Pour éviter les carabistouilles et parce que ce n'est pas le sujet de savoir qui dit quoi, j'ai remplacé les prénoms par des pseudonymes exotiques. Nota bene : les passages chantés sont ici représentés dans une autre police et en italique. Et maintenant, bienvenue sur le plancher des beuglants !
«...z'étaient pas faits pour ça (+ chœurs)...
Nguyen – Au-delà du gag de la fin,... non, ça vous a pas choqués, le ralentissement... évident avec la reprise de l'intro ?
Balthazar – Ben là, ça allait pas, hein...
Déméter – Moi j'aime bien, enfin...
Balthazar – Si si, oui, enfin,... non, mais... ça va !
Nguyen – Y a un truc qui va pas, euh... musicalement.
Soraya – Ben faites plus l'intro... Allez-y, faites le tout... Allez...
Déméter – ...Pas é-ternel...
(Silence, puis rires.)
Nguyen – Pour le... pour le truc celtique, ça va. C'est pour le... pour la reprise après... c'est là que ça va pas.
Joaõ – Pourquoi ? C'était trop lent ?...
Soraya – Non mais ça m'a pas choquée, moi, Nguyen.
Joaõ – C'était trop lent ? Je sais pas, c'est peut-être une question de lenteur, et puis de force, de puissance,... faut prendre de la puissance mais t'as pas besoin d'être plus rapide pour ça... Faut prendre de la puissance pour...
Giorgio – On peut pas... Moi, je pourrais pas aller plus vite, hein...
Nguyen – Non, je veux pas aller plus vite, moi ! J'ai pas dit que je voulais aller plus vite. C'est pas ça. Je trouve que c'est pas forcément adapté,... la vitesse rapide de la reprise de l'intro, euh...n'est pas forcément adaptée à la musicalité de l'intro.
Soraya – Ah ouais, d'aller toujours aussi vite sur la mélodie de l'intro...
Nguyen – Ouais.
Joaõ – Ben ouais, mais on est ...(?)... déjà, c'est...
Balthazar – C'est casse-gueule, euh...
Nguyen – Ouais !
Déméter – Comme... tremplin, quoi !
Joaõ – Ben c'est pas la peine, faut pas la mettre !
Soraya – Donc faut pas mettre too doo doo too doo doo... ?
Joaõ – Si... Non !...
Nguyen – On reprend pas l'intro ...(?)... pour faire ça.
Soraya – Ben vous la mettez à la fin, l'intro !
Joaõ – Tu attends deux... deux temps pour... pour reprendre le dernier couplet :...
(Accordage de la guitare en fond sonore...)
Joaõ – ...Pa, pala pala pi pi pi bi pi bi pi ti, tili ti ti ti ti ti di ti di ti ti...
(silence) Avec elle, ta la ta ta ta ta...
Soraya – Ah ouais,... "Avec elle" ...(?)... je chante...
Joaõ – Aaah... Une petite pause, une légère pause...
Nguyen – Pourquoi fais-tu la pause ? D'abord y a le couplet...
Soraya – Et pourquoi... ce passage qui nous fait ch... au milieu, vous le mettez pas à la fin, après la partie chorale, pour repartir ? (...)»
Cet extrait représente plus d'une heure de retranscription imparfaite (et très incomplète) pour seulement deux minutes en temps réel... sur les deux heures et quelques qu'a duré cette répétition. Deux heures passées sur le même morceau : il y a des fois où ça se passe comme ça, où on a l'impression de patauger... Mais je tiens à préciser que même ces fois-là, ça patauge dans la bonne entente : je n'ai encore jamais connu de sérieuses prises de chou à la Beuglante. (Alors qu'ailleurs, oh que si !)
Il y en a parmi nous qui savent que ça n'est pas grave, que ça n'est jamais inutile... que c'est même de bon augure pour la séance suivante ! C'est le moment confus qui précède et annonce le dénouement d'un vieux blocage. On a refait cent fois le tour d'une impasse, et on est sur le point de découvrir qu'une voie sans issue n'est jamais tout à fait sans issue ; il reste à refaire le chemin à l'envers pour s'en convaincre...
La séance suivante, partie du fond du puits, a été lumineuse ! Ce n'est que moi qui parle, je n'ai pas consulté les autres beuglants mais ça se voit sur les visages, ça se sent ! Et ça s'entend : ici, un nouvel arrangement qui prend comme par miracle, là une impro sur un nouveau morceau qui, instantanément ou presque, lui va comme un gant ! C'est bien simple : cette dernière répétition, c'était comme un concert que nous nous sommes offert à nous-mêmes...
Toi aussi,
Et maintenant que tu sais d'où il vient, le miracle, et par où il faut passer pour l'attraper, je peux te dire ce que je pense ? Qu'une chanson, une musique qui n'a pas traversé au cours de sa genèse cette zone de doutes et de turbulences, ne mérite pas d'être présentée au public. Car elle n'a rien à dire, rien à partager avec le for intérieur des individus qui le composent.
(Désolé les amis ! Je viens de nous griller pour passer sur NRJ !)







