L'intimité
L’intime, c’est forcément l’individuel, l’unique. On peut partager un certain degré d’intimité, mais l’entière intimité reste toujours personnelle. Elle n’appartient pas au couple, elle y participe seulement en partie. Sa préservation profonde est d’ailleurs le secret de la longévité de cette association.
Chacun de nous en est le seul et l’unique propriétaire, comme il faut l’être du lopin de terre qui nous est indispensable pour vivre.
Toute appropriation abusive est le terrain de conflits, comme la propriété d’un territoire trop grand pour soi (la patrie ?) est la cause des guerres.
Même ses frontières sont notre propriété, notre choix : chacun « tolère » un degré différent de contact physique avec les autres, ce sont là les bornes de notre intégrité physique et morale, notre intimité, notre jardin secret. Nous seuls en connaissons les clés et les points sensibles : tel geste nous sera indifférent alors que tel regard ou telle parole provoqueront notre émoi.
Ce sont aussi les limites entre tendresse et sexualité : les extrémités sont évidentes, mais la frontière ? Un massage est-il sexuellement connoté ? Un baiser sur la bouche est-il un acte sexuel ? sensuel ? érotique ? neutre ? tendre ? familial ?
À chaque personne et à chaque contexte une réponse distincte _le sein de la mère et celui de la femme logent au même endroit, mais répondent à des émotions bien différentes_, le tout est de respecter chaque sensibilité individuelle.
Car, au coin du bois, apparaît l’inquiétant désir…
