Hier soir on était en répétition. C'est chouette, les répétitions en saison creuse : pas de stress d'avant-concert, et du temps pour préparer de nouveaux morceaux.
Le morceau-phare d'hier, j'ai oublié son titre, les paroles et l'air. N'empêche, on est sortis à 23 h 30 et je me suis couché vers 3 h du matin : dans l'intervalle, une petite mélodie douce-amère, celle que je joue à la clarinette sur ce morceau-là, ne m'a pas quitté. J'ai roulé, pris une douche, bu une ricoré, répondu aux emails et lu un bouquin presque en entier... la petite mélodie était toujours là quand j'ai posé la tête sur l'oreiller. C'est fort !
Tu me diras, ça ne prouve rien : c'est arrivé à tout le monde de se retrouver les deux oreilles prises dans une grille d'accords débile à laquelle on a été exposé par mégarde et trop longtemps sur une radio débile – tous les bars débiles en ont une allumée en permanence pour faire taire et consommer les clients débiles (vu que quand un débile ne peut pas parler, il boit plus vite).
Heureusement, hier ce n'était pas ça. La petite mélodie qui m'accompagnait était d'humeur légère, elle imprimait sa petite touche douce-amère à tout ce que je faisais. Ce qui est fort, ce n'est pas qu'elle ne me lâchait pas, c'est qu'à aucun moment je ne me suis lassé d'elle.
La chanson parle d'un type qui se fait lourder : par son patron, par sa mignonne, par le bon dieu s'il parvenait jusqu'à sa porte... un destin de mal-aimé, et c'est pour ça que c'est une chanson drôle.
Demande-toi ce qui te fait rire et sourire, toi... Les gagnants, les puissants sont des gens sinistres et satisfaits. Avoue que la vie serait triste sans nous, les louseurs !*
*- Ces propos (est-il besoin de le rappeler ?) n'engagent que le signataire de l'article. Et encore, ça dépend des jours...







