Quand tu dis je t'aime, tu ne peux pas complètement te tromper. Quand bien même tu aurais manqué la cible, quelque chose en toi dit que tu as bien fait de tirer ta flèche : au moins à l'instant où tu le disais, tu aimais ta façon de le dire, tu t'aimais le lui disant. Alors ce n'est plus la flèche que tu as envoyée qui compte, c'est celle que ton partenaire, ta partenaire va te décocher maintenant, et en public ; c'est une leçon qu'elle te donne.
Et plains-toi, encore ! Bienheureux si elle t'a eu, tu es pris.
Tu le seras de plus en plus. Mais tu n'y penses pas encore car dans l'instant, à l'échelle – et à la lumière – de ce seul instant détaché du temps, tu as eu infiniment raison de lui dire "je t'aime", en pensant "advienne que pourra"...
Je t'aime c'est une révolution : tu sais qu'elles sont toutes vouées à l'échec* mais à la fin, c'est trop fort ! Tu dis je t'aime comme tu peux, désespérant de trouver le ton et la circonstance tu lâches le mot et c'est maladroit, risible, mal à propos mais... c'est de bon cœur ! et ça se voit.
Alors tout n'est pas perdu : quoi qu'il advienne de ta déclaration qui peut rester longtemps suspendue entre question ouverte et lettre morte, de cet instant-là, de cette béance il te restera, à toi, la beauté du geste, et un avant-goût de la beauté.
Sujet : vous commenterez et discuterez le point de vue de l'auteur, en appuyant vos arguments sur des exemples précis et en les illustrant de quelques citations bien senties. (Durée : 3 heures.)
P.S. : en cliquant ici ou là (cherche !), tu tomberas sur trois versions de nos je t'aime. Choisis la tienne...
*- "Toutes vouées à l'échec", c'est ce que tous les héritiers de la dernière vont te dire !







