L'amitié...
Ah l’amitié. Vaste programme. Qu’est-elle, au fond ?
Un lien, non exclusif lui, qui n’engendre, normalement, aucune jalousie, aucune souffrance ni même sentiment négatif, mais un respect et une affection profonds, sans attachement excessif et sans devoirs, sans comptes à rendre.
Et en même temps c’est un lien unique, particulier, propre à chaque paire d’amis et variable aussi, pour cette même paire, au sein des différents groupes d’amis. C’est donc une source de richesse infinie, où chaque ami répond à une ou plusieurs facettes de notre personnalité et les épanouit, par son amitié.
Faut-il rechercher l’ami parfait ? Le fameux « meilleur ami » ? Notre sosie exact ? Serait-ce lui l’être aimé des romans ? Ou se révèlera-t-il des plus ennuyeux, au contraire ?
N’est-ce pas par leurs différences que deux amis s’enrichissent le plus ? L ‘amitié aide à accepter, à oser ce que l’on rejette parfois sans raison. Les points communs servent de pont pour franchir la barrière des différences et s’en affranchir enfin, pour l’ouverture et le bonheur de chacun.
Abusons donc de ces amitiés véritables, de ces liens bénéfiques, uniques et libres, qui ne peuvent nous apporter que du positif !
Quand l’amitié et le désir s’emmêlent
Mais que se passe-t-il lorsqu’un ami devient un partenaire sexuel, potentiel ou consommé ?
Quelle baguette maléfique métamorphose ainsi l’amitié en ce danger menaçant qu’est le chagrin amoureux, la souffrance affective ?
Que se passe-t-il finalement lorsque amitié et sexualité, intimité profonde, se rencontrent ? C’est ça l’amour ?
Et pourtant… il peut y avoir amour, même non consommé, sans sexualité donc. Et il peut aussi y avoir amour sans amitié… mais d’ailleurs appelle-t-on cela de l’amour ? On dirait bien qu’il est difficile de faire la part des choses… L’Amour avec un grand A n’est-il pas plutôt un don, un respect, sans attente, donné à chacun ?
Mais je m’avance et m’éloigne du sujet : l’amitié change-t-elle, voire même disparaît-elle le jour où elle se teinte de sexualité ? Qu’a-t-elle de si terrible, de si fatidique, cette sexualité, pour avoir un tel pouvoir ? N’est-elle pas un peu diabolisée à tort ? Finalement, n’est-elle pas simplement une partie de nous ?
Mais alors, qu’est-ce qui accompagne la sexualité comme son ombre et qui la rend si…puissante ?
En fait, si on y regarde de plus près, l’amitié ne change pas le jour où le sexe s’en mêle… mais le jour où l’attachement s’en mêle ! Elle cesse alors d’être amitié pour devenir attachement amoureux.
Quand on tombe amoureux de quelqu’un, on s’en imprègne à tel point qu’il devient une partie de nous ; la simple idée de son départ, alors, nous brise.
C’est un des signes de cet attachement.
