Il y avait ceux qui montaient la tente sur le terrain du Camping à la Ferme, d'autres qui s'occupaient de la sono, d'autres qui préparaient le feu de camp, d'autres encore qui jouaient au palet, prenaient l'apéro en terrasse, visitaient les bâtiments rénovés ou les animaux de la ferme, faisaient le tour du verger ou du jardin maraîcher, pendant que les plus jeunes couraient après un ballon, se coursaient les uns les autres ou partaient en balade à dos d'âne... en attendant l'ouverture de la garderie.
La Beuglante, invitée au grand complet, a entamé son répertoire sous le petit barnum, un peu à l'étroit entre la sono et les pieds de micro, et surtout bien loin de son public. On a vite pris le parti d'abandonner les amplis pour se rapprocher et jouer sur l'herbe, sous un ciel ni beau ni chaud mais pas menaçant, et face à une quarantaine d'invités.
Il faut dire que l'atmosphère au sol contrastait avec la météo : parmi les campeurs, les joueurs et les enfants, entre la terrasse et les tonnelles, la musique et le feu de camp, on pouvait se croire en vacances d'été !
Si tu as déjà organisé des fêtes d'une telle ampleur, tu mesureras combien il est difficile de créer et d'entretenir une ambiance chaleureuse avec autant de monde. Catherine était partout à la fois : prenant part à chaque conversation comme si on était en petit comité, accueillant les nouveaux venus, distribuant les apéritifs ou finissant d'installer l'immense réfectoire pour le dîner. Michel, quant à lui, ne se lassait pas de faire le tour du propriétaire, expliquant l'avancée des travaux ou présentant ses cultures de l'année. Si la spécialité de la Ferme de la Harilais est le safran, Michel expérimente et produit de nombreuses autres cultures selon les principes de l'agriculture biologique. Mais il se passionne aussi pour les arbres : une centaine d'essences différentes, divers fruitiers et 25 à 30 variétés de pommiers cohabitent sur le domaine de la Harilais*.
Invité mystérieux de la soirée, un ectoplasme (en ht à gche). Si quelqu'un le reconnaît, qu'il m'appelle.
Quelques beuglants sont restés jusque tard le soir et en ont profité, pendant et après le repas, pour ressortir leurs instruments. Ici, c'est Catherine, ma compagne, qui interprète Les feuilles mortes à la flûte traversière. Et en toute fin de soirée, Gildas, JC et moi nous sommes lancés dans un bœuf enfiévré dont, je pense, les spectateurs se souviennent encore. (Pardon, Maman, pour cette immodestie... Si tu avais été présente ce soir-là, tu en parlerais toi-même, et mieux que moi !)
Le plus curieux dans tout ça, c'est qu'au lendemain de la fête, nous avions plus ou moins l'impression d'avoir raté notre prestation. L'organisation de la journée était irréprochable, l'ambiance très sympathique, mais le concert lui-même, bah... « C'était bizarre ! », comme on se redisait l'autre soir à propos de ce 6 mai. Or Catherine Sanz m'a confirmé il y a quelques jours que nous avions fait très bonne impression, que plusieurs amis lui avaient même reparlé du concert comme d'un très bon souvenir de la fête.
Ils avaient simplement omis de nous en faire part à nous, et à chaud. Par pudeur, sans doute. Cette même pudeur qu'on dépose au vestiaire, en préalable à tout concert réussi...
« Si vous avez des roses à m'offrir, offrez-les moi de mon vivant » !
*- Pour en savoir plus sur le domaine de Catherine et Michel Sanz, on peut se reporter au site de la Harilais.







