché (gentiment, certes) de faire "un peu long" dans ma toute première chronique qui, pourtant, l'était moins que celle-ci... Alors, kenavo !



P.S. : s'il t'est déjà arrivé, à toi aussi, qu'un énergumène armé d'une guitare vienne te prier de beugler "je t'aime" avec lui, et si tu l'as fait : à qu(o)i tu pensais, dis, à cet instant précis ?
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Mon bloc perso.
La démo de la Beuglante, essayez-la aujourd'hui, adoptez-la demain ! Copiez ce raccourci et collez-le dans votre barre d'adresse (haut-débit indispensable !) : http://perso.or ange.fr/labeugl ante/mp3/demoLA BEUGLANTE.html
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Bruno : 17nov. CONCERT ANNULE (en souvenir de M.R.)
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Bruno : La Beuglante : prochain concert public au V'n'B (Fougères-35) le 14 décembre à 19h.
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